dimanche 31 octobre 2021

« L’Attentat » de Yasmina Khadra adapté en série par Netflix




 

« L’Attentat » de Yasmina Khadra adapté en série par Netflix


« L’Attentat » de Yasmina Khadra adapté en série par Netflix : Le roman « L’Attentat » de l’écrivain algérien Yasmina Khadra est en cours d'adaptation en série par la boîte de production américaine Netflix. L’ambassade des États-Unis à Alger a profité de cette occasion pour féliciter l'écrivain, lundi 7 juin, dans une publication sur la page Facebook de la représentation diplomatique.

8 juin 2021

Ainsi, l’écrivain Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, rentre de plus en plus dans l'universalité. En plus d'être reconnu par ses pairs dans le domaine de la littérature, il rentre de plain-pied dans le 7e art. « Félicitations à l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, plus connu sous le nom de Yasmina Khadra, dont le livre "L’Attentat" est en cours d’adaptation en série Netflix par le producteur américain Michael Kupisk », a écrit la représentation diplomatique américaine. L’ambassade US a également rappelé que le livre en question a reçu des avis favorables de la critique et a remporté de nombreux prix littéraires depuis sa publication, en 2005.

L'ambassade souligne, aussi, que l'écrivain algérien n'est pas inconnu aux Etats-Unis, faisant observer que « Les hirondelles de Kaboul », édité 2002, a été publié par l’éditeur américain Doubleday et a été désigné meilleur livre du San Francisco Chronicle et du Christian Science Monitor.




« L'Attentat » sur fond du conflit israélo-palestinien

"On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise — il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué".

Le roman « L'Attentat », dont a été tirée la phrase précédente, est constitué de 17 chapitres, le premier n’étant pas numéroté, mais est repris en partie dans le dernier. Il raconte l'histoire d’Amine Jaafari, chirurgien israélien d’origine palestinienne. Le récit débute violemment avec un attentat dirigé contre le cheikh Marwan. Le narrateur, dont on ne connaît pas l’identité, fait partie des victimes et décrit son agonie.

Dans ce roman, Yasmina Khadra dépeint les souffrances humaines à travers le conflit israélo-palestinien. Il se livre à un exercice de style mêlant les contradictions individuelles et le difficile vivre-ensemble de deux communautés, dont une possède le pouvoir et l'autre le bien-fondé de la cause.

OBSERVARGELIE

vendredi 29 octobre 2021

Biographies / Yasmina Khadra

 

Yasmina Khadra


BIOGRAPHIE DE YASMINA KHADRA 

Écrivain algérien, Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est un ex-officier de l'armée algérienne. Il est notamment l'auteur de livres à succès, comme "Khalil".

Biographie courte de Yasmina Khadra -

 Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est un auteur algérien de nouvelles et romans. Il naît le 10 janvier 1955 à Kenadsa, en Algérie (Sahara algérien), d'un père infirmier et d'une mère nomade. À l'âge de neuf ans, son père le confie à une école militaire (École Nationale des Cadets de la Révolution), pour faire de lui un officier. C'est à 18 ans que Mohammed écrit son premier recueil de nouvelles. À l'âge de 23 ans, il accède au grade de sous-lieutenant à sa sortie de l'académie militaire de Cherchell. À partir de 1984, il commence à publier ses œuvres, dont trois romans. Il remporte plusieurs prix littéraires pour ses écrits, dont un remis par l'UNESCO en 1993. Il commence à utiliser de nombreux pseudonymes dès 1989, dont celui de Yasmina Khadra, pour échapper au comité de censure militaire. Dans le contexte extrêmement tendu de la guerre civile d'Algérie, il défend les écrivains algériens dans les médias. Dans le cadre de ses fonctions, Mohammed Moulessehoul participe activement à la lutte anti-terroriste. Après 36 ans de vie militaire, il quitte l'institution en 2000, avec le grade de commandant, et se consacre alors entièrement à l'écriture.

C'est en 1997 que Mohammed Moulessehoul adopte définitivement le pseudonyme de Yasmina Khadra, lors de la sortie de son livre Morituri, qui le fait connaître du grand public. Ce nom de plume correspond aux prénoms de son épouse, soutien indéfectible de l'écrivain. En 2001, après s'être envolé au Mexique avec sa femme et ses trois enfants, il s'installe en France à Aix-en-Provence. La même année, il publie L'Écrivain, révélant son identité à la presse et au public. Ayant fait le choix d'écrire en français, Yasmina Khadra est un écrivain internationalement reconnu, traduit en 33 langues. Son œuvre s'inspire largement des conflits actuels, et plus particulièrement du terrorisme. Ses nombreux livres rencontrent un succès grandissant, comme L'Attentat, retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005, ou encore Les Sirènes de Bagdad (2006). Suivent notamment Ce que le jour doit à la nuit (2009), Les anges meurent de nos blessures (2013), ou encore Qu'attendent les singes (2014). Plus récemment, c'est le roman Khalil (2018) qui a attiré l'attention, relatant les attentats de Paris, en novembre 2015, à travers les yeux de Khalil, kamikaze. En 2011, l'Académie française a décerné à Yasmina Khadra le Grand prix de Littérature Henri Gal, Prix de l'Institut de France, pour l'ensemble de son œuvre. Plusieurs adaptations de ses œuvres ont été faites, notamment au cinéma, au théâtre, mais également en bandes dessinées.




