mercredi 31 décembre 2025

Pourquoi Brigitte Bardot ne sera pas enterrée dans sa propriété de Saint-Tropez

 


Le cimetière marin de Saint-Tropez.
Le cimetière marin de Saint-Tropez. (Magali Cohen/Hans Lucas)


Pourquoi Brigitte Bardot ne sera pas enterrée dans sa propriété de Saint-Tropez

La star du cinéma français, morte dimanche, devrait reposer au cimetière de la commune varoise et pas chez elle, à La Madrague comme l’a confirmé la mairie tropézienne ce lundi.


Publié le 29/12/2025 à 19h58


On connaît la date et le lieu. L’inhumation de Brigitte Bardot, morte dimanche à 91 ans, se fera mercredi 7 janvier au cimetière marin de Saint-Tropez, a confirmé la mairie varoise ce lundi 29 décembre. Mais si cette dernière demeure n’aurait rien de surprenant pour le commun des mortels, pour l’ancienne gloire du cinéma français, la nouvelle surprend.

mardi 30 décembre 2025

Brigitte Bardot, morte à l’âge de 91 ans



Brigitte Bardot en 1960. Claude Schwartz. All rights reserved 2025/ Bridgeman Images

Brigitte Bardot, morte à l’âge de 91 ans

Brigitte Bardot, également désignée par ses initiales B.B, est morte à l’âge de 91 ans. Elle devint une star planétaire avec le film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme tourné à Saint-Tropez en 1956. Alors qu’elle n’avait pas 40 ans, elle arrête le cinéma mais reste une femme engagée, notamment pour la cause animale.
Des fleurs et une photo de Brigitte Bardot sont accrochées à 
une clôture devant sa maison La Madrague, à Saint-Tropez.Manon Cruz / REUTERS

«Mythe total», «plus beau diamant du monde», «destin unique» : le milieu du cinéma rend hommage à B.B.

Souvent comparée à Marilyn Monroe, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, B.B. était, comme l’actrice américaine, «le plus beau des diamants du monde», a estimé auprès de l’AFP Francis Huster«Je suis sûr que leurs deux étoiles forment le plus beau duo du ciel», a assuré l’acteur, qui avait tourné avec Bardot en 1973.

Elle était «la plus belle du monde», mais surtout «une actrice absolument formidable», a souligné sur BFMTV le comédien Pierre Arditi, refusant de la réduire à une «icône physique»«Elle a marqué notre temps parce qu’elle était aussi capable d’incarner et de jouer», a insisté l’acteur de 81 ans.



Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma (CNC), a estimé sur le réseau social X que B.B. était devenue dès «Et Dieu.... créa la femme» de Roger Vadim (1956) «un mythe à l’écran (...) mais aussi l’incarnation de la femme française pour le monde entier».

Brigitte Bardot est «un mythe total», a également assuré Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière à Lyon et délégué général du festival de Cannes, sur franceinfo. Elle « a donné les codes de ce que c’était qu’être une star », a-t-il ajouté, rappelant l’émeute qu’avait provoquée sa venue au Festival de Cannes en 1967.

Ancien président du festival, Pierre Lescure a, lui, salué un «destin unique»«sa beauté dingue et comme nouvelle, absolue et effrontée»«sa fantaisie, ses rôles multiples». De son côté, Jean Dujardin a publié une photo en noir et blanc de l’icône sur Instagram, accompagnée d’un simple «#brigittebardot».


18:17

«Brigitte Bardot, l’icône qui osait dire non»

Après Jean-Paul et Alain, ses frères des hauts sommets, BB est partie au soleil du Midi. Nous sommes tristes et, en même temps, follement heureux. Car nous pourrons dire, droit dans les yeux aux générations suivantes, aux professeurs de morale et aux faux vertueux que nous avons connu le parfum dément d’une star d’un autre temps. D’une star hors de la normalité dont se prévalait un ex-président. D’une star qui ne s’appartenait plus, qui suscitait l’admiration et la jalousie, la haine et la passion, l’opprobre et l’extase.

Une femme indocile, surexposée, élue par les dieux du cinéma, choisie par le public et dont la seule apparition déclenchait un mouvement de foule. Une tension aussi érotique que spirite. Qui n’a pas vu BB entrer dans un restaurant de plage, paillote ensablée et kitsch du Var, décor balnéaire surnuméraire, se mettre à danser et frapper dans ses mains ne connaît pas l’amour et la beauté, la sauvagerie et la souveraineté. BB féministe réactionnaire, chanteuse au timbre miaulant, était souveraine dans toutes ses actions, dans toutes ses prises de position.

Comment Bardot… créa Saint-Tropez

«Brigitte Bardot a contribué à faire rayonner Saint-Tropez dans le monde entier» et «continuera d’habiter l’âme de notre cité», a salué dimanche la ville où l’actrice française a vu éclore sa célébrité et s’y est éteinte dimanche à 91 ans. Icône du cinéma, figure intemporelle et engagée, «Brigitte Bardot restera à jamais associée à Saint-Tropez, dont elle fut l’ambassadrice la plus éclatante», a rendu hommage le petit port méditerranéen dans un communiqué. «Par sa présence et son aura, elle a marqué l’histoire de notre commune et contribué à faire rayonner Saint-Tropez dans le monde entier», poursuit le texte.

Lorsque le voyageur débarque à Saint-Tropez, il échoue inévitablement sur le port, centre névralgique du village. Ici, tout commence et s’achève autour de cette anse mythique où s’enroulent bars, restaurants et boutiques et où s’engouffre une foule ininterrompue de badauds avides d’un petit morceau d’histoire. Car la légende fascine encore, à l’image de la star locale, Brigitte Bardot et sa maison de La Madrague, au bout de la presqu’île. Son empreinte pèse sur chaque ruelle, chaque mur en stuc ocre et s’invite régulièrement dans les conversations des habitants.


