samedi 14 juin 2014

Bukowski / L'amour est un chien de l'enfer

Charles Bukowski
Charles Bukowski
L'amour est un chien de l'enfer

ne déshabillez pas mon amour
vous risqueriez de trouver un mannequin ;
ne déshabillez pas le mannequin
vous risqueriez de trouver
mon amour

elle m'a oublié
depuis belle lurette.

elle est en train d'essayer un nouveau
chapeau
et paraît plus
coquette
que jamais.

c'est une
enfant
et un mannequin
et
la mort.

je ne peux pas haïr
une telle chose.

elle n'a rien
fait
d'inhabituel.

or je voulais
qu'elle le fasse.




Charles Bukowski
L'amour est un chien de l'enfer, tome 1


RIMBAUD







mardi 10 juin 2014

Charles Bukowski / Seul avec tout le monde


Charles Bukowski
SEUL AVEC TOUT LE MONDE

la chair recouvre les os
et ils y mettent un cerveau et
parfois une âme,
et les femmes jettent
les vases contre les murs
et les hommes boivent beaucoup
trop
et personne ne trouve
son pendant
mais tous gardent 
un espoir
rampant d'un lit
à l'autre.
la chair recouvre
les os et la
chair cherche
plus cher
que la chair.

il n'y a aucun
salut :
nous sommes tous
soumis
à un destin singulier.

personne ne trouve
son pendant.

la ville se remplit d'ordures
les dépotoirs se remplissent
les asiles se remplissent
les hôpitaux se remplissent
les cimetières se remplissent
ce sont bien les seules choses
qui se remplissent.



RIMBAUD




lundi 9 juin 2014

Bukowski / Quand je pense a ma propre mort


Charles Bukowski
QUAND JE PENSE A MA PROPRE MORT 

je pense à des voitures garées dans 
un parking

quand je pense à ma propre mort
je pense à des poêles à frire

quand je pense à ma propre mort
je pense à quelqu'un te faisant l'amour
en mon absence

quand je pense à ma propre mort
j'ai de la peine à respirer

quand je pense à ma propre mort
je pense à tous les autres qui attendent la leur

quand je pense à ma propre mort
je pense que je ne pourrai plus
jamais boire de l'eau

quand je pense à ma propre mort
l'air devient tout blanc

et les cafards dans la cuisine
se mettent à trembler
et quelqu'un devra jeter
mes sous-vêtements propres ou sales 
à la poubelle.



RIMBAUD





dimanche 8 juin 2014

Cinéma / Van Gogh comme vous ne l'avez jamais vu



Cinéma 

Van Gogh comme vous ne l'avez jamais vu


VIDÉO. En 1987, l'Australien Paul Cox réalise un documentaire où les lettres de Vincent entrent en résonance avec ses oeuvres. Il sort mercredi. Lumineux.

Le Point
Publié le 04 / 06 / 2014

John Hurt lit des extraits de la correspondance de Vincent et Théo Van Gogh.
John Hurt lit des extraits de la correspondance de Vincent et Théo Van Gogh. © Films sans Frontières
Par 



  •  ©  Film sans frontières
"Nous sommes des pèlerins, des étrangers sur terre, il nous faut abandonner nos biens terrestres... La route continue-t-elle de monter jusqu'au bout ? OUI... Que de luttes l'homme doit mener chaque jour !..." Van Gogh ne fut pas seulement un très grand peintre, il fut aussi un remarquable écrivain-épistolier, qui dans les lettres à son frère Théo, à qui il demandait sans cesse de l'argent pour survivre, s'analysa de bout en bout, en particulier au cours des dix dernières années de sa vie, entre 1880 et 1890. "La peinture est une foi qui exige qu'on se moque de l'opinion publique... Je suis un homme excentrique et désagréable, mais je veux montrer ce que peut cacher le coeur d'un tel homme."
L'écriture est à la fois sèche et passionnée, l'introspection fouillée, fournissant un document exceptionnel sur l'existence et les tourments d'un pasteur novice qui se tourna vers la peinture, mais n'en vécut jamais, puisqu'il ne vendit qu'une seule toile de son vivant.

