vendredi 16 mars 2018

Stephen Hawking / Le savant qui défiait les étoiles






Stephen Hawking, le savant qui défiait les étoiles


Par Tristan Vey
Mis à jour le 14/03/2018 à 18:46
Publié le 14/03/2018 à 06:18


Stephen Hawking en 10 citations inspirantes
Le célèbre astrophysicien britannique avait déclaré un jour : «Cet Univers ne serait pas grand-chose s'il n'abritait pas les gens qu'on aime». Voici 10 autres de ses citations les plus inspirantes.

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PORTRAIT - Cloué dans un fauteuil et s'exprimant via un ordinateur, Stephen Hawking est décédé mercredi à 76 ans, après avoir consacré sa vie à percer les secrets de l'univers et à populariser l'astrophysique.
Sa silhouette désarticulée, recroquevillée dans un lourd fauteuil électrique, était connue dans le monde entier. Incapable de marcher ni de parler depuis des dizaines d'années, le physicien anglais Stephen Hawking est mort ce mercredi à l'âge de 76 ans. «Nous sommes profondément attristés par la mort aujourd'hui de notre père adoré», ont déclaré ses enfants Lucy, Robert et Tim dans ce texte publié par l'agence britannique Press Association. «C'était un grand scientifique et un homme extraordinaire dont l'œuvre et l'héritage vivront encore de nombreuses années», ont-ils écrit.
L'affection dégénérative paralysante diagnostiquée il y a plus de 50 ans (une sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée maladie de Charcot en France et maladie de Lou Gehrig aux États-Unis) aura finalement eu raison de lui. Reconnu par ses pairs pour des travaux de jeunesse remarquables sur les trous noirs, le cosmologiste était devenu une icône. Son corps brisé a nourri auprès du grand public le fantasme d'une science pure, immatérielle, désincarnée. L'histoire de sa vie, le drame de sa maladie, ont forgé une légende.
Né le 8 juillet à Oxford en 1942, soit trois siècles jour pour jour après la mort de Galilée (il décède aussi le même jour que la naissance d'Einstein), Stephen Hawking n'est pas un génie précoce. Ses résultats à l'école sont corrects, sans plus. Sa mère admet même volontiers que son garçon est «paresseux». C'est «un autodidacte», «un papier buvard qui absorbe tout», se rappelle-t-elle dans une biographie publiée dans les années 90. La famille est cultivée, un peu excentrique. Chacun peut apporter son livre à table et lire en mangeant.

Un garçon «paresseux»

En 1959, son père, chef du service de parasitologie à l'Institut national de recherche médicale, à Londres, part en Inde avec sa femme et ses trois plus jeunes enfants pour une mission de plusieurs mois. Stephen, l'aîné, 17 ans, reste en Angleterre. Hébergé par la famille d'un ami, il parvient, après quelques mois d'études solitaires, à décrocher une bourse de physique à l'University College, le plus ancien collège de l'université d'Oxford.

Ses camarades remarquent très vite les aptitudes de cet original aux lunettes épaisses et au large sourire qui préfère traquer les erreurs dans les manuels plutôt que d'en résoudre les problèmes.

Au sein de la vénérable institution, la future star mondiale de la physique s'ennuie ferme. Selon ses professeurs, Hawking travaille très peu. Lui-même reconnaît à plusieurs reprises n'avoir pas consacré plus d'une heure par jour à étudier. Ses camarades remarquent néanmoins très vite les aptitudes de cet original aux lunettes épaisses et au large sourire qui préfère traquer les erreurs dans les manuels plutôt que d'en résoudre les problèmes.
En deuxième année, le jeune homme, plutôt chétif, pour ne pas dire malingre, intègre le prestigieux club d'aviron en tant que barreur. D'un naturel aventureux, plein de confiance en lui, il casse autant de bateaux qu'il gagne de courses. Ces innombrables après-midi passées sur les rivières sont à deux doigts de lui coûter la mention «très bien» à son examen final. Il la décroche de justesse et au culot en «menaçant» les examinateurs de rester à Oxford s'ils ne la lui donnent pas. Ce précieux sésame lui est indispensable pour postuler à un doctorat à Cambridge. À rebours de son époque, Hawking choisit la cosmologie, l'étude des origines de l'univers, plutôt que la physique quantique, un domaine pourtant en pleine effervescence.
C'est à cette période que la maladie fait son apparition. Le jeune homme est de plus en plus maladroit. Il tombe parfois sans raison. Le diagnostic des médecins est terrible: Hawking est atteint d'une sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot). Rare et incurable. Pour une raison inconnue (encore aujourd'hui), la maladie attaque les motoneurones du cortex cérébral. Le jeune homme comprend qu'il ne pourra bientôt plus marcher, parler, manger, voire respirer, sans assistance. La dégénérescence peut se faire en quelques années. Il pourrait mourir en moins de trois ans. Le temps est compté.
Accablé par un sentiment d'injustice, l'étudiant de 21 ans retrouve rapidement dans son amour naissant pour une jeune étudiante en langues, Jane Wilde, l'énergie pour se battre. Pour fonder (rapidement) une famille, Hawking a besoin d'argent, donc de travail. La priorité absolue est de boucler au plus vite son doctorat. Pour la première fois de sa vie, il se jette à corps perdu dans le travail. C'est un tournant décisif: il se surprend à adorer ça.