Le livre L'attentat de Yasmina Khadra

Dans ce livre, Yasmina Khadra évoque la guerre israëlo-arabe. "L'Attentat", roman poignant écrit par un homme audacieux dérange le lecteur dans ses certitudes vis à vis du terrorisme. A la fois émouvant et troublant, le livre a remporté le prix des libraires. L'histoire se déroule à Tel-Aviv où un attentat a lieu dans un restaurant bondé du centre ville, faisant de nombreuses victimes. Les blessés affluent au service chirurgical de l'hôpital où travaille Amine, chirurgien israélien d'origine palestinienne. Après une journée passée à soigner les blessés, il rentre chez lui et reçoit un appel téléphonique lui annonçant que sa femme fait partie des victimes et qu'elle est suspectée d'être l'auteur de cet attentat.

Pour cet homme, ne prenant pas partie au conflit qui oppose son peuple d'adoption et son peuple d'origine, la vérité est difficile à accepter. Yasmina Khadra décrit la recherche du chirurgien pour comprendre comment sa femme, dont il ne soupçonnait pas avoir un attachement particulier à la cause palestinienne, est devenue kamikaze. S'en suit, dans un suspens incroyable, une série de rencontres avec ces personnes qui ont convaincu sa femme de l'intérêt et de la légitimité de cet acte. Dans un style épuré mais non dénué de poésie, l'auteur entraîne le lecteur au cœur de cette violence qui embrase le Moyen-Orient. Cette quête de la vérité, menée à la façon d'une enquête policière bouleverse nos certitudes au fur et à mesure que les pages défilent.


LINTERNAUTE

jeudi 28 octobre 2021

Emma Cline / American abject

 

Daddy et Harvey, d'Emma Cline : American abject
Emma Cline
Ricky Saiz


Emma Cline

American abject

par Steven Sampson
28 octobre 2021

Avec son recueil Daddy et sa longue nouvelle Harvey, Emma Cline développe sa vision californienne, révélée il y a cinq ans dans son premier roman, The Girls. Mieux que personne, elle traverse les couloirs spéculaires du spectacle américain, des centres commerciaux aux plateaux de tournage, des chambres d’hôtel aux pavillons de banlieue, en captant le langage trivial, ramassé et soi-disant ironique d’un peuple évoluant sur le fil du rasoir de l’éternel présent, hanté par des souvenirs enfouis, incarnant dans sa détresse les paroles des Eagles dans Hotel California : « You can check out any time you like, but you can never leave ! ». Du pur génie, sur le mode décontracté.


Emma Cline, Daddy. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch. La Table Ronde, 272 p., 22 €

Emma Cline, Harvey. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch. La Table Ronde, 112 p., 14 €


« Le cauchemar climatisé », titre d’un livre  de Henry Miller, conviendrait ici. Après The Girls, roman inspiré de la secte de Charles Manson, Emma Cline revient sur ses thèmes de prédilection : les rapports entre les adolescentes et le pouvoir masculin ; les addictions à l’alcool et à d’autres drogues ; le divorce et la déchéance ; la sensualité sadique et cruelle des êtres dégoûtés par leur propre corps ; l’obsession pathologique de l’argent ; et, pour mettre du panache, l’auto-mise en scène. Bref, l’Amérique.

Si, au début du XXe siècle, l’industrie cinématographique était concentrée à Hollywood, aujourd’hui elle s’est diffusée partout : de l’État du Maine à celui de l’Oregon, en passant par la Floride et le Texas, chaque citoyen devient la star d’un long métrage ; s’exprimant avec ironie, il regarde d’en haut ses pauvres interlocuteurs, exclus de la projection privée de sa vie, obligés de se fier aux apparences. D’où l’importance chez les anglophones du mot « like » (qui pourrait se traduire par « genre », « je veux dire » ou « tu vois ? »), utilisé à outrance pour signaler l’incommunicabilité du sujet.

N’en déplaise à la plupart des romanciers contemporains, l’Ancien Régime n’existe plus : la conscience humaine a eu sa révolution. Peu nombreuses sont les Lumières qui l’ont compris, parmi lesquelles Emma Cline. Pourtant, son style post-révolutionnaire ne cède jamais à la nostalgie, ni à la mélancolie : comme le Bouddha, elle reste dans l’acceptation du présent, ne cherchant qu’à l’écrire avec poésie et tendresse.

Harvey Weinstein – le héros de Harvey – mérite-t-il, lui aussi, miséricorde ? Les méfaits des gros pervers sexuels ont-ils influé sur la transformation de la conscience humaine ? L’état d’esprit californien découle-t-il de #MeToo ? Emma Cline semble le croire ; sa prose désinvolte, déracinée et floue ne cesse d’exposer la quête, frustrée, d’un Daddy honni. Dont l’ex-producteur de cinéma, dépeint de manière absurde. Dans la nouvelle – initialement publiée dans The New Yorker et intitulée « White Noise » (« Bruit de fond »), ce qui est aussi le titre d’un roman de Don DeLillo (1985) –, Harvey est planqué dans une maison du Connecticut où il attend le verdict de son procès, prévu pour le lendemain, alors que dans l’immeuble d’à côté habite une autre célébrité : DeLillo, un personnage fictif ici.

