vendredi 22 février 2019

Anna Wintour révèle ce qu’elle pense de Meghan Markle


Anna Wintour
Par Mario Testino


Anna Wintour révèle ce qu’elle pense de Meghan Markle

Chloé Friedmann
  |  Le 22 janvier 2019
Innombrables textos, réveils matinaux et robe de mariée… Interrogée par l’édition américaine du magazine Vogue, ce mardi 22 janvier, la papesse de la mode s'est livrée sans détour sur les habitudes de la duchesse de Sussex.
Anna Wintour

Une question existentielle ? Allez plutôt vous adresser à Anna Wintour. C’est du moins ce que propose l’édition américaine du site de Vogue, qui vient de lancer sa série en vidéo Go Ask Anna. Des anonymes y interrogent la papesse de la mode sur divers sujets d’actualité. Dans l'une desdites vidéos dévoilées par le mensuel, ce mardi 22 janvier, cette dernière aborde pour la première fois en public la polémique autour de Meghan Markle.

Celle que les rumeurs érigent en «diva tyrannique de Kensington Palace» est en effet au cœur de toutes les spéculations depuis qu’elle aurait fait pleurer Kate Middleton lors des essayages de la robe de demoiselle d’honneur de la princesse Charlotte. À ce sujet, Anna Wintour préfère pourtant relativiser.

À quoi s'attendaient-ils ?"

«J’ai lu quelque part qu’il y avait des membres de la famille royale qui étaient confus et énervés qu’elle se réveille aussi tôt, à 5 heures du matin, raconte la directrice artistique de CondeNast. C’est une Californienne normale qui se lève tôt, fait du yoga et médite.» Seul bémol, outre ses réveils matinaux, la duchesse de Sussex serait également accro à son smartphone.
«Elle a aussi envoyé beaucoup de messages, affirme Anna Wintour. Je veux dire, à quoi s’attendaient-ils ? À ce qu’elle les envoie par pigeon voyageur ? Je pense qu’elle est formidable.» Interrogée sur la robe de mariée de l'épouse du prince Harry, Anna Wintour ne tarit pas non plus d'éloges. «Elle est géniale, s'enthousiasme-t-elle. Le monde entier a regardé le mariage royal (le 19 mai 2018, NDLR). Son choix de robe était génial : c’était sophistiqué, c’était chic, cela faisait très adulte. C’était une designeur anglaise qui travaille pour une maison française, ce qui était en quelque sorte un message au monde entier : oui je viens d’un autre pays, mais j’appartiens aussi à celui-ci.» En réalité, ça n’est pas un - ni plusieurs - petit(s) caprice(s) qui effraieront l’alter ego de Miranda Priestly, diva incontestée du mythique Diable s’habille en Prada.

MADAME




jeudi 21 février 2019

Rami Malek s'est bien pris un vent de Nicole Kidman aux Golden Globes



Rami Malek a découvert une séquence embarrassante dans laquelle Nicole Kidman le snobe royalement.
(Santa Monica, le 11 décembre 2016.)

Rami Malek s'est bien pris un vent de Nicole Kidman aux Golden Globes

Chloé Friedmann
  |  Le 10 janvier 2019


L'acteur principal de Bohemian Rhapsody s'est confié avec humour sur l’embarrassante séquence des Golden Globes, filmée le soir du dimanche 6 janvier.



«Je la connais depuis des années», affirme Rami Malek à l’évocation de Nicole Kidman. Et pourtant. Invité sur le plateau de Jimmy Kimmel, mardi 8 janvier, la star de Bohemian Rhapsody a découvert une séquence des plus embarrassantes. Couronné meilleur acteur dans un film dramatique, le dimanche 6 janvier, l’interprète de Freddie Mercury a en effet tenté de saluer Nicole Kidman sur la scène des Golden Globes. Seul bémol, l’actrice australienne l’a royalement ignoré, au point de lui tourner le dos.



«Je pensais que je pouvais aisément aller la voir et dire bonjour, mais dans un moment pareil c’était très bizarre, s’amuse Rami Malek. Je sens que cette séquence va probablement me hanter.» À défaut d’attirer l’attention de Nicole Kidman, le comédien révélé par la série Mr Robotpourra toujours se consoler avec «l’amour» reçu de la part du mari de l’actrice, Keith Urban, lui-même un «grand fan de Queen».