Le succès de sa Brève histoire du temps


Le succès de sa «Brève histoire du temps», est immense : le livre s'écoule à plus de neuf millions d'exemplaires dans le monde. C'est d'autant plus surprenant que l'ouvrage est assez confus et mal écrit.

Ses aptitudes remarquables en mathématiques l'amènent à formuler des interprétations physiques originales. Les théories d'Einstein prévoient que l'effondrement de certaines étoiles conduit à la formation d'objets si denses que même les photons, les particules les plus rapides de l'univers, ne peuvent échapper à leur attraction gravitationnelle. Hawking montre que ces «trous noirs» abritent des «singularités», des points de l'espace-temps où la densité devient infinie.
Il publiera de nombreux articles sur d'autres «singularités» qui émanent naturellement des théories d'Einstein. Le jeune chercheur fait par exemple le lien avec la théorie du Big-Bang, formulée dans les années 40, qui peine encore à faire consensus. Il montre qu'il s'agit mathématiquement d'un «trou noir inversé»: un point de densité infinie qui s'est dilaté. Et que les trous noirs sont au contraire le terminus d'un univers régi par la gravitation: un état stable définitif.
Le plus beau résultat de Stephen Hawking date de 1974. Le chercheur est le premier à réussir à associer les constantes fondamentales de la relativité générale avec celles de la mécanique quantique, deux théories a priori incompatibles, dans une même équation. Elle décrit la manière dont les trous noirs devraient «s'évaporer» en émettant un léger rayonnement. Cette radiation Hawking, bien trop faible, n'a jamais pu être observée de son vivant, le privant du prix Nobel qu'il aurait mérité. À 35 ans, en 1979, il se voit proposer la prestigieuse chaire lucasienne de professeur de mathématiques de Cambridge, jadis occupée par Sir Isaac Newton. Personne ne s'imagine alors que le jeune homme occupera le poste pendant 30 ans!

Stephen Hawking à Chicago, en 1986.
À cette époque, Stephen Hawking n'est pas encore une célébrité. C'est un ouvrage de vulgarisation publié en 1988 qui va le propulser sur le devant de la scène. Le succès de sa Brève histoire du temps, est immense: le livre s'écoule à plus de neuf millions d'exemplaires dans le monde. C'est d'autant plus surprenant que l'ouvrage est assez confus et mal écrit. Le coup de génie de l'éditeur: avoir fait du portrait de l'auteur dans son fauteuil électrique la couverture du livre. Le «story telling» est parfait. Le scientifique est prisonnier d'un corps cassé mais réussit par la seule force de son esprit à naviguer avec aisance dans les théories physiques les plus abstraites tout en livrant un combat acharné contre la maladie qui le ronge et aurait dû l'emporter depuis des années.
En a résulté un grand malentendu. Stephen Hawking est devenu l'incarnation du «scientifique parfait», comme l'a écrit la sociologue Hélène Mialet. L'image de son corps désarticulé a en quelque sorte validé le mythe populaire d'une science qui ne serait qu'un pur produit de l'esprit, détaché des contingences matérielles. Cette vision masque pourtant une réalité bien différente, analyse la sociologue française: Hawking était au contraire au cœur d'un système complexe, éminemment matériel, qui lui permettait d'exister et de produire de la science. Des étudiants brillants l'assistaient (comme tous les chercheurs de son niveau) dans sa production scientifique. Des infirmières s'occupaient de lui en permanence. Il ne pouvait exister qu'au sein de cet étroit réseau, invisible depuis l'extérieur.

