vendredi 19 août 2016

Hans Christian Andersen / La princesse au petit pois



Hans Christian Andersen
Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait; des princesses, il n'en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses? C'était difficile à apprécier, toujours une chose ou l'autre ne lui semblait pas parfaite. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu avoir une véritable princesse.

Un soir, par un temps affreux, éclairs et tonnerre, cascade de pluie que c'en était effrayant, on frappa à la porte de la ville et le vieux roi lui-même alla ouvrir.

C'était une princesse qui était là dehors. Mais grands dieux! de quoi avait-elle l'air dans cette pluie, par ce temps! L'eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon ... et elle prétendait être une véritable princesse!

"Nous allons bien voir ça," pensait la vieille reine, mais elle ne dit rien. elle alla dans la chambre à coucher, retira la literie et mit un petit pois au fond du lit; elle prit ensuite vingt matelas qu'elle empila sur le petit pois et, par-dessus, elle mit encore vingt édredons en plumes d'eider.

C'est là-dessus que la princesse devrait coucher cette nuit-là.

Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

"Affreusement mal," répondit-elle, "je 'n'ai presque pas fermé l'oeil de la nuit. Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couchée sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus et des noirs sur tout le corps! C'est terrible!"

Alors, ils reconnurent que c'était une vraie princesse puisque, à travers les vingt matelas et les vingt édredons en plume d'eider, elle avait senti le petit pois. Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d'une authentique princesse.

Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d'avoir une vraie princesse et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d'art, où on peut encore le voir si personne ne l'a emporté.

Et ceci est une vraie histoire.



Contes d'Andersen



jeudi 18 août 2016

Roth délivré : un écrivain et son œuvre / Un truc à cacher

 

Philip Roth


Roth, un truc à cacher

Comment doit-on lire Philip Roth ? L’intéressé ne cesse d’intervenir dans le débat, en nommant et renvoyant ses biographes « officiels », en écrivant des lettres aux journaux et en commandant des quasi-biographies auprès de ses amies journalistes, celles suffisamment prestigieuses pour étouffer la critique de sa représentation de la gent féminine. Que cherche-t-il à cacher ?

Hans Christian Andersen / Grand Claus et petit Claus



Hans Christian Andersen
Dans une ville demeuraient deux hommes qui s'appelaient du même nom, Claus; mais l'un avait quatre chevaux, et l'autre n'en avait qu'un seul: donc, pour les distinguer, l'on appelait le premier grand Claus. et l'autre petit Claus. Écoutez bien maintenant ce qui leur arriva, car c'est une histoire véritable!

Pendant toute la semaine, petit Claus était obligé de labourer la terre de grand Claus et de lui prêter son unique cheval; en revanche, grand Claus l'aidait avec ses quatre chevaux une fois par semaine, c'est-à-dire tous les dimanches seulement. Hutsch! comme petit Claus faisait alors claquer son fouet au-dessus des cinq chevaux! Il les regardait comme les siens. Le soleil brillait si magnifique! Toutes les cloches appelaient le monde à l'église; les hommes et les femmes revêtus de leurs plus beaux habits passaient devant petit Claus, qui, labourant la terre d'un air joyeux, faisait claquer son fouet en s'écriant: "Hue donc, mes chevaux!"

"Ne dis donc pas mes chevaux," lui cria une fois grand Claus, "il n'y en a qu'un qui est à toi."

mercredi 17 août 2016

Hans Christian Andersen / Le briquet



Hans Christian Andersen


LE BRIQUET



Un soldat s'en venait d'un bon pas sur la route. Une deux, une deux! sac au dos et sabre au côté. Il avait été à la guerre et maintenant, il rentrait chez lui. Sur la route, il rencontra une vieille sorcière. Qu'elle était laide! Sa lippe lui pendait jusque sur la poitrine. "Bonsoir soldat," dit-elle. "Ton sac est grand et ton sabre est beau, tu es un vrai soldat. Je vais te donner autant d'argent que tu voudras."