Le couturier Karl Lagerfeld est mort


Karl Lagerfeld




Le couturier Karl Lagerfeld est mort

Marie-Caroline Bougère
  |  Le 19 février 2019
Le créateur le plus connu au monde, directeur artistique de la maison Chanel et figure légendaire devenue logo, est mort ce mardi 19 février 2019, à l’âge de 85 ans. Retour sur une icône.


Enfant précoce, grand couturier, créateur, photographe, designer, dessinateur hors pair, homme logo... Difficile de réduire Karl Lagerfeldà un seul costume. Nous avons appris la disparation ce mardi 19 février 2019 de celui qui avait ceint sa vie d'une aura de mystère. Une information confirmée par la maison Chanel. «Au-delà du grand créateur auquel j’ai donné carte blanche au début des années 80 pour réinventer la marque, c’est un véritable ami et complice que je perds aujourd’hui» a déclaré Alain Wertheimer PDG de Chanel.

 «Le plus grand hommage que l’on puisse lui rendre aujourd’hui est de suivre la voie qu’il a tracée en - je le cite- « continuant à embrasser le présent et à inventer le futur » ajoute Bruno Pavlovsky, président des activités mode de la maison de la rue Cambon. Le PDG du groupe de luxe LVMH, propriétaire de Fendi, s'est dit «infiniment attristé» par cette nouvelle et a salué le «génie créatif» d'un «ami très cher».



Du jour de sa naissance, que nombreux se sont accordés à définir au 10 septembre 1933, à sa vie intime, de nombreux secrets l'entouraient. Fils d'un entrepreneur allemand et d'une mère vendeuse de lingerie berlinoise, il a abandonné la banlieue de Hambourg pour Paris au milieu de l'adolescence afin de terminer l'école secondaire au lycée Montaigne, dans le VIe arrondissement. Il ne quittera plus la capitale française.

L'amitié avec Yves

Résident de la rive gauche, Karl Lagerfeld devient assistant chez Pierre Balmain où il apprend le savoir-faire qui fera des étincelles tout au long de sa carrière. Étudiant à l'École de la Chambre syndicale de la couture parisienne, il y rencontre Yves Saint Laurent avec lequel il se lie d'amitié. Mais l'année 1954 divisera les jeunes talents. Ils gagnent tous deux les premiers prix du Concours du Secrétariat international de la laine – Yves pour une robe, Karl pour un manteau. Sourd alors une rivalité qui durera quarante-quatre ans, passant de l'affection à l'amertume, lorsque le compagnon de Karl, le dandy Jacques de Bascher, devint l'amant de Saint Laurent. L'idylle reste à ce jour le conflit le plus légendaire de la mode.

En 1962, Karl Lagerfeld quitte Pierre Balmain pour rejoindre la maison Jean Patou. Mais c'est en 1964 qu'il décroche le premier poste important de sa carrière en entrant chez Chloé auprès de Gaby Aghion, la fondatrice de la maison parisienne. Il fait de la griffe un grand nom de la création, aux mythiques robes nude inspirées des étudiantes du Quartier latin qu'il fréquente. Il réalise aussi les célèbres publicités de la marque en collaboration avec le grand photographe Helmut Newton. Mais c'est surtout chez Chanel que Karl Lagerfeld va se révéler en directeur artistique.


mercredi 20 février 2019

Karl Lagerfeld par Carla Bruni / “J’ai tout aimé, tout goûté, tout été”


Karl Lagerfeld
Poster par T.A.

Karl Lagerfeld par Carla Bruni : “J’ai tout aimé, tout goûté, tout été”


Richard Gianorio
Le 19 février 2019

À l’occasion de la sortie de Lagerfeld confidentiel en 2007, nous avons confié à Carla Bruni la mission d’interviewer le couturier. Entre cocasserie et gravité, le maître de l’esquive nous laissait entrevoir quelques parcelles de son intimité. Karl, c'était phénoménal…


