vendredi 9 février 2018

Sur France Inter et TMC, Catherine Millet exprime sa compassion pour les «frotteurs»


Catherine Millet


Sur France Inter et TMC, Catherine Millet exprime sa compassion pour les «frotteurs»


Par Sarah Lecoeuvre
Mis à jour le 12/01/2018 à 15:25
Publié le 12/01/2018 à 12:58


«Le type qui fume un gros cigare à côté de moi peut m’importuner autant que celui qui met sa main sur mon genou», a déclaré l’écrivain ce vendredi matin au micro d’Ali Baddou dont elle était l’invitée. Des propos qui déclenchent l’indignation.

Les signataires de la tribune du Monde n’en finissent plus de choquer. Après Brigitte Lahaie et ses propos sur «la jouissance du vol», au tour de Catherine Millet de déraper sur la question. Invitée sur France Inter ce vendredi matin, l’auteur de La Vie sexuelle de Catherine M. a fait une drôle de comparaison.
«Il y a beaucoup d’exagérations de la part de nos adversaires. (...) Nous avons voulu nous faire l’écho de ce que nous entendions autour de nous», commence-t-elle par expliquer à Ali Baddou dans la matinale de Nicolas Demorand pour défendre «la liberté d’importuner», au cœur de la tribune du Monde publiée mardi.
«Les synonymes d’’importuner’ sont ‘gêner’, ‘casser les pieds.’.. Ce n’est pas très grave. Ce n’est vraiment pas de l’ordre du crime!», estime-t-elle avant de faire une comparaison étonnante. «Le type qui fume un gros cigare à côté de moi peut m’importuner autant que celui qui met sa main sur mon genou». Et lorsque le journaliste lui demande si elle met bien ces deux situations sur un même plan, Catherine Millet confirme: «Ce n’est pas plus grave».
Sur le consentement aussi, le discours de l’écrivain surprend. «Ce qui m’a fait réagir sur cette histoire de consentement c’est ce projet de loi qui a été adopté en Suède et qui voudrait si, en effet la loi passe, qu’avant tout rapport sexuel il y ait un consentement explicite des deux parties. Non mais vous voyez, on va maintenant signer un contrat devant un notaire avant d’aller baiser?! On arrive à un délire», a dénoncé Catherine Millet avant qu’Ali Badou lui indique qu’il n’était pas question de ce projet en France. «Et si je peux me permettre, je voudrais rappeler que dans les relations sexuelles ou amoureuses, il y a parfois une zone de flou où on hésite d’un côté comme de l’autre».
Sur Twitter, Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, a tenu à rectifier ces propos. «Le consentement sexuel n’est pas inscrit dans le droit français. Dire qu’il faut ou qu’il faudra une signature avant un rapport sexuel est faux. Ce n’est pas non plus dans notre projet de loi».
«J’ai une certaine compassion pour les frotteurs»
Catherine Millet dans Quotidien le 11 janvier 2018
Déjà la veille dans Quotidien (voir la vidéo en tête de l’article), Catherine Millet critiquait la loi du 15 juin 2000 contre les frotteurs du métro. «Pour moi, ce n’est pas du harcèlement. Je sais que c’est un délit aujourd’hui et pour vous dire les choses, moi j’étais contre cette loi. Tout le temps où j’avais le même âge que vous et que ça m’arrivait, et bien il suffisait que je me retourne. (...) Je lui faisais honte devant tout le monde et puis ça passait. Je sortais du métro et j’avais oublié cette affaire», racontait-elle jeudi soir devant un Yann Barthès surpris par cette remarque. «J’ai une certaine compassion pour les frotteurs. Quelqu’un qui en est réduit à ça pour trouver une satisfaction sexuelle doit être dans une certaine misère sexuelle», achevait-elle.
Pendant l’émission de TMC, Marlène Schiappa, décidément très attentive aux sorties de Catherine Millet, avait répliqué sur Twitter, citant la peine encourrue par les frotteurs dans le métro: «de la prison» (cinq ans plus précisément, Ndlr.) et une amende de «75.000 euros». Et de rappeler que ces actes relèvent d’une «agression sexuelle» et non de «harcèlement sexuel». «Le corps des femmes n’est pas un bien public ou un réceptacle à misère sexuelle», conclut-elle.