Personnage de la pop culture


L'apparition de Stephen Hawking dans «Les Simpson».
Hawking avait conscience du mythe qui l'entourait et surveillait attentivement sa communication. Il a toujours refusé de changer sa voix synthétique à l'accent américain avec laquelle il avait commencé à «s'exprimer» dans les années 80 (il est même présent sur le dernier album des Pink Floyd comme choriste!). Son statut d'icône lui a ouvert toutes les portes. Les papes comme les présidents américains l'ont naturellement reçu. Il est devenu un personnage de la pop culture à part entière, s'invitant dans les shows télévisés américains ou dans des séries comme «Les Simpson» ou «Star Trek». Au cinéma, un biopic lui a même été consacré.
Jamais un scientifique n'a connu une telle notoriété. Jamais un scientifique n'a bénéficié d'une telle caisse de résonance médiatique. Ses propos sur l'inexistence de Dieu, les extraterrestres ou l'euthanasie ont systématiquement été écoutés et relayés, quel qu'en soit l'intérêt ou la pertinence. S'il a su profiter à plein de ce grand jeu pour «remplir» sa vie, l'homme n'a jamais semblé dupe. Dans son autobiographie publiée en 2013, il écrivait ainsi: «J'espère qu'on se rappellera d'abord de moi comme père et grand-père.» Une épitaphe qui résonne comme un cri du cœur.

Stephen Hawkin effectue un vol en apesanteur en 2007.


À VOIR: En 2015, Stephen Hawking faisait une théorie de physique sur les One Direction.



Stephen Hawking fait une théorie de physique sur les One Direction
Lors d'une conférence à Sydney, une adolescente a demandé au physicien Stephen Hawking son avis sur les conséquences cosmiques du départ du chanteur Zayn Malik du groupe One Direction.

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jeudi 15 mars 2018

Les deux épouses de Stephen Hawking



Stephan Hawking et sa première épouse, Jane Wilde, 
pour la sortie d'Une Brève Histoire du temps, en 1988.


Les deux épouses de Stephen Hawking

Par Marion Galy-Ramounot | Le 14 mars 2018

Celui que l'on surnommait «l'autre Einstein» est mort ce mercredi à 76 ans. Atteint d'une maladie incurable, il a révolutionné la cosmologie, s'est marié deux fois et a eu trois enfants.

Jane Hawking / 'Living with Stephen made me suicidal but I still love him'
Ceux qui ont vu le film de James Marsh, Une Merveilleuse Histoire du temps, savent déjà. Frappé à 22 ans d'une maladie neurodégénérative incurable, dite de Charcot, cloué très tôt à son fauteuil électrique, privé petit à petit de la parole, Stephen Hawking a eu deux femmes dans sa vie - publiquement, en tout cas.
Il vient d'intégrer la prestigieuse université de Cambridge, option cosmologie, quand il rencontre Jane Wilde, étudiante en poésie espagnole médiévale, lors d'une fête dans le campus en 1962. C'est un mois seulement avant que Stephen ne soit diagnostiqué de sclérose latérale amyotrophique. On lui donne deux ans à vivre. Contre toute attente, Jane reste. «J'étais jeune, pleine d'énergie et d'optimisme, se souvient-elle dans le Telegraph en 2015. Je voulais faire de mon mieux pour lui, et j'ai pensé que je pouvais facilement consacrer deux ans de a vie à quelqu'un que j'aimais - et qui avait tant de potentiel.»

