mardi 28 janvier 2020

De Barack Obama à Magic Johnson, vive émotion aux Etats-Unis

Kobe Bryant


De Barack Obama à Magic Johnson, vive émotion aux Etats-Unis

Le déferlement d'hommages provoqué par le décès de la légende de la NBA Kobe Bryant dans un crash d'hélicoptère démontre à quel point le sportif a marqué son époque, bien au-delà du basketball
Valérie de Graffenried
Publié lundi 27 janvier 2020 à 20:47
Modifié lundi 27 janvier 2020 à 20:48

Une voix feutrée et ces mots: «On sait tous les deux, peu importe ce que l’on fera à l’avenir, que je resterai cet enfant avec les chaussettes remontées, la poubelle dans un coin avec 5 secondes restantes à l’horloge, le ballon dans mes mains. 5… 4… 3… 2… 1. Love you always, Kobe». Ainsi s’achève Dear Basketball, qui lui a valu un Oscar en 2018. Ce film d’animation, un petit bijou qui retrace sa passion pour le sport et s’inspire d’un texte qu’il avait écrit pour annoncer sa retraite en 2016, a un écho bien particulier aujourd’hui.

Kobe Bryant et Michael Jordan

Aux États-Unis, l’émotion restait vive au lendemain de la tragédie qui a emporté la légende de la NBA Kobe Bryant. Avec la mort du basketteur, c’est toute une Amérique, sous le choc, qui pleure une icône. Le déferlement d’hommages, et la rapidité avec laquelle le drame a touché toutes les couches de la société, démontre à quel point son aura s’étendait bien au-delà du monde sportif. L’émotion est décuplée par le fait que sa fille Gianna, 13 ans, grand espoir du basket féminin, est décédée dans le crash d’hélicoptère avec lui. Kobe Bryant, 41 ans, était le père de trois autres filles, dont la dernière est née l’été dernier.

Kobe Bryant et Shaquille O’Neal

Mauvaise météo
Sur Twitter, Clint Capela, la star genevoise des Houston Rockets, fait partie des milliers de gens qui ont partagé leur émotion: «Chaque génération revendique son «meilleur joueur de tous les temps» (l’acronyme GOAT, en anglais). Il était le nôtre. RIP Kobe et Gianna. Condoléances à sa femme et à ses filles».
Les présidents Donald Trump et Barack Obama – un grand fan de basket –, les légendes de la NBA Magic Johnson et Michael Jordan, que Kobe Bryant admirait, tous ont aligné les superlatifs. Aux Grammy Awards, qui s’est déroulé dans le stade de son équipe, les Los Angeles Lakers, la chanteuse Alicia Keys lui a dédié une chanson: «It’s So Hard to Say Goodbye to Yesterday».
La NBA, à travers son patron Adam Silver, se dit «anéantie» par ce décès. Quintuple champion NBA avec les Lakers, double champion olympique avec Team USA en 2008 et 2012, Kobe Bryant a eu une carrière exemplaire, avant d’y mettre un terme en 2016, après 20 saisons.


Dans un communiqué, Adam Silver loue le «remarquable talent» de «l’un des joueurs les plus extraordinaires de l’histoire du basketball». Mais il a relevé aussi sa générosité, lui qui a donné envie à des millions de jeunes de pratiquer le sport: «il considérait que c’était sa mission de partager sa passion avec les générations futures, prenant un plaisir particulier à transmettre son amour du jeu à Gianna». A travers The Kobe and Vanessa Bryant Family Foundation, à but philanthropique, Kobe Bryant voulait aider les jeunes à «rêver grand». Il venait aussi en aide aux sans-abris.
Le Sikorsky S-76B qui le transportait dimanche s’est écrasé à Calabasas, à quelques kilomètres de Los Angeles, avant de prendre feu. Les neuf passagers ont péri. Selon les premiers éléments de l’enquête, les conditions météorologiques étaient mauvaises – un épais brouillard –, et l’hélicoptère, qui avait obtenu une autorisation spéciale de voler, volait bas. Il aurait heurté une colline. Kobe Bryant emmenait sa fille à un tournoi de basket. Selon des médias américains, deux coéquipières de Gianna, son entraîneure et des parents se trouvaient également à bord de l’hélicoptère.
Quelques heures avant le drame, Kobe Bryant avait eu le temps de réagir au score de LeBron James, des Lakers, devenu le troisième meilleur pointeur de l’histoire de la NBA, le reléguant à la 4e place. «Continue de faire avancer le jeu ainsi @KingJames. Beaucoup de respect, mon frère»: c’était son dernier tweet. LeBron James a appris la tragédie à la descente d’un avion, à Los Angeles. Des images de son arrivée le montrent très éprouvé.


L’année 2003

Kobe Bryant a eu une année particulièrement difficile en 2003. Cette année-là, il a été accusé de viol par une employée d’hôtel de 19 ans, alors qu’il se remettait à peine d’une arthroscopie d’un genou. Le joueur a admis avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme, mais a toujours assuré qu’elle était consentante. Le procès n’a finalement pas eu lieu, la victime ayant accepté un arrangement extra-judiciaire.
Dans le documentaire Kobe Bryant’s Muse (2015), le natif de Philadelphie déclare avoir eu l’idée de son surnom de «Black Mamba» durant ces moments difficiles, en regardant Kill Bill de Quentin Tarantino. En Afrique, ce serpent majestueux est appelé «serpent minute» à cause de la rapidité avec laquelle son venin s’avère mortel. Pour Kobe Bryant, l’idée était surtout de se constituer une sorte de seconde peau, et d’afficher son sang-froid. «Je devais me séparer de moi-même. J’avais l’impression que tout me tombait dessus en même temps. Ça devenait vraiment perturbant […]. Alors j’ai créé the Black Mamba», explique-t-il dans le documentaire.
Le surnom lui est depuis resté, et a même été exploité par son sponsor, Nike. «Mamba out», avait-t-il lâché lors de son tout dernier match, en 2016.



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