Brigitte Bardot était «un ange pour les animaux», salue l’association Peta

L’actrice française Brigitte Bardot, décédée dimanche à l’âge de 91 ans, était «un ange pour les animaux» et «une porte-parole de toutes les espèces», a rendu hommage la fondatrice de l’association Peta, Ingrid Newkirk. Brigitte Bardot avait renoncé au cinéma en 1973 pour se consacrer entièrement au combat de sa vie, la cause animale.

«De ses pigeons sauvés à Saint-Tropez à ses chiens bien-aimés, Brigitte manquera à Peta», a écrit dans un communiqué la fondatrice de cette association de défense des animaux. Elle était «un ange pour les animaux» et «s’est battue, y compris devant les tribunaux, pour tous les protéger», a-t-elle poursuivi.

Peta avait attribué un prix à Brigitte Bardot en 2001, pour sa mobilisation en faveur de la cause animale. La star avait aussi contribué à des campagnes de l’organisation, comme celle en 2013 pour que l’enseigne britannique Fortnum & Mason cesse de vendre du foie gras.


La dernière interview de Brigitte Bardot au Figaro : «Je n’ai jamais connu un monde si invivable»

Sa parole est rare et irréductible. Brigitte Bardot est confinée, comme tous les Français. À la Madrague, la résidence de Saint-Tropez qu’elle ne quitte plus depuis des années, son quotidien n’a pas changé depuis le début de la pandémie. L’actrice, icône des années 60, désormais activiste du droit des animaux, se livre sans retenue. Son regard sur la France d’après, celle qui vient, est impitoyable.

«La connerie reste l’un des plus gros fléaux de l’être humain», disait-elle, en préambule. Elle donnait le ton.


LE FÍGARO



lundi 29 décembre 2025

Jean-Luc Godard / Le Mépris

 



Jean-Luc Godard

Le Mépris

1h43, France, Italie, 1963
avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance

Paul Javal, un scénariste français, contribue à l’adaptation de L’Odyssée par Fritz Lang. Lorsque son épouse Camille le rejoint à Rome pour le tournage du film, Paul ne tarde pas à s’apercevoir que la jeune femme s’attire les faveurs du producteur.

Godard aurait pu baptiser son film La Nuit américaine, dix ans avant Truffaut. D’abord parce qu’il précède son confrère dans la dissection du cinéma, un monde parallèle tenté d’en envahir un autre, jaloux et jalousé : la vie. Et surtout parce qu’il affirme que le cœur des hommes peut s’assombrir en plein soleil, comme on peut filmer la nuit en plein jour. Godard contemple le déclin du cinéma et de l’amour, irrémédiablement liés. 
Une scène mêle à merveille ces chutes abyssales : Prokosch attire Camille vers une minuscule fenêtre, qui ouvre sur la mer, réduite à quelques centimètres carrés. Inconsciemment, le producteur balourd signe l’arrêt de mort du cinéma, remplacé par la télévision, et celui de l’amour de Camille pour son mari, remplacé par le fourvoiement infidèle. Pourtant, jamais ne pointe l’amertume. Godard est un désespéré optimiste. La magie de ses images, bercées par les plus beaux échos de violon que Delerue ait composés, prouve qu’il ne croit pas à la mort du septième art. Godard a beau cacher ironiquement le visage de B.B. derrière des branchages alors qu’elle lit un ouvrage d’art, son sens du cadrage atteste combien il sut saisir les vertus rayonnantes de l’actrice. Déesse vivante, filmée au côté de statues de l’Antiquité, elle offre son rôle le plus envoûtant, le plus énigmatique.
— Marine Landrot, Télérama

LES2SCENES




dimanche 28 décembre 2025

Alain Veinstein / Venise, aller simple / Écriture résiliente




Écriture résiliente

Un poète d’une force, d’une originalité, d’une obstination singulières, qui fut d’abord un peintre puis y renonça pour se dire, inlassablement, de recueil en recueil, n’ayant, comme il est naturel pour un lyrique contrarié, d’autre sujet que lui-même, que ses questionnements insolubles, que sa difficulté d’être : Alain Veinstein a rassemblé sa production de quinze années en 2014 dans L’Introduction de la pelle.

lundi 22 décembre 2025

Stig Dagerman / La nuit où Dieu prit congé de lui-même

 



La nuit où Dieu prit congé de lui-même 

Les lettres de Stig Dagerman nous révèlent un homme en crise. Une partie d’entre elles paraît en français en même temps qu’une nouvelle traduction de l’étrange histoire que l’écrivain suédois travaillait peu de temps avant sa mort, en 1954, à trente-et-un ans : un récit improbable et puissant de la rencontre ultime entre Dieu et Newton.

vendredi 19 décembre 2025

Stéphane Massonet / Traverser la nuit

 


Yannick Lahens, Passagères de nuit

« Femmes créoles de la bourgeoisie louisianaise », Édouard Marquis (1867) © CC0/WikiCommons


Traverser la nuit

À travers les titres de ses livres, Yannick Lahens nous invite à parcourir la nuit pour en établir la secrète géographie. La nuit tisse le lien entre les terres, la mémoire et les femmes qui l’ont parcourue. Dans son dernier roman, elle porte en elle une ode à l’insoumission, incarnée par deux femmes : Elizabeth et Régina. Roman d’apprentissage qui est dédié à deux aïeules de l’autrice haïtienne, la première nimbée de secrets et de mystères lorsqu’elle revient sur l’île que sa grand-mère avait quittée quelques décennies plus tôt, l’autre portée par le silence qui lui fera trouver son émancipation aux côtés du fils d’Elizabeth.