Jane Wilde, la mère courage

Ils se fiancent en 1964, se marient un an plus tard et emménagent à St Albans, dans le nord de Londres. Trois enfants suivront, Robert en 1967, Lucy en 1970 et Timothy en 1979, au rythme de la lente dégénérescence de Stephen. Jane Hawkins est femme au foyer jour et nuit, mère et infirmière à plein temps. Elle admet plus tard avoir plusieurs fois envisager le suicide. «La vie était parfois si épouvantable, si éreintante physiquement et mentalement, que j'ai souvent pensé à me jeter dans la rivière - ce que je me suis empêchée de faire, pour les enfants», continue-t-elle au Telegraph. Le triomphe du physicien, après la publication de sa Brève histoire du temps en 1988, empire les choses, «ramenant trop de nouvelles personnes dans notre cercle et rendant notre quotidien intolérable». Stephen Hawking a déjà vécu vingt-cinq ans de plus que prévu. Il se renferme sur «les trous noirs» (son objet d'étude par excellence), et Jane se sent de moins en moins admise dans son monde. Ils se séparent en 1990, pour divorcer cinq ans plus tard.

Stephen Hawking se marie avec Elaine Mason, son infirmière, le 16 septembre 1995 à Londres.

Elaine Mason, l'infirmière désapprouvée

En 1995, Stephen Hawking épouse Elaine Mason, l'une de ses infirmières, dont l'ex-mari a concu l'ordinateur parlant utilisé par le scientifique pour communiquer. Dans le film de James Marsh, la «nurse» entre dans sa vie au moment où il est encore marié à Jane - «des bêtises», insistent les proches de la famille. Ce second mariage donne lieu à des gros titres embarrassants. Certains dépeignent une belle-mère restreignant l'accès de Stephen Hawking à ses trois enfants. Pour la plupart, ils accusent Elaine Mason d'abus physiques et psychologiques sur son mari paralysé, à partir de 2003. Accusations que niera à jamais la supposée victime. Ses mystérieuses - graves - blessures, une jambe cassée, puis un fémur, ils les justifiera avec humour par des accidents (un choc contre un mur, «c'est le mur qui a gagné»), rapporte Vanity Fair. Sa fille Lucy elle-même se plaint de maltraitance sur son père, mais la loi veut que ce soit la victime qui accuse. «Il m'a demandé de ne plus interférer dans sa vie avec Elaine, raconte-t-elle dans le magazine américain. Mais il n'a jamais démenti les abus». Après onze ans de mariage, en 2006, Elaine Mason demande soudainement le divorce. Les rumeurs parlent d'histoires d'infidélité. De la part de Stephen Hawking.


mardi 13 mars 2018

Création d'un prix littéraire Jean d'Ormesson



Création d'un prix littéraire Jean d'Ormesson


Par Le Figaro.fr avec AFP
Mis à jour le 06/03/2018 à 13:01
Publié le 06/03/2018 à 12:55


"C'est avec joie et fierté que je vous annonce la création du prix Jean d'Ormesson, qui sera décerné le 6 juin prochain au Centre national du livre (pour s'approcher de la date anniversaire de la naissance de mon père le 16 juin 1925)", a annoncé aujourd'hui l'éditrice et fille de Jean d'Ormesson, Héloïse d'Ormesson, dans un communiqué. 



Le jury de ce nouveau prix littéraire, "placé sous le signe de l'amitié et de l'amour des livres", sera présidé par Françoise d'Ormesson, épouse du romancier disparu, et composé de onze autres personnes dont cinq académiciens (Dominique Bona, Marc Fumaroli, Dany Laferrière, Erik Orsenna et Jean-Marie Rouart). Ce sera un prix "qui lui ressemble", a expliqué Héloïse d'Ormesson, "un prix qui célèbre les livres, la grande affaire de sa vie".
"Ni l'époque, ni la langue, ni le genre n'entraveront le choix des douze jurés. Seuls leurs goûts, leur complicité et une certaine forme d'affinité élective guideront leur sélection", a-t-elle ajouté. Jean d'Ormesson, disparu le 5 décembre à l'âge de 92 ans, comptait parmi les écrivains français les plus populaires. Son livre posthume, "Et moi, je vis toujours" (Gallimard), occupe la 4e place des meilleures ventes de romans, sept semaines après sa sortie.




lundi 12 mars 2018

Peter Lindbergh / En souvenir des glorieuses années de ces mannequins iconiques






Peter Lindbergh Gathers 90’s Famous Models for a Revival Shooting

En souvenir des glorieuses années de ces mannequins iconiques.