Loin de méditer sur son humiliation imminente, Harvey songe à un nouveau projet : adapter White Noise. Il guette donc la moindre apparition du romancier dans la maison voisine, afin de l’enrôler. Il faut savoir que le roman de DeLillo met en scène un professeur ayant inventé le champ d’études hitlériennes, un intellectuel spécialisé dans l’analyse d’un monstre. N’est-ce pas précisément la démarche d’Emma Cline ? Le point Godwin s’est-il déplacé de Berlin vers les deux côtes de l’Amérique ? Auschwitz, point focal du monde d’avant, a-t-il été remplacé par les zizis circoncis de Weinstein, de Woody Allen et de Jeffrey Epstein ?

Celui de Harvey ne sera révélé qu’en creux, énigme centrale d’un corps pour le reste examiné en détail. Harvey paraît ne pas se rappeler les péchés commis par l’organe fautif : « Il se souvenait à peine de toutes les choses qui s’étaient produites, et par conséquent il avait écouté avec un certain intérêt les témoignages, au début, curieux d’entendre ce qu’il était censé avoir fait. Mais c’était vite devenu ennuyeux […] On avait l’impression que tout se déroulait du mauvais côté d’un télescope, c’était loin et déformé : des bobards qui se passaient dans des chambres d’hôtel, des couloirs de restaurants fermés depuis presque dix ans. Le Bar 89 n’existait plus ».

Daddy et Harvey, d'Emma Cline : American abject

Le télescope qui s’étend et se rétracte, c’est Harvey, peu disposé à considérer son passé, préférant – une fois n’est pas coutume – foncer dans une poursuite effrénée des stars. En présentant son projet à ses avocats, il cite de mémoire ce qu’il croit être la première phrase de White Noise ; hélas, il s’agit de l’incipit d’un roman de Thomas Pynchon, L’arc-en-ciel de la gravité (1973). Peu importe, l’œuvre compte moins que l’idée : l’Amérique est un pays platonicien, ses yeux sont braqués sur le mur de la caverne, où l’on voit l’image du spectacle. « Incroyable, tout ce qu’ils faisaient de nos jours. Une telle quantité de fric, c’était presque obscène ! […] Leur rôle à eux était de façonner la culture, il l’avait toujours dit : tout découlait de lui, de personnes comme lui, des choix faits dans une certaine pièce dans un certain immeuble de Manhattan, des choix qui façonneraient le discours. Et Don DeLillo respecterait ça. […] White Noise. Ils pourraient réaliser un véritable coup d’art et d’essai, en insistant sur le fait que c’était un film à l’ancienne, un classique. »

Une idée, chose purement abstraite, crée de l’argent : quel langage convient à ce processus dématérialisé, à part les SMS ? Harvey ne cesse de pianoter sur son téléphone : « C’est le MOMENT IDÉAL pour faire CE FILM, écrivit-il. On a faim de sens et c’est le grand roman américain. » Plus tard, il dicte à son assistante : « Nancy stp envoie Chiffres ASAP que je les présente à don delillo 2main soir, trouve un bon resto dans le coin, réserve, peut venir avec sa femme s’il en a une ou petite amie. » Il n’y a plus de hiérarchie, que ce soit entre personnes réelles et fictives, entre célébrités et inconnus, entre texto et poésie, entre culture et marchandise ou entre minuscules et majuscules.

Dans cet univers virtuel, une activité charnelle – dîner au restaurant – est-elle possible ? Habite-t-on encore un corps ? « Qu’était donc Harvey en réalité, à part une silhouette en carton, une idée de lui-même ? » Pauvre Harvey, pourquoi diable a-t-il besoin d’un point d’ancrage, d’une figure paternelle, d’une étoile polaire ? Au milieu de sa nuit troublée, il la trouve illuminée à l’intérieur d’une voiture : « Là, la clôture. Et de l’autre côté, il y avait Don DeLillo. Il était toujours assis dans la voiture, il parlait au téléphone […] un rectangle de lumière éclairait son visage d’un bleu écœurant […] Don DeLillo saurait quoi faire. Comment réparer tout ce qui était allé de travers […] Don DeLillo ne voyait-il pas à quel point ils se ressemblaient, ne le sentait-il pas ? »

Daddy, recueil de nouvelles publié l’année dernière aux États-Unis, reprend cette quête d’un père, DeLillo cédant la place à d’autres hommes puissants, plutôt sur le modèle du producteur libidineux, le tout écrit dans un langage moins emprunté au romancier new-yorkais, où Cline lâche les accents macho de Harvey en faveur d’un ton insolent et frais, créant des échos de Kids in America de Kim Wilde, un timbre clean qui rappelle les Eagles, les Beach Boys et Bret Easton Ellis. Mais la pureté n’est qu’apparente, elle dissimule un arrière-fond menaçant et pervers : une violence paternelle incestueuse à laquelle les filles ne sont pas indifférentes. Dans « What Can You Do with a General », les rapports tendus entre John et sa famille remontent à ses anciennes crises de colère, aujourd’hui enfouies dans sa mémoire ; dans « Los Angeles », Alice, apprentie actrice, arrondit ses fins de mois en vendant ses culottes – glissées dans un sac alimentaire zippé – à des inconnus ; dans « La nounou », Kayla est planquée dans la maison d’une amie de sa mère, fuyant les paparazzi après la découverte de sa relation avec un acteur célèbre, dont elle gardait l’enfant ; dans « Marion », la narratrice, âgée de onze ans, se déshabille pour être prise en photo par son amie Marion, chacune étant jalouse de l’adolescente violée par Roman Polanski, et attirée par Jack, le copain de Bobby, père de Marion. Peut-on y déceler un clin d’œil au président assassiné et à son frère, réputés avoir couché avec la même actrice ? Marion = Marilyn ?