dimanche 4 février 2018

Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

Uma Thurman


Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

AFP agence
Mis à jour le 03/02/2018 à 19:10
Publié le 03/02/2018 à 18:47

 sur Twitter (nouvelle fenêtre)

VIDÉO - Dans une interview publiée dans le New York Times, l'actrice américaine, star de Pulp Fiction et Kill Bill détaille les agressions et les pressions du magnat déchu d'Hollywood à son encontre.

Uma Thurman

«Oui, Uma Thurman est en colère. Elle a été violée. Elle a été agressée sexuellement. Elle a été mutilée avec de l'acier brûlant. Elle a été trahie et menée en bourrique par ceux en qui elle croyait». Dans une interview accordée au New York Times , l'actrice américaine brise le silence sur Harvey Weinstein et l'accuse, à son tour, d'agressions sexuelles et de pressions. «Ça a été comme un coup de batte sur la tête», souligne-t-elle.
«Quand je serais moins en colère, je dirais ce que j'ai à dire», déclarait Uma Thurmansur un tapis rouge en octobre dernier alors interrogée sur l'affaire Weinstein qui venait d'éclater outre-Atlantique. Si elle a refusé de parler à ce moment-là, c'est parce qu'elle avait peur de pleurer. «Ce que vous avez vraiment vu, c'est une personne qui gagne du temps», précise la comédienne à nos confrères américains. Quelques lignes plus loin, elle raconte sa rencontre avec Harvey Weinstein. Au moment de la sortie de Pulp Fiction , film qu'il a produit. «Je l'ai bien connu avant qu'il ne m'attaque», révèle-t-elle. «Il passait des heures à me parler, à complimenter mon esprit, ma façon d'être. Cela m'a peut-être fait oublier les signes avant-coureurs», reconnaît-elle.
Puis, comme d'autres actrices qui ont témoigné dans la première vague de plaintes contre le magnat déchu de Hollywood, Uma Thurman a accepté ses invitations dans des palaces. Après un rendez-vous de travail à Paris qui avait pris une tournure équivoque quand Harvey Weinstein avait invité l'actrice dans sa chambre d'hôtel, puis dans un sauna de l'établissement, Uma Thurman avait retrouvé son producteur à Londres, aussi dans sa chambre d'hôtel. «Il m'a poussée et a essayé de se jeter sur moi et de se déshabiller. Il a fait plein de choses désagréables». Elle décrit également son état pendant cette agression: «Vous êtes comme un animal qui se trémousse, comme un lézard. Je faisais tout ce que je pouvais pour reprendre le contrôle».


Le lendemain, le producteur lui aurait envoyé un bouquet de roses avec le mot. «Tu as de très bons instincts». Elle explique être retournée à l'hôtel pour le mettre en garde: «Si tu fais ce que tu m'as fait à d'autres personnes, tu vas perdre ta carrière, ta réputation et ta famille, je te le garantis». Selon son amie Ilona Herman qui l'avait accompagnée, Uma Thurman était bouillonnante de colère quand elle a quitté Harvey Weinstein à l'issue de leur discussion ce jour-là. Le producteur avait menacé de compromettre sa carrière. Une agression qui s'est déroulée avant le tournage de Kill Bill: Vol. 1 (2003).
D'ailleurs, Quentin Tarantino, le réalisateur de ce long-métrage, en prend aussi pour son grade dans cet article. Car, en 2001 lors du Festival de Cannes, Uma Thurman raconte l'épisode de l'hôtel au réalisateur. Ce dernier relativise d'abord: «Oh, pauvre Harvey, essayant d'avoir des filles qu'il ne peut pas avoir». Finalement, il décide d'en parler au principal intéressé, en présence de l'actrice. Si dans un premier temps, Harvey Weinstein nie, il finit par présenter ses excuses.

