jeudi 25 août 2016

L’écrivain Michel Butor, figure du Nouveau Roman, est mort

Michel Butor

L’écrivain Michel Butor, figure du Nouveau Roman, est mort


LE MONDE | 24.08.2016 à 21h06
Mis à jour le 25.08.2016 à 07h11 
Par René de Ceccatty





Michel Butor, le 5 décembre 1964, à Paris.

Comme pour se défendre des dimensions assez exceptionnelles de son œuvre et de sa variété, avec une place considérable laissée à la critique et à l’analyse des classiques, Michel Butor disait, en se distinguant des autres écrivains du Nouveau Roman :

« J’étais le seul professeur. J’étais constamment obligé, par honnêteté, de situer ce que j’écrivais ou ce qu’écrivaient les autres par rapport à ce qui avait eu lieu auparavant et à la situation générale où nous apparaissions. J’espère avoir apporté quelques nouveautés. Mais je crois avoir apporté beaucoup plus de nouveauté après ma période romanesque que pendant cette même période. Si j’ai apporté quelque chose de nouveau, c’est que j’ai été entraîné par l’élan de nouveautés qui vient du fond des siècles. »
C’était à l’occasion du centenaire de la mort de Jules Verne, l’un de ses multiples « interlocuteurs » :
« J’ai été très critiqué dans ma vie de tous côtés. J’ai beaucoup scandalisé. J’ai donc eu besoin de complices. Les contemporains ne me suffisaient pas. Certains m’ont aidé, mais c’était insuffisant. J’avais besoin de répondants “beaucoup mieux placés”… C’est pourquoi j’ai écrit tant d’essais critiques. »
Michel Butor est mort le matin du mercredi 24 août à l’hôpital de Contamine-sur-Arve, en Haute-Savoie, non loin de son domicile, a annoncé au Monde sa famille.

Son appartenance à « l’école du regard »

S’il ne fait aucun doute que Passage de Milan (Minuit, 1954), L’Emploi du temps (Minuit, prix Fénéon, 1956) et surtout La Modification (ibid., prix Renaudot, 1957), dont la narration à la deuxième personne du pluriel aura bien des imitateurs, marqueront définitivement l’histoire du roman français et justifient pleinement l’appartenance de Butor à « l’école du regard », il est aussi évident que l’écrivain échappe rapidement à toute classification réductrice.
Poète, à la différence de ses confrères les plus célèbres (Claude Simon, Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet), il poursuit pendant plus d’un demi-siècle une série de publications qu’il regroupe par catégories plus ou moins changeantes et alternées (« Le génie du lieu », « Matières de rêves », « Improvisations », « Illustrations », « Avant-goût », « Répertoires ») dans lesquelles il rend compte de ses nombreux voyages et découvertes, qui lui permettent d’accomplir une véritable description raisonnée du monde, avec quelques points d’attache réguliers.
Ses visites ou séjours en Egypte, au Mexique, à Venise, aux Etats-Unis, au Japon ont donné lieu à des publications parfois très originales, comme Mobile (Gallimard, 1962) ou 6 810 000 litres d’eau par seconde (ibid., 1963), Transit, livre qui se lit tête-bêche, (Gallimard, 1993) ou Le Japon depuis la France, Un rêve à l’ancre, (Hatier, 1998). C’est par centaines, sinon milliers, que se comptent les ouvrages de Butor, parfois tirés à un petit nombre d’exemplaires, sous forme de livres d’artiste, mais la production n’en demeure pas moins ahurissante.

