samedi 24 mars 2018

Jessica Jones / On fait un bilan rapide sur la deuxième saison à mi-parcours



Jessica Jones : on fait un bilan rapide sur la deuxième saison à mi-parcours

Créé : 13 mars 2018 - Florian Descamps

Illustration Jessica Jones 2
En 2015, on vous disait déjà tout le bien que l'on pensait de Jessica Jones, alors premier jalon de l'univers étendu de Netflix après l'essai Daredevil. Trois ans et un certain nombre de déceptions plus tard (Iron FistThe Defenders), la détective misantrope nous revient avec une saison 2 attendue. Pour un retour réussi ? A mi-saison, on fait un premier bilan.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !



APRÈS LA BRUME...

Dire que les dernières productions Marvel-Netflix ont déçu serait un euphémisme. Après le teen drama Iron Fist qui venait ternir un projet maitrisé (critique complète ici), The Defenders enterinait en effet une baisse qualitative de l'ensemble, réunissant ses héros autour d'une oeuvre en mal d'inspiration et d'une mise en scène timide, voire expediée. À l'heure de retrouver Krysten Ritter loin du glaçant Kilgrave (excellent David Tennant), les craintes étaient donc de mise.
N'entrenons pas le suspense : il n'en est rien. Après The Punisher, Jessica Jones confirme le réveil du Marvel Universe de Netflix.

Photo Krysten Ritter, Jessica JonesVous en doutiez ?

C'est que dès ses premières heures, la série s'est construite autour d'une base suffisament solide pour s'y reposer : ses personnages. Loin des tracas soap d'un Dany Rand ou la noirceur de Matt Murdock, cette seconde mouture réemprunte donc la même formule et les met en lumière.
Outre Jessica, dont l'intrigue interroge ici l'origine des super-pouvoirs, on retrouve un panel de personnages secondaires à l'intérêt savamment épaissi. Déjà très présents il y a trois ans, Trish, Malcom et Harper s'émancipent aujourd'hui de Jessica pour mieux l'enrichir dans les moments forts et c'est là l'intelligence de la saison. En apparence esseulée face à une révélation qui va changer sa vie, l'héroïne va plus que jamais s'appuyer sur son entourage pour s'en sortir. Un melting-pot de sous-intrigues convaincantes et que l'on aimerait voir plus souvent chez Marvel.

Photo Eka DarvilleEt il se pourrait même que certains prennent du galon...

Le seul point noir pourrait en fait venir de la mise en scène, qui, à l'instar de celle de la première saison, manque un peu de caractère. Si l'ensemble reste convaincant, du découpage à cette photographie qui magnifie le quartier de Hell's Kitchen, l'absence de la menace Killgrave et ses teintes violacées se fait ici ressentir. Chose d'autant plus dommageable que les acteurs, eux, répondent à nouveau présents et nous offrent des partitions parfois remarquables.
En chef de file, Krysten Ritter est plus que jamais Jessica Jones et, à l'image de cette scène de flashback sur la jeunesse de Jessica où elle compose un personnage perdu et à la naïveté presque touchante, l'engagement semble total. Après Veronica MarsBreaking Bad et plus récemment sa DeeAnn de Big Eyes, voilà une nouvelle prestation qui confirme plus que jamais tout le talent de l'actrice.

Photo Krysten Ritter"Allô le monde ? Est-ce que tout va bien ?"

... LE RETOUR AUX SOURCES

Les origines de Jessica Jones sont largement connues : autrefois surnommée Jewel, la super-héroïne a été brièvement membre des Avengers et amie de Captain Marvel (qui devait à l'origine être présente dans la première saison avant que Marvel ne décide de lui dédier un film) avant de rencontrer Killgrave et devenir celle que l'on connait aujourd'hui. Un passé qu'on a pu retrouver sous forme de clins d'oeil dans la première saison et qui a permis à la série de s'inscrire avec cohérence dans le Marvel Universe.
Là où Netflix diffère aujourd'hui, c'est au sujet des super-pouvoirs : acquis dans l'accident qui a coûté la vie à sa famille (et asperga Jessica Jones de liquide radioactif) dans les comics, leur origine est ici remise en cause. Au départ un simple organisme obscur nommé « IGH » , l'antagoniste de la saison se mue d'ailleurs à mesure que se dévoile l'intrigue et pourrait bien en détenir les principaux secrets. L'arrivée, en outre, d'un personnage puissant et complexe que l'on ne pensait plus voir arriver dans la série redistribue les cartes et remet en cause la toute puissance héroïque de Jessica. Et si l'héroïne s'en retrouvait fortement ébranlée ?
Photo Krysten RitterNon Jessica, pas par là

