jeudi 30 octobre 2014

Tomi Ungerer / Femmes fatales I

Tomi Ungerer : Femmes Fatales Expo

Pour la première fois, le Musée Tomi Ungerer – Centre International de l’Illustration, présente un focus sur le thème de la femme dans l’œuvre de Tomi Ungerer.
La figure féminine y est centrale que ce soit dans ses croquis, dans ses dessins de livres pour enfants, dans ses œuvres érotiques ou satiriques. L’exposition, qui débute au 1erétage du musée, cherche à présenter les différentes facettes de la vision de la femme par l’artiste.
L’exposition s’ouvre sur des portraits de femmes qu’a croisées Tomi Ungerer, et réalisés entre 1970 et 1985 en grands formats, dans un style qui se situe entre le dessin d’observation et la satire. Les séries America (1956-1971) et Tomi Ungerers Frauen. Zeichnungen 1956-1983 présentent quant à elles des dessins essentiellement satiriques, qui ont parfois servis à un but publicitaire. Dans l’œuvre de Tomi Ungerer, souvent l’humain s’animalise, et inversement : il use d’un procédé similaire avec la figure féminine pour dénoncer les maux de la société contemporaine, dans des séries tellesBabylon (1979) ou Amnesty Animal(1990).
Les dessins publiés et inédits du livre The Party (1966) nous plongent cette fois dans l’univers des Soirées Mondaines new-yorkaises que fréquentaient Tomi Ungerer et son épouse dans les années 1960 et donnent une vision parfois cynique de la femme. DansInside Marriage (1960) et The Underground Sketchbook of Tomi Ungerer (1964), deux recueils de dessins satiriques très acérés, Tomi Ungerer réalise des saynètes à l’humour corrosif et met en scène la femme au sein du couple, et ses relations, souvent conflictuelles, avec l’homme.
En parallèle à l’exposition de Tomi Ungerer, le musée poursuit son invitation à d’autres illustrateurs, en présentant l’oeuvre d’Elisabeth Schrader. Cette dessinatrice allemande, à la frontière de l’illustration et de l’art singulier, montre une vision de la femme dans ses activités quotidiennes ou, à l’opposé, comme une figure légendaire, mythologique.
L’exposition se poursuit au rez-de-chaussée avec les dessins-collages de la sérieClic-Clac qui qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes et mettent la femme en scène de manière drolatique. Au rez-de-jardin, ce sont des dessins libertins de Tomi Ungerer sur la femme qui sont présentés. Sur le même sujet, ceux de son père Théodore Ungerer montrent les liens étroits que son oeuvre entretient avec celle de son fils. Les dessins originaux de Schutzengel der Hölle  (Les Anges gardiens de l’Enfer) et le carnet de croquis qui a servi à la réalisation du livre Femme fatale. Ein Skizzenbuch aus viktorianischer Zeit(Un carnet d’esquisses de la période victorienne)exposé ici pour la première fois comme objet et en film, témoignent de l’oeuvre des années 1980.
Autour de l’exposition :
L’atelier d’illustration de quatrième année de la Haute École des Art du Rhin a été invité à s’associer au projet de l’exposition « Tomi Ungerer, femmes fatales » pour créer des illustrations originales. 
Une application sur tablette tactile „Meccano Erotisme“:
Développée par des étudiants de la Haute École des Arts du Rhin, ce programme permet de traverser l’œuvre de Tomi Ungerer : de ses influences familiales pour les mécanismes à la mécanisation du sexe dans les dessins du livre Fornicon en passant par l’instrumentalisation et l’érotisation de poupées Barbie, découverte d’une autre facette de l’œuvre de cet illustrateur atypique.

mercredi 29 octobre 2014

Tomi est nommé “Commandeur dans l’Ordre du Mérite National”

Tomi est nommé “Commandeur dans l’Ordre du Mérite National”

Traduction française par Stephan Muller

Le 16 septembre 2014, au Palais de l’Elysée, Tomi Ungerer a été nommé Commandeur de l’Ordre National du Mérite, une des plus hautes distinctions de la République française. Il a reçu l’insigne des mains du président François Hollande en récompense des efforts de toute une vie pour le combat contre les préjugés, par des moyens aussi bien artistiques que politiques. Le président Hollande a également salué son action pour l’amitié franco-allemande.

