
Avignon, la folie
des quêtes de soi
par Jean-Yves Potel19 juillet 2025


En ces temps de recrudescence de l’antisémitisme mais aussi de controverses sur certaines utilisations du mot, un travail historique examinant son sens ne peut être que bienvenu. « Il n’y a jamais eu si peu de consensus sur la signification réelle de ce mot », constate d’emblée Mark Mazower. Professeur à l’université de Columbia (New York), auteur d’une magistrale histoire du XXe siècle européen, Le continent des ténèbres (Complexe, 2005), il présente une vaste étude, de 1880 à nos jours, sur ce que chacun croit évident alors que la notion est utilisée de manière contradictoire selon les époques et les situations politiques.


Le futurisme est perçu en France comme un mouvement artistique italien, né avant la Première Guerre mondiale, dont le fondateur, Filippo Tommaso Marinetti, a rejoint ensuite le parti fasciste. Il a pourtant connu, après la guerre, un développement dans d’autres pays sans adopter cette évolution politique, bien au contraire. C’est le cas principalement en Russie après la révolution de 1917 et en Pologne après l’indépendance retrouvée en 1918.

Alors que la progression de l’extrême droite en France est devenue un enjeu central des années à venir, un collectif d’historiens et d’historiennes nous présente une nouvelle histoire de ce courant politique. La période étudiée est plus large que celle des histoires précédentes. Elle remonte aux « premiers réfractaires » de ce qui deviendra la révolution française et s’étend jusqu’au Rassemblement national en insistant sur les points de continuité. Un travail ambitieux et un ouvrage minutieusement composé par un jeune historien, Baptiste Roger-Lacan, spécialiste des droites et des contre-révolutions européennes. Il a réuni une quinzaine de collègues d’à peu près la même génération, spécialistes des différents aspects de la France réactionnaire. Nous y adjoignons un très utile manuel de résistance au fascisme inspiré par les meilleures sources.




Lavinia Braniste, romancière roumaine de la nouvelle génération, raconte dans Camping l’histoire de Sofia, une émigrée ordinaire. Jeune veuve, elle part en Espagne avec un visa de touriste pour quelques semaines. Elle a l’idée de gagner un peu d’argent, de quoi aider son fils et son vieux père.






Anne Carson, poétesse, essayiste, traductrice du grec ancien et professeure de renommée mondiale, échappe à toutes les étiquettes : aucun de ces mots, à lui seul, ne parvient à contenir la singularité de son art.
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| Anne Carson |
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| Anne Carson |
Également professeure d’histoire à l’université McGill de Montréal, l’écrivaine de 76 ans succède au Hongrois László Krasznahorkai.
Par Nathalie Crom
Publié le 08 octobre 2026 à 14h27Il est des rencontres et des émotions qui décident d’une vie. Récompensée ce jeudi 8 octobre par le prix Nobel de littérature 2026, la poétesse et écrivaine canadienne Anne Carson (née le 21 juin 1950 à Toronto) a raconté les circonstances dans lesquelles la culture grecque ancienne est entrée dans sa vie : en 1965, alors qu’elle était adolescente et qu’elle feuilletait des ouvrages au hasard dans une librairie de la ville de Hamilton, en Ontario, lui tomba entre les mains une édition bilingue de la poésie de Sappho. « Ça semblait si fascinant que je me suis dit que je devais apprendre cette langue. » Ce qu’elle fit. Quelques années plus tard, après avoir étudié les lettres classiques à l’université de Toronto, puis le grec ancien à l’université de St Andrews en Écosse, c’est à Sappho qu’elle consacra sa thèse de doctorat, dont elle tira en 1986 son tout premier ouvrage, Eros the Bittersweet (Eros doux-amer) — « un traité dense et concis sur la place centrale du manque dans le désir », écrit The Paris Review à propos de ce livre dont la première traduction en France est annoncée le 6 novembre prochain, aux éditions de L’Arche.
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