jeudi 31 mars 2016

Marlon Brando et James Dean, les amants terribles ?

Marlon Brando et James Dean, 1954

Marlon Brando et James Dean, les amants terribles ?



CULTURE / CINÉMA
Par Bertrand Guyard
Publié le 25/03/2016 à 13:30



 Soixante ans après sa mort tragique une nouvelle biographie intitulée, James Dean: Tomorrow never comes (Blood Moon editions), revient sur la relation sadomasochiste qu'auraient entretenue les deux monstres sacrés du cinéma.



La rumeur, scandaleuse, court à Hollywood depuis plus d'un demi-siècle. Dans une nouvelle biographie James Dean: Tomorrow never comes, qui sortira le 1er mai prochain, Darwin Porter et Danforth Prince reviennent sur la relation amoureuse sadomasochiste - supposée - qu'auraient entretenue Marlon Brando et James Dean.
Pour soutenir leur thèse, réfutée par Brando en personne dans ses mémoires Songs my mother taught me, les deux biographes se sont appuyés sur des témoignages de journalistes mondains qui ont croisé ou parfois côtoyé le grand acteur américain, disparu il y a déjà douze ans en 2004.

James Dean est décrit comme un amant énamouré et soumis

Cette histoire qui a fait les gorges chaudes de tous les paparazzi en mal de scoop n'est pas nouvelle. James Dean rencontre Marlon Brando pour la première fois en 1949. Il n'est alors qu'un débutant. Pour attirer l'attention de son aîné qui a déjà connu le succès à Broadway, il joue les groupies en lui affirmant: «Je suis votre plus grand admirateur.» La légende dit qu'il recevra un baiser en signe de remerciement...
Selon les biographes américains, qui ne font que reprendre des allégations déjà connues depuis longtemps du grand public, une relation sadomasochiste va naître entre Brando et Dean. Avec le premier dans le rôle du sadique, et le second dans la position du masochiste énamouré prêt à tout pour garder son amant.
Roger Brackett, l'impresario et le petit ami de James Dean, est l'un des derniers témoins en vie. Près de soixante-dix ans après la mort de l'acteur de Géant, il s'est confié aux deux auteurs: «... Plusieurs nuits, Jimmy était resté devant l'appartement de Brando, planté sous les fenêtres de sa chambre, regardant la lumière s'éteindre, attendant de pouvoir être lui aussi dans cette chambre.» On ne saura peut-être jamais si cette confession, tardive, n'est que la manifestation d'une jalousie rétrospective.
● James Dean: Tomorrow never comes de Darwin Porter et Danforth Prince, aux éditions Blood Moon, à paraître le 1er mai 2016.





mercredi 30 mars 2016

Amadeo de Souza-Cardoso / L’enfant terrible du modernisme



Casa do Ribeiro, 1913. Huile sur bois, 29,5 x 51,7 cm. Collection privée, Porto.
Casa do Ribeiro, 1913. Huile sur bois, 29,5 x 51,7 cm. Collection privée, Porto.