Tomi Ungerer au Palais de l’Elysée
Tomi a vécu cette soirée en compagnie d’invités pour le moins intéressants et variés. La liste des personnes distinguées et les photographies officielles de l’événement sont à retrouver ici. Les photographies plus informelles sont à consulter au-dessous. Tomi écrit en ce moment un texte pour exprimer ce qu’une telle reconnaissance signifie pour lui. Il sera publié ici aussi vite que possible.

mardi 28 octobre 2014

Tomi Ungerer / Pourquoi / Questions d'enfants

Tomi Ungerer
Questions d'enfants

Pourquoi on a des couleurs préférées ?

Adèle, 8 ans
Je pense que ce sont les associations d’idées qui nous font préférer certaines couleurs. C’est pourquoi on aura toujours tendance à aimer le bleu ciel et le rose bonbon davantage que le caca d’oie ou le vert-de-gris. Les aveugles n’ont pas le choix, ils n’ont guère que le noir à préférer. C’est aussi ma couleur favorite, surtout utilisée en contraste avec les autres.

Pourquoi dans les histoires, c’est toujours les Noirs les méchants ?

Pour les Noirs, ce que tu dis m’étonne. Il faudrait me donner un exemple, car je me suis fait en général la remarque inverse. Dans La Case de l’oncle Tom, par exemple, ce sont les Noirs qui sont les victimes de l’injustice et de l’esclavage.
Et même s’il est vrai qu’on trouve parfois, dans les anciens albums, des sauvages cannibales occuper à popoter des missionnaires, je leur donne raison. À ceci près que, même bouillis, les missionnaires sont à mon goût encore un peu trop coriaces et filandreux.
 

Pourquoi j’existe toujours ?

Marco, 5 ans
D’abord, on n’existe pas toujours, mais seulement tous les jours de notre existence. Et après ? On risque d’aller exister ailleurs… Pendant le sommeil, on existe moins. C’est pourquoi le fainéant existe peu.
Exister, cela consiste à être conscient de sa présence sur Terre et à agir en conséquence. Cela demande d’avoir les yeux grands ouverts !


Il y a quoi derrière les étoiles ?

Derrière les étoiles, il y a d’autres étoiles, des « mirions » de myriades. Certaines sont si éloignées qu’on ne les discerne pas. Le ciel nocturne est comme une forêt vue de loin, dont on n’aperçoit que les arbres plantés en bordure d’orée. Derrière eux se dissimulent des milliers d’autres arbres. Il en va de même avec la première page d’un livre.
Tout espace en cache un autre, jusqu’à l’infini qui lui ne connaît pas de limites.
 

Pourquoi le big bang s’est-il produit ?

Hannes, 6 ans
Mon intelligence a ses limites et je dois avouer que je ne comprends rien à cette théorie du big bang. Cela me dépasse. Pour moi, une étoile, c’est un trou dans le plafond noir du firmament. Ce qui compte surtout, ce sont les trois big bang de l’existence : la naissance, le jour où l’on tombe amoureux pour la première fois et lorsqu’on passe outre-tombe.

Par TOMI UNGERER

Né en 1931, à Strasbourg, Tomi Ungerer est auteur et dessinateur. Il a signé de nombreux classiques de la littérature jeunesse – Les Trois Brigands, Le Nuage bleu ou encore Otto (tous parus à L’École des loisirs) – traduits dans le monde entier. L’adaptation en dessin animé de son conte Jean de la Lune ainsi que le documentaire sur sa vie Tomi Ungerer, l’esprit frappeur sont disponibles en DVD (France Télévisions Distribution).


