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lundi 11 février 2019

Tomi Ungerer / 50 ans que les enfants n'ont peur de rien

Tomi Ungerer

TOMI UNGERER

50 ans que les enfants n'ont peur de rien


https://www.youtube.com/watch?v=NnW0aMVplR0


dimanche 10 février 2019

Tomi Ungerer, le confident des enfants, est mort


Tomi Ungerer


Tomi Ungerer, le confident des enfants, est mort

 
©Reportage S. Roussi, M. Vandenbossche, C. Harnoy /TV5MONDE


22 MAR 2018
Mise à jour 09.02.2019 à 12:30 par
Sophie Roussi

Les 3 Brigands, c'est lui. Jean de la Lune, c'est un peu de lui aussi. Tomi Ungerer était sans doute l'écrivain et illustrateur qui savait le mieux parler aux enfants et se mettre à leur hauteur. TV5MONDE l'a rencontré en 2018 à l'occasion de la sortie de Ni oui Ni non : après des décennies de récits audacieux, de dessins satiriques, il proposait alors un dialogue honnête et sans complexe avec ses complices, les enfants. Il meurt ce 9 février à 87 ans. 

"Il y a des jours où je suis en avance sur mon âge". Tomi Ungerer sourit... Le ton est donné. La rencontre avec cet immense illustrateur et écrivain se fera sous le signe du trait d'esprit.

Du haut de ses 86 ans, Tomi Ungerer aime toujours autant s'amuser et amuser. Comme il le dit lui même : "il a pratiqué son enfance toute sa vie".

Ludique, est un mot dont il rafôle.
Curieux, un mot qui le définit.

 
 

Tomi Ungerer, né Jean-Thomas Ungerer, le 28 novembre 1931 à Strasbourg, est le père des 3 brigands, de Zeralda ou du Nuage bleu. Autant de livres pour enfants devenus des classiques.
 

L'artiste a son musée à Strasbourg, son trophée :le prix  Hans-Christian Andersen qui honore la littérature pour enfants. Mais il reste insatiable.

Dans Ni oui ni Non, son dernier ouvrage publié à l'Ecole des Loisirs, il répond aux questions existentielles, philosophiques de ses premiers lecteurs, les moins de 10 ans.
 
Je pense qu'il est essentiel, à titre d'exemple, pour les parents de leur démontrer que les enfants, s'il posent des questions, il faut tout d'abord leur répondre et leur répondre en les traitant en égaux, pas comme des petits sous-fifres.
Respecter les enfants est la ligne de conduite que Tomi Ungerer a suivi toute sa vie. Et dans son très riche lexique aux côtés d'absurde ou provocateur qui trônent, on retrouve "respect".
 
 


Bête noire des pédagogues ancienne mode, Tomi Ungerer n'hésite pas à oser. Dans ses livres, la violence rode, la peur est affrontée. Il faut traumatiser les enfants pour les épauler.
Est ce que c'est intéressant de mourir? Question de Giovanni 4 ans relevée dans Ni Oui Ni Non : "Est-ce que c'est intéressant de mourir" ? Réponse de Tomi Ungerer : "On craint la mort parce qu'on l'accuse à tort de toutes les agonies ... La mort est à la fois douanière et hôtesse. Elle vous accueille pour un safari..."
 
Pratiquement tous mes livres sont dirigés par une cause comme le racisme. Tous mes premiers livres sont sur des animaux que l'on déteste. Le rat, la pieuvre, le serpent, c'est une question de réhabilitation. Les enfants ou les héros de mes livres n'ont jamais peur.
 

Jamais dérouté, rarement étonné, Tomi Ungerer use de son expérience et de ses traumatismes d'enfance pour se mettre au niveau du jeune lecteur... 
Et s'il ne connaît pas les réponses aux questions, il l'avoue sans complexe...
 

Son audace et son sens de la provocation lui vaudront d'être censuré aux Etats Unis pays dans lequel il avait élu domicile.

Pourtant Tomi le polyglotte, né alsacien mais inlassable globe-trotter, écrit en anglais dans le texte.
La langue anglaise a trois ou quatre fois plus de synonymes que la langue française. A l'époque des classiques on a nettoyé la langue française, mais des fois, je me dis qu'on l'a trop récurée. Moi je suis essentiellement rabelaisien, j'adore le vieux françois comme on le parle au Canada.
Les oeuvres de Tomi Ungerer ont été traduites dans plus de 40 langues, certaines comme Jean de la Lune et les Trois brigands ont même été adaptées au cinéma mais pour connaître l'autre facette du personnage, feuilletez ses livres érotiques déconseillés, eux, aux enfants !
 

samedi 1 novembre 2014

Tomi Ungerer / Peut-on penser quand on est mort / Question d'enfants





Tomi Ungerer
Questions d'enfants

Peut-on penser quand on est mort ?


Manon, 6 ans
À cette question, personne à ma connaissance ne pourrait répondre. Lorsque notre âme quitte sa dépouille terrestre, emmène-t-elle dans ses bagages sa conscience, ses souvenirs et le savoir qui s’est accumulé pendant toute une vie ? Il n’y a que la mort qui ait réponse à tout ; pour cela, il nous faut exercer un peu notre patience. Qui mourra verra.
En attendant, rien ne nous empêche de penser à la mort et à tout ce qui touche à la vie. Autant en profiter pour penser autant que possible de notre vivant ! C’est la plus passionnante faculté qui ait été accordée aux humanoïdes.
La conscience est la tige de la pensée, l’imagination donne ses couleurs aux pétales.
Ma chanson préférée est allemande, et elle a ce refrain : « Die Gedanken sind frei », « les pensées sont libres » ! Personne ne peut les deviner ni s’en emparer.
Lorsque, dans mon enfance, j’allais à l’école, alors que l’Alsace avait été annexée par les nazis, on nous disait : « Ne pensez pas ! Le Führer pense pour vous ! » D’autres vous diront que Dieu enregistre vos moindres réflexions. Mais ce n’est pas vrai, votre pensée vous appartient et vous distingue des autres. C’est un grand privilège. Si la pensée devait nous accompagner dans l’au-delà, nous resterions indépendants pour l’éternité.

