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dimanche 18 mars 2018

Facebook censure La Liberté guidant le peuple

La Liberté guidant le peuple


Facebook censure La Liberté guidant le peuple

Par Sarah Lecoeuvre
Mis à jour le 17/03/2018 à 19:35
Publié le 17/03/2018 à 17:04
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Une publicité pour une pièce de théâtre, où le tableau d'Eugène Delacroix de 1830 apparaît, a été supprimée par le géant américain. Il estime que les seins nus de Marianne sont «de nature sensible et donc pas autorisés» sur le réseau social.
Les 23 et 29 mars prochains, la pièce de théâtre Coups de feu à Saint-Roch est de retour à Paris au Funambule Montmartre. Afin d'en assurer la promotion, le metteur en scène Jocelyn Fiorina a partagé sur Facebook l'affiche de ce spectacle où figure le tableau d'Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple . Mais, à cause des seins nus de Marianne qui apparaissent sur le tableau, le réseau social de Mark Zuckerberg a décidé de bloquer cette publicité. «Elle a été supprimée seulement un quart d'heure après sa mise en ligne», nous explique Jocelyn Fiorina. 
C'est la troisième fois que l'une de ses publications est censurée par le géant américain. Il y a un an, pour promouvoir les premières représentations de sa pièce dans la capitale, il avait déjà publié cette image qui sera, elle aussi, supprimée. «Cette fois-ci, Facebook l'avait bloquée au bout de 24 heures», précise l'écrivain. À cette époque, Jocelyn Fiorina, avait contacté l'équipe modération de Facebook pour demander des explications. Réponse du réseau social: «Nous n'autorisons pas les publicités avec de la nudité, même si cela n'est pas d'ordre sexuel. Cela inclut la nudité à des fins artistiques ou éducatives. Les publicités de ce type sont de nature sensible et ne sont donc pas autorisées».déguster
Pas convaincu, l'intéressé insiste et, dans un nouveau message, il rappelle qu'il s'agit d'un tableau du XIXe siècle, «symbole de la République française». Mais son interlocuteur est catégorique: «Notre décision à ce sujet reste inchangée. Toutefois, nous apprécions vos commentaires et les avons transmis à notre équipe. Nous vous informerons s'il y a du changement à ce sujet». Dernièrement, Jocelyn Fiorina n'a pas réeesayé de joindre les modérateurs de Facebook.

Un avocat s'intéresse à cette affaire

Le metteur en scène ne compte toutefois pas saisir la justice pour attaquer la firme américaine. «Je n'irai pas seul. Ce serait kamikaze», reconnaît-il. «Plusieurs associations vont relayer cette information. On verra si ça prend de l'ampleur». En tout cas, Stéphane Cottineau, l'avocat qui mène le premier procès contre Facebook en France pour la censure de L'Origine du monde, s'intéresse à cette affaire. «Il viendra à une des deux représentations de mars», nous indique encore Jocelyn Fiorina. 
Une récente décision de justice ne risque pas de l'encourager à porter plainte contre Facebook. Jeudi, tribunal de Paris a débouté l'internaute qui poursuivait l'entreprise, à laquelle il reprochait d'avoir fermé son compte pour avoir publié une photo de L'Origine du monde, le célèbre tableau de Gustave Courbet. «Le combat continue. Nous voulons aller au bout, pour la liberté d'expression», nous a prévenu Stéphane Cottineau, l'avocat de son client le plaignant qui a décidé de faire appel de cette décision.

La publicité avec un bandeau sur les seins de Marianne acceptée par Facebook.
En attendant, pour continuer à promouvoir Coup de feu à Saint-Roch et contourner les règles de modérations sur Facebook, Jocelyn Fiorina a décidé de cacher le sein de Marianne sur l'affiche avec un bandeau bleu où est inscrit: «Censuré par Facebook». (voir la photo ci-contre) «Cette image est acceptée, c'est à pleurer de rire!», commente le metteur en scène. 
Sa pièce évoque la rencontre entre Alexandre Dumas et Edgar Poe sur les barricades et leur combat pour la liberté et la République. Une histoire inspirée par un manuscrit inedit de Dumas retrouvé par Jocelyn Fiorina dans les papiers de Poe à Philadelphie. Une découverte publiée dans L'assassinat de la rue Saint-Roch (Fayard, collection des Mille et une nuits).


vendredi 9 février 2018

Sur France Inter et TMC, Catherine Millet exprime sa compassion pour les «frotteurs»


Catherine Millet


Sur France Inter et TMC, Catherine Millet exprime sa compassion pour les «frotteurs»


Par Sarah Lecoeuvre
Mis à jour le 12/01/2018 à 15:25
Publié le 12/01/2018 à 12:58


«Le type qui fume un gros cigare à côté de moi peut m’importuner autant que celui qui met sa main sur mon genou», a déclaré l’écrivain ce vendredi matin au micro d’Ali Baddou dont elle était l’invitée. Des propos qui déclenchent l’indignation.