Daddy et Harvey, d'Emma Cline : American abject

« A/S/L », la dernière nouvelle du recueil, se déroule dans un centre de réhabilitation. Ally, vingt ans, fille d’un sénateur, doit remplir un cahier de thérapie comportementale dialectique, où elle doit citer trois actions susceptibles d’améliorer sa vie. Elle pense à un autre patient, G., délinquant sexuel notoire :

1 Acheter des baskets blanches matelassées

2 Me faire un double piercing dans les oreilles

3 Baiser avec G.

Thora, sa camarade de chambre, partage ses fantasmes : « Quand Ally dormait, Thora se frottait parfois contre la paume de sa main, en imaginant le corps massif de G. derrière elle, ce ventre impressionnant après des années de gastronomie en public, cognant contre son dos. Ça fonctionnait seulement si elle imaginait que G. était convaincu qu’il lui prenait quelque chose. »

Les deux copines avaient-elles vraiment envie de cet homme rebutant ? Chez Emma Cline, la mise en scène l’emporte sur les faits : les personnages se filment, se photographient et se confient dans leurs cahiers. À part ça, ils imaginent le récit de leurs aventures avant de les vivre. L’Amérique est-elle devenue un vaste plateau de télé-réalité ? Une mise en abyme nourrie par une scène primitive incestueuse ?

EN ATTENDAN NADEAU

mercredi 27 octobre 2021

Les Mémoires de Joséphine Baker

Les Mémoires de Joséphine BAKER illustrées par Paul COLIN

Les Mémoires de Joséphine BAKER illustrées par Paul COLIN

Par Bruno Leclercq
Les Mémoires de Joséphine Baker. Recueillis et adaptés par Marcel Sauvage, avec 30 dessins Paul Colin. Kra, 1927.
Marcel Sauvage découvre le spectacle de la Revue nègre par un article de Pierre de Régnier, dans Candide, il en donne de larges extraits, qui nous permettent de goûter un peu de la folie des fameuses Roaring Twenties, et de la stupéfaction du journaliste devant ce spectacle révolutionnaire.

dimanche 24 octobre 2021

Return to La Croisette / The best looks from this year's Cannes film festival


Marc Piasecki / FilmMagic via Getty Images
1/50
Carla Bruni
Wearing Celine at the opening ceremony


Return to La Croisette: 

the best looks from 

this year's Cannes 

film festival



The long-awaited return of the film festival circuit means that award-worthy glamour is finally back in full force. See how our favourite stars turned up the opulence for this year's glitzy event


By Chandler Tregaskes

14 July 2021

Daniele Venturelli / WireImage via Getty Images
2/50
Bella Hadid


Wearing vintage Jean Paul Gaultier at the opening ceremony



Mike Marsland / WireImage via Getty Images
3/50
Marion Cotillard
Wearing Chanel Haute Couture at the opening ceremony

vendredi 22 octobre 2021

Ce qu’il faut savoir sur Parasite, le film consacré aux Oscars

 



Ce qu’il faut savoir sur Parasite, le film consacré aux Oscars


Attention : cet article contient quelques spoilers sur le film Parasite

C'est l'un des films qui a reçu les meilleures critiques en 2019. Il a fait salle comble aux États-Unis, a battu des records au box-office. Il a remporté la Palme d'or au dernier Festival de Cannes, devenant la Palme d'or ayant engrangé le plus grand nombre d'entrées en France depuis quinze ans, j’ai nommé : Parasite du réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho. Et nommé, il l'était six fois lors de la 92e cérémonie des Oscars, marquant sa consécration définitive. Le film sud-coréen entre ainsi dans l'histoire et devient la première œuvre en langue étrangère jamais primée dans la catégorie du meilleur film, après avoir raflé la mise : meilleur scénario, meilleur film international et meilleur réalisateur. Parasite fait donc beaucoup parler de lui et a tout pour intriguer, mais... de quoi parle le film au juste ? La bande-annonce est certes intrigante et visuellement étonnante, mais on n’apprend pas grand chose sur ce que nous réserve le film. S'agit-il d'un film d'horreur ? D'une comédie ? D'un drame ? Tant de questions se soulèvent, et pour cause. Sur Wikipédia, le film du réalisateur Bong Joon-Ho (Snowpiercer, Okja) est décrit comme une « comédie noire satirique à suspense », et, oui, Parasite, c'est tout ça, et bien plus encore. On recommande d'aller le voir avec le moins d'infos possible, car ce film est plein de surprises. Alors autant se laisser porter et profiter du voyage. Mais, si vous craignez que Parasite soit trop effrayant ou trop gore, lisez la suite pour en apprendre davantage sur le film et décider si cette expérience est faite pour vous. 

Parasite, un film effrayant ?