Comprendre tous les langages

Son insatiable curiosité, son besoin de communiquer avec des artistes vivants et de comprendre tous les langages (musique, photographie, peinture surtout) donnent une allure encyclopédique à ses recherches. Il consacra notamment des études à Mondrian, Vieira da Silva, Giacometti, Rothko, Alechinsky, Barcelo, mais aussi à Delacroix, Rembrandt.
Sans doute, son métier d’enseignant le conduisit-il tout d’abord à voyager, lui insufflant la nécessité de décrire les mondes nouveaux. Paradoxalement, celui qui se fit connaître par quatre romans obsessionnels aux situations étriquées et enfermées (un immeuble, une entreprise, un train, une classe de lycée) devient l’écrivain du voyage et de l’exploration, des grands espaces, des cultures éloignées. Et si on le compare à ses compagnons des éditions de Minuit, on doit admettre cette différence fondamentale. Il est toujours ailleurs.
Peu soucieux de représentation dans un milieu éditorial qui finit par le snober, il suscite de véritables passions, en revanche, chez ses amis artistes et chez les universitaires. Il est couronné d’un certain nombre de prix prestigieux, il publie chez de grands éditeurs.
Mais justement, chez plusieurs, ce qui signifie une lassitude réciproque. Un besoin de liberté. Peu d’écrivains ont accepté autant d’entretiens (notamment réunis chez Joseph K. éditeur, en 1999, en trois volumes, sous le titre Quarante ans de vie littéraire).
Il dialogua également avec André Clavel (Curriculum vitae, Plon, 1996) et avec Carlo Ossola (Conversation sur le temps, La Différence, 2012) et, par correspondance, avec Frédéric-Yves Jeannet (De la distance, Le Castor astral, 2000). Mireille Calle-Gruber entreprit la publication raisonnée de son œuvre à partir de 2006 (pour ses 80 ans) aux éditions de La Différence. Douze volumes, chacun de plus de mille pages en grand format, avaient paru en 2010.

Des études de philosophie

Comme Michel Tournier, Butor a fait des études de philosophie. Secrétaire de Jean Wahl, il était destiné à une carrière classique d’enseignant dans cette discipline, mais son échec à l’agrégation l’oriente vers la littérature.
Il fera une carrière à l’étranger, avant d’entrer en quelque sorte dans les rangs de l’université suisse, à Genève, où, après un séjour à Nice, il donnera des cours intenses jusqu’en 1991. Flaubert, Balzac, Rimbaud firent l’objet d’analyses approfondies dans ses cours, repris dans la série des Improvisations, publiées par La Différence.
Mais, à vrai dire, tout pouvait susciter chez lui un engouement : un herbier, un musée, un atelier, un album de photographies, une ruine, des collages, une œuvre artisanale, un calendrier, une architecture. Tout ranimait le goût de la langue et une sorte de devoir de description inépuisable. Il jouait sur les mots avec gaieté, avec sensualité, mais sans superficialité ; les mots et les langues étrangères ; ce n’était pas plus un poète de l’épanchement lyrique qu’un poète formaliste.
Il écrivait en voyage comme un peintre trace des croquis. Il voulait capter la diversité du monde et des sensibilités qu’il s’appropriait comme une sorte de Zelig ou de Fregoli de la littérature.
A demi retiré en Haute-Savoie dans un grand chalet envahi par ses livres, il avait pris l’apparence d’un sage ermite, d’un patriarche, à la Gaston Bachelard, philosophe avec lequel il avait en commun un peu plus que la silhouette, la barbe et le regard moqueur. Comme l’auteur de L’Air et les Songes, Michel Butor cherchait à définir une poétique généralisée du monde, par toutes sortes de voies d’accès. Car « une des façons les plus importantes d’agir sur la réalité, c’est de passer par le langage », assurait-il au Monde en juillet.




Michel Butor, le 9 mars 2011 à Paris.