Gratitude

En 1987, Paul Cox réalisa un des documentaires les plus intelligents qu'on puisse concevoir. Étrangement, il n'avait jamais été distribué en France. Voilà l'oubli réparé... "Le mal guette, il faut m'emplir de toute la bonté possible... Celui qui peut se souvenir de ce qu'il a vu n'est jamais seul... Je suis un homme plein de passion... J'avance sur le chemin difficile de la peinture, désormais je ne peux plus faire demi-tour... Je dessine pour oublier, loin de tous... La lutte pour la vie de ces racines torturées et noueuses..." Pendant 100 minutes, le cinéaste australien d'origine néerlandaise arrive presque toujours à retrouver dans les paysages des saynètes, des dessins, des tableaux, l'équivalent visuel de ces extraits de lettres lus avec intensité et précision par le grand acteur britannique John Hurt.
Il en naît une harmonie idéale entre le texte, l'image et la peinture de Van Gogh que l'on suit dans son évolution, son enfermement dans le domaine de l'art qui apparaît avec toute sa cohérence. Van Gogh ici est partout, dans le mot, la couleur, les formes, et dans cet enrichissement mutuel, dans ce perpétuel jeu d'échos, on entre au coeur, au plus près du cheminement d'un artiste qui suivit son chemin de croix : "Je ne veux pas de mélancolie, mais que la douleur profonde émane de mes tableaux, je veux qu'on dise que ce peintre était plein de compassion... L'avenir va me rendre plus laid, mon chemin sera sans doute lugubre... Je veux laisser à l'humanité des tableaux en témoignage de gratitude... Je serai peintre, pauvre et humain." Un documentaire beau et lumineux qui vous fait toucher du doigt ce que fut un des artistes les plus intraitables de notre histoire.
Vincent, la vie et la mort de Vincent Van Gogh, documentaire de Paul Cox, avec la voix de John Hurt (sortie 4 juin)



samedi 7 juin 2014

Ben Stiller / La Vie rêvée de Walter Mitty






Ben Stiller
La Vie rêvée de Walter Mitty


CRITIQUE DVD. Le dernier film du comédien sort en DVD ce mercredi. Poétique et entraînante, l'histoire promène le spectateur entre réel et rêve.

Le Point
Publié le 04 / 06 / 2014

Ben Stiller dans "La Vie rêvée de Walter Mitty".
Ben Stiller dans "La Vie rêvée de Walter Mitty". © 20th Century Fox



Le cinquième film de Ben Stiller, sorti en salle en 2013, est adapté d'une nouvelle de James Thurber parue en 1939. L'acteur-réalisateur a reconnu qu'il y avait une certaine similitude entre le désir d'accomplissement du personnage et sa propre vie : comme lui, Mitty veut être "une meilleure version de lui-même". S'agit-il d'un grand cru Stiller à ajouter dans votre DVDthèque ?

Le film

La vie monotone de Walter Mitty (Ben Stiller), un rêveur invétéré, bascule à la suite de la disparition d'un négatif de photo. Prise par le grand Sean O'Connell (Sean Penn), cette photo était censée faire la couverture du dernier numéro de Life Magazine, victime de la transition numérique. Pressé par la direction du magazine, Walter va partir à la recherche de ce trésor, du Groenland à l'Afghanistan.
Mais si Walter se lance dans cette aventure, c'est surtout parce qu'il rêve de séduire sa collègue, Cheryl Melhoff (Kristen Wiig), dont il est secrètement amoureux. N'est-elle pas attirée par les hommes courageux, créatifs et aventuriers ? Tout le contraire de Walter. Galvanisé par sa passion, il va découvrir que la vraie vie est ailleurs, loin des sentiers balisés de sa terne existence...