lundi 27 octobre 2014

Roberto Bolaño / 2666



 Roberto Bolaño
2666
A peine apparu, sitôt disparu. Si leurs oeuvres se ressemblent peu - quoique, sait-on jamais, si on regarde de très près... -, la situation de Bolaño n'est pas sans évoquer celle d'un autre météore admirable, l'Allemand W. G. Sebald (Les Anneaux de Saturne, Austerlitz, etc., éd. Actes Sud), mort à peu près au même moment que Bolaño, dans un accident de voiture, en Angleterre, quelques années après qu'on l'eut découvert avec la traduction des Emigrants. Voilà deux écrivains venus relativement tard à l'écriture, deux auteurs qui cependant n'ont pas attendu pour s'imposer comme cruciaux dans le paysage littéraire contemporain, et sur lesquels le rideau s'est refermé avec une brutalité inouïe.

Mais Roberto Bolaño, pourtant, ne s'est pas vraiment tu. Du moins, pas tout de suite. Erudite, cérébrale, ironique, hautement sceptique, inscrite dans la double tradition borgesienne et surréaliste, sa voix n'était pas épuisée. Restaient même à découvrir les deux grandes oeuvres du Chilien, à nous parvenues de façon posthume : Les Détectives sauvages, traduit chez Christian Bourgois en 2006 et qui apparut alors comme son livre le plus important, jusqu'à ce jour présent où nous est offert l'ample et magistral 2666. Un roman que la mort de Bolaño laissa, nous dit-on, inachevé - et on le croit volontiers, bien qu'après lecture il soit impos­sible de deviner en quoi auraient pu consister les ultimes interventions de l'écrivain sur ce texte d'une saisissante et ténébreuse ambition.

C'est un univers sans contours théma­tiques ou géographiques précis que des­sine 2666 : au fil des cinq parties qui composent le roman, on se promène des deux côtés de l'Atlantique ; on voyage dans le XXe siècle européen et américain ; on s'attache, le temps de quelques centaines de pages, à des personnages (universitaires, flics, voyous, journalistes...) que l'on recroisera peut-être ultérieurement, ou pas ; on s'interroge sans fin sur ce qui constitue le noeud central de l'intrigue, on hésite et on ne parvient jamais à répondre avec assurance. Deux hypothèses se détachent pourtant, comme deux motifs insistants. Un homme : Benno von Archimboldi, écrivain allemand né en 1920 et aussi secret qu'un Salinger.

Un lieu : la ville mexicaine (fictive) de Santa Teresa, dans le désert de Sonora, théâtre au cours des années 1990 d'une série hallucinante d'assassinats de jeunes femmes, demeurés impunis. L'écrivain allemand et la ville mexicaine sont les deux sujets d'inves­tigation apparents du roman. Lequel, cependant, n'en finit pas de digresser et proliférer de fascinante façon, s'autorisant tous les développements et les changements de points de vue, les embardées encyclopédiques et poétiques, les fausses pistes et les impasses, les jeux de miroirs et d'échos. Semblant épouser souvent les codes du roman noir pour mieux glisser par instants vers les marges du fantas­tique ou du symbolisme.

Quel rapport y a-t-il entre l'énigmatique Archimboldi et la sinistre bourgade mexicaine de Santa Teresa, inspirée à Bolaño par l'authentique Ciudad Juárez et ses meurtres de femmes inexpliqués ? On ne le saura - et encore ! - qu'aux paragraphes ultimes du roman, mais entre-temps, la lente, violente et tragique déambulation de Bolaño aura été l'occasion d'une superbe et mouvante méditation sur le mal, sur la mort, sur l'histoire. Sur la création aussi, la littérature en particulier, à laquelle revient de prendre en charge la déchi­rante mélancolie humaine que génère cette barbarie sans fin, ce désastre permanent, ce chaos indescriptible qu'est et demeurera indéfiniment le monde. Tant qu'il y aura des hommes. Nathalie Crom

Telerama n° 3034 - 08 mars 2008
 
 

