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mercredi 23 août 2017

Dormir dans un tableau de Van Gogh



La chambre reproduite à partir de l'œuvre de Van Gogh.

Dormir dans un tableau de Van Gogh


Par Aude Godfryd
Publié le 04/05/2017 à 17:15

Une célèbre peinture à l'huile devient réalité. Aux Pays-Bas, à Boxmeer, dans le Brabant, au sud-est d'Amsterdam, l'hôtel Riche Boxmeer a eu l'ingénieuse idée de recréer dans une vraie chambre et dans les moindres détails le tableau La Chambre de Van Gogh à Arles (1888). Rien n'a été oublié par l'artiste locale Ligi Hermans qui s'est penchée minutieusement sur la similitude: le porte-manteaux derrière le lit, le broc de table ou encore le chiffon suspendu près de la porte. Ainsi, la couleur des murs, celle du lit ou encore la disposition des meubles sont une authentique reproduction en taille réelle des éléments présents dans l'œuvre du peintre, qui est né et a vécu une partie de sa vie dans cette région. Seule exception: la taille du lit est celle d'un lit d'hôtel moderne.
Pour présenter sa chambre au début du printemps, l'hôtel trois-étoiles a choisi d'immortaliser la disposition dans le même angle que le tableau. L'établissemen prévoit aussi des forfaits pour visiter les lieux emblématiques de la vie du peintre maudit, comme le village de Nuenen, le musée de Brabant ou celui de Kröller-Müller, à moins d'une heure de route.
Pour séjourner une nuit dans l'atmosphère du XIXe siècle, il faut compter 70 € et 9,50 € pour le petit déjeuner.
Ci-dessous l'œuvre originale:
Vincent Van Gogh était parti s'installer à Arles pour y découvrir des couleurs différentes de celles qu'il voyait à Paris. Son tableau représentant son logement lorsqu'il vivait dans le sud de la France, se trouve au musée Van Gogh à Amsterdam. Deux autres versions se trouvent respectivement au musée d'Orsay à Paris et à l'Art Institute de Chicago. Ce dernier avait déjà été inspiré. En effet, en 2016, iI avait reconstitué cette toile dans une installation éphémère afin de promouvoir l'exposition Van Gogh's Bedroom.
Riche Boxmeer - Steenstraat 51 5831 JB Boxmeer Téléphone (+31)485-578222 www.riche.nl/nl/van-gogh-kamer




mardi 22 août 2017

La Passion Van Gogh / Nouvelle bande-annonce du film peint à la main




La Passion Van Gogh : nouvelle bande-annonce du film peint à la main


Par Diane Lestage
Publié le 17/08/2017 à 06:00


VIDÉO - Le long-métrage d'animation réalisé par Dorota Kobiela et Hugh Welchman a été peint par 90 artistes. Prix du public au dernier Festival d'Annecy, il donnera vie à plus de 120 œuvres de l'artiste, le 11 octobre en salles.
S'immerger dans les tableaux et la vie de Van Gogh. C'est ce que nous proposent les réalisateurs Dorota Kobiela et Hugh Welchman dans leur long-métrage d'animation La Passion Van Gogh. Les plans du film ont été peints à la main par 90 artistes du monde entier. Ce sont donc les toiles de l'artiste à l'oreille coupée qui nous racontent les derniers jours de la vie de celui-ci. En juin dernier, le film avait été acclamé pendant sa projection au Festival d'Annecy où il a d'ailleurs remporté Le Prix du public.
Le long-métrage se sert de 800 lettres de Van Gogh comme base pour construire l'histoire. Un an après le décès de célèbre artiste, le fils de Joseph Roulin (ami de Van Gogh) doit remettre en mains propres une lettre à Théo Van Gogh, le frère de Vincent. Mais le personnage apprend rapidement que le frère du peintre est également décédé. Afin de mieux comprendre Van Gogh et son suicide, il va se rendre à Auvers-sur-Oise, le village où le peintre a passé ses derniers mois. Il va ainsi découvrir la vie passionnante et mystérieuse qu'il a menée.