Les bonus

Le DVD offre quelques suppléments, d'une durée totale d'environ quinze minutes. Ils n'apportent pas grand-chose, mais permettent de comprendre quelques idées derrière la conception du film. La plus longue partie (un peu plus de quatre minutes), consacrée aux choix artistiques, décrit la symbolique derrière certains aspects techniques. Ben Stiller explique ainsi l'évolution graphique du film, et l'esthétique très "sixties" des décors est décryptée par le chef décorateur, Jeff Mann. La section concernant la musique est moins éclairante, même si Theodore Shapiro explique avoir fait en sorte que Walter n'apparaisse pas comme un personnage triste, mais rêveur. C'est justement dans cet état que se trouve le spectateur en découvrant la galerie photo, époustouflante. Enfin, en cadeau, l'une des meilleures scènes du film est décortiquée. Il s'agit de celle dans laquelle Walter dévale les pentes d'un volcan islandais en skateboard, pour la plus grande joie des amateurs de glisse.
L'avis du Point
Ben Stiller livre un film drôle, mais pas aussi loufoque que Tonnerre sous les tropiques malgré quelques allusions désopilantes à Jason Bourne ou Benjamin Button. Le scénario, classique mais efficace, est soutenu par des paysages sublimes et des musiques bien choisies (Arcade Fire, Of Monster and Men, David Bowie). Au service de l'histoire, une réalisation soignée suit l'évolution du personnage, d'abord encadré par des lignes droites et vu au travers de plans fixes, puis montré sous différents angles alternant rapidement.
Découvrez les paysages islandais que parcourt Walter :

On ne s'ennuie donc pas devant ce DVD, rythmé par des scènes tour à tour amusantes et intenses. Il ne s'agit certes pas de la pépite de l'année, certaines situations étant convenues, mais l'ensemble est divertissant. Une bonne comédie hollywoodienne, donc, sans surprise ni déception.



vendredi 6 juin 2014

Game of Thrones / Tyrion Lannister aussi a été lycéen



"Game of Thrones" : Tyrion Lannister aussi a été lycéen


Une photo de l'acteur Peter Dinklage dans les années 80 fait le buzz sur Internet. À l'époque, l'Américain n'était pas encore la coqueluche du public !

Le Point
Publié le 04 / 06 / 2014

Peter Dinklage dans ses années lycée.
Peter Dinklage dans ses années lycée. © imgur.com1


LE POINT.FR



La star de Game of Thrones a été saluée par la critique cette semaine pour sa prestation dans le dernier épisode en date de la série. Le quotidien britannique The Independent a ainsi félicité, lundi 2 juin, sa "performance ahurissante". Le réalisateur du dernier épisode, Alex Graves, est même allé jusqu'à dire que "Peter Dinklage a fait de lui (Tyrion Lannister, son personnage) le coeur de la série".
Plus récemment, l'acteur a également fait parler de lui, mais pour des motifs n'ayant rien à voir avec son personnage. Sur une photo de fin de lycée datant de 1987, on voit en effet le jeune Peter Dinklage arborant une coupe longue digne de Chuck Norris. Signalons qu'à l'époque, cette coupe faisait fureur... D'ailleurs, ce qui est considéré aujourd'hui comme une extravagance capillaire n'efface en rien la détermination dans son regard. Peut-être parce qu'il est accentué par la citation de l'auteur-réalisateur Sam Shepard, accompagnant la photo : "Les mots sont les outils de l'imagerie en mouvement." Comprenne qui pourra.

"Acteur qui transforme la télévision en art"

Cette photo datant du lycée rappelle que Dinklage a été un élève presque comme les autres. Plus malheureux peut-être. Comme le révèle le site digitalspy, l'acteur a en effet longtemps souffert de son nanisme : "Adolescent, j'étais amer et en colère", a-t-il ainsi déclaré. Avec l'âge, il a cependant réalisé qu'il suffisait d'"avoir le sens de l'humour". Une faculté à prendre le dessus qu'il partage avec son personnage Tyrion Lannister. 
L'acteur américain, qui côtoie aujourd'hui les plus grands noms d'Hollywood, figurait d'ailleurs en 2011 parmi les "huit acteurs qui transforment la télévision en art", selon le New York Times. Un choix soutenu par les amateurs de la série, puisque Tyrion Lannister est leur personnage favori, selon de nombreux sondages.





dimanche 1 juin 2014

Cannes / Les larmes de Sophia Loren


Sophia Loren
Cannes : les larmes de Sophia Loren

Le Point
Publié le 22 / 05 / 2014


53 ans après le prix reçu à Cannes pour La Ciociara, la présence de Sophia Loren sur la Croisette ravive quelques souvenirs...