Roberto Bolaño / Une vie, une œuvre

Roberto Bolaño, en 2001 Photo MARCEL.LÍ SÀENZ



Roberto Bolano

Une vie, une œuvre


Pourtant, cet auteur à l’esprit aussi indépendant que frondeur ne se serait pas reconnu dans ces descriptions en partie nourries par les éléments biographiques d’une vie mouvementée. Né à Santiago en 1953 d’un père champion de boxeur amateur, Roberto Bolaño part vivre au Mexique avec ses parents à l’âge de 15 ans, il y fréquente les milieux avant-gardistes artistiques, retourne au Chili à 20 ans, assiste au coup d’état de Pinochet, s’exile après un séjour en prison puis bourlingue de part le monde en exerçant toutes sortes de petits boulots avant de s’installer en Catalogne.
Son œuvre, aussi bien brillante qu’inclassable, dépasse largement le cadre de sa biographie. Fils spirituel de Borges, héritier des auteurs du Boum latino-américain, mentor de la jeune génération des lettres latino-américaines, Roberto Bolaño a bouleversé les codes littéraires avec une écriture pleine de ferveur, à l’inventivité stupéfiante. Il a ainsi reçu de prestigieux prix littéraires, le prix Herralde en 1998 et le prix Romulo Gallegos en 1999. Par ailleurs, si Roberto Bolaño a beaucoup écrit sur le Chili et la dictature (Etoile distante, Nocturne du Chili), son œuvre reste tout entière marquée par un profond questionnement sur le mal et les différents visages de la barbarie (La littérature nazie en Amérique, 2666).
Dans ce documentaire, Céline du Chéné et Marie-Ange Garrandeau partent sur les traces de cet écrivain singulier, une quête qui les mène du Chili d’Allende à celui de Pinochet, de la Seconde guerre mondiale aux meurtres de femmes à la frontière mexicaine. Elles s’attachent aussi à découvrir qui se cache derrière le nom de Roberto Bolaño, lui qui était devenu un personnage à part entière apparaissant dans les textes de ses contemporains comme par exemple dans les Soldats de salamine de Javier Cercas.
Avec:
Robert Amutio, traducteur français de Bolaño
Karim Benmiloud : professeur à l’université de Montpellier, co-organisateur du colloque les Astres noirs consacré à Bolaño
Javier Cercas, écrivain espagnol et ami de Bolaño,
Sergio Gonzalez Rodriguez, journaliste et écrivain mexicain, ami de Bolaño
Raphaël Estève, professeur à Bordeaux 3, co-organisateur du colloque les Astres noirs
Antonio Werli, libraire et fondateur de la revue littéraire Cyclocosmia, a coordonné un numéro sur Bolaño
Les musiques  diffusées reflètent les goûts musicaux de Roberto Bolano

A lire:
L'homme sans tête de Sergio Gonzalez Rodriguez, traduit de l'espagnol par (Mexique) Isabelle Gugnon. Passagers du Nord Ouest. 2009
Anatomie d’un instant de Javier Cercas. Actes sud. 2010
Les astres noirs de Roberto Bolaño. Textes réunis et présentés par Karim Benmiloud et Raphaël Estève. Presses universitaires de Bordeaux. 2007.
Ecritures des dictatures, écriture de la mémoire. Roberto Bolaño et Juan Gelman. Coordination de Carmen Vasquez, Ernesto Mächer Tobar et Porfirio Mamani Macedo. Université de Picardie. Editions Indigo. 2007