Parasite n'est pas un film d'horreur, il n'est donc pas effrayant au sens classique du terme — pas de fantômes, d'esprits, de serial killers ou autres menaces auxquels on essaie désespérément d'échapper (du moins pas dans un sens littéral). Cela dit, les choses prennent tout de même une tournure sombre à mi-parcours. Il y aura des moments qui sauront vous tenir en haleine, et où vous vous surprendrez peut-être à ne pas vouloir laisser vos pieds traîner au sol. Vous pourriez même ressentir quelques frissons vous traverser le corps — par exemple à la réapparition de personnages qu’on souhaiterait vraiment ne pas revoir. Mais risquez-vous de dormir avec la lumière allumée pour chasser les fantômes et autres esprits ? La réponse est non. Certaines images vont-elles vous hanter ? Probablement pas. Enfin, à moins d’être sensible à notre prochain point...

Parasite, un film gore ?

La réponse est oui... mais seulement vers la fin. Vous n'avez donc pas trop de soucis à vous faire si la vue du sang vous rend malade. (A l'exception d'une scène comique où un paquet de sauce piquante est utilisé comme faux sang). Vers la fin, en revanche, on assiste à une séquence gore intense qui met en scène des armes, notamment un couteau de cuisine et une grande brochette de grill. Alors, si vous êtes du genre à préférer les films sans violence ni hémoglobine, Parasite n'est peut-être pas fait pour vous.

Quel genre est le film Parasite ?

Si vos amis ne cessent de parler de Parasite, c'est en partie parce que ce film défie en quelque sorte toute classification typique de genres. C'est un film qui fait réfléchir. Vous quitterez probablement la salle en pensant aux motivations des personnages, en vous demandant comment certaines choses auraient pu se passer et en réfléchissant simplement à ce que tout cela signifie. Cela dit, ce n'est pas un thriller psychologique, donc il ne vous tiendra probablement pas éveillé la nuit, si ça vous inquiète. (Personnellement, je ne me remettrai jamais de Shutter Island).

Ok, on vous en dit plus.

Si vous avez vraiment, vraiment besoin d'en savoir plus sur l'intrigue avant de vous aventurer en salle, lisez ce qui suit. (C'est là qu'on divul-gâche un peu le film.)

Pour faire court, Parasite parle d'une famille pauvre, qui s'infiltre au complet dans la maison d'une famille riche, chez qui elle travaille. Le fils (Choi Woo-sik) devient professeur d'anglais, la fille (Park So-dam) professeur d'art, le père (Song Kang-ho) chauffeur, et la mère (Jang Hye-jin) femme de ménage. C'est là qu'intervient le choix du nom « Parasite » : ces personnes deviennent des parasites de la maison elle-même et de la famille qui y habite. On découvre plus tard, au retour de la précédente gouvernante (Lee Jeong-eun), que son mari (Park Myeong-hoon) vit dans le sous-sol de la maison depuis des années.

On ne vous dit pas tout, bien plus va se passer à partir de là, impliquant par exemple les moments gore et plus effrayants mentionnés ci-dessus. Mais le thème dominant du film est celui des classes sociales et de la relation qui existe entre elles. Cela donne au spectateur matière à réflexion quant au titre du film.

Parasite est vraiment à la hauteur de toutes les critiques qu'il a reçues. L'histoire de Bong et Jin Won Han est donc originale, convaincante mais aussi « métaphorique », pour reprendre un mot plusieurs fois répété par l'un des personnages, comme pour faire un clin d'oeil au thème abordé. La cinématographie de Kyung-pyo Hong est époustouflante. Les acteurs sont tous merveilleux. C'est à la fois très drôle et palpitant. Si vous parvenez à supporter une scène violente et quelques passages choquants, courez vite voir (ou revoir) ce film.

REFINERY 29





mercredi 20 octobre 2021

I Care A Lot / Un casting brillant de méchants

 


I Care A Lot : un casting brillant de méchants


Comme le dit Marla Grayson dans les premiers moments du nouveau film de Netflix I Care A Lot, "Il n'existe pas de bonnes personnes". Heureusement, il y a de bon·ne·s act·eur·rice·s et le casting de I Care A Lot en est rempli.

Sans surprise, dans ce sombre thriller, la plupart d'entre elles·eux - enfin, pratiquement tou·s·tes - jouent des méchant·e·s. Sérieusement, choisissez qui est le pire : la tutrice légale nommée par le tribunal qui escroque ses pupilles âgés, le mafieux russe friand de sucreries ou le médecin qui est prête à vendre ses patient·e·s pour une grosse somme d'argent. Tout simplement condamnable, ce qui rend le casting de ce film si important. Comment ne pas avoir envie de voir votre Lannister préféré ou l'un des meilleurs Chris d'Hollywood être aussi mauvais ? Cependant, peut-être que le fait d'engager la star de Gone Girl est un signe de l'ambiance que le film veut donner.




I Care A Lot est un aperçu mordant du rêve américain, distillé dans son interprétation la plus cynique. Pourtant, le film, grâce à ses performances, semble être le juste milieu du mal. Mais attention, vous risquez de vous sentir un peu coupable. Avant d'appuyer sur play, rencontrez les personnages que vous allez absolument aimer détester - et, très probablement, détester aimer.



mardi 19 octobre 2021

Peut-on vraiment devenir riche sur OnlyFans ?