C'est en fait là tout le challenge de Netflix. Si Jessica Jones opte aujourd'hui pour le bouleversement des origines de son héroïne, l'impact que cela pourrait avoir sur le personnage reste encore à définir. Derrière Killgrave, le flou entourant ce « jour où tout a basculé » fait partie des névroses de Jessica et lui apporter des réponses dès la seconde saison pourrait être un peu précipité. Gageons qu'avec la multiplicité de ses thématiques, l'envie de se renouveler et la facture globale de sa production, la série ait un tour d'avance sur nous.

Après sept épisodes, c'est donc avec une solide seconde saison que semble revenir Jessica Jones. Débarassée de Killgrave, la série a réussi à se renouveler et combler l'absence du super-vilain grâce à des choix qui pourrait redéfinir le personnage. On ne saura donc que vous conseiller d'y jeter un oeil.
La saison 2 de Jessica Jones est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 8 mars.



jeudi 22 mars 2018

Jessica Jones saison 2 / La critique



Jessica Jones saison 2 

La critique


Paris Match||Mis à jour le 


Krysten Ritter incarne Jessica Jones.
RÉALISÉ PAR :
S.J. Jackson, David Petrarca, Stephen Surjik, Uta Briesewitz
AVEC :
Krysten Ritter, Rachael Taylor, Eka DarvilleCarrie-Anne Moss
DATE DE SORTIE :
La dure à cuire héroïne Jessica Jones est de retour pour une seconde saison sur Netflix. 

Le synopsis

Jessica Jones, la détective privée la plus dure à cuire de New York, reprend le contrôle de sa vie et se remet peu à peu du meurtre de Kilgrave. Confrontée à une multitude de mensonges, elle remet tout en question afin de découvrir la vérité, d'autant que cette fois-ci, l'affaire est plus personnelle que jamais et l’oblige à retourner dans son passé.  

La bande-annonce

La critique

Jessica Jones n'a pas choisi n'importe quel jour pour faire son retour : le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Tout un symbole pour cette héroïne fragilisée par les traumatismes physiques et mentaux que lui avait fait subir Kilgrave. Dans la seconde saison, le personnage campé par un étonnant David Tennant n'est plus, mais la détective privée Marvel continue de se battre contre les fantômes de son passé. Poussée par sa soeur adoptive et meilleure amie Trish Walker (Rachael Taylor), elle enquête sur IGH, une organisation secrète qui pratique des expériences sur les humains et leur octroie des capacités hors normes. C'est à IGH que Jessica Jones doit ses pouvoirs et elle a bien l’intention de leur demander des comptes sur les expériences pratiquées sur elle. 


Rachael Taylor. © David Giesbrecht/Netflix
Cette quête des origines est nécessaire pour comprendre l'oiseau de nuit alcoolique et solitaire, super-héroïne qui rejette ce titre en bloc, mais elle est parasitée par une foule d'intrigues secondaires qui ralentissent la résolution du mystère et l'étale inutilement. Le résultat donne une saison inégale dans sa narration entre les épisodes du début qui sont longs à entrer dans le vif du sujet en multipliant les rebondissements mineurs et ceux de la deuxième moitié de saison où tout s'accélère. 

David Tennant, J.R. Ramirez et Krysten Ritter. © Linda Kallerus/Netflix
La saison 2 souffre aussi de l'absence d'un méchant de la trempe de David Tennant, sûrement à dessein puisque que comme dans la première saison, la psychologie et l'évolution des personnages, l'exploration de leurs blessures priment l'action. On en découvre plus sur Trish qui s'engage sur une route sinueuse en jouant les héroïnes à la place de Jessica Jones et l'armure de l'avocate Jeri Hogarth (Carrie-Anne Moss) se fendille petit à petit. On applaudit aussi le développement de Malcolm (Eka Darville), qui a connu l'évolution la plus impressionnante entre les deux saisons. De junkie en piteux état dans la saison 1, il est devenu un personnage assez lumineux dans ce roman noir et un assistant précieux pour Jessica Jones. Krysten Ritter elle, excelle toujours dans l'incarnation de la cynique détective à la répartie qui fait mouche et qui, on l'espère, reviendra pour une saison 3. 







mardi 20 mars 2018

Terry Richardson / Natasha Poly / Vogue Paris



Natasha PolyVogue ParisNovember 2011Photos by Terry Richardson


November 2011 Vogue Paris editorial
Model: Natasha Poly
Photographer: Terry Richardson
Stylist: Marie Chaix
Hair: Anthony Turner
Makeup: Frank B



dimanche 18 mars 2018

Joël Dicker / "J’ai écrit soixante versions 'La disparition de Stephanie Mailer'!"

