samedi 22 mars 2014

César 2014 / Léa Seydoux nous dévoile ses coups de coeur

Léa Seydoux, photographed by Nan Goldin for V magazine, winter 2013.
Léa Seydoux, photographed by Nan Goldin for V magazine, winter 2013.

César 2014 

Léa Seydoux nous dévoile 

ses coups de coeur



Léa Seydoux dans la vie d'Adèle

"Les récompenses, personne s'en fout, même ceux qui font semblant" a déclaré récemment Adèle Exarchopoulos à Première. Et ce n'est pas Léa Seydoux qui dira le contraire. A l'occasion de son passage à la rédaction d'aufeminin.com, la comédienne, en lice pour le César de la meilleure actrice, a commenté la sélection 2014. Impressions et pronostics.

Avec 8 nominations, La vie d'Adèle d'Abellatif Kechiche fait figure de grand favori dans la course aux César, juste derrière Les garçons et Guillaume à table, cité 10 fois. Pourtant, face à ces films qui ont cartonné aux box-office, d'autres productions plus confidentielles s'imposent dans la liste des nommés. A l'image de l'Inconnu du Lac, d'Alain Guiraudie. "C'est mon film préféré de 2013", confie Léa Seydoux. "Certes, il n'a pas fait beaucoup d'entrées mais je suis contente qu'il soit représenté dans 8 catégories". D'ailleurs, notre rédac chef d'exception apprécie que les César mettent à la fois en lumière des succès populaires et des longs métrages plus modestes.


Dans la catégorie Meilleure Actrice, Léa Seydoux a de sérieuses concurrentes. "C'est formidable d'être nommée face à Catherine Deneuve ou Fanny Ardant", s'enthousiasme la comédienne. "Et puis c'est vrai que c'est génial d'être nommé. On déclare toujours que ce n'est pas grave si on ne l'a pas, mais en réalité, on a tous très envie d'être récompensé", reconnaît l'actrice. Ce qui ne l'empêche pas de relativiser : "Quand on reçoit un César, on est très content. Si on ne l'a pas, on est un peu triste le soir-même. Et puis ça passe. Au final, le plus important, c'est de travailler".


Léa Seudoux

Parmi les oubliés des nominations, la rédaction déplore l'absence de Grand Central de Rebecca Zlotowski, notamment dans la catégorie Meilleur réalisateur. Un regret partagé par Léa Seydoux qui y tient d'ailleurs le premier rôle féminin. Si nous pointons l'absence de femmes nommées dans la catégorie Meilleur Réalisateur, Léa reste néanmoins optimiste : "On a la chance en France d’avoir des réalisatrices talentueuses comme Rebecca, Céline Sciamma que j'adore, Noémie Lovski, Justine Triet nommée pour le Meilleur 1er film. Il y en a même plus qu’aux USA. C’est vrai qu’elles dominent moins dans le cinéma mais je pense que ça arrivera". L'actrice note d'ailleurs qu'il y a deux ans, c'est le film Tomboy de Céline Sciamma qui manquait cruellement à l'appel des César 2012. Cette année, outre La Vie d'Adèle, elle mise beaucoup sur l'Inconnu du Lac, espérant que son coup de coeur reparte avec plusieurs prix.

Quand on l'interroge sur la tenue qu'elle portera le soir du 28 février prochain au théâtre du Châtelet, Léa Seydoux avoue qu'elle ne sait pas encore. Il faut dire que la belle foulera d'autres tapis rouges d'ici-là, notamment celui des BAFTA le 16 février où elle pourrait décrocher le prix du meilleur espoir, et celui du Festival de Berlin pour la présentation de La Belle et la Bête.