Peut-on vraiment devenir riche sur OnlyFans ?

Gwen Swinarton a publié sa première vidéo ASMR sur YouTube alors qu'elle était à l'université, comme cadeau à son partenaire de l'époque. Cinq ans plus tard, Swinarton se fait appeler Gwen ou Gwen Gwiz en ligne et compte plus de 500 000 abonné·e·s sur sa première chaîne ASMR200 000 autres sur une deuxième chaîne et près de 100 000 followers sur Instagram. Grâce à ces plateformes, Gwen a bâti un petit empire de réseaux sociaux, qui lui rapporte entre 3 000 et 10 000 dollars (2 527 et 8 424 euros) par mois. Bien que ce revenu soit suffisant pour subvenir aux besoins essentiels - loyer, nourriture, etc. -, elle a également accumulé beaucoup de dettes : 40 000 $ (33 697 €) de dettes notamment pour son prêt étudiant. Sachant qu'elle souhaitait réaliser des avancées financières significatives dans sa carrière, mais refusant également de renoncer à son autonomie professionnelle, Gwen s'est tournée vers les personnes qui l'avaient soutenue depuis le début : ses fans.



Si vous parcourez la section des commentaires sous les vidéos de Gwen sur YouTube, vous trouverez deux camps. Tout d'abord, il y a les "cheerleaders" ; principalement des femmes, qui lui disent comment Gwen les a aidées de diverses manières et l'encouragent dans sa vie. Le deuxième camp est celui des personnes qui regardent ses vidéos parce que, eh bien, Gwen est sexy. Avec ses longs cheveux blonds, son visage parfaitement symétrique et ses gros seins, Gwen est conventionnellement très séduisante et son public qui la trouve sexy n'en a jamais assez. Certaines personnes relèvent le temps dans les vidéos chaque fois que Gwen se penche ou sourit de manière sexy, et laissent des commentaires sous-entendant, de manière pas très subtile, qu'elles utilisent ses vidéos comme du porno. Ce sont également ces personnes qui ont envoyé des messages à Gwen pour lui dire qu'elles aimaient ses nudes, qui avaient été divulguées par une source inconnue en 2019 ; elles lui ont dit qu'elles paieraient pour du contenu plus sexuellement explicite. Cela a piqué l'intérêt de Gwen ; après avoir ignoré pendant des années les commentaires ouvertement sexuels, elle a finalement commencé à répondre et à chercher à savoir ce que ces personnes souhaitaient vraiment. La majorité des personnes qui la suivent s'accordent à dire que Gwen devrait créer un compte OnlyFans et publier ce qui la met à l'aise. Après avoir fait quelques semaines de recherche et tiré parti de sa brève expérience en tant qu'escorte, Gwen a sauté le pas. Elle gagne désormais plus de 70 000 dollars (58 970 euros) par mois.

Lorsque le fondateur et PDG d'OnlyFans, Tim Stokely, a créé la plateforme en 2016, il l'a fait, dit-il, afin de pousser la culture de l'influence à un niveau supérieur en mettant l'argent des consommat·eur·rice·s directement dans les poches des influenceu·r·se·s. "J'ai vu combien les marques gagnaient grâce aux influenceurs", explique Stokely. "Et je me suis dit : et si nous pouvions créer un moyen encore plus simple pour que ces créateurs soient payés ?".


La principale différence entre OnlyFans et les autres plateformes de ce type est qu'elle autorise les contenus sexuellement explicites et que son modèle de rémunération est similaire à celui des sites de camming, dans la mesure où il autorise les pourboires et les paiements à la séance en plus du prix de l'abonnement. L'intelligence du modèle réside dans sa simplicité, et il est révolutionnaire dans la façon dont il donne la priorité à la représentation des créat·eur·rice·s, en leur offrant la possibilité d'être autonomes sur leur corps, leur contenu et leurs prix. En effet, OnlyFans est l'un des rares espaces où les travailleu·r·se·s du sexe ont le pouvoir. Non seulement elles·ils peuvent gagner de l'argent en toute sécurité en postant des photos en lingerie ou en étant payés pour regarder la photo de la bite de quelqu'un, mais elles·ils peuvent aussi interagir plus intimement avec leurs fans, ce qui permet aux client·e·s qui payent d'avoir le sentiment d'en avoir vraiment pour leur argent. La société offre également des services juridiques gratuits à tous les créat·eur·rice·s, et travaille rapidement et promptement à la suppression de toute fuite de contenu (et oui, une grande partie du contenu sexuellement explicite fait l'objet de fuite sur PornHub). Bien sûr, il ne s'agit pas d'une entreprise caritative : OnlyFans prend une part de 20 % des bénéfices de ses créat·eur·rice·s et, avec 75 millions d'utilisat·eur·rice·s acti·f·ve·s, l'entreprise réalise des bénéfices depuis sa création. Mais il s'agit manifestement d'un système qui fonctionne également pour un grand nombre de ses créat·eur·rice·s : un porte-parole d'OnlyFans a indiqué que plus de 100 créat·eur·rice·s ont gagné au moins un million de dollars sur la plateforme.