Plus qu’un simple observateur

Sans doute, il fut de sa génération (qui était aussi celle de Michel Foucault) celui qui mit le plus profondément en cause la notion d’auteur. Sa faculté unique de dialoguer avec les artistes, les poètes, les cultures, les paysages faisaient de lui plus qu’un simple observateur ou qu’un témoin.
Certes, il était troublant de savoir que la narration romanesque avait rapidement cessé de l’intéresser. Même si ses quatre romans demeurent des classiques, ils ne furent rédigés que sur une très brève période, quand il avait une trentaine d’années. Le reste de sa vie fut occupé, peut-on dire, à s’instruire et à instruire les autres.
Il est peu d’exemple d’œuvres aussi humbles devant la tâche d’apprendre et de productions aussi protéiformes. L’ambition ne lui manquait pas, mais l’arrogance en était radicalement absente. Ses innovations furent incontestables dans le roman, mais il ne s’y arrêta pas. Il ne revint jamais dessus, ne les souligna pas. Butor passait toujours à autre chose. Quand on lui demandait d’expliciter ses techniques narratives, il se pliait à la contrainte, mais avec le sérieux un peu détaché d’un critique parlant d’un autre.
Sa propre fertilité rendait également modeste Butor, qui procéda à un choix de ses poèmes (Anthologie nomade, « Poésie », Gallimard, 2004) et organisa plusieurs expositions de ses nombreuses publications à tirages restreints (notamment à la Bibliothèque nationale, qui retraçait ses voyages à travers le monde).
Butor était-il un écrivain pour écrivains ? Nathalie Sarraute, Claude Simon, mais aussi Barthes, Le Clézio ont exprimé toute leur admiration. La littérature faisait, répétait-il, partie de la réalité : elle n’en était pas seulement le miroir révélateur, mais un élément au même titre qu’une ville, un être humain, une rivière ou le ciel.
Il avait, dans le cours de ce dialogue infini, publié au printemps 2016 un Hugo (Buchet-Chastel) et des Ruines d’avenir (Actes Sud/Ville d’Angers), « livre-tapisserie » sur la tenture de L’Apocalypse du château d’Angers.






LE MONDE





L'Errances italiennes de Mary Shelley


L'Errances italiennes de Mary Shelley


Les voyages dans Errances en Allemagne et en Italie.

11 OCT. 2011 
par 
Rambles in Germany and Italy (Errances en Allemagne et en Italie) est un récit de voyage de l'écrivain anglais Mary Shelley. Le texte, paru en 1844 en deux volumes, c'est son dernier ouvrage publié et décrit deux voyages que l'auteur accomplit en Europe avec son fils, Percy Florence Shelley, ainsi que plusieurs de ses camarades d'université.
L'écrivain avait vécu en Italie avec son mari, Percy Bysshe Shelley, entre 1818 et 1823. L'Italie, pour elle, était associé les deux à la joie et à la douleur, car elle y avait beaucoup écrit, mais y avait également perdu son mari et deux de ses enfants.. Mary Shelley décrit alors le voyage comme un pèlerinage, qui peut l'aider à guérir son humeur dépressive.

À la fin de son second voyage, Mary Shelley passe un certain temps à Paris et s'associe avec le mouvement Jeune Italie, formé par des exilés italiens favorables à l'indépendance et à l'unité de l'Italie. En particulier, l’attire le révolutionnaire Ferdinando Gatteschi. De façon à lui venir en aide financièrement, Mary Shelley décide de publier Errances en Allemagne et en Italie, lequel il n'appréciera pas.
Elle le réussit à distinguer d'œuvres similaires en présentant ce qu'elle a à rapporter « d'un point de vue politique ». Dans ce manière, elle rompt avec la convention qui existait à l'époque selon laquelle il n'était pas convenable que les femmes écrivent sur des sujets politiques, suivant en cela l'exemple donné par Lady Morgan et par Mary Wollstonecraft, sa propre mère. Le raison (ou le but) de Mary Shelley est d'éveiller en Angleterre un mouvement de sympathie pour les révolutionnaires italiens. Elle raille le régime impérial qu'imposent à l'Italie tant l'Autriche que la France et critique la domination exercée par l'Église catholique romaine. Elle décrit les Italiens comme ayant un potentiel de grandeur inexploité, ainsi qu'un désir de liberté.