Qui a construit le ciel ?

Tristan, 4 ans

Le ciel n’est ni un couvercle, ni un plafond, ni même un dôme. C’est un espace sans frontières, qui s’étend jusqu’à l’infini. Il est donc inconcevable de l’imaginer avec une charpente, des étais et des piliers. Nos ancêtres les Gaulois avaient peur qu’il vole en éclats comme une grande plaque de verre. Le ciel n’a pas été édifié comme un bâtiment, mais plutôt conçu pour y aménager des astres et des météores qui « gyrovaguent » sans se poser de questions.

Pourquoi l’eau coule ?

Sean, 6 ans

Parce qu’elle est fluide. Elle tombe en gouttes de pluie ou en larmes, pour former des flaques et suivre ensuite son cours avec assiduité. Elle se laisse aussi aller dans le calme d’un lac où elle devient dormante. Lorsqu’elle atteint la mer, elle rejoint une communauté salée de vagues et de marées. C’est moins rigolo lorsqu’elle est absorbée par la terre pour former des nappes phréatiques, ce qui ressemble à une forme de captivité.
À l’air, elle s’évapore pour se refaire une santé. Mais l’eau est fragile, facilement polluée ; elle peut aussi devenir un bouillon de culture qui héberge des maladies. Elle ne coule donc pas toujours des jours heureux !

jeudi 30 octobre 2014

Tomi Ungerer / Femmes fatales I

Tomi Ungerer : Femmes Fatales Expo

Pour la première fois, le Musée Tomi Ungerer – Centre International de l’Illustration, présente un focus sur le thème de la femme dans l’œuvre de Tomi Ungerer.
La figure féminine y est centrale que ce soit dans ses croquis, dans ses dessins de livres pour enfants, dans ses œuvres érotiques ou satiriques. L’exposition, qui débute au 1erétage du musée, cherche à présenter les différentes facettes de la vision de la femme par l’artiste.
L’exposition s’ouvre sur des portraits de femmes qu’a croisées Tomi Ungerer, et réalisés entre 1970 et 1985 en grands formats, dans un style qui se situe entre le dessin d’observation et la satire. Les séries America (1956-1971) et Tomi Ungerers Frauen. Zeichnungen 1956-1983 présentent quant à elles des dessins essentiellement satiriques, qui ont parfois servis à un but publicitaire. Dans l’œuvre de Tomi Ungerer, souvent l’humain s’animalise, et inversement : il use d’un procédé similaire avec la figure féminine pour dénoncer les maux de la société contemporaine, dans des séries tellesBabylon (1979) ou Amnesty Animal(1990).
Les dessins publiés et inédits du livre The Party (1966) nous plongent cette fois dans l’univers des Soirées Mondaines new-yorkaises que fréquentaient Tomi Ungerer et son épouse dans les années 1960 et donnent une vision parfois cynique de la femme. DansInside Marriage (1960) et The Underground Sketchbook of Tomi Ungerer (1964), deux recueils de dessins satiriques très acérés, Tomi Ungerer réalise des saynètes à l’humour corrosif et met en scène la femme au sein du couple, et ses relations, souvent conflictuelles, avec l’homme.
En parallèle à l’exposition de Tomi Ungerer, le musée poursuit son invitation à d’autres illustrateurs, en présentant l’oeuvre d’Elisabeth Schrader. Cette dessinatrice allemande, à la frontière de l’illustration et de l’art singulier, montre une vision de la femme dans ses activités quotidiennes ou, à l’opposé, comme une figure légendaire, mythologique.
L’exposition se poursuit au rez-de-chaussée avec les dessins-collages de la sérieClic-Clac qui qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes et mettent la femme en scène de manière drolatique. Au rez-de-jardin, ce sont des dessins libertins de Tomi Ungerer sur la femme qui sont présentés. Sur le même sujet, ceux de son père Théodore Ungerer montrent les liens étroits que son oeuvre entretient avec celle de son fils. Les dessins originaux de Schutzengel der Hölle  (Les Anges gardiens de l’Enfer) et le carnet de croquis qui a servi à la réalisation du livre Femme fatale. Ein Skizzenbuch aus viktorianischer Zeit(Un carnet d’esquisses de la période victorienne), exposé ici pour la première fois comme objet et en film, témoignent de l’oeuvre des années 1980.
Autour de l’exposition :
L’atelier d’illustration de quatrième année de la Haute École des Art du Rhin a été invité à s’associer au projet de l’exposition « Tomi Ungerer, femmes fatales » pour créer des illustrations originales. 
Une application sur tablette tactile „Meccano Erotisme“:
Développée par des étudiants de la Haute École des Arts du Rhin, ce programme permet de traverser l’œuvre de Tomi Ungerer : de ses influences familiales pour les mécanismes à la mécanisation du sexe dans les dessins du livre Fornicon en passant par l’instrumentalisation et l’érotisation de poupées Barbie, découverte d’une autre facette de l’œuvre de cet illustrateur atypique.