Et la vie et l'œuvre de Van Gogh s'animèrent

La bande-annonce divulgue déjà la couleur d'un film fascinant par sa forme. Alors que le jeune héros part sur les traces du peintre, il nous plonge dans un tourbillon de toiles plus célèbres les unes que les autres. De la couleur au noir et blanc, de la peinture à l'huile au vivant, les réalisateurs parviennent à captiver nos yeux. Ce ne sont pas seulement les œuvres du peintre qui vivent, c'est Van Gogh lui-même qui renaît à l'écran.
De véritables comédiens interprètent les personnages, ils ont joué sur des fonds verts auxquels on a ajouté par composting les toiles de Van Gogh avant de les animer en infographie. Il a fallu un an aux dessinateurs du film pour reproduire les œuvres de l'artiste de manière cinématographique. Saoirse Ronan, Douglas Booth, Chris O'Dowd, Aidan Turner et Helen McCrory se partagent donc l'affiche de La Passion Van Gogh alors que Pierre Niney a donné sa voix au personnage principal dans la version française du film qui sortira le 11 octobre.

lundi 21 août 2017

L'oreille de Van Gogh, un mystère enfin percé?




L'oreille de Van Gogh,

un mystère enfin percé?


Par Guillaume Mazoyer
Mis à jour le 14/07/2016 à 12:09
Publié le 14/07/2016 à 09:00

L'un des faits divers les plus connus de l'histoire de l'art se précise: le peintre néerlandais ne se serait pas uniquement coupé un lobe d'oreille, mais bien la totalité de l'organe. En plus de sa mutilation, il aurait offert son oreille à une femme de chambre.




L'un des faits divers les plus connus de l'histoire de l'art se précise : le peintre néerlandais ne se serait pas uniquement coupé un lobe d'oreille, mais bien la totalité de l'organe. La découverte d'un document médical d'époque, exposé à Amsterdam, vient crédibiliser cette thèse.

Le 24 décembre 1888, l'artiste se blesse à Arles. Combat de sabres après une dispute avec Paul Gauguin ou geste volontaire dû à une santé mentale défaillante? Les raisons de son amputation sont floues. L'étendue de sa blessure le serait moins. Après avoir soigné van Gogh, le docteur de l'hôpital de la ville à l'époque, Félix Rey, a réalisé un schéma des dégâts. Retrouvé dans des archives américaines, la note médicale indique que le peintre a l'oreille entièrement sectionnée.
En plus de sa mutilation, il aurait offert son oreille à une prostituée. Responsable de la découverte du document, la chercheuse irlandaise Bernadette Murphy a passé sept ans à pister la fille de joie récipiendaire de ce surprenant présent. Il s'agirait plutôt d'une jeune femme de chambre d'une maison de tolérance, à laquelle van Gogh n'était pas insensible. «Elle avait une terrible cicatrice sur le bras due à une morsure de chien. Je pense qu'il a voulu lui faire don de sa chair», avance Mme Murphy, dans une entrevue au Telegraph. Pas de doute selon l'historienne: la santé mentale du peintre serait bien la cause de son geste.
Le document du docteur arlésien est visible pour la première fois au musée Vincent van Gogh d'Amsterdam, dans une exposition intitulée Au bord de la folie à partir du 15 juillet. Elle retrace la dernière période de la vie de l'artiste, allant de l'incident de l'oreille de 1888 jusqu'à son suicide, le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Appuyée par 25 tableaux et plusieurs artéfacts, dont le pistolet entièrement rouillé qui lui aurait servi à mettre fin à ses jours, la rétrospective vise à démontrer que l'état psychologique de l'artiste freinait son génie créatif.