Amadeo de Souza-Cardoso

L’enfant terrible du modernisme


L’itinéraire artistique d’Amadeo de Souza-Cardoso est d’une grande densité et riche d’influences diverses et variées. En tant qu’artiste du XXe siècle, il s’est confronté aux différents mouvements en vigueur comme l’Impressionnisme, le Fauvisme, le Cubisme, le Futurisme, l’Expressionnisme – tout en prenant bien soin de ne se revendiquer d’aucune école afin d’établir sa propre modernité.
En dépit de sa mort prématurée, Souza-Cardoso fut un artiste prolifique dont les œuvres poignantes marquent un tournant considérable dans l’Histoire de l’Art portugais et offrent au public actuel, à travers son approche, un large panel testimonial de ce qu’a été le modernisme.
En 1887, Amadeo de Souza-Cardoso naît au sein d’une famille aisée – quoique nombreuse - à Manhufe, au nord du Portugal. Il y mène une enfance paisible mais se démarque rapidement de ses frères. Son caractère quelque peu impétueux et sa soif d’indépendance, le poussent un peu plus tard à s’opposer aux projections de son père quant à son avenir.
Ainsi, plutôt que de faire des études de droit il choisit dans un premier temps de travailler pour son parrain dans un magasin de confection, puis se tourne vers l’Art à la suite de sa rencontre avec le médecin-poète Manuel Laranjeira. Il s’essaye ainsi à la caricature, genre en vogue et dans lequel il progresse très vite. Par la suite, il suit des cours d’architecture à l’Académie des Beaux-Arts de Lisbonne, mais peu convaincu par l’enseignement, il décide de quitter le Portugal pour partir à la conquête de la France, car, dit-il, son « seul espoir reste Paris, le monde où les gens vivent, sentent, pensent, travaillent ». Il restera dès lors en rupture avec l’art tel qu’il est envisagé au Portugal.
Il arrive donc à Paris en 1906 et s’installe à Montparnasse, rue Denfert-Rochereau. Une fois établi dans la capitale, il tente d’entrer aux Beaux-Arts ainsi qu’à l’Académie Vitti du peintre catalan Anglada Camarasa, en faisant des classes préparatoires dans différents ateliers et académies. Ces efforts seront vains, car il ne sera jamais reçu dans ces prestigieuses écoles. Mais cela ne met aucun frein à son ambition.
Durant toute sa période parisienne (1906-1914) Souza-Cardoso apprend énormément en fréquentant les nombreux artistes qui résident à Paris et en allant régulièrement voir des expositions. Lors d’un séjour en Bretagne à Pont-l’Abbé en 1907, alors qu’il commence tout juste la peinture, il tombe sous le charme de l’œuvre de Gauguin qui s’avère fondamentale dans son assimilation de la peinture moderne, puis à son retour découvre Cézanne lors d’une rétrospective, et s’éprend de son pendant rebelle et de ses volumes.
En 1909, Amadeo fait la rencontre d’Amedeo Modigliani et ce dernier, à l’avant-garde moderniste, l’adoube et l’entraîne dans toutes les manifestations du genre. Ils organisent ensemble une exposition de leurs travaux dans le studio qu’ils partagent au 3, rue du Colonel-Combe : Modigliani expose ses sculptures et Souza-Cardoso ses aquarelles, et voient défiler de grands noms tels que Picasso, ou Apollinaire. Le succès est tel que Souza-Cardoso est reçu au Salon des indépendants et en 1911, il y expose plusieurs de ses peintures comme Lévriers dont l’évolution par rapport aux peintures précédentes, est palpable. En effet, les volumes et couleurs franches laissent place à une stylisation de l’espace et du dessin désormais majoritaire et inspiré de Modigliani.
En 1912 il fait un pas de plus dans cette voix et publie un album de dessins intitulé XX Dessins, dont les représentations oscillent entre thèmes légendaires folkloriques et symbolisme. Les dessins sont si détaillés qu’ils s’apparentent à des gravures. Le public est enthousiaste. Souza-Cardoso poursuit cette pratique et publie une reprise manuscrite et illustrée à forte présence héraldique de La Légende de St Julien l’Hospitalier de Gustave Flaubert.
Après cela, il retourne quelques mois au Portugal où il reprend la peinture des paysages de sa région et convoque la superposition de plans combinée à une dimension cubiste.
De 1913 à 1914, Souza-Cardoso se consacre aux expositions de ses œuvres. Il commence par une tournée américaine ; il expose à l’ « Armory show » à New York, à l’Art Institut à Chicago, et au Copley Hall à Boston. Après cela il expose en Allemagne à la fameuse Der Sturm à Berlin puis à l’École des Arts et Métiers de Hambourg.
Sa rencontre avec les Delaunay et notamment Robert Delaunay et son simultanéisme, vont donner une nouvelle dimension à son œuvre. Ainsi les tableaux créés après laissent voir une représentation du mouvement à travers le prisme de la lumière à laquelle s’ajoute la couleur pour donner de la profondeur, et l’insertion de cercles orphiques ; l’orphisme [1] étant l’héritage direct de la fréquentation des Delaunay qui en sont les fondateurs.
En 1914, il retourne définitivement au Portugal en raison de la Première Guerre mondiale. Cette période portugaise (1914-1918) se distingue nettement par l’énergie créatrice de l’artiste. Il poursuit son travail en s’inspirant plus fortement de Picasso et de l’italien futuriste Marinetti. En 1916, il n’achève pas moins de 114 tableaux qu’il montrera lors d’une exposition individuelle organisée par ses soins à Porto. Ceux-ci intègrent et allient des signalétiques, des trompe-l’œil, des objets du quotidien, des instruments de musique, des paroles de chansons populaires, sous la forme de collages. Le langage signifié par Souza-Cardoso devient pictural et accède à un sens nouveau sous le pinceau de l’artiste. Toutefois ces œuvres ne trouveront pas tout de suite l’approbation du public, et tendrons davantage à une animosité à l’égard du peintre dans son propre pays.
Il meurt en 1918, à seulement trente ans, de la grippe espagnole.
S’il est resté longtemps oublié, la redécouverte de l’étendue de son œuvre lors de l’exposition « Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918) » au Grand Palais, organisée par la Fondation Calouste Gulbenkian et la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, qui se tiendra du 20 avril au 16 juillet 2016, saura rendre justice à l’irréductible portugais.
Texte par Leïla Vasseur-Lamine.
[1] Orphisme: forme dérivée du cubisme qui privilégie l’abstraction et la lumière.