Joël Dicker


Joël Dicker: "J’ai écrit soixante versions 'La disparition de Stephanie Mailer'!"

Paris Match||Mis à jour le 
A l’occasion de la sortie de « La disparition de Stephanie Mailer », le romancier nous livre ses secrets d’écriture et la façon dont naissent ses multiples personnages. Confessions d’écrivain.
Le jeune premier de la littérature suisse revient en force avec « La disparition de Stephanie Mailer », 640 pages qui font adorer les insomnies. Mieux vaut ne pas lâcher ce pavé truffé de personnages et de rebondissements. Joël Dicker a écouté les critiques qui parfois avaient sévèrement jugé « La vérité sur l’affaire Harry Quebert ». Bien que largement récompensé avec ce best-seller, il a davantage travaillé la structure et le style de son nouveau roman. A 32 ans, Dicker est aussi bien fasciné par « Le comte de Monte-Cristo », que par Steinbeck ou Philip Roth. Mais son auteur de référence reste Romain Gary, autant par sa vie que par son œuvre. En janvier, Dicker a dû affronter la disparition de son éditeur Bernard de Fallois à qui il doit tout : « Il m’a donné plusieurs vies. C’est lui le succès de “Harry Quebert”. Il me manquera vraiment pour la suite ! »
Paris Match. Comment vivez-vous cette période de sortie de votre nouveau roman ? 
Joël Dicker. C’est le début des retours et je suis plutôt heureux. J’ai beaucoup douté. Je crois que je n’ai pas choisi la voie de la facilité pour offrir une histoire fluide et pourtant j’y tenais ! C’est important pour moi de proposer un récit dans lequel le lecteur se retrouve. Et en même temps j’écris une histoire complexe, à tiroirs, avec trente personnages et plusieurs narrateurs. Je me suis souvent demandé : “Mais qu’est-ce que je fabrique ? Ce n’est pas clair, personne ne va le lire…”
Cette phase de doute, vous l’avez ressentie lors de l’écriture ?
Tout le temps. Ce n’est pas un doute dépréciatif ou démoralisant mais constant. La première version faisait 1 200 pages. J’étais allé trop loin et pourtant je l’avais compris. Le livre manquait de nervosité. Il n’y avait pas le souffle nécessaire pour faire aussi long. J’avais fait lire cette version à Bernard de Fallois sans lui parler de mes inquiétudes et il a eu le même sentiment. Ce n’était pas possible, alors j’ai recommencé. Sinon, ces deux ans et demi de solitude n’auraient servi à rien. Malgré tout, le plus important est le plaisir que me procure cette première étape. Il faut que je sois heureux dans la lecture de ma propre histoire que je découvre, puisque je n’ai pas de plan.
Mais vous avez quand même votre histoire quand vous commencez ?
Non, c’est la surprise du chef ! C’est ça qui me plaît, je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer, où je vais aller. Dans la version initiale, il n’y avait même pas de crime, donc pas d’assassins. En réalité j’ai écrit soixante versions du livre ! Il m’en a fallu dix pour inventer un meurtre. J’ajoute des personnages et, ensuite, je me dis qu’il manque une unité de lieu. Alors je cherche un fil rouge. Il me faut une année de tâtonnements.
Alors, qu’avez-vous en tête quand vous commencez ?
Rien, je n’ai rien. J’ai seulement envie de raconter une histoire. Dans ce roman-là, j’avais une idée de personnage de femme qui deviendra Anna. J’avais envie aussi de replacer l’histoire dans la théorie des six degrés de séparation de Milgram, selon laquelle nous sommes tous séparés les uns des autres par une chaîne de six personnes. Et Facebook a réduit cette distance à quatre personnes. Ça me fascine. Au début je pensais installer six personnages ou entités réunis par un élément et dont les actions auraient eu des conséquences sur les uns et les autres. Je dois reconnaître que ce n’était pas clair dans mon esprit.
La littérature fait de nous des créateurs, alors que le cinéma nous transforme en spectateurs
Aviez-vous tout de même le lieu du crime ?
A peine. Je ne voulais pas que cela se déroule aux Etats-Unis. J’avais envie de changer, de placer l’histoire en Suisse. J’ai essayé et ça n’a pas marché. J’ai encore un peu de difficulté à créer de la fiction en Suisse. Quand je raconte Genève, je reste dans la Genève que je vis et je ne veux pas faire d’autofiction. Alors que les Etats-Unis m’offrent un terrain de jeu illimité. Je les connais bien et cela est crédible. J’ai catapulté mon histoire dans les Hamptons qui s’y prêtaient bien. C’est après avoir fait entrer en scène quelques-uns des personnages que l’idée du crime s’est imposée. Je veux que la lecture de mon roman reste un jeu entre l’auteur que je suis et le public. L’histoire a existé une fois sous ma plume mais, pour que le roman prenne vie, il faut que quelqu’un le lise. Il est important que le lecteur fasse appel à son imaginaire. C’est le miracle d’un texte par rapport au cinéma. La littérature fait de nous des créateurs, alors que le cinéma nous transforme en spectateurs. Le résultat d’un film est beaucoup plus faible sur nos émotions.