Cet article initialement publié le 6 octobre 2007 a fait l'objet d'une mise à jour.
Un hôtel particulier cossu du VIIe arrondissement, celui de Karl Lagerfeld, qu’il est en train de quitter. Les volumes immenses sont à moitié désertés, le grand escalier de l’entrée, orné d’un néon blanc, conduit vers des appartements mystérieux. On serait presque dans «l’Année dernière à Marienbad», si Esther, employée de maison, ne vous offrait aimablement du jus de pomme dans des verres en cristal.
Carla Bruni, longue et joyeuse, arrive la première. À l’occasion de la sortie d’un documentaire signé Rodolphe Marconi, Lagerfeld confidentiel, Madame Figaro lui a proposé d’interviewer Karl Lagerfeld. Karl et Carla, Carl et Karla, l’association s’imposait. Ils se connaissent depuis une quinzaine d’années, depuis l‘époque où la chanteuse italienne était encore top model. Chacun dans leur genre, «extra-ordinaires» dans la jungle de la mode, indestructibles, elle, la séductrice impénitente impertinente, lui, l’ultra-créatif génial.
Il finit par survenir, une apparition, littéralement, coulé dans sa panoplie-signature, une épure de noir et de blanc, mitaines zippées, flèche-bijou traversant la cravate étroite. Karl et Carla, l’irréel et la charnelle, improbables compagnons.

Les muses de Karl Lagerfeld

Ils s’installent dans une salle à manger lumineuse – avec vue sur le mini-parc. L’antre d’un collectionneur esthète. Superbe mobilier mi-Werkbund allemand, mi-Art déco américain. Des affiches publicitaires du début du XXe siècle tapissent le mur, de l’argenterie de Jensen orne la cheminée, une sculpture polonaise, une tête, surplombe la table de jeu où le maître s’assied avec Carla Bruni. Témoin marmoréen, elle est baptisée Sérénité.
Karl se raconte à haut débit, frivole et grave, délicieusement féroce, parsemant sa conversation de cocasses aphorismes de son cru (ses précieux garde-fous), et de références littéraires (Léautaud, Proust, Balzac) ou mondaines (Meg de Saint-Marceaux). Au passage, on apprend que son look postmoderne lui a été inspiré par deux dandys du Weimar des années 20 (Walther Rathenau et Harry Kessler, à vos dictionnaires).
Face au maître, Carla, visiblement intimidée, redevient la jeune fille de bonne famille qu’elle n’a jamais vraiment cessé d‘être, délicate, bien droite sur sa chaise, tirant avec élégance sur ses fines cigarettes. Que le spectacle commence !...

Les dix phrases marquantes de Karl Lagerfeld

Les dix phrases marquantes de Karl Lagerfeld
Karl Lagerfeld était connu pour ses propos parfois drôles, choquants ou farfelus sur le monde de la mode et sur lui-même. Petit florilège de phrases prononcées par ce personnage hors du commun.