Stokely n'avait pas nécessairement l'intention qu'OnlyFans soit principalement une plateforme pour du contenu sexuellement explicite, mais il ne prévoit pas de censurer le site un jour. "Depuis le début, OnlyFans a toujours été un endroit pour tous les créateurs, et c'est quelque chose dont je suis vraiment fier", dit-il. "Initialement, le domaine de croissance le plus rapide était le contenu pour adultes, simplement parce que cette industrie a tendance à être en avance sur la courbe en matière de technologie". Le site compte des créat·eur·rice·s de tous les genres, des athlètes aux musiciens - y compris le compte préféré de Stokely, Cardi B.

Lorsque Gwen a ouvert son compte OnlyFans en juillet 2020, elle espérait gagner un peu d'argent supplémentaire. Et c'est ce qu'elle a fait - bien que ce soit en fait beaucoup d'argent supplémentaire. Plusieurs mois plus tard, Gwen a des milliers d'abonné·e·s sur OnlyFans et gagne entre sept et dix fois ce qu'elle gagnait sur YouTube et Instagram. Dès le premier mois, Gwen a remboursé sa dette financière et acheté une voiture. Aujourd'hui, elle économise massivement pour pouvoir prendre sa retraite. Ce que Gwen poste varie, mais elle promet deux vidéos par semaine et publie des photos quotidiennement pour ses abonné·e·s. Son contenu va de la masturbation au yoga nu en passant par le sexe avec des hommes et les fans n'en ont jamais assez. Et, honnêtement, Gwen non plus, "C'est assez ridicule de voir combien d'argent on peut gagner", me dit-elle par e-mail. "Je ne m'y fais toujours pas". Lorsque Gwen a accepté de me parler pour cet article, sa seule réserve était qu'elle se sentait trop mal à l'aise pour parler au téléphone, nous avons donc correspondu par e-mail. Elle a mentionné son anxiété sociale sur YouTube à plusieurs reprises et elle se sent chanceuse qu'une plateforme comme OnlyFans existe. Elle écrit : "J'adore pouvoir travailler à la maison, être ma propre boss, être créative avec les scénarios/costumes/cinématographie/technologie, et avoir autant de sexe ! Je ne peux pas vraiment penser à un meilleur travail à ce stade de ma vie, je me sens si chanceuse".


Bien sûr, la situation de Gwen reste rare sur OnlyFans. De nombreu·ses·x créat·eur·rice·s gagnent une somme d'argent décente, mais il y a plus d'un million de créat·eur·rice·s de contenu acti·f·ve·s sur la plateforme et ils ne sont pas tou·tes·s soudainement capables de rembourser 40 000 dollars (33 697 euros) de dettes. 
Prenons l'exemple de Dr. P, une psychologue sociale de 29 ans, titulaire d'un doctorat, qui a lancé un compte OnlyFans au début de la pandémie après avoir été licenciée de son emploi de professeure auxiliaire. Ses recherches portent sur les politiques en matière de santé sexuelle et incluent le travail avec des travailleu·r·se·s du sexe. Aussi, lorsque son partenaire l'a encouragée à créer un compte OnlyFans pour compenser la perte de revenus, cela lui a semblé être la prochaine étape logique. Aujourd'hui, elle gagne entre 1 000 et 1 700 dollars (842 et 1 432 euros) par mois en vendant des photos, des vidéos et du contenu fétichiste. Dr. P ne fait pas beaucoup de publicité et est sélective vis-à-vis de ses fans, fixant le prix de son abonnement à 15 $/mois (13 €/mois) et exigeant un supplément pour toute nudité complète, toute vidéo sexuelle ou toute demande spéciale. Elle affirme qu'elle préfère avoir un petit nombre de fans dévoué·e·s qui reviennent mois après mois plutôt qu'un flot de fans qui viennent et repartent. De même, Dr. Nichole, qui se fait appeler The Polecologist sur les réseaux sociaux, possède un compte OnlyFans sur invitation seulement, avec une petite base de fans dévoué·e·s et un paiement à la séance plus coûteux.

D'autres créat·eur·rice·s, comme 305 Bruja, cosplayeu·r·se, mannequin et activiste fem non-binaire, sont encore en train de développer leur audience et n'ont pas encore atteint un revenu mensuel à quatre chiffres. "Je pense que souvent, si vous ne gagnez pas beaucoup d'argent, les gens se demandent pourquoi vous faites ça", dit-iel. "Non, je ne fais pas partie de ces gens qui gagnent 17 000 dollars par mois, mais je travaille pour y arriver. Beaucoup de mes amis, également dans ce business, travaillent dans cet objectif. Je pense qu'il est important de soutenir également les petits créateurs. Si j'ai de la chance, je gagne entre 100 et 300 dollars par mois, principalement grâce au contenu du paiement à la séance". Pour 305 Bruja, il ne s'agit pas seulement de gagner de l'argent. "Cela m'a fait réévaluer ce que je veux dans un job", dit-iel. "Je ne peux pas vous dire à quel point j'ai donné en cherchant à obtenir plus dans mes anciens jobs et en étant constamment négligé·e, sous-payé·e et sous-estimé·e. J'adore ce que je fais, et je suis heureu·se·x d'avoir fait le changement".