Le photographe allemand Peter Lindbergh a voulu réunir de célèbres mannequins, qu’il a capturées dans les années 90 et devenues « plus célèbres que les vêtements qu’elles portent », dans le cadre d’un shooting-photo en souvenir de leur beauté iconique, leurs obstacles, leur expérience et leur maturité. En voix-off, nous entendons la voix de Cindy Crawford, une des mannequins faisant parties de ce projet aux côtés de Eva Herzigova, Karen Alexander, Nadja Auermann et Tatjana Patitz.



dimanche 11 mars 2018

Peter Lindbergh / Kate Moss / Unphotoshoped Portraits




Peter Lindbergh

Kate Moss Unphotoshoped Portraits 


 Pour le magazine de mode Vogue Italia de janvier 2015, le célèbre photographe Peter Lindbergh a été appelé pour réaliser un éditorial en noir et blanc consacré à la mannequin Kate Moss. Le seul mot d’ordre était « naturel » : le magazine a insisté pour que Kate Moss ne soit pas trop maquillée ni retouchée par le photographe. Un pari largement tenu puisque Lindbergh a l’habitude de capturer les femmes sans artifices.



















samedi 10 mars 2018

Clint Eastwood aime les héros / Le 15H17 Pour Paris



VOICI LA 1ÈRE BANDE ANNONCE DU PROCHAIN CLINT EASTWOOD : « LE 15H17 POUR PARIS ». EN SALLES LE 7/02/2018

A la une / Art / 14 décembre 2017
Le prochain film de Clint Eastwood : « Le 15H17 pour Paris » sortira au cinéma le 7 février 2018. Il relate le parcours et l’intervention de trois soldats américains, qui ont déjoué un attentat dans le Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août 2015.

Clint Eastwood aime les héros
On connaît l’attrait de Clint Eastwood pour les héros, source d’inspiration intarissable pour le réalisateur américain, avec entre autres des films tels que American Sniper sorti en 2014 ou Sully en 2016.
Son prochain long métrage ne met pas en avant un mais trois héros. Trois soldats américains qui ont déjoué un attentat dans le Thalys qui reliait Amsterdam à Paris, le 21 août 2015. Un train dont le départ était donné à 15H17.

Attentat déjoué du 21 août 2015
Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu’un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois américains qui voyageaient en Europe. Le film s’attache à leur parcours et revient sur la série d’événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d’une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers …

Les vrais protagonistes comme acteurs
Une première bande-annonce vient d’être dévoilée par la Warner Bros. L’originalité du film réside dans le fait qu’Eastwood a voulu tourner avec les vrais protagonistes, c’est à dire avec les trois soldats américains : Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone. Le Président Hollande les avait tous les trois décorés de la Légion d’honneur, afin de les remercier pour leur acte de bravoure.
Le film sortira dans les salles françaises le 7 février 2018 soit 2 jours avant la sortie américaine, programmée au 9 février. Voici la première bande-annonce.
Le 15H17 pour Paris – un film de Clint Eastwood – genre : drame-thriller – sortie : le 7 février 2018 – avec : Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone.

MONSIEUR VINTAGE




vendredi 9 mars 2018

« Le 15h17 pour Paris » / Clint Eastwood, le terrorisme et nous


« Le 15h17 pour Paris »: Clint Eastwood, le terrorisme et nous

L'accueil reçu par le film montre le déni et l'amnésie d'une certaine presse française

Par Ana Pouvreau
18 février 2018


Le 15h17 pour Paris, le nouveau film de Clint Eastwood sur l’attentat déjoué du Thalys interroge notre capacité à affronter la menace terroriste.