dimanche 26 octobre 2014

Oscar Wilde / Salomé / Drame en un acte


Aubrey Beardsley, 1906-
Oscar Wilde 
SALOMÉ 
DRAME EN UN ACTE
_A mon Ami_ PIERRE LOUYS PERSONNES HÉRODE ANTIPAS, _Tétrarque de Judée._ IOKANAAN, _le prophète._ LE JEUNE SYRIEN, _capitaine de la garde._ TIGELLIN, _un jeune Romain._ UN CAPPADOCIEN. UN NUBIEN. PREMIER SOLDAT. SECOND SOLDAT. LE PAGE D'HÉRODIAS. DES JUIFS, DES NAZARÉENS, etc. UN ESCLAVE. NAAMAN, _le bourreau._ HÉRODIAS, _femme du Tétrarque._ SALOMÉ, _fille d'Hérodias._ LES ESCLAVES DE SALOMÉ. SALOMÉ SCÈNE (Une grande terrasse dans le palais d'Hérode donnant sur la salle de festin. Des soldats sont accoudés sur le balcon. A droite il y a un énorme escalier. A gauche, au fond, une ancienne citerne entourée d'un mur de bronze vert. Clair de lune.) LE JEUNE SYRIEN. Comme la princesse Salomé est belle ce soir! LE PAGE D'HÉRODIAS. Regardez la lune. La lune a l'air très étrange. On dirait une femme qui sort d'un tombeau. Elle ressemble à une femme morte. On dirait qu'elle cherche des morts.

samedi 25 octobre 2014

Antoine de Saint-Exupéry / Le Petit Prince


Le Petit Prince


Antoine de Saint-Exupéry


Dedicace

A LÉON WERTH.
Je demande pardon aux enfants d’avoir dédié ce livre à une grande personne. J’ai une excuse sérieuse: cette grande personne est le meilleur ami que j’ai au monde. J’ai une autre excuse: cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J’ai une troisième excuse: cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a besoin d’être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l’enfant qu’a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) Je corrige donc ma dédicace:
A LÉON WERTH
QUAND IL ÉTAIT PETIT GARÇON

Premier Chapitre

Lorsque j’avais six ans j’ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s’appelait “Histoires Vécues”. Ça représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin.
On disait dans le livre: “Les serpents boas avalent leur proie tout entière, sans la mâcher. Ensuite ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion”.
J’ai alors beaucoup réfléchi sur les aventures de la jungle et, à mon tour, j’ai réussi, avec un crayon de couleur, à tracer mon premier dessin. Mon dessin numéro 1. Il était comme ça:
J’ai montré mon chef d’oeuvre aux grandes personnes et je leur ai demandé si mon dessin leur faisait peur.
Elles m’ont répondu: “Pourquoi un chapeau ferait-il peur?”
Mon dessin ne représentait pas un chapeau. Il représentait un serpent boa qui digérait un éléphant. J’ai alors dessiné l’intérieur du serpent boa, afin que les grandes personnes puissent comprendre. Elles ont toujours besoin d’explications. Mon dessin numéro 2 était comme ça:

vendredi 24 octobre 2014

Valérie Trierweiler / Ma vie avec François Hollande.

Valérie Trierweiler, "Ma vie avec François"
Valérie Trierweiler à l'Elysée, le 30 novembre 2013.

VALÉRIE TRIERWEILER

"MA VIE AVEC FRANÇOIS"

Notre journaliste Catherine Schwaab a lu en avant-première «Merci pour ce moment» (aux éditions Les Arènes), le livre choc de Valérie Trierweiler sur l’histoire de sa passion avec le président de la République François Hollande.

Par CATHERINE SCHWAAB

Paris Match

Le 03 septembre 2014 | Mise à jour le 11 septembre 2014

«Alors c’est vrai ? » Voilà comment Valérie a affronté la trahison. Assise sur le lit conjugal, dans les appartements privés de l’Elysée, le 9 janvier 2014, à 15 heures. Le regard errant machinalement à travers les hautes fenêtres de la chambre, elle ne réalise pas encore clairement qu’elle ne reverra plus les érables, les sycomores, les marronniers et les tilleuls du parc magnifique qui se déploie, impavide, dans la froideur grise de cet hiver funeste. Le plus horrible moment de sa vie. Une heure auparavant, elle tenait encore son rôle de première dame dans la crèche de l’Elysée. L’établissement a dû en voir passer, des premières dames, en vingt-neuf ans d’existence. Valérie commençait à « intégrer la fonction », comme elle le confiait ; et elle souhaitait, pour ses 30 ans, lui donner un nom, à ce jardin d’enfants : « Danielle Mitterrand ». D’un seul coup, tout s’écroule. Elle regarde François, « son » François.