Puis il y a celles et ceux qui utilisent la plateforme de plus d'une façon. La créatrice Makayla Samountry a stratégiquement utilisé OnlyFans comme point de départ pour créer plusieurs sources de revenus, notamment par le biais d'autres plateformes de réseaux sociaux, et gagne aujourd'hui plus de 30 000 dollars (25 273 euros) par mois. Elle le fait en créant du contenu sur YouTube qui aide les gens à démarrer sur OnlyFans, et elle est devenue célèbre pour sa transparence financière. Son contenu OnlyFans sur YouTube est ce qui a attiré les gens sur sa chaîne, et désormais elle utilise sa chaîne pour faire de la publicité pour sa page et générer des revenus supplémentaires. Elle tire un tiers de ses revenus des frais d'abonnement à OnlyFans et du paiement à la séance (entre 10 000 et 14 000 dollars - 8 417 et 11 784 euros - par mois), et les deux autres tiers en aidant d'autres femmes à ouvrir leur compte OnlyFans - ce qui lui rapporte environ 22 000 dollars (18 517 euros) par mois grâce aux frais de contenu et aux parrainage. (OnlyFans dispose d'un programme de parrainage qui permet aux créat·eur·rice·s de faire venir de nouveaux créat·eur·rice·s et de percevoir ensuite 5 % de leur revenu mensuel pendant un an, prélevés sur les frais d'OnlyFans plutôt que de la poche du créat·eur·rice).
Ce qui ressort clairement de la diversité des moyens utilisés par des personnes comme Samountry pour capitaliser sur OnlyFans, c'est que si, à la base, la plateforme peut être considérée comme une extension des réseaux sociaux ou comme un type de travail sexuel où l'accent est mis sur le "sexe" plutôt que sur le "travail", pour ses créat·eur·rice·s, c'est le "travail" qui est la priorité. En fin de compte, OnlyFans est d'abord un business - et bien qu'il puisse avoir un point d'entrée accessible pour les créat·eur·rice·s, gagner beaucoup d'argent est bien plus difficile. Jade*, une femme racisée queer vivant à New York, publie du contenu BDSM sur OnlyFans en tant qu'activité secondaire et gagne entre 500 et 1 000 dollars par mois (421 et 842 euros). Graphiste de jour, Jade travaille dans l'industrie du sexe depuis cinq ans (en tant qu'escorte et cam girl) et affirme que gagner de l'argent sur OnlyFans n'est pas facile. "C'est du travail", me dit-elle. "Ce n'est pas un passe-temps. Je prends cela très au sérieux. Ce n'est pas de l'argent facile, surtout en tant que personne qui n'a pas déjà un nombre important de followers sur les réseaux sociaux".
Lorsque Stokely a créé OnlyFans, il voulait donner aux influenceu·r·se·s et aux créat·eur·rice·s un espace pour faire payer leur contenu. À cet égard, OnlyFans est un énorme succès, d'autant plus que c'est devenu une plateforme permettant aux gens non seulement de démarrer, mais aussi de construire et d'élargir leur carrière. Des coulisses des derniers clips de Cardi B aux collectes de fonds pour les incendies de forêt en Australie, en passant par des danseu·r·se·s professionnel·le·s de pole dance, OnlyFans a explosé en 2020, créant un tout nouveau paysage pour le potentiel de rémunération en ligne. Et particulièrement important en cette année où tant de personnes ont dû trouver de nouvelles sources de revenus après avoir été au chômage ou sous-employées. Mais OnlyFans a également réussi quelque chose que d'autres sociétés ont essayé de faire pendant des années : la plateforme a normalisé et réglementé la consommation de porno éthique payant. Elle a révolutionné l'industrie du porno en mettant enfin le pouvoir (et l'argent) entre les mains des créat·eur·rice·s et des artistes. Bien que ce ne soit pas nécessairement son intention, OnlyFans a transformé le travail du sexe facilement consommable en quelque chose qui est à la fois mieux réglementé sur le plan éthique et plus sûr pour les travailleu·r·se·s du sexe eux-mêmes. Et, cela a rendu certains travailleu·r·se·s du sexe très, très riches.
Bien que Gwen sache qu'elle est une exception, elle ne peut s'empêcher de se réjouir de son nouveau succès. "Il semble qu'OnlyFans soit la réponse que je cherchais pour que tous mes rêves deviennent réalité", dit-elle. "Grâce à ce nouveau revenu, je peux me concentrer sur le travail qui me passionne vraiment. Plus besoin de m'inquiéter et de stresser pour l'argent. Plus besoin de faire un contrat avec une marque dont je ne suis pas fan, juste pour payer les factures". Après être passée de cinq chiffres de dettes à six chiffres d'économies en quelques mois, OnlyFans a ouvert des portes que Gwen ne savait pas possibles : "J'ai juste supposé que je ne réussirais jamais comme ça, mais aujourd'hui je suis sur la bonne voie pour arriver à une situation financière où je suis tout simplement tranquille quoi qu'il arrive". Gwen prévoit de rester sur OnlyFans aussi longtemps qu'elle se sentira à l'aise en exerçant la quantité d'énergie émotionnelle nécessaire pour maintenir son activité. Quand elle en aura fini avec OnlyFans, elle prévoit de "passer sa vie à se concentrer sur des projets et des objectifs qui rendent le monde meilleur". Si tout se passe comme prévu, elle sera prête à prendre sa retraite pour améliorer le monde à l'âge avancé de 28 ans, soit dans trois ans.
*Certains noms ont été modifiés
Les interviews ont été éditées pour des raisons de longueur et de clarté.

REFINERY 29