Les coulisses de Kill Bill

Autre passage accablant pour Quentin Tarantino: celui où Uma Thurman raconte le tournage de Kill Bill: Vol. 2 . Pour tourner la fameuse scène de la décapotable bleue, le cinéaste l'aurait forcée à conduire la voiture à vive allure. «J'étais dans une boîte à mort. Le siège n'était pas correctement vissé. C'était une route de sable et ce n'était pas une route droite». Uma Thurman perdra le contrôle du véhicule et percutera un arbre de plein fouet. Un accident qui la ferait encore souffrir aujourd'hui de la nuque et des genoux. Aujourd'hui, elle dénonce l'attitude de Quentin Tarantino et de Harvey Weinstein après l'accident: étant donné qu'elle refusait de signer une décharge de responsabilité au profit de la société de productions Miramax, le cinéaste ne voulait pas lui céder les images de l'accident. Il finira par lui donner... quinze ans après. Le New York Times a, de son côté, décidé de les partager. Contacté par le quotidien, Quentin Tarantino a refusé de commenter ces déclarations.
«Personnellement, cela m'a pris 47 ans pour arrêter de dire que les personnes qui étaient méchantes avec moi étaient ‘amoureuse'”. Cela m'a pris du temps parce que je pense que lorsque les petites filles sont conditionnées pour croire que la cruauté et l'amour ont, quelque part, une connexion. C'est l'ère de laquelle il faudrait s'extraire aujourd'hui», conclut Uma Thurman.

vendredi 2 février 2018

J.K. Rowling encourage une étudiante française à continuer d’écrire son livre



J.K. Rowling encourage une étudiante française à continuer d’écrire son livre


Le Figaro Etudiant • Publié le 14/11/2017 à 17:01 • Mis à jour le 14/11/2017 à 17:35
Une étudiante de 23 ans, qui avait confié ne pas réussir à poursuivre l’écriture de son livre, a été encouragée sur les réseaux sociaux par l’écrivain de la saga Harry Potter à poursuivre son travail.
Fannie n’en a pas cru ses yeux! Cette grande fan française d’Harry Potter était engagée dans l’écriture de son propre roman depuis un certain temps. Mais le dimanche 12 novembre, l’étudiante d’Arras était trop démotivée et déçue de sa propre composition. Alors d’un tweet, elle invective ses deux idoles, Stephen King et J.K. Rowling, pour leur expliquer, las, qu’elle n’aura jamais leur talent et qu’elle compte arrêter d’écrire. C’était sans compter sur l’écrivain britannique qui lui a répondu à l’impératif: «Finis ton livre»
«J’avais les livres d’Harry Potter sous les yeux et je me disais que jamais je ne réussirai à écrire aussi bien que J.K. Rowling, que jamais je n’aurai autant de talent qu’elle pour créer un monde, une histoire ou des personnages», a confié celle qui veut devenir professeur de français au HuffPost. «Résignée et démotivée, j’ai écrit ce tweet. Je ne pensais vraiment pas qu’elle me répondrait, ni même que je recevrais autant de messages de soutien de la part d’un aussi grand nombre de personnes!»