La note médicale ne créé pas de consensus

Des voix s'élèvent cependant pour contredire l'exactitude du document. Dans un mail adressé au New York Times, l'historien américain Steven Naifeh estime qu'il n'est tout simplement pas «crédible». Selon lui, la belle-soeur de van Gogh, Johanna van Gogh-Bonger et l'artiste Paul Signac auraient tout deux mentionné qu'une partie seulement de l'oreille avait été sectionnée. En regardant l'artiste de face, il était possible «de ne pas apercevoir les dommages» de son geste. Le médecin d'Auvers-sur-Oise, Paul Gachet, aurait lui aussi réalisé des gravures montrant qu'une «portion un peu plus grosse que le lobe» manquait à l'appel.
Mais pour Steven Naifeh, sceptique de nature, van Gogh ne se serait pas suicidé mais se serait fait tirer dessus. Une autre énigme à percer.

dimanche 8 juin 2014

Cinéma / Van Gogh comme vous ne l'avez jamais vu



Cinéma 

Van Gogh comme vous ne l'avez jamais vu


VIDÉO. En 1987, l'Australien Paul Cox réalise un documentaire où les lettres de Vincent entrent en résonance avec ses oeuvres. Il sort mercredi. Lumineux.

Le Point
Publié le 04 / 06 / 2014

John Hurt lit des extraits de la correspondance de Vincent et Théo Van Gogh.
John Hurt lit des extraits de la correspondance de Vincent et Théo Van Gogh. © Films sans Frontières
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  •  ©  Film sans frontières
"Nous sommes des pèlerins, des étrangers sur terre, il nous faut abandonner nos biens terrestres... La route continue-t-elle de monter jusqu'au bout ? OUI... Que de luttes l'homme doit mener chaque jour !..." Van Gogh ne fut pas seulement un très grand peintre, il fut aussi un remarquable écrivain-épistolier, qui dans les lettres à son frère Théo, à qui il demandait sans cesse de l'argent pour survivre, s'analysa de bout en bout, en particulier au cours des dix dernières années de sa vie, entre 1880 et 1890. "La peinture est une foi qui exige qu'on se moque de l'opinion publique... Je suis un homme excentrique et désagréable, mais je veux montrer ce que peut cacher le coeur d'un tel homme."
L'écriture est à la fois sèche et passionnée, l'introspection fouillée, fournissant un document exceptionnel sur l'existence et les tourments d'un pasteur novice qui se tourna vers la peinture, mais n'en vécut jamais, puisqu'il ne vendit qu'une seule toile de son vivant.

Gratitude

En 1987, Paul Cox réalisa un des documentaires les plus intelligents qu'on puisse concevoir. Étrangement, il n'avait jamais été distribué en France. Voilà l'oubli réparé... "Le mal guette, il faut m'emplir de toute la bonté possible... Celui qui peut se souvenir de ce qu'il a vu n'est jamais seul... Je suis un homme plein de passion... J'avance sur le chemin difficile de la peinture, désormais je ne peux plus faire demi-tour... Je dessine pour oublier, loin de tous... La lutte pour la vie de ces racines torturées et noueuses..." Pendant 100 minutes, le cinéaste australien d'origine néerlandaise arrive presque toujours à retrouver dans les paysages des saynètes, des dessins, des tableaux, l'équivalent visuel de ces extraits de lettres lus avec intensité et précision par le grand acteur britannique John Hurt.
Il en naît une harmonie idéale entre le texte, l'image et la peinture de Van Gogh que l'on suit dans son évolution, son enfermement dans le domaine de l'art qui apparaît avec toute sa cohérence. Van Gogh ici est partout, dans le mot, la couleur, les formes, et dans cet enrichissement mutuel, dans ce perpétuel jeu d'échos, on entre au coeur, au plus près du cheminement d'un artiste qui suivit son chemin de croix : "Je ne veux pas de mélancolie, mais que la douleur profonde émane de mes tableaux, je veux qu'on dise que ce peintre était plein de compassion... L'avenir va me rendre plus laid, mon chemin sera sans doute lugubre... Je veux laisser à l'humanité des tableaux en témoignage de gratitude... Je serai peintre, pauvre et humain." Un documentaire beau et lumineux qui vous fait toucher du doigt ce que fut un des artistes les plus intraitables de notre histoire.
Vincent, la vie et la mort de Vincent Van Gogh, documentaire de Paul Cox, avec la voix de John Hurt (sortie 4 juin)