Unmute
Current Time0:15
/
Duration Time2:16
Loaded: 0%
Progress: 0%
Carla Bruni. – Dans le documentaire qui vous est consacré, on voit des photos de vous, très beau gosse. Y a-t-il des choses que vous regrettez, cette première jeunesse par exemple…
Karl Lagerfeld. – Non, rien, si on regrette le passé, on est foutu : cela fait de votre présent un truc de second ordre. Il n’y a rien de pire que d‘évoquer le «bon vieux temps», à mes yeux, c’est un constat d‘échec sans appel. Par ailleurs, il y a un temps pour tout. La jeunesse est en location : ceux qui l’ont aujourd’hui vont la perdre demain. Je n’ai aucun regret parce que je l’ai eue et que je l’ai pleinement vécue.
La mère de tous les crimes, c’est la frustration, et je ne suis pas frustré du tout. C’est pour ça que je suis si relax avec les autres et que je ne me compare jamais à personne : premièrement par prétention, deuxièmement parce qu’il n’y a rien à comparer, puisque chaque parcours est atypique. Et puis aussi, je suis dans un meilleur état que beaucoup de gens de ma génération parce que je suis un puritain involontaire, ce qui fait que je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me suis jamais drogué.
Pourtant, j’aime les gens qui sont tout le contraire de moi, je ressens même une certaine admiration pour ceux qui se foutent en l’air même si ce n’est pas drôle. Oui, j’ai plus d’estime pour les gens qui se perdent que pour ceux qui, comme moi, sont bardés de bouées et se sauvent…
Jamais de glissement..
Jamais, jamais, jamais. Je n’ai aucune pitié pour moi, je ne me cède rien. Il existe des principes et des barrières infranchissables même si ça ne se voit pas, car je ne suis pas exactement une leçon de morale ambulante. Je glisse, je ris de moi-même et, surtout, je ne me cramponne à rien. L’essentiel reste. Il ne faut pas s’encombrer de choses passagères, inutiles, secondaires. Je suis contre la possession matérielle.
Vous disiez ne pas aimer l‘évocation du «bon vieux temps». Mais moi, ce «bon vieux temps» me ramène à avant mes 30 ans, une période où personne dans ma vie n‘était mort. Ma mère a vu mourir son fils…
– Il faut vivre avec les morts comme avec les vivants. Vous sortez de cette pièce ou vous êtes morte, Carla, c’est pareil, vous n‘êtes plus là. Dès qu’un être s’absente physiquement, il ne reviendra peut-être pas, non ? Il faut garder une sorte de communication imaginaire avec les absents. Des morts, dans ma vie, il y en a…, c’est le prix de la vie. Voilà, le sens de la vie, c’est la vie, et rien d’autre.
Je suis pour la méthode des Esquimaux : quand le grand-père est gaga ou malade, on l’emmène mourir au loin dans les glaces. Je pense qu’on ne doit pas devenir un fardeau pour les autres, il vaut mieux s‘évanouir dans l’oubli. À ce titre, le suicide – et je n’ai aucune intention de me suicider – est un acte de liberté suprême. Si j’ai une maladie horrible ou un Alzheimer, j’espère qu’il me restera assez de lucidité pour me dire : «Mon vieux, tu es bon pour la poubelle.» Il y a un temps pour tout le monde…
Je vois chez vous un bel équilibre…
Je suis un trapéziste avec un filet très épais. La vulnérabilité me touche mais elle m’est étrangère. Mes principes s’opposent violemment à ça, j’ai un instinct de conservation tragique. C’est ma nature. Et puis, il y a autre chose. Vous savez quoi, Carla ? J’ai un grand problème dans la vie : c’est l’indifférence. Quelquefois, je donne des coups de pied dans le derrière contre ça… Mais elle ne m‘épargne pas non plus : je ne suis jamais complaisant avec moi-même. En même temps, il n’y a guère de raisons de se plaindre, non ? Nous possédons, vous et moi, quelques privilèges qui font que notre réalité est différente de la moyenne. Nous ne sommes pas des randonneurs du quotidien. Nos vies sont stylisées…
J’ai l’impression que votre équilibre vient de votre enfance. Vous avez été très aimé...
Oui, d’une façon presque pas nette : j’avais des sœurs et des demi-sœurs mais mes parents n’aimaient que moi. J‘étais le centre du monde, c‘était génial. Mes sœurs étaient dans des pensionnats, moi, je faisais ce que je voulais. Pourtant, je haïssais l’enfance et je n’avais qu’une idée en tête : la quitter et devenir adulte. À 6 ans, je parlais allemand, français et anglais. Mes parents me paraissaient idéaux, ce sont les parents des autres qui ne me rassuraient pas. Pourtant, les gens disaient que ma mère était cruelle ; mais elle était bien pire : elle était ironique.
Était-elle belle ?
Elle trouvait qu’elle était la plus belle femme du monde. Elle avait quelque chose que personne n’avait, elle était arrogante et rigolote à la fois, odieuse, mais ça plaisait beaucoup. Elle ne faisait jamais rien pour personne, je ne l’ai jamais entendue dire merci, mais elle possédait le charme de pouvoir transformer n’importe qui en esclave. On luttait pour lui plaire. C’est pour ça que je parle si vite. Elle me répétait : «Pour les conneries que tu as à dire, parle plus vite, on n’a pas de temps à perdre.» De la même façon, quand je racontais une histoire – j‘étais bavard -, il fallait que je termine avant qu’elle ne gagne la porte puisqu’elle ne voulait pas m‘écouter. C’est ainsi que mon débit s’est tellement accéléré.
J’imagine que ses méthodes auraient pu en traumatiser d’autres, pas moi. Ma sœur, ma mère la trouvait mignonne enfant ; un jour, elle a dû la trouver tarte et ne s’est plus intéressée à elle. Elle vit en Amérique avec plein d’enfants, je ne la vois presque jamais. Une autre est morte. Née sous une mauvaise étoile, tout ce qu’elle touchait ratait, cinq maris dont quatre de trop…
Aujourd’hui, je vois ma mère très proche de mon petit garçon. Mais lorsque nous étions enfants, mes parents étaient incroyablement occupés et ne se souciaient pas de nous… Ce qui n’est pas si mal puisqu’il a fallu puiser ailleurs…
Votre mère est d’une génération et d’un milieu où on ne s’occupait pas trop des enfants et c’est une bonne chose. Moi, c’est ma nature puritaine qui me tient, cela a peu à voir avec mon éducation mais beaucoup avec ma colonne vertébrale prussienne : on ne peut pas sauter par-dessus sa propre ombre…

Freud appelle ça le surmoi.
C’est un grand mot.