Trois minutes pour répondre

J.K. Rowling n’a en effet mis que trois minutes à répondre au tweet de Fannie: «N’écris pas comme moi. Écris comme toi. Personne d’autre ne peut le faire. Finis ce livre.» Une injonction directe qui a envoyé la jeune fille «sur un nuage». «Elle a encore prouvé son immense gentillesse et j’espère que son conseil servira également à d’autres auteurs» a-t-elle encore déclaré au Huffpost.
Mais l’étudiante n’a pas reçu qu’un message de la part de son idole: depuis celui-ci, des centaines de personnes, sur son compte et celui de l’auteur, ont tenu à encourager Fannie. «On m’encourage, on me donne des conseils pour réussir à me sortir de mon blocage. Beaucoup semblent attendre que je termine mon histoire pour pouvoir la lire, ce qui me fait sourire.»
Pourtant, la jeune femme a confié qu’elle ne souhaitait pas encore publier ses écrits. Par excès de pudeur, pour l’instant, semble-t-il: elle souhaite d’abord le montrer à ses proches qui l’attendent depuis plusieurs années. Ensuite, «s’il plaît», elle tentera de «le proposer sur une plate-forme d’auto-publication. «Quand je constate le nombre de futurs lecteurs qui veulent lire mon histoire, je pense que ce serait les remercier que de leur faire lire l’histoire pour laquelle ils m’ont aidée» conclut la jeune fille.




jeudi 1 février 2018

Blue Flower / La promesse de l’ombre


Blue Flower

La promesse de l’ombre

1 FÉVRIER 2018, 
LEÏLA VASSEUR-LAMINE

« […] Quand la lune, écartant son cortège

d’étoiles, / Jette un regard pensif sur le monde

endormi, / Devant son front glacé je fais courir
mes voiles, / Ou je les soulève à demi. […] »

(Louise Ackermann)
Halos translucides que l’obscurité dénude, les photographies de Yoichiro Nishimura sont des invitations à la contemplation. Une partie de la série des 117 photographies intitulée en anglais Blue Flower était exposée lors de la foire internationale de la photographie Fotofever à Paris [1]. Le parti pris d’exposer des impressions de petit format, type carte postale, renforçait l’appel à la proximité, à l’observation de ces fleurs aux couleurs abyssales à dominante bleue et nuances de violet; des tons froids émanant du fond noir en toute phosphorescence.

Cet effet, Yoichiro Nishimura l’a obtenu après de longues années de pratique du photogramme : méthode ancêtre de la photographie et développée comme technique artistique par Man Ray, qui revient à obtenir une image en exposant directement à la lumière des objets sur une surface photosensible comme le papier argentique. Ce procédé en inversion (les zones exposées à la lumière deviennent foncées ; les zones protégées de la lumière restent claires) comme les images en négatif, lui faisant penser à l’usage pratique moderne du scanner, l’artiste s’est questionné sur son utilisation comme outil de création et sur la numérisation opposée à l’impression sur papier argentique. C’est ainsi qu’il a inventé ce qu’il appelle le « scangramme » pour réaliser sa série Blue Flower.


Les fleurs, sujets de prédilection de cette série menée au bout de sept ans d’expérimentation, sont toujours liées à l’intime. D’abord à l’intimité même de l’artiste, qu’elles aient été ramassées dehors, cueillies chez lui ou apportées par son épouse. Puis au sentiment d’intimité perçu à la saisie des sujets : elles apparaissent au regard comme on les caresserait d’un rayon X, et enfin au travers du caractère symbolique presque magique qu’il leur confère. En effet, Yoichiro Nishimura offre un nouveau souffle à ces natures mortes, fleurs fanées originellement rouges, jaunes, oranges, devenues bleues (grâce à la chrominance inversée) de l’autre côté du miroir, en faisant clartés les parties obscures tandis que la lumière se transforme en ténèbres. Ainsi de chacune d’elles émane une lueur vive comme une promesse de l’ombre.

La délicatesse et l’éclat sont combinés en un oxymore végétal, yin et yang poétique qui trouve son harmonie dans le noir. L’artiste éclaire le secret du mouvement éternel par lequel la nature prend forme, disparaît et renaît.
Les fleurs sont immortelles, rêve celui qui les voit en bleu.
Blue Flower, Yoichiro Nishimura

Minnano Gallery, 2F 4-14-3 Higashiueno, Taito-ku, Tokyo