Au coeur du roman, un crime... qui a failli ne jamais se produire.© Patrick Fouque / Paris Match
Pouvez-vous dire qui est Stephanie Mailer ?
On ne sait pas très bien car elle disparaît aussi vite qu’elle apparaît. C’est le personnage le moins présent dans le livre ! Elle n’a qu’une petite scène sur un parking, mais en même temps elle est à l’origine de tout. Du démarrage de l’histoire avec Jesse, un policier à la retraite, qui revient enquêter sur une affaire qu’il avait bouclée vingt ans plus tôt. Ce retour va lui permettre de réparer une blessure et il entraînera une succession de personnages qui eux aussi vont tous soigner des fêlures. Grâce à Stephanie Mailer, ils vont tous se retrouver ensemble pour cette réparation. C’était pour moi une finalité.
Un personnage réussi c’est celui qui permet la projection, la connexion entre lui et le lecteur
En quoi ce livre est-il différent des deux autres ?
Je ne l’ai pas écrit de la même façon. J’ai désormais plus conscience des outils que j’ai entre les mains. Je crois que “Stephanie Mailer” est mieux construit, la structure se tient beaucoup mieux aussi. Dans “Quebert” certains passages étaient bancals, là je voulais parvenir à une structure quasiment aussi parfaite que possible. Je me suis accordé une liberté supplémentaire dans la langue et dans le récit. J’ai osé davantage. Mais je reste un jeune auteur et il y a encore beaucoup de travail qui m’attend. Dans “Quebert”, on avait critiqué certains des personnages, j’ai voulu faire mieux, les travailler davantage.
Justement, comment créez-vous vos personnages ? Comment passent-ils de six à trente ?
Ils sonnent à la porte tout simplement ! Et j’ouvre. Plus il y a de personnages et plus il y a d’action et de possibilités. Au départ, j’en avais même une quarantaine. J’ai commencé ensuite à en enlever pour garder ceux qui me semblaient les plus essentiels. Il y a en un qui me fait beaucoup de peine, le pauvre, je le dégage à chaque livre. Il n’a sa place nulle part ! Peut-être qu’un jour j’arriverai à le situer dans un roman. Au fond, un personnage réussi c’est celui qui permet la projection, la connexion entre lui et le lecteur. Il est comme un ami, quelqu’un qu’on connaît bien et qu’on aime quand même. La seule chose impossible, c’est la répulsion.
Je me considère comme un jeune auteur qui doit encore progresser
Et pour le profil du tueur, vous documentez-vous sur les criminels ?
Non, je déteste ça, je n’ai aucune fascination pour les tueurs en série, ni pour les tueurs maniaques ou malades, ça n’éveille rien en moi. Je suis beaucoup plus intéressé par des séquences ou des gestes de M. Tout-le-Monde animé par une pulsion. Un homme ordinaire qui n’aurait jamais aimé ou imaginé commettre un crime. Le fait divers en lui-même ne m’intéresse pas. C’est souvent sordide. Je préfère l’aspect sociologique qui pose de vraies questions. Je déteste le gore, j’éteins la télé quand ça l’est !
Pourtant vous écrivez des thrillers…
Non, je ne considère pas que mes livres soient des thrillers, ni des polars d’ailleurs. Ils ne correspondent pas aux codes du polar, c’est comme une AOC. Et si je dis cela, c’est par respect pour ce genre-là, je ne veux pas décevoir les amateurs. Mais je pense que mes romans appartiennent à la littérature générale.
Que vous reste-t-il à prouver alors que vous êtes déjà auteur à succès de page-turners ?
Je me considère comme un jeune auteur qui doit encore progresser. J’ai eu plus de romans refusés que de romans publiés. J’ai le sentiment d’être en début de carrière. Je suis avide d’apprendre. OK, on parle de page-turner mais qu’est-ce qu’un livre si on n’a pas envie de tourner les pages ? Faut-il qu’un livre soit horriblement ennuyeux ? 