Ovni cinématographique, Le 15h17 pour Paris est à la fois un biopic hors norme et la reconstitution fidèle de la scène d’un meurtre de masse déjoué. Que le film biographique à l’intérieur de l’œuvre, oscillant entre réalisme et pathos, soit jugé bon ou mauvais par les critiques de cinéma français, cela importe finalement très peu tant la démarche du réalisateur est extraordinaire. A 87 ans, Clint Eastwood, ce monument du cinéma américain, à la fois acteur, réalisateur et producteur, dont le parcours est jalonné de quatre Oscars (pour Million Dollar Baby et Impi­toyable), cinq Golden Globes, trois Césars et de la Palme d’honneur à Cannes en 2009 récompensant sa carrière exceptionnelle, berce nos vies de cinéphiles depuis près de soixante ans avec ses quelque soixante-dix films, dont d’innombrables chefs-d’œuvre. En glorifiant le mythe de l’Ouest américain et en forgeant l’image de ses héros (et de ses anti-héros) sur le modèle des pionniers, il est parvenu à façonner à sa manière la matrice de l’homme occidental.
Il réussit là un énième tour de force – et peut-être son dernier film, son ultime legs – en parvenant à mettre en scène six des principaux protagonistes de l’attentat du 21 août 2015 perpétré par le terroriste marocain Ayoub El-Khazzani dans le Thalys Amsterdam-Paris Nord. Les deux militaires américains Spencer Stone (US Air Force) et Alek Skarlatos (membre d’une unité de la Garde nationale américaine), et leur ami Anthony Sadler, qui ont tous trois neutralisé l’assaillant au péril de leurs vies sans toutefois le tuer; l’universitaire américain Mark Moogalian, qui, de sang-froid, s’est jeté sur El-Khazzani et lui a arraché sa kalachnikov avant d’être blessé par balles et son épouse française Isabelle Risacher; et enfin le passager britannique Chris Norman, qui aida à maîtriser le terroriste, jouent tous leur propre rôle et leur prestation est objectivement plus qu’honorable pour des néophytes. La reconstitution de la cérémonie de remise des Légions d’honneur par François Hollande à l’Elysée, sur laquelle viennent se juxtaposer les images d’origine prises le 24 août 2015, est plutôt audacieuse.

Un djihadiste fiché dans trois pays

Pour mémoire, El-Khazzani, piloté par Abdelhamid Abaaoud, terroriste belgo-marocain et « cerveau » présumé des attentats de Paris en 2015, était fiché dans trois pays – dont la France – comme islamiste radical et faisait l’objet d’une fiche S. Il était entré en Europe illégalement avec Abaaoud en se dissimulant dans un groupe de migrants. Equipé de près de 300 munitions, d’une kalachnikov, d’un pistolet automatique Luger (avec lequel il tira à bout portant sur Moogalian), d’un cutter (qui lui permit de taillader le cou de Stone) et d’un demi-litre d’essence, il aurait – comme le mentionna François Hollande dans son allocution – pu commettre un carnage dans le train qui transportait ce jour-là 544 passagers dont plusieurs enfants.

L’avocate voulait censurer le film

Incarcéré à la prison de Bois-d’Arcy, El-Khazzani, 28 ans, est toujours détenu en isolement dans le quartier réservé aux individus les plus dangereux. Lors des auditions, il a maintenu dans un premier temps la version selon laquelle il était un SDF ayant trouvé un sac contenant de l’armement dans un parc bruxellois, ce qui l’aurait incité à venir détrousser des passagers du Thalys ! Il passa ensuite aux aveux mais soutint cette fois-ci qu’il n’avait eu l’intention de prendre pour cibles qu’une poignée de militaires américains à bord du train. Son avocate Sarah Mauger Poliak  envisageait récemment de faire suspendre Le 15h17 pour Paris jusqu’à la fin du procès et d’attaquer en justice la Warner Bros, au motif que le film porterait atteinte à la présomption d’innocence de son client. A noter que maître Mauger Poliak s’est illustrée, dans l’affaire des policiers gravement brûlés lors de l’attaque de leurs véhicules aux cocktails Molotov à Viry-Châtillon dans l’Essonne, le 8 octobre 2016, en assurant la défense de deux mineurs de 15 et 17 ans, soupçonnés d’avoir confectionné les engins incendiaires.

Amnésie et déni de réalité

Dans ce contexte, par contraste avec l’affligeante comédie d’Olivier Baroux Les Tuche 3 qui fait actuellement l’objet d’une promotion tous azimuts et devrait prochainement totaliser 5 ou même 6 millions d’entrées selon les experts (!), l’indifférence voire le dédainaffiché pour le film de Clint Eastwood interroge sur la capacité de notre société à tirer les leçons des événements tragiques qu’elle traverse malgré elle. L’amnésie et le déni de réalité la guettent pour sûr, jusqu’à sa disparition certaine, si elle ne fait pas l’effort de revenir à la raison. « Une nation ou une civilisation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle » déclarait Martin Luther King. Il ne croyait pas si bien dire.