| Lionel Shriver |
| Lionel Shriver |
| Maud Simonnot |
Iain Sinclair, après s’être intéressé à l’autoroute M25 voulue par Margaret Thatcher, suit le trajet de l’Overground, nouvelle ligne de métro aérien inaugurée en 2010 par le maire Boris Johnson. Claude Eveno, dans une démarche moins systématique, parcourt plusieurs quartiers de Paris et de sa banlieue, entre souvenirs et recherche d’un nouveau regard sur la ville. Écrits avant le Brexit et les attentats de novembre 2015, ces deux livres n’en sont pas moins en prise avec notre temps.
Peintre colombienne renommée, Emma Reyes était également une conteuse hors pair. Encouragée à écrire par Gabriel García Márquez, elle fit de son enfance accidentée dans la Colombie des années vingt le plus étonnant des récits.
Dans ces vingt-trois lettres inédites adressées à son ami Germán Arciniegas entre 1969 et 1997, Emma Reyes raconte à travers la lorgnette d’une petite fille à l’imagination fantasque les aventures terribles, cocasses, émouvantes qui ont jalonné son enfance.Fille illégitime, ses premières années furent cousues d’errances, de misère et de mauvais traitements. Jusqu’à son évasion rocambolesque du couvent où elle fut recueillie avec sa soeur, et dont elle sortit sans savoir lire ni écrire à l’âge de dix neuf ans.Sans détour ni pathos, dans une langue spontanée, éprise de rébellion, Emma Reyes livre des mémoires épistolaires hauts en couleur, qui tiennent à la fois de Márquez, Dickens et des grands récits de la littérature picaresque. Publié pour la première fois en 2012, Lettres de mon enfance est aujourd’hui un classique, traduit dans le monde entier.

Emmanuel Boujo
23 Octobre 2026
Le mot manque pour dire la condition de qui a perdu son enfant, remarque Sergio del Molino au commencement de L’heure violette, et il lui faut écrire tout un livre pour dire cette double absence : celle de Pablo, son fils, mort d’une leucémie réfractaire au lendemain de son premier anniversaire ; et celle du mot qui permettrait de circonscrire cette absence, et d’abriter en son sein l’incommensurable peine dont l’écriture, ici, découle autant qu’elle la sert.


En ces temps de recrudescence de l’antisémitisme mais aussi de controverses sur certaines utilisations du mot, un travail historique examinant son sens ne peut être que bienvenu. « Il n’y a jamais eu si peu de consensus sur la signification réelle de ce mot », constate d’emblée Mark Mazower. Professeur à l’université de Columbia (New York), auteur d’une magistrale histoire du XXe siècle européen, Le continent des ténèbres (Complexe, 2005), il présente une vaste étude, de 1880 à nos jours, sur ce que chacun croit évident alors que la notion est utilisée de manière contradictoire selon les époques et les situations politiques.


Le futurisme est perçu en France comme un mouvement artistique italien, né avant la Première Guerre mondiale, dont le fondateur, Filippo Tommaso Marinetti, a rejoint ensuite le parti fasciste. Il a pourtant connu, après la guerre, un développement dans d’autres pays sans adopter cette évolution politique, bien au contraire. C’est le cas principalement en Russie après la révolution de 1917 et en Pologne après l’indépendance retrouvée en 1918.

Alors que la progression de l’extrême droite en France est devenue un enjeu central des années à venir, un collectif d’historiens et d’historiennes nous présente une nouvelle histoire de ce courant politique. La période étudiée est plus large que celle des histoires précédentes. Elle remonte aux « premiers réfractaires » de ce qui deviendra la révolution française et s’étend jusqu’au Rassemblement national en insistant sur les points de continuité. Un travail ambitieux et un ouvrage minutieusement composé par un jeune historien, Baptiste Roger-Lacan, spécialiste des droites et des contre-révolutions européennes. Il a réuni une quinzaine de collègues d’à peu près la même génération, spécialistes des différents aspects de la France réactionnaire. Nous y adjoignons un très utile manuel de résistance au fascisme inspiré par les meilleures sources.




Lavinia Braniste, romancière roumaine de la nouvelle génération, raconte dans Camping l’histoire de Sofia, une émigrée ordinaire. Jeune veuve, elle part en Espagne avec un visa de touriste pour quelques semaines. Elle a l’idée de gagner un peu d’argent, de quoi aider son fils et son vieux père.