mardi 29 mars 2016

Cannes 2016 / Woody Allen ouvre le Festival avec Café Society

Woody Allen

Cannes 2016: Woody Allen ouvre le Festival avec Café Society


CULTURE /  CINÉMA
Par Bertrand Guyard
Mis à jour le 29/03/2016 à 15:45
Publié le 29/03/2016 à 13:09


Le nouveau film du réalisateur new-yorkais aura à nouveau le privilège d'inaugurer la 69e édition de la quinzaine cannoise. Il sera projeté le 11 mai prochain.

Après Godard et Malaparte qui se retrouvent en haut de l'affiche, solarisée, de la Croisette avec une sublime photo duMépris, c'est au tour d'un autre grand nom du cinéma mondial, Woody Allen, d'avoir les honneurs du 69e festival de Cannes.

samedi 26 mars 2016

Philippe Geluck / «L'art est une «arme» de distinction face à la barbarie»




Philippe Geluck: «L'art est une «arme» de distinction face à la barbarie»

Par Bertrand Guyard
Mis à jour le 23/03/2016 à 16:23
Publié le 23/03/2016 à 11:43


Le dessinateur belge a accepté de commenter, «en citoyen ordinaire», les attaques islamistes qui ont frappé son pays pour notre confrère 
Le dessinateur bruxellois Philippe Geluck a accepté de réagir avec sa sensibilité habituelle, sur Télérama, aux attaques islamistes qui ont frappé son pays, hier mardi 22 mars. «Horrifié et anéanti» par la folie meurtrière des terroristes, il a réaffirmé la force de l'art et de l'humour pour lutter contre cette nouvelle forme de barbarie.
● Malgré ses réticences à vouloir commenter les attaques terroristes du 22 mars, Philippe Geluck a accepté de donner son sentiment «comme un citoyen ordinaire: «je suis évidemment horrifié, anéanti, par ce qui s'est passé ce matin à Bruxelles, de la même manière que je l'étais au moment des attaques de Paris en novembre dernier ou pour Charlie Hebdo. On ne peut pas supporter de voir des innocents payer de leur vie, et cela soulève, à chaque fois, les mêmes questions, la même incompréhension: au nom de qui, de quoi, peut-on perpétrer de tels actes? Je vis ces événements comme un citoyen ordinaire, dans la compassion et la solidarité la plus totale.
● L'humoriste belge a réaffirmé la force de l'art pour lutter contre la barbarie: «... Pour un artiste, la meilleure réponse à donner à ces actes violents est de continuer à pratiquer son art, coûte que coûte. Contre cet obscurantisme, il faut évidemment valoriser l'échange, la transmission, le dialogue… Ces mots revêtent une importance majeure dans des périodes comme celle que nous vivons depuis de nombreux mois. L'art est notre bien commun et une «arme» de distinction par rapport à la barbarie. C'est grâce à lui, - et vous allez trouver ça naïf et un peu bête - mais aussi à l'amour, que l'on peut surmonter de tels traumatismes.»
● Pour Philippe Geluck l'art et l'humour sont à ses yeux des actes de résistance mais ils ne doivent pas tomber dans le militantisme: «... L'art est une manière d'exprimer ce que l'on vit, mais aussi de résister: en tant qu'artiste, nous nous devons de réfléchir, de nous élever contre la barbarie. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. En même temps, je ne crois pas que l'art doive basculer dans la revendication ou le militantisme, fut-il le plus pacifiste. Nous sommes là pour réfléchir, faire réfléchir même, mais aussi pour distraire. C'est important de ne pas l'oublier, les gens ont parfois besoin de penser à autre chose.»