Sartre, dans Les Mots, découvre qu’il n’a pas de surmoi et qu’il est libre…
Ce livre est un chef-d‘œuvre, un des livres français que je préfère…

Autre chose, je pensais à nos prénoms, Karl et Carla, et à leurs cousins, Caroline ou Charlotte. Connaissez-vous leur étymologie ? Ils veulent dire «force virile»...
En ce qui concerne les femmes, je crois au matriarcat. Ma mère, encore elle, disait : «On peut faire un enfant avec n’importe quel homme. Il ne faut donc pas exagérer leur importance.» On ne disait pas des choses comme ça à l‘époque. Pareil lorsque je l’ai questionnée sur l’homosexualité, elle m’a dit : «Ce n’est pas grave. C’est comme une couleur de cheveux. Il y a des blonds et des bruns, comme il y a des homosexuels.» Elle avait vécu à Berlin dans les années 20, elle en avait vu d’autres…
Il y a une question que je souhaitais vous poser depuis longtemps : avez-vous déjà eu un chagrin d’amour ?
Le grand chagrin d’amour, c’est quand la mort s’en mêle, autrement non, pour le reste, rien ne s’est jamais trop mal passé. Je n’ai pas souffert de ça, toujours mon instinct de survie. Ça s’est passé, puis c‘était dépassé. Trente ans après, on se dit : «Comment ai-je pu ?»

Moi, j’ai du mal avec la passion ; c’est très douloureux pour moi. Je n’aime pas les relations passionnelles, ni dans l’amitié ni dans l’amour. Je n’aime pas perdre la tête…
Perdre le contrôle, c’est horrible, je déteste ça, c’est des conneries. Vous savez, ces gens-là, ce sont ceux qui ont le moins aimé en fait. Pour s’attacher, il faut qu’il y ait un peu de résistance. Sinon, on est dans la victimisation. Mais je ne vous vois pas du tout avec une tête de victime, ma pauvre Carla…

La garde rapprochée de Karl Lagerfeld

Non, mais cela peut rendre malheureuse…
Je vais encore citer ma fameuse mère : «Il faut d’abord penser à soi, ce qui permet aux autres de s’occuper des autres.» Parce qu‘à force de se sacrifier, il n’y a plus rien à demander, on devient juste bon à être jeté.
Je pense que les sentiments peuvent être tendres dans la modération. Est-ce une absence de grande sensualité ? Je pense a contrario à certaines filles qui disent : «Cet homme, je l’ai dans la peau…»
Qu’elles aillent consulter un dermatologue ! C’est Piaf, c’est Mon homme, ce sont des conneries. Je veux bien admettre que cela existe mais quand même, restons lucides ! Je déteste aussi cette expression : l’amour rend aveugle. Il y a des lunettes pour ça…

Le mot de la fin ?
Quand on est honnête, on connaît la question et la réponse, comme disait encore ma mère. Je pourrais aussi reprendre à mon compte une phrase de Paul Klee : «J’ai tout aimé, tout goûté, tout été, et maintenant je suis astre glacé...»
(1) Lagerfeld confidentiel, de Rodolphe Marconi, sortie le 10 octobre 2007.



lundi 18 février 2019

"Vice" / Amy Adams / "Sa femme a hissé Dick Cheney au sommet"




"Vice" - Amy Adams : "Sa femme a hissé Dick Cheney au sommet"


Les "assassinats secrets" de Dick Cheney
Paris Match |
Amy Adams, qui interprète Lynne Cheney, évoque la personnalité paradoxale de l'épouse du vice-président de George W. Bush.
Paris Match. Epouse modèle ou militante politique : le personnage de Lynne Cheney est si complexe qu’il en devient énigmatique… 
Amy Adams. Elle est une combattante et même une résiliente. Elle ne plie jamais. Dès le début de leur union, quand Cheney est encore un homme sans ambition, alcoolique, elle impose son choix de vie. Dick sera le vecteur de ses ambitions. Elle va le façonner, le pousser dans ce sens. La jeune fille sans le sou, perdue en plein Wyoming, très peu pour elle… Dans son autobiographie, elle ne fait jamais fi de son ambition.