« La disparition de Stephanie Mailer », de Joël Dicker, éd. de Fallois, 640 pages, 23 euros.

Facebook censure La Liberté guidant le peuple

La Liberté guidant le peuple


Facebook censure La Liberté guidant le peuple

Par Sarah Lecoeuvre
Mis à jour le 17/03/2018 à 19:35
Publié le 17/03/2018 à 17:04
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Une publicité pour une pièce de théâtre, où le tableau d'Eugène Delacroix de 1830 apparaît, a été supprimée par le géant américain. Il estime que les seins nus de Marianne sont «de nature sensible et donc pas autorisés» sur le réseau social.
Les 23 et 29 mars prochains, la pièce de théâtre Coups de feu à Saint-Roch est de retour à Paris au Funambule Montmartre. Afin d'en assurer la promotion, le metteur en scène Jocelyn Fiorina a partagé sur Facebook l'affiche de ce spectacle où figure le tableau d'Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple . Mais, à cause des seins nus de Marianne qui apparaissent sur le tableau, le réseau social de Mark Zuckerberg a décidé de bloquer cette publicité. «Elle a été supprimée seulement un quart d'heure après sa mise en ligne», nous explique Jocelyn Fiorina. 
C'est la troisième fois que l'une de ses publications est censurée par le géant américain. Il y a un an, pour promouvoir les premières représentations de sa pièce dans la capitale, il avait déjà publié cette image qui sera, elle aussi, supprimée. «Cette fois-ci, Facebook l'avait bloquée au bout de 24 heures», précise l'écrivain. À cette époque, Jocelyn Fiorina, avait contacté l'équipe modération de Facebook pour demander des explications. Réponse du réseau social: «Nous n'autorisons pas les publicités avec de la nudité, même si cela n'est pas d'ordre sexuel. Cela inclut la nudité à des fins artistiques ou éducatives. Les publicités de ce type sont de nature sensible et ne sont donc pas autorisées».déguster
Pas convaincu, l'intéressé insiste et, dans un nouveau message, il rappelle qu'il s'agit d'un tableau du XIXe siècle, «symbole de la République française». Mais son interlocuteur est catégorique: «Notre décision à ce sujet reste inchangée. Toutefois, nous apprécions vos commentaires et les avons transmis à notre équipe. Nous vous informerons s'il y a du changement à ce sujet». Dernièrement, Jocelyn Fiorina n'a pas réeesayé de joindre les modérateurs de Facebook.

Un avocat s'intéresse à cette affaire

Le metteur en scène ne compte toutefois pas saisir la justice pour attaquer la firme américaine. «Je n'irai pas seul. Ce serait kamikaze», reconnaît-il. «Plusieurs associations vont relayer cette information. On verra si ça prend de l'ampleur». En tout cas, Stéphane Cottineau, l'avocat qui mène le premier procès contre Facebook en France pour la censure de L'Origine du monde, s'intéresse à cette affaire. «Il viendra à une des deux représentations de mars», nous indique encore Jocelyn Fiorina. 
Une récente décision de justice ne risque pas de l'encourager à porter plainte contre Facebook. Jeudi, tribunal de Paris a débouté l'internaute qui poursuivait l'entreprise, à laquelle il reprochait d'avoir fermé son compte pour avoir publié une photo de L'Origine du monde, le célèbre tableau de Gustave Courbet. «Le combat continue. Nous voulons aller au bout, pour la liberté d'expression», nous a prévenu Stéphane Cottineau, l'avocat de son client le plaignant qui a décidé de faire appel de cette décision.