Sophia Loren à Cannes, le 20 mai.
Sophia Loren à Cannes, le 20 mai. © Hubert Boesl / AFP




Par 

Pendant que Godard avec son Adieu au langage - Adieu au cinéma ? - plongeait les festivaliers dans un abîme de perplexité, au même moment, vers 17 heures, Sophia Loren, en conversation avec la journaliste Danièle Heymann, pleurait à l'évocation de Marcello Mastroianni. "Quand je suis arrivée àCannes il y a deux jours et que j'ai monté les marches sous son regard - (l'affiche du festival 2014, NDLR), j'ai su qu'il m'accompagnerait tout au cours de mon séjour et que je ne serais pas seule." Parmi les douze films qu'ils ont tournés ensemble, Cannes Classics avait déjà projeté la copie restaurée de Mariage à l'italienne et lors de cette conversation, on a revu la fameuse scène de rumba d'Une journée particulière, d'Ettore Scola, où Mastroianni (l'homosexuel pourchassé) montre à la femme au foyer Sophia Loren comment danser, tandis qu'on entend dans la rue les rythmes moins dansants  des marches saluant la visite de Hitler à Rome. On aurait pu aussi revoir le double striptease de Sophia devant Marcello, la première fois en porte-jarretelles noirs (Ieri, oggi, domani), une des plus célèbres scènes du cinéma italien, repris au second degré trente ans plus tard dans Prêt-à-Porterd'Altman, où, cette fois, Mastroianni, l'âge aidant, s'endort devant une Sophia Loren qui a mieux que personne résisté aux outrages du temps. N'a-t-elle pas, en 2006, à 71 ans, posé pour le calendrier Pirelli ?
Lors de cette heure où la star alterna français et italien, on a découvert une femme simple, charmante, faussement timide, presque coquette, qui sait comme pas une se mettre le public dans la poche en plaisantant sur ses piètres qualités de comédienne, son émotivité - à l'en croire, elle s'évanouirait pour un rien - qui n'exclut pas une combativité certaine. Il en fallut sans doute à cette jeune Napolitaine à qui, elle le répéta plusieurs fois, on martela qu'elle n'était pas photogénique, qu'elle avait le nez trop long, la bouche trop large - une sorte de Penélope Cruz avant l'heure - pour faire du cinéma. Elle oubliait de préciser qu'elle avait terminé seconde en 1951 du concours de Miss Italia (le concours qui lançait à l'époque les actrices italiennes : en 1947 y avaient participé Silvana Mangano, Gina Lollobrigida, Lucia Bosé et Eleonora Drago Rossi !) et qu'on avait créé pour elle un prix spécial "miss Élégance". Une élégance qu'on remarquait tout de suite dans l'extrait d'un film rare de 1952, La Traite des Blanches, de Luigi Comencini, qu'elle avait tournée sous le pseudonyme de Sophia Lazzaro. C'est cette année-là seulement, après une dizaine de films où elle n'avait que de petits rôles (parfois seins nus, images collector), que le producteur Gioffredo Lombardo, futur producteur de Visconti, lui trouva son nom de star : Sophia Loren.

Hommages

Il y a quelques années, l'Italie, sur la Rai Uno, a suivi avec passion la série La maison est pleine de miroirs, où Sophia Loren interprétait sa mère, Romilda Villani, concertiste. Mercredi, à Cannes, l'actrice nous a appris que sa maman avait jadis, avant sa naissance, remporté le prix Greta Garbo de la plus belle sosie de la star suédoise : "Elle devait partir aux États-Unis pour tourner des films, mais sa mère le lui a interdit : tu vas prendre froid et tu n'as pas de manteau. Du coup, elle est restée en Italie, a rencontré mon père, ce qui n'était peut-être pas la meilleure chose, mais me voici." Elle aurait pu ajouter qu'elle avait sans doute réalisé le désir inconscient de sa mère frustrée d'une carrière. 
Aux États-Unis, Sophia Loren s'y rendit très tôt, dès 1957, à 23 ans, dès lors que sa carrière avait été prise en main par son incontournable mari, le très puissant et essentiel producteur Carlo Ponti. Dans la carrière de Sophia Loren, il y a deux tournants : L'Or de Naples, film à sketchs de De Sica (1954, on a revu l'extrait où, en pizzaiola, elle malaxe la pâte avec une sensualité plus que troublante) où elle rivalisait avec l'autre jeune star, Silvana Mangano (le film ayant été produit par leurs deux producteurs respectifs Dino de Laurentiis pour Mangano, Ponti pour Sophia Loren) et Pain, Amour, ainsi soit-il, de Dino Risi, où elle avait remplacé la star des deux premiers volets, Gina Lollobrigida. Parmi les extraits qu'on a eu le plaisir de revoir, Orgueil et passion, où elle danse un flamenco enflammé sous les yeux enamourés de Frank Sinatra et Cary Grant, et Le Cid, où elle embrasse en Chimène un Rodrigue dont elle ne semble pas avoir conservé un souvenir impérissable, Charlton Heston. Il en va de même avec l'impossible monsieur Brando (la Comtesse de Hong-Kong, le dernier film de Chaplin) qui s'était fait humilier par Chaplin pour ses retards, sous le regard de Sophia Loren, qui semblait ravie. L'extrait où on les voit se poursuivre dans la cabine de paquebot prit du coup une autre dimension. "Brando n'était pas l'homme le plus sympathique, avoua-t-elle. Pendant tout le tournage, il a mangé des glaces. Au début, il était cosi... À la fin, il était COSI."
53 ans après le prix reçu à Cannes pour La Ciociara (elle avait également remporté un Oscar), Sophia Loren, à presque 80 ans, a ravi les festivaliers. Lorsque le tour des questions fut venu, un émissaire du gouvernement indien est venu pratiquement s'agenouiller devant elle pour l'inviter dans son pays, où elle ne s'est jamais rendue. Et un vieux journaliste espagnol s'est levé pour lui rappeler qu'elle avait fait l'éducation sexuelle des adolescents ibériques des années 1950 et 1960. La Napolitaine en est restée baba.
LE POINT