Portrait de Mary Shelley
Par Richard Rothwell
Malgré ait elle-même considéré son œuvre comme « médiocre », elle rencontre la faveur des critiques, qui louangent son indépendance de pensée et les sentiments qu'elle y montre. L'analyse politique qu'y fait Mary Shelley de l'Italie reçoit des éloges toutes particulières, liées pour une large part au fait qu'elle avait été écrite par une femme. Cependant, Mary Shelley n'est en général connue que comme l'auteur de Frankenstein et la femme de Percy Bysshe Shelley. Errances en Allemagne et en Italie ne sera pas réédité avant que la montée de la critique féministe littéraire dans les années 1970 ne génère un intérêt plus large pour l'ensemble de l'œuvre de Mary Shelley.
Mary Wollstonecraft Godwin (1797 - 1851) était une femme de lettres anglaise, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste, biographe et auteur de récits de voyage. Fille de la philosophe féministe Mary Wollstonecraft et de l'écrivain politique William Godwin, en 1814 elle a commencé une liaison avec un homme marié, partisan de son père : le poète Percy Bysshe Shelley. Ils l'ont été épousé en 1816, après le suicide de la première épouse de Percy. En cette année (devenue Mary Shelley) elle écrit son premier roman Frankenstein. En 1818, les Shelley ont abandonné la Grande-Bretagne pour l'Italie, où sont morts leurs deuxième et troisième enfants, avant que Mary Shelley ne donne naissance à son fils, Percy Florence Shelley, qui seul survivra. En 1822, son mari se noie dans le golfe de la Spezia, au cours d'une tempête. Un an plus tard, Mary Shelley retourne en Angleterre et, dès lors, se consacre entièrement à l'éducation de son fils et à sa carrière d'auteur.

vendredi 19 août 2016

Hans Christian Andersen / La princesse au petit pois



Hans Christian Andersen
Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait; des princesses, il n'en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses? C'était difficile à apprécier, toujours une chose ou l'autre ne lui semblait pas parfaite. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu avoir une véritable princesse.

Un soir, par un temps affreux, éclairs et tonnerre, cascade de pluie que c'en était effrayant, on frappa à la porte de la ville et le vieux roi lui-même alla ouvrir.

C'était une princesse qui était là dehors. Mais grands dieux! de quoi avait-elle l'air dans cette pluie, par ce temps! L'eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon ... et elle prétendait être une véritable princesse!

"Nous allons bien voir ça," pensait la vieille reine, mais elle ne dit rien. elle alla dans la chambre à coucher, retira la literie et mit un petit pois au fond du lit; elle prit ensuite vingt matelas qu'elle empila sur le petit pois et, par-dessus, elle mit encore vingt édredons en plumes d'eider.

C'est là-dessus que la princesse devrait coucher cette nuit-là.

Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

"Affreusement mal," répondit-elle, "je 'n'ai presque pas fermé l'oeil de la nuit. Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couchée sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus et des noirs sur tout le corps! C'est terrible!"

Alors, ils reconnurent que c'était une vraie princesse puisque, à travers les vingt matelas et les vingt édredons en plume d'eider, elle avait senti le petit pois. Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d'une authentique princesse.

Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d'avoir une vraie princesse et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d'art, où on peut encore le voir si personne ne l'a emporté.

Et ceci est une vraie histoire.



Contes d'Andersen



jeudi 18 août 2016

Hans Christian Andersen / Grand Claus et petit Claus



Hans Christian Andersen
Dans une ville demeuraient deux hommes qui s'appelaient du même nom, Claus; mais l'un avait quatre chevaux, et l'autre n'en avait qu'un seul: donc, pour les distinguer, l'on appelait le premier grand Claus. et l'autre petit Claus. Écoutez bien maintenant ce qui leur arriva, car c'est une histoire véritable!

Pendant toute la semaine, petit Claus était obligé de labourer la terre de grand Claus et de lui prêter son unique cheval; en revanche, grand Claus l'aidait avec ses quatre chevaux une fois par semaine, c'est-à-dire tous les dimanches seulement. Hutsch! comme petit Claus faisait alors claquer son fouet au-dessus des cinq chevaux! Il les regardait comme les siens. Le soleil brillait si magnifique! Toutes les cloches appelaient le monde à l'église; les hommes et les femmes revêtus de leurs plus beaux habits passaient devant petit Claus, qui, labourant la terre d'un air joyeux, faisait claquer son fouet en s'écriant: "Hue donc, mes chevaux!"

"Ne dis donc pas mes chevaux," lui cria une fois grand Claus, "il n'y en a qu'un qui est à toi."

mercredi 17 août 2016

Hans Christian Andersen / Le briquet



Hans Christian Andersen


LE BRIQUET



Un soldat s'en venait d'un bon pas sur la route. Une deux, une deux! sac au dos et sabre au côté. Il avait été à la guerre et maintenant, il rentrait chez lui. Sur la route, il rencontra une vieille sorcière. Qu'elle était laide! Sa lippe lui pendait jusque sur la poitrine. "Bonsoir soldat," dit-elle. "Ton sac est grand et ton sabre est beau, tu es un vrai soldat. Je vais te donner autant d'argent que tu voudras."