La publicité avec un bandeau sur les seins de Marianne acceptée par Facebook.
En attendant, pour continuer à promouvoir Coup de feu à Saint-Roch et contourner les règles de modérations sur Facebook, Jocelyn Fiorina a décidé de cacher le sein de Marianne sur l'affiche avec un bandeau bleu où est inscrit: «Censuré par Facebook». (voir la photo ci-contre) «Cette image est acceptée, c'est à pleurer de rire!», commente le metteur en scène. 
Sa pièce évoque la rencontre entre Alexandre Dumas et Edgar Poe sur les barricades et leur combat pour la liberté et la République. Une histoire inspirée par un manuscrit inedit de Dumas retrouvé par Jocelyn Fiorina dans les papiers de Poe à Philadelphie. Une découverte publiée dans L'assassinat de la rue Saint-Roch (Fayard, collection des Mille et une nuits).


samedi 17 mars 2018

Big Bang, trous noirs / Ce que Stephen Hawking a apporté à la science

Stephen Hawking


Big Bang, trous noirs : ce que Stephen Hawking a apporté à la science


Par  Tristan Vey
Publié le 14/03/2018 à 17:10

Sans rivaliser avec le grand Albert Einstein, le physicien britannique a contribué de manière significative à notre vision actuelle de l'univers et de ses origines.
Stephen Hawking est l'un des plus grands physiciens de la deuxième moitié du XXe siècle. Sa contribution à notre compréhension de l'univers n'a rien de comparable à celle d'Albert Einstein (il le reconnaissait d'ailleurs bien volontiers lui-même), mais ses travaux sur les trous noirs ou sur le Big Bang ont sans conteste fait date en astrophysique.

Le physicien britannique a en effet choisi, à contre-courant de son époque, très marquée par les développements de la mécanique quantique, de poursuivre les travaux de son illustre aîné sur la gravitation. Il a notamment travaillé avec le mathématicien, britannique lui aussi, Roger Penrose sur les implications mathématiques des équations de la relativité générale.
S'il n'est pas le premier à formuler l'idée que l'univers a connu une phase de croissance initiale très rapide à partir d'un état extrêmement dense et chaud (la théorie du Big Bang), il pousse néanmoins les équations d'Einstein dans ses retranchements en démontrant qu'elles prévoient l'existence dans le passé d'un point unique de densité infinie: ce qu'on appelle en physique «une singularité».
Contrairement à une idée commune répandue, cela ne veut pas dire que l'univers était tout entier concentré en un point, mais au contraire que les équations d'Einstein ont une limite au-delà de laquelle elles ne parviennent plus à rendre compte correctement du monde: une nouvelle physique est nécessaire. Sur le plan théorique, c'est un accomplissement majeur.

Une élégante équation

Stephen Hawking se penche alors sur d'autres «singularités» de la théorie de la relativité générale: les trous noirs. Ce sont des objets si denses (ou si massif) qu'ils piègent toute forme de matière ou d'énergie qui franchit une certaine limite, appelée «horizon». Même les grains de lumière, les photons, qui sont les objets les plus rapides de l'univers et dont la masse est nulle, ne parviennent à s'en échapper.


L'équation de Hawking est la première à mêler une constante quantique (la constante de Planck h) à la constante gravitationnelle G.
C'est en tout cas ce que l'on pense jusqu'à ce que Stephen Hawking se penche sur la question. En introduisant un peu de mécanique quantique, il découvre que les trous noirs ne sont pas si noirs... Pour des raisons complexes, ils rayonnent en effet très légèrement. Ils ont du coup également une température.
Cette découverte surprenante est le plus grand accomplissement de sa carrière. L'article paru dans Nature en 1974 lui aurait valu le prix Nobel... si elle avait pu être confirmée par des observations. Mais ce «rayonnement Hawking» est bien trop faible pour être détecté par les dispositifs actuels. C'est la première fois qu'un théoricien parvenait à réunir dans une même équation (très élégante) les paramètres fondamentaux de la relativité générale et ceux de la mécanique quantique.
Pour tous les curieux qui souhaiteraient en savoir plus, le magazine La Rechercheavait consacré un dossier spécial passionnant en 2013, diffusé gratuitement sur leur site internet à l'occasion du décès du physicien.
Comme la plupart des grands théoriciens, Stephen Hawking fit ses plus grandes contributions à sa discipline avant d'atteindre l'âge de quarante ans. Un phénomène plus lié au vieillissement cérébral normal qu'à sa maladie.