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vendredi 10 octobre 2014

Les premières lignes / Patrick Modiano / Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier




Patrick Modiano
Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier


Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, le nouveau roman de Patrick Modiano, doit paraître le 2 octobre, dans la collection blanche de Gallimard. 



Près de 160 pages, onze chapitres, une citation de Stendhal pour ouvrir le livre, et une intrigue parfaitement modianesque : 


"Un jour, deux inconnus qui prétendent avoir retrouvé le carnet d'adresses de l'écrivain Jean Daragane insistent pour le rencontrer. Celui-ci leur accorde un rendez-vous et le voilà embarqué malgré lui dans l'enquête que ces deux jeunes mènent sur un certain Guy Torstel."


Le premier paragraphe : 


"Presque rien. Comme une piqûre d’insecte qui vous semble d’abord très légère. Du moins c’est ce que vous vous dites à voix basse pour vous rassurer. Le téléphone avait sonné vers quatre heures de l’après-midi chez Jean Daragane, dans la chambre qu’il appelait le «bureau». Il s’était assoupi sur le canapé du fond, à l’abri du soleil. Et ces sonneries

qu’il n’avait plus l’habitude d’entendre depuis longtemps ne s’interrompaient pas. Pourquoi cette insistance ? À l’autre bout du fil, on avait peut-être oublié de raccrocher. Enfin, il se leva et se dirigea vers la partie de la pièce près des fenêtres, là où le soleil tapait trop fort." 


Les premières pages du roman peuvent déjà être consultées sur le site d'Eden Livres, en cliquant ici. 



On y retrouve le ton habituel de l'enquêteur Modiano, avec ses cafés parisiens, ses rues de Jouy-en-Josas et ses personnages (Guy Torstel, Chantal Grippay...) reliés plus ou moins souterrainement aux épisodes les plus sombres de la Collaboration.

L'extrait au dos du roman :  



"— Et l’enfant ? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant ?

— Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu… Quel drôle de départ dans la vie…

— Ils l’avaient certainement inscrit à une école…

— Oui. À l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe.
— Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage…
— Non, malheureusement. Ils ont détruit l’école de la Forêt il y a deux ans. C’était une toute petite école, vous savez…" 


LERESAUMODIANO



DE OTROS MUNDOS

DRAGON
Patrick Modiano / An appreciation of the Nobel prize in literature winner
French writer Patrick Modiano wins the 2014 Nobel prize in literature







mercredi 24 septembre 2014

Bukowski / Femmes / Les premières lignes

Charles Bukowski
Charles Bukowski

FEMMES
Les premières lignes


« J'avais cinquante ans et n'avais pas couché avec une femme depuis quatre ans. Je n'avais pas d'amies femmes. Je les regardais quand j'en croisais une dans la rue ou ailleurs, mais je les regardais sans désir, avec une impression de futilité. Je me masturbais régulièrement, mais l'idée d'entretenir une relation avec une femme - même sans rapport sexuels - dépassait mon imagination. »

Charles Bukowski, Women, Grasset 1981, p. 7



mardi 23 septembre 2014

Bukowski / Pulp / Les premières lignes




Charles Bukowski

PULP
Les premières lignes
Traducteur: Gérard Guégan

« C'était encore mon bureau. Mais plus pour longtemps, puisque j'étais en fin de bail et que McKelvey devait fignoler les derniers détails de mon expulsion. Vu que l'air conditionné avait rendu l'âme, il y faisait aussi chaud qu'en Enfer. Une mouche se traînait sous mon nez. D'une chiquenaude bien appuyée, je la rayai du tableau, et j'étais en train de m'essuyer les doigts sur mon pantalon quand le téléphone sonna. Je décrochai.

— Mouais, grommelai-je.

— Avez-vous lu Céline ? »



Charles Bukowski
Pulp
Paris, Grasset, 1995