samedi 31 mai 2014

Maya Angelou, poète, écrivain et militante des droits civiques, est morte

Maya Angelou

Maya Angelou, poète, écrivain et militante des droits civiques, est morte


Poète, écrivain, cinéaste, actrice, Maya Angelou dont la mort a été annoncée mercredi, était également une figure de premier plan de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis et une proche de Martin Luther King.
Le décès de la poétesse d'origine afro-américaine à l'âge de 86 ans a été annoncé mercredi par l'université Wake Forest de Winston-Salem (Caroline du Nord, sud-est) qui "pleure la mort de la poétesse, auteur, actrice, militante des droits de l'Homme et professeur Maya Angelou".
Personnalité aux multiples talents, récipiendaire de très nombreux prix et distinctions, Maya Angelou était un "trésor national dont la vie et les enseignements ont inspiré des millions de gens dans le monde", a ajouté l'université.
Maya Angelou avait notamment écrit, sur les conseils de l'écrivain James Baldwin, le best-seller "Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage", publié en 1970. Elle y raconte son enfance à une époque marquée par la discrimination contre les Noirs.
Elle est l'auteur également de très nombreux ouvrages où elle exprime son amour de la littérature et sa lutte contre le racisme.
Maya Angelou parlait six langues, dont le français.
De très nombreux messages de condoléances affluaient mercredi matin de la part de nombreux dirigeants américains, comme le Représentant Steven Horsford qui saluait sur Twitter "une vie qui a été une inspiration pour tous".
Née Marguerite Ann Johnson le 4 avril 1928 à St-Louis (Missouri), la jeune fille "expérimente très tôt la brutalité de la discrimination raciale", écrit la biographie de son site internet mayaangelou.com.
- Rencontre avec Malcolm X et Martin Luther King -
Adolescente, elle étudie la danse et le théâtre à San Francisco où vit sa mère. Jeune mère célibataire, elle multiplie les petits boulots avant de partir en tournée en Europe avec l'opéra "Porgy and Bess".
Elle étudie la danse contemporaine avec Martha Graham, danse avec Alvin Ailey, enregistre son premier album en 1957 avant de partir pour New York où elle monte sur les planches pour jouer notamment du Jean Genet.
De cette époque date son mariage, rapidement suivi d'un divorce, avec un marin grec, Tosh Angelos, dont la déformation du nom deviendra son nom de scène.
Elle part ensuite s'installer en Egypte où elle travaille dans un magazine, puis enseigne au Ghana où elle rencontre le leader noir Malcolm X, qui sera assassiné en 1964.
A son retour aux Etats-Unis, le pasteur et militant des droits civiques Martin Luther King lui demande de diriger la section nord de son association de droits civiques Southern Christian Leadership Conference.
L'assassinat du prix Nobel de la Paix la laisse "anéantie".
Selon le New York Times, pendant des années, Maya Angelou ne célèbrera pas son anniversaire le 4 avril, le jour de 1968 où le pasteur a été tué.
L'écrivaine continue à travailler pour le cinéma et la télévision, joue dans la série "Racines", dirige son premier film "Loin d'ici" ("Down in the Delta") avec Wesley Snipes, en 1996.
En 1993, Bill Clinton avait demandé à Maya Angelou de lire un poème au cours de sa cérémonie d'investiture.
En 2011, le président Barack Obama lui avait rendu hommage en lui remettant la Médaille présidentielle de la liberté, la médaille civile la plus importante du pays.