"Merci, vieille," dit le soldat.

"Vois-tu ce grand arbre?" dit la sorcière. "Il est entièrement creux. Grimpe au sommet, tu verras un trou, tu t'y laisseras glisser jusqu'au fond. Je t'attacherai une corde autour du corps pour te remonter quand tu m'appelleras."

mardi 16 août 2016

Olivier Steiner en dialogue avec Emmanuel Lagarrigue






Olivier Steiner en dialogue avec Emmanuel Lagarrigue

Olivier Steiner 25 avril 2016
Le journal d'Olivier Steiner

Olivier Steiner :
Très beau, ce titre de ta dernière expo chez Dilecta, Quelque chose d’invisible n’en peut plus. C’est de Hélène Bessette ?
Emmanuel Lagarrigue : Oui je ne suis pour rien dans ce titre ! C’est bien une citation de Bessette. Si je ne trompe pas ça vient de Si, un de ses derniers romans publiés. En fait tous les textes qui sont dans l’expo (sauf un) sont de Bessette. C’est une expo qui retrace le lien que j’ai avec son travail ces dernières années.
OS : Comment comprends-tu, entends-tu, ce quelque chose qui n’en peut plus ? On admettrait bien volontiers un « Quelque chose n’a pas eu lieu », mais il s’agit de « n’en plus pouvoir ». L’articulation avec « chose » est frappante.
EL : Moi c’est plus l’invisibilité de cette chose qui me marque en premier dans la phrase. Comment savoir que quelque chose n’en peut plus si cette chose est invisible ? Avec elle il est toujours question d’absence, de disparition, mais en même temps exister quand même. Du coup ça ne me choque pas ce côté un peu animiste, comme si toutes les choses devaient se battre pour exister…

lundi 15 août 2016

Olivier Steiner dialogue avec Clément Bénech

Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.



Olivier Steiner dialogue avec Clément Bénech




Oivier Steiner 
 5 février 2016 
Olivier Steiner : Alors, cette grasse mat, terminée ?
Clément Bénech : Oui à peu près !
OS: Sorti hier soir ?
CB : Non, écrit et lu (Rosset, L’Invisible)
OS: Bien ! Good boy ! ça doit te plaire, Rosset, j’imagine bien que ça te plaise.
OS:  C’est français « j’imagine bien que ça te plaise ? », j’ai comme un doute soudainement.
CB: Haha je suis très fan oui… ça me semble français, ça me choque pas !
OS: Bon. Tu sais qu’on est pas tout à fait seuls en ce moment ?
CB: Dans l’univers tu veux dire ?
OS: Oui, ça, déjà, c’est sûr, c’est même certain. Mais dans cette fenêtre de tchat non plus. Je pense à Diacritik tu sais, j’aimerais publier un dialogue avec toi, de l’écriture courante comme aurait dit l’Autre. Et puis ça fait des lustres qu’on se s’est pas vus, pas vraiment parlés….

samedi 13 août 2016

Olivier Steiner / Je cherche un homme

Fernando Vicente

Je cherche un homme



Jeudi 31 décembre 2015
Vous savez, je ne parle pas de moi parce que je m’intéresse, je parle de moi pour dire le moins de conneries possibles. Moi, la matière moi, ça ne m’intéresse pas, plus, vraiment, si peu. Ce qui m’intéresse encore c’est tout ce qui me traverse et me modifie, tout ce que je ressens, comprends et comprends pas, qui vient de l’extérieur, outside disait MD, les autres, l’altérité. Les autres, l’adversité. Je parle de moi car c’est vous qui m’intéressez.
2015 fut une année de merde, du début à la fin. Charlie, dépression, hospitalisation, rupture amoureuse, TS sérieuse, nouvelle hospitalisation, retour Paris à la case départ, avec de nouveaux cheveux blancs, Chantaldisparue, un éditeur que j’ai peut-être perdu à jamais, suicide social après le suicide du corps, up & down, détruire, disait-elle.