"Lorsqu'on monte sur scène pour recevoir sa récompense, on a le coeur qui bat très fort, et on voit flou. C'est beaucoup d'émotions mais en même temps il faut faire attention à ce qu'on dit" confie la jeune star. Jusqu'à présent, l'actrice n'a jamais préparé de discours pour ses remises de prix. Mais peut-être changera-t-elle ses habitudes pour les César 2014, au cas où...


vendredi 21 mars 2014

Tchekhov / Les rêves

Anton Tchékhov


Anton Tchékhov
Deux gardes champêtres : l’un, brun, fortement taillé, avec des jambes extrêmement courtes, de sorte qu’en le regardant par derrière les jambes paraissaient prendre naissance bien plus bas que chez la majorité des hommes ; l’autre, long, maigre, raide comme un piquet, avec une petite barbiche d’un roux sale, escortent jusqu’à la ville voisine un vagabond qui ne se rappelle pas son nom. Le premier marche en se dandinant, tourne la tête de droite à gauche, mâche tantôt un brin d’herbe, tantôt la manche de son habit, bat de ses mains ses maigres hanches et fredonne, bref, a tout l’air d’être un homme insouciant et léger ; le second, malgré son maigre visage et ses étroites épaules, a l’aspect vénérable, sérieux, réfléchi, et toute sa longue figure évoque quelque saint décharné qu’on voit dans les peintures anciennes. Il est chauve. Le petit garde champêtre s’appelle André Ptakha ; le grand, Nicandre Sapojnikoff. Celui qu’ils escortent ne correspond nullement au type du vagabond. C’est un homme petit, extrêmement débile, maladif, avec des traits tirés et un pâle petit visage. Ses sourcils sont rares, le regard doux et soumis, la moustache se dessine à peine, bien que l’homme ait dépassé la trentaine. Il marche d’un pas hésitant, tout courbé et les mains dans les poches. Le col de son pauvre pardessus râpé, d’un de ceux qu’on ne porte pas dans les campagnes, est relevé jusqu’au bord de sa casquette, si bien que de tout son visage on n’aperçoit que le nez : un petit nez craintif et rouge. Il parle d’une voix fluette et toussote à chaque minute. Il est très difficile de reconnaître en lui un vagabond qui cache son nom. C’est plutôt un infortuné fils de quelque pope de village, un greffier renvoyé pour ivrognerie, un petit commis, fils ou neveu de marchand, ex-cabotin de province retournant lamentable au foyer, où il jouera le cinquième acte de l’enfant prodigue ; peut-être, à le voir patauger avec cet acharnement dans la boue affreuse, on peut croire que c’est un jeune « frère servant » cherchant abri dans quelque monastère.
Ces trois hommes marchent depuis longtemps, mais ne peuvent réussir à mettre un pied devant l’autre.
Devant eux s’étalent une quinzaine de mètres d’un chemin sali et noir ; derrière, la même chose, et, de tous côtés, le mur d’un épais brouillard blanc et frileux. Ils marchent, ils marchent, mais la route ne change guère, le mur est toujours à la même distance et la loque de terre reste interminablement loque. — Brusquement paraît une grande pierre blanche ; un ravin, une brassée de foin tombée de quelque chariot, surgit une flaque d’eau sale et, par moment, au devant se dresse une ombre aux contours vagues ; plus on l’approche, plus elle diminue et s’assombrit, — encore un pas et les voyageurs voient ou une lamentable borne kilométrique sur laquelle le temps a effacé les chiffres ou un bouleau maigre, mouillé et nu, pareil à un pauvre des grandes routes. Le bouleau accueille les passants avec le murmure de ses dernières feuilles ; sûrement une de ces feuilles se détachera et tombera mollement sur la terre... Et puis, de nouveau, le brouillard, la boue, l’herbe jaune des bords de la route. Sur l’herbe pendent de méchantes larmes ternes. Ce ne sont pas ces larmes de joie paisible avec lesquelles la terre reçoit et reconnaît le splendide soleil d’été et desquelles, à l’aube, elle désaltère les cailles et les sveltes croncheps au long bec ! Les pieds des marcheurs s’enfoncent dans la boue lourde et gluante. Chaque pas est un effort.