Il avait alors salué "une voix qui a parlé à des millions de gens, dont ma mère, et c'est pourquoi ma soeur s'appelle Maya", avait-il dit, avant d'affirmer qu'elle a "inspiré tant d'autres qui ont connu l'injustice dans leurs vies".



mercredi 28 mai 2014

Maupassant / Coco

Guy de Maupassant

COCO



Dans tout le pays environnant on appelait la ferme des Lucas « la Métairie ». On n’aurait su dire pourquoi. Les paysans, sans doute, attachaient à ce mot « métairie » une idée de richesse et de grandeur, car cette ferme était assurément la plus vaste, la plus opulente et la plus ordonnée de la contrée.

mardi 27 mai 2014

Maupassant / Le masque



Guy de Maupassant
LE MASQUE

    Il y avait bal costumé, à l'Élysée-Montmartre, ce soir-là. C'était à l'occasion de la Mi-Carême, et la foule entrait, comme l'eau dans une vanne d'écluse, dans le couloir illuminé qui conduit à la salle de danse. Le formidable appel de l'orchestre, éclatant comme un orage de musique, crevait les murs et le toit, se répandait sur le quartier, allait éveiller, par les rues et jusqu'au fond des maisons voisines, cet irrésistible désir de sauter, d'avoir chaud, de s'amuser, qui sommeille au fond de l'animal humain.

lundi 26 mai 2014

Maupassant / Humble drame

Van Gogh
Guy de Maupassant
HUMBLE DRAME

    Les rencontres font le charme des voyages. Qui ne connaît cette joie de retrouver soudain, à cinq cents lieues du pays, un Parisien, un camarade de collège, un voisin de campagne ? Qui n'a passé la nuit, les yeux ouverts, dans la petite diligence drelindante des contrées où la vapeur est encore ignorée, à côté d'une jeune femme inconnue, entrevue seulement à la lueur de la lanterne alors qu'elle montait dans le coupé devant la porte d'une blanche maison de petite ville ?

dimanche 25 mai 2014

Maupassant / Lettre d'un fou


Guy de Maupassant
LETTRE D'UN FOU

    Mon cher docteur, je me mets entre vos mains. Faites de moi ce qu'il vous plaira.
    Je vais vous dire bien franchement mon étrange état d'esprit, et vous apprécierez s'il ne vaudrait pas mieux qu'on prît soin de moi pendant quelque temps dans une maison de santé plutôt que de me laisser en proie aux hallucinations et aux souffrances qui me harcèlent.
    Voici l'histoire, longue et exacte, du mal singulier de mon âme.

samedi 24 mai 2014

Maupassant / Mon oncle Jules


Guy de Maupassant
MON ONCLE JULES

A M. Achille Bénouville   


    Un vieux pauvre, à barbe blanche, nous demanda l'aumône. Mon camarade Joseph Davranche lui donna cent sous. Je fus surpris. Il me dit :
    - Ce misérable m'a rappelé une histoire que je vais te dire et dont le souvenir me poursuit sans cesse. La voici :
    Ma famille, originaire du Havre, n'était pas riche. On s'en tirait, voilà tout. Le père travaillait, rentrait tard du bureau et ne gagnait pas grand-chose. J'avais deux soeurs.

vendredi 23 mai 2014

Maupassant / La main


Guy de Maupassant

LA MAIN


On faisait cercle autour de M. Bermutier, juge d’instruction, qui donnait son avis sur l’affaire mystérieuse de Saint-Cloud. Depuis un mois, cet inexplicable crime affolait Paris. Personne n’y comprenait rien.
M. Bermutier, debout, le dos à la cheminée, parlait, assemblait les preuves, discutait les diverses opinions, mais ne concluait pas.