vendredi 12 août 2022

Le dessinateur français Jean-Jacques Sempé est mort

Jean-Jacques Sempé


Le dessinateur français Jean-Jacques Sempé est mort

La disparition d'un génie. Le dessinateur Jean-Jacques Sempé est mort à l'âge de 89 ans. 

 Le dessinateur d'humour est mort jeudi, dans sa résidence de vacances, a indiqué Marc Lecarpentier, son biographe et ami.

Yannick Vely , avec AFP, Mis à jour le 

Le dessinateur français Jean-Jacques Sempé, connu pour ses illustrations des aventures du «Petit Nicolas» et ses dessins de presse humoristiques notamment dans Paris Match depuis 1956, est décédé jeudi à l'âge de 89 ans, a annoncé son épouse Martine Gossieaux Sempé à l'AFP. «Le dessinateur d'humour Jean-Jacques Sempé est décédé paisiblement (jeudi) soir, 11 août (2022), dans sa 89e année, dans sa résidence de vacances, entouré de sa femme et de ses amis proches», a indiqué Marc Lecarpentier, son biographe et ami, dans une déclaration à l'AFP.

« Je n’ai pas du tout, du tout l’impression d’avoir fait “une œuvre”, comme ils disent. Ce mot me gêne. J’ai juste fait énormément de dessins, je ne sais faire que cela, mais de qualité très irrégulière...», confiait-il à Paris Match en 2012 « On ne peut pas avoir confiance en soi. A chaque page blanche, tout est remis en cause, on doute tout le temps. Alors je demande l’avis de mes amis, je les torture : “Mais tu as bien compris ? Explique-moi ce que tu as compris !”» Ainsi parlait Jean-Jacques Sempé, à jamais associé dans l'imaginaire national au «Petit Nicolas»­ et à son ami René Goscinny - un film d'animation formidable récompensé au dernier Festival d'Annecy rend d'ailleurs hommage au duo. L'homme était devenu dessinateur, car c'était «le seul métier qu'(il avait) trouvé». «On n’a voulu de moi nulle part. Pour gagner ma vie, j’ai essayé plein de choses : représentant de commerce, livreur à bicyclette. Comme je ne trouvais pas de travail, je me suis engagé dans l’armée qui m’assurait le gîte et le couvert». Mais notre joyeux gaffeur paumait des fusils....

«L'ironie et la tendresse»

Car oui, sans son coup de crayon, le petit Jean-Jacques aurait pu finir voyou. A Bordeaux, où vivait la famille, ses parents ­pauvres et peu éduqués s’entre-déchiraient quasiment tous les soirs. Sa mère lui envoyait « des torgnoles », et son beau-père, ­représentant en conserves, rentrait bourré un soir sur deux et devenait violent. « Ce n’était jamais régulier. On ­pouvait avoir trois jours d’accalmie et deux jours de suite de bagarres. » Alors l'enfant de Pessac, longtemps bègue, pour fuir ce quotidien morose, va observer le monde sans un mot et croquer la vie qui passe. Sur le plan professionnel, il commencera par des petits dessins de presse pour «Sud Ouest» qu'il signe «DRO» (to draw, dessiner en anglais) avant la rencontre décisive et parisienne avec René Goscinny en 1954. Les deux hommes créent «Le Petit Nicolas», qui prend vie après quelques balbutiements en 1959. Il publiait déjà régulièrement des dessins pour Paris Match. « 1956, c’était un tout petit bonhomme qui crie. “Haut les mains !”. Il n’était pas formidable, ce dessin… », avouait-il, toujours en 2012. En 1978, c'est la consécration : le «New Yorker» le contacte pour la couverture : le Graal pour un dessinateur de presse. Là encore, quand on l'interrogeait sur le sujet, en 2009, Jean-Jacques Sempé ne feignait pas son étonnement. «En 1978, une de ses journalistes avait montré au directeur un de mes albums. Il m’a demandé de réaliser des couvertures. J’ai failli avoir une jaunisse car, à ce moment-là, je ne pouvais plus reculer. J’ai travaillé comme un fou, à en être malade. Je ne connaissais rien de New York , je savais que là-bas rien n’est pareil, même les fenêtres...» Le plus bel hommage, c'est peut-être le prix Nobel de littérature turc Orhan Pamuk , qui lui a rendu, dans notre journal : «Sempé, c'est la France ! Tout y est : l'ironie et la tendresse»

PARIS MATCH




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