jeudi 20 mars 2014

Maupassant / Une vendetta


Guy de Maupassant
UNE VENDETTA

La veuve de Paolo Saverini habitait seule avec son fils une petite maison pauvre sur les remparts de Bonifacio. La ville, bâtie sur une avancée de la montagne, suspendue même par places au-dessus de la mer, regarde, par-dessus le détroit hérissé d'écueils, la côte plus basse de la Sardaigne.

mercredi 19 mars 2014

Maupassant / La parure



Guy de Maupassant


C’était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d’employés. Elle n’avait pas de dot, pas d’espérances, aucun moyen d’être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l’Instruction publique.

lundi 17 mars 2014

Femmes / Guinevere van Seenus

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Guinevere van Seenus
by  Thomas Schenk

FEMMES
Guinevere van Seenus


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Guinevere van Seenus
by  Thomas Schenk

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Guinevere van Seenus
by Txema Yuste

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Guinevere van Seenus
by Mert Alas and Marcus Piggott

Guinevere van Seenus
by Cedric Buchet

Guinevere san Seenus
by Cedric Buchet

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Guinevere van Seenus
by Daniel Jackson


dimanche 16 mars 2014

Emmanuelle Béart / Nue





Emmanuelle Béart
NUE

Née le 14 Août 1965 à Saint-Tropez (France)


Fille du chanteur Guy Béart et de Genevieve Galea, mannequin apparu dans Les Carabiniers de Godard, Emmanuelle Béart fait ses premiers pas à l'écran à 7 ans dans La Course du lièvre à travers les champs (1972). Après un bref passage dans une école d'art dramatique à Paris, elle trouve son premier grand rôle - avec à la clé une nomination au César du Meilleur espoir- dans L'Amour en douce de Molinaro (1985), qui marque également sa rencontre avec celui qui sera son compagnon pendant dix ans, Daniel Auteuil. Mais le film qui lui apporte la célébrité est Manon des Sources, la saga à succès de Claude Berri : son rôle de sauvageonne lui vaut le César du Meilleur second rôle féminin en 1987.



Loin de son image glamour, Emmanuelle Béart fait en 1989 une composition très remarquée de jeune délinquante dans Les Enfants du désordre. Sa carrière est ensuite marquée par sa rencontre avec des auteurs prestigieux : Rivette (elle pose nue pour le peintre Piccoli dans La Belle noiseuse en 1991), Techiné, qui lui fait jouer une prostituée dans J'embrasse pas ou encore Chabrol (L'Enfer en 1994). Cette admiratrice de Romy Schneider trouve deux de ses plus beaux rôles dans les derniers films de Sautet : elle est une violoniste qui bouleverse la vie de deux musiciens dans Un coeur en hiver, puis devient l'étrange confidente d'un vieil écrivain incarné par Michel Serrault dans Nelly et Monsieur Arnaud (1995), deux jolis succès. Wargnier lui offre un autre beau personnage dans Une femme française, mais cette fois le public n'est pas au rendez-vous.



Après un détour par Hollywood (Mission : impossible de De Palma en 1996), cette comédienne sensuelle au regard mélancolique est en 2000 l'émouvante héroïne de la fresque d' Assayas Les Destinées sentimentales, et on retrouve son tempérament fiévreux dans Le Temps retrouvé de Ruiz et La Répétition de Catherine Corsini en 2001 - trois films présentés en compétition à Cannes. Sur un mode plus léger, elle prend part à La Bûche, comédie populaire de Danièle Thompson, campe une domestique lubrique dans 8 femmes d' Ozon et une attachante bimbo dans A boire de Marion Vernoux. A l'approche de la quarantaine, l'actrice reste un sex-symbol du cinéma français (le troublant Nathalie... en 2004) et continue d'inspirer de grands cinéastes, comme Michel Deville (Un fil à la patte, 2005) ou les vieilles connaissances que sont Techiné (Les Egarés) et Rivette (Histoire de Marie et Julien).

DREAMS UNIVERS