"Merci, vieille," dit le soldat.

"Vois-tu ce grand arbre?" dit la sorcière. "Il est entièrement creux. Grimpe au sommet, tu verras un trou, tu t'y laisseras glisser jusqu'au fond. Je t'attacherai une corde autour du corps pour te remonter quand tu m'appelleras."

mardi 16 août 2016

Olivier Steiner en dialogue avec Emmanuel Lagarrigue






Olivier Steiner en dialogue avec Emmanuel Lagarrigue

Olivier Steiner 25 avril 2016
Le journal d'Olivier Steiner

Olivier Steiner :
Très beau, ce titre de ta dernière expo chez Dilecta, Quelque chose d’invisible n’en peut plus. C’est de Hélène Bessette ?
Emmanuel Lagarrigue : Oui je ne suis pour rien dans ce titre ! C’est bien une citation de Bessette. Si je ne trompe pas ça vient de Si, un de ses derniers romans publiés. En fait tous les textes qui sont dans l’expo (sauf un) sont de Bessette. C’est une expo qui retrace le lien que j’ai avec son travail ces dernières années.
OS : Comment comprends-tu, entends-tu, ce quelque chose qui n’en peut plus ? On admettrait bien volontiers un « Quelque chose n’a pas eu lieu », mais il s’agit de « n’en plus pouvoir ». L’articulation avec « chose » est frappante.
EL : Moi c’est plus l’invisibilité de cette chose qui me marque en premier dans la phrase. Comment savoir que quelque chose n’en peut plus si cette chose est invisible ? Avec elle il est toujours question d’absence, de disparition, mais en même temps exister quand même. Du coup ça ne me choque pas ce côté un peu animiste, comme si toutes les choses devaient se battre pour exister…

lundi 15 août 2016

Olivier Steiner dialogue avec Clément Bénech

Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.



Olivier Steiner dialogue avec Clément Bénech




Oivier Steiner 
 5 février 2016 
Olivier Steiner : Alors, cette grasse mat, terminée ?
Clément Bénech : Oui à peu près !
OS: Sorti hier soir ?
CB : Non, écrit et lu (Rosset, L’Invisible)
OS: Bien ! Good boy ! ça doit te plaire, Rosset, j’imagine bien que ça te plaise.
OS:  C’est français « j’imagine bien que ça te plaise ? », j’ai comme un doute soudainement.
CB: Haha je suis très fan oui… ça me semble français, ça me choque pas !
OS: Bon. Tu sais qu’on est pas tout à fait seuls en ce moment ?
CB: Dans l’univers tu veux dire ?
OS: Oui, ça, déjà, c’est sûr, c’est même certain. Mais dans cette fenêtre de tchat non plus. Je pense à Diacritik tu sais, j’aimerais publier un dialogue avec toi, de l’écriture courante comme aurait dit l’Autre. Et puis ça fait des lustres qu’on se s’est pas vus, pas vraiment parlés….

samedi 13 août 2016

Olivier Steiner / Je cherche un homme

Fernando Vicente

Je cherche un homme



Jeudi 31 décembre 2015
Vous savez, je ne parle pas de moi parce que je m’intéresse, je parle de moi pour dire le moins de conneries possibles. Moi, la matière moi, ça ne m’intéresse pas, plus, vraiment, si peu. Ce qui m’intéresse encore c’est tout ce qui me traverse et me modifie, tout ce que je ressens, comprends et comprends pas, qui vient de l’extérieur, outside disait MD, les autres, l’altérité. Les autres, l’adversité. Je parle de moi car c’est vous qui m’intéressez.
2015 fut une année de merde, du début à la fin. Charlie, dépression, hospitalisation, rupture amoureuse, TS sérieuse, nouvelle hospitalisation, retour Paris à la case départ, avec de nouveaux cheveux blancs, Chantaldisparue, un éditeur que j’ai peut-être perdu à jamais, suicide social après le suicide du corps, up & down, détruire, disait-elle.