Cette ultraconservatrice, égérie de la défense des valeurs familiales, va pourtant faire accepter l’homosexualité de sa fille…
Et à une époque où l’administration Bush était clairement opposée au mariage homosexuel !… Je pense que nous avons tous un moteur émotionnel, un vécu ou quoi que ce soit d’autre qui forge un caractère et explique un parcours. Chez Lynne, il y a tout d’abord son érudition peu courante. Elle a étudié l’histoire, elle s’est passionnée pour les questions d’éducation avec un goût de la transmission mais aussi du pouvoir.
L’avez-vous rencontrée pour préparer votre rôle ?
Non, car Adam McKay, le réalisateur, ne le souhaitait pas. Christian Bale n’a pas non plus rencontré Dick Cheney. Seul Tyler Perry a pu s’entretenir avec Colin Powell. J’ai composé ma Lynne Cheney en lisant. Puis j’ai eu un déclic. Je me suis rendu compte qu’elle avait beaucoup de points communs avec ma grand-mère. Elles viennent de la même région, elles ont vécu cette même enfance à la dure.
Pourquoi une actrice à succès comme vous accepte-t-elle un film qui est d’abord un pamphlet contre la politique de la période Bush-Cheney ?
Sans fausse naïveté, je pense que “Vice” n’est pas un film partisan mais un film très documenté, qui provoque beaucoup de réactions. Susciter le débat, c’est aussi le rôle du cinéma.
“Vice” serait-il également un film féministe ?
Adam McKay m’a dit, un jour, que Lynne Cheney a toujours détesté l’idée qu’on puisse la croire féministe. Mais, dans son envie de devenir une femme de pouvoir, elle l’est.


dimanche 17 février 2019

L'acteur suisse Bruno Ganz est mort à 77 ans

Bruno Ganz


L'acteur suisse Bruno Ganz est mort à 77 ans

Paris Match ||Mis à jour le 




Bruno Ganz en 2014 recevant sa Golden Camera à Berlin.BRITTA PEDERSEN / POOL / AFP
L'acteur suisse Bruno Ganz est mort à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer.
Il avait interprété Adolf Hitler dans «La Chute». L'acteur suisse Bruno Ganz est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 77 ans. Son agent, Patricia Baumbauer, a confirmé qu'il était décédé «dans les premières heures de la journée». «Il avait un cancer», a-t-elle précisé.
Bruno Ganz avait enchaîné les rôles au théâtre et à l'écran, avant d'accepter de jouer dans le film «La Chute» d'Oliver Hirschbiegel, sorti en 2004, qui relate les derniers jours d'Hitler dans son bunker. Son rôle le plus célèbre auparavant avait été celui de l'ange Damiel dans «Les Ailes du Désir» (1987) de Wim Wenders. Pour beaucoup de critiques, son interprétation nuancée du dictateur nazi, traversé par des accès de colère mais aussi de profonde déprime, est restée inégalée.


"Le fait de ne pas être Allemand m'a aidé"


Hitler est un personnage que les acteurs de langue allemande ont toujours refusé d'interpréter mais Bruno Ganz, né à Zurich, avait reconnu que le fait d'être Suisse permettait d'avoir la distance nécessaire. «Le fait de ne pas être Allemand m'a aidé, car je pouvais mettre mon passeport entre Hitler et moi», confiait-il au site The Arts Desk en 2005.


Mais Bruno Ganz s'était également attiré des critiques pour avoir montré un Hitler à la personnalité complexe -- hors de lui et tremblant lorsqu'il réprimandait ses généraux après une défaite, mais capable aussi de montrer de la tendresse à l'égard d'un assistant effrayé. Il avait dit au site The Arts Desk qu'il était amusé d'entendre des reproches pour avoir «humanisé» le dictateur nazi au lieu d'en faire une caricature du mal.
Les gens «ont besoin d'avoir une icône intacte du mal lui-même», avait-il expliqué. «Mais je ne sais pas ce qu'est vraiment le mal.» Lorsqu'on lui demandait s'il avait préparé ce rôle en se persuadant qu'après tout, Hitler était un être humain, il répondait: «Bien sûr qu'il l'est. Qu'est-ce qu'il pourrait être d'autre?»