Par son écriture douce, Maria Navarro Skaranger entend Emily et sa grossesse qui réveille mille évènements. Entre la future grand-mère et Pedro, le fiancé que l’on cherche désespérément dans la banlieue d’Oslo, Emily cherche un chemin. Comment lui faire signer un acte de reconnaissance de paternité ? Et l’autrice de Celle qu’on appelle Emily de s’adresser directement au lecteur.
Après l’impact des deux premiers textes si forts de Benoit Colboc, on pouvait se demander que faire et qu’écrire… Eh bien la réponse est très simple, on publie peu à peur, un recueil d’une force et d’une lucidité qui interrogent le fondement de nos vies et ce que la poésie peut nous en dire ou, même, en changer.
Isabelle Garron présente son livre, le poème tangent, une geste, comme ayant été composé à la suite d’entretiens menés auprès de dix-sept artistes visuelles (elle n’écrit pas « de plasticiennes »). Ces dernières font partie d’un groupe, « la tangente », constitué lors des évènements de Nuit debout en 2016. L’autrice les rejoint deux ans plus tard et entame auprès d’elles une enquête destinée à déterminer ce qui motive leur création, indépendamment de leur sexe, de leur âge et de leur mode de subsistance.
Accouchements, fausses couches, avortements dissimulés, confessions au coin des dortoirs surgissent dans La graine de Jacqueline Manicom, sous-titré Journal d’une sage-femme. Elle y fixe, sans artifice, ces moments critiques dans un hôpital parisien, en 1973, un an avant la loi Veil autorisant l’IVG. Souffrance des femmes, violences gynécologiques, corps abîmés, racisme à chaque coin de lèvres, paternalisme du « grand patron », sont retranscrits sans fard. Un témoignage saisissant.
Simon Paré-Poupart, éboueur à Montréal durant vingt ans, publie Ordures ! Journal d’un vidangeur, un superbe récit de ses tournées d’hiver, 25 km par jour, sacs poubelle en main et en colère contre notre surconsommation et les regards de travers des passants. Sébastien Jacquot et Marie Morelle, dans Mécaniciens de rue, suivent des migrants qui réparent, désossent, remontent de vieilles voitures à la sauvette pour des clients désargentés. Entre sale boulot et boulot sale, entre travail de rue et entrepôts, rencontre au cœur des banlieues.
Les êtres, de même que les revues ou les familles littéraires, sont mortels, et leurs disparitions, comme nous allons le voir avec Anouchka Vasak (Le lieu du bleu), François Bordes (À plat) et la revue Java, peuvent revêtir, avant de s’accomplir, des couleurs (ou douleurs ?) différentes.
Anouchka Vasak | Le lieu du bleu. Enquête sur un ciel de Provence. Anamosa, 202 p., 20 €
François Bordes | À plat. L’Atelier contemporain, 146 p., 20 €
Le lieu du bleu tient de l’enquête – ainsi que l’indique son sous-titre – comme du poème (enquête-t-on sur un ciel ?), de l’essai littéraire, de la réflexion scientifique… tout cela à la fois. Anouchka Vasak se situe au croisement de la science, de l’esthétique et de la littérature, elle est maîtresse de conférences en littérature française, dix-huitiémiste, codirige le réseau Perception du climat, hébergé à l’ENS, et la collection « MétéoS » aux éditions Hermann. L’ouvrage, tout de bleu vêtu (couverture, pages de titre intérieures, caractères), se lit comme une enquête, avec grand intérêt et le désir de savoir le fin mot de l’énigme, et aussi grand plaisir : l’écriture en est belle.
Kristian David est un artiste dont la trajectoire se construit à partir du déplacement, de l'expérience directe et d'une relation profonde avec la matière picturale. Né dans le sud du Chili, il s'est formé entre Temuco et Santiago ; ses pérégrinations l'ont mené en Europe, où il a élargi sa pratique en tant que peintre décorateur pour l'opéra, le théâtre et la danse contemporaine en Italie et en France.
Pour la sortie de son livre autobiographique Les souvenirs viennent à ma rencontre, nous avons pu parler longuement avec Edgar Morin. Ce fut l’occasion de revenir sur les points saillants de sa pensée et d’évoquer les lignes d’une vie tissée avec les fils de l’histoire du XXesiècle. Le temps donne bien sa forme au livre, mais pas seulement : d’autres logiques, celles des lieux, des rencontres, président au récit d’une vie. Ce livre de souvenirs présente une structure tantôt linéaire, tantôt circulaire, une forme qui fait sa force.
Edgar Morin est un homme sympathique, chaleureux, ouvert et généreux. Son œuvre est à son image : vaste, plurielle, ambitieuse, riche. Comme le dit Régis Debray dans l’un des nombreux hommages qui composent ce Cahier, seuls les sectaires peuvent lui reprocher d’aimer être aimé. Pourtant, n’aurait-il pas gagné à être un peu plus sectaire ?
António Lobo Antunes est mort le jeudi 5 mars à Lisbonne à 83 ans. Nous perdons l’un, peut-être le plus grand écrivain contemporain. Il a inventé une manière de dire le monde, de faire tenir ensemble l’individu et le réel, qui bouleverse l’ordre narratif à un point si extrême et si virtuose qu’il a changé notre manière de lire, de sentir le texte. Labeur sisyphéen d’une vie entière pour un homme qui éprouvait la littérature comme la vie. Au-delà de l’admiration absolue, nous sommes tristes de perdre un homme étonnant et profond, un peu ours et si drôle, de savoir aussi que les voix qu’il a inventées ne peupleront désormais, dans un paradoxe ultime, que notre mémoire. Mais comme il le rappelait, les livres sont infinis, définitivement inachevés.
Avec L’empereur de la joie, Ocean Vuong confirme un immense talent de romancier. Son livre est à la fois simple et touffu, épuré et complexe. On y entend une voix, une affirmation de la nécessité d’une poétique qui réinvente le romanesque. Il signe à la fois une bouleversante fiction sociale à la hauteur de notre présent qui promeut des relations nouvelles entre les êtres et une sorte de manifeste esthétique pour une poétisation du roman. Lecture rare, forte, infiniment précieuse.
Construite entre 1936 et 1939, la « maison sur le cascade », ou Fallingwater, imaginée par l’Américain Frank Lloyd Wright (1867-1959), constitue l’un des symboles les plus forts du renouveau de l’architecture du 20e siècle. Outre son caractère totémique, elle représente aussi et surtout le génie de l’homme qui l’a conçue.
Asselin est une entreprise historique. Transmise de père en fils, la société magnifie le savoir-faire et contribue à la préservation du patrimoine français. Rencontre.
Georgina a réalisé un rêve : celui d’être avec un footballeur. Qui n’en a pas rêvé étant petite ? Et elle incarne à merveille son rôle de princesse. Georgina s’est fait connaître comme étant la compagne de Cristiano Ronaldo. Le couple s’est formé en 2016 et c’est depuis l’amour véritable. Georgina est issue d’une famille modeste, elle a travaillé dans de luxueux magasins avant de rencontrer celui qui sera son prince : Cristiano Ronaldo. En 2022 elle sort la série « Soy, Georgina » pour couper l’herbe sous le pied des paparazzis et répondre à la presse. On y découvre une femme plus naturelle que jamais.