Les signataires de la tribune du Monde n’en finissent plus de choquer. Après Brigitte Lahaie et ses propos sur «la jouissance du vol», au tour de Catherine Millet de déraper sur la question. Invitée sur France Inter ce vendredi matin, l’auteur de La Vie sexuelle de Catherine M. a fait une drôle de comparaison.
«Il y a beaucoup d’exagérations de la part de nos adversaires. (...) Nous avons voulu nous faire l’écho de ce que nous entendions autour de nous», commence-t-elle par expliquer à Ali Baddou dans la matinale de Nicolas Demorand pour défendre «la liberté d’importuner», au cœur de la tribune du Monde publiée mardi.
«Les synonymes d’’importuner’ sont ‘gêner’, ‘casser les pieds.’.. Ce n’est pas très grave. Ce n’est vraiment pas de l’ordre du crime!», estime-t-elle avant de faire une comparaison étonnante. «Le type qui fume un gros cigare à côté de moi peut m’importuner autant que celui qui met sa main sur mon genou». Et lorsque le journaliste lui demande si elle met bien ces deux situations sur un même plan, Catherine Millet confirme: «Ce n’est pas plus grave».
Sur le consentement aussi, le discours de l’écrivain surprend. «Ce qui m’a fait réagir sur cette histoire de consentement c’est ce projet de loi qui a été adopté en Suède et qui voudrait si, en effet la loi passe, qu’avant tout rapport sexuel il y ait un consentement explicite des deux parties. Non mais vous voyez, on va maintenant signer un contrat devant un notaire avant d’aller baiser?! On arrive à un délire», a dénoncé Catherine Millet avant qu’Ali Badou lui indique qu’il n’était pas question de ce projet en France. «Et si je peux me permettre, je voudrais rappeler que dans les relations sexuelles ou amoureuses, il y a parfois une zone de flou où on hésite d’un côté comme de l’autre».
Sur Twitter, Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, a tenu à rectifier ces propos. «Le consentement sexuel n’est pas inscrit dans le droit français. Dire qu’il faut ou qu’il faudra une signature avant un rapport sexuel est faux. Ce n’est pas non plus dans notre projet de loi».
«J’ai une certaine compassion pour les frotteurs»
Catherine Millet dans Quotidien le 11 janvier 2018
Déjà la veille dans Quotidien (voir la vidéo en tête de l’article), Catherine Millet critiquait la loi du 15 juin 2000 contre les frotteurs du métro. «Pour moi, ce n’est pas du harcèlement. Je sais que c’est un délit aujourd’hui et pour vous dire les choses, moi j’étais contre cette loi. Tout le temps où j’avais le même âge que vous et que ça m’arrivait, et bien il suffisait que je me retourne. (...) Je lui faisais honte devant tout le monde et puis ça passait. Je sortais du métro et j’avais oublié cette affaire», racontait-elle jeudi soir devant un Yann Barthès surpris par cette remarque. «J’ai une certaine compassion pour les frotteurs. Quelqu’un qui en est réduit à ça pour trouver une satisfaction sexuelle doit être dans une certaine misère sexuelle», achevait-elle.
Pendant l’émission de TMC, Marlène Schiappa, décidément très attentive aux sorties de Catherine Millet, avait répliqué sur Twitter, citant la peine encourrue par les frotteurs dans le métro: «de la prison» (cinq ans plus précisément, Ndlr.) et une amende de «75.000 euros». Et de rappeler que ces actes relèvent d’une «agression sexuelle» et non de «harcèlement sexuel». «Le corps des femmes n’est pas un bien public ou un réceptacle à misère sexuelle», conclut-elle.

dimanche 4 février 2018

Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

Uma Thurman


Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

AFP agence
Mis à jour le 03/02/2018 à 19:10
Publié le 03/02/2018 à 18:47

 sur Twitter (nouvelle fenêtre)

VIDÉO - Dans une interview publiée dans le New York Times, l'actrice américaine, star de Pulp Fiction et Kill Bill détaille les agressions et les pressions du magnat déchu d'Hollywood à son encontre.

Uma Thurman

«Oui, Uma Thurman est en colère. Elle a été violée. Elle a été agressée sexuellement. Elle a été mutilée avec de l'acier brûlant. Elle a été trahie et menée en bourrique par ceux en qui elle croyait». Dans une interview accordée au New York Times , l'actrice américaine brise le silence sur Harvey Weinstein et l'accuse, à son tour, d'agressions sexuelles et de pressions. «Ça a été comme un coup de batte sur la tête», souligne-t-elle.
«Quand je serais moins en colère, je dirais ce que j'ai à dire», déclarait Uma Thurmansur un tapis rouge en octobre dernier alors interrogée sur l'affaire Weinstein qui venait d'éclater outre-Atlantique. Si elle a refusé de parler à ce moment-là, c'est parce qu'elle avait peur de pleurer. «Ce que vous avez vraiment vu, c'est une personne qui gagne du temps», précise la comédienne à nos confrères américains. Quelques lignes plus loin, elle raconte sa rencontre avec Harvey Weinstein. Au moment de la sortie de Pulp Fiction , film qu'il a produit. «Je l'ai bien connu avant qu'il ne m'attaque», révèle-t-elle. «Il passait des heures à me parler, à complimenter mon esprit, ma façon d'être. Cela m'a peut-être fait oublier les signes avant-coureurs», reconnaît-elle.
Puis, comme d'autres actrices qui ont témoigné dans la première vague de plaintes contre le magnat déchu de Hollywood, Uma Thurman a accepté ses invitations dans des palaces. Après un rendez-vous de travail à Paris qui avait pris une tournure équivoque quand Harvey Weinstein avait invité l'actrice dans sa chambre d'hôtel, puis dans un sauna de l'établissement, Uma Thurman avait retrouvé son producteur à Londres, aussi dans sa chambre d'hôtel. «Il m'a poussée et a essayé de se jeter sur moi et de se déshabiller. Il a fait plein de choses désagréables». Elle décrit également son état pendant cette agression: «Vous êtes comme un animal qui se trémousse, comme un lézard. Je faisais tout ce que je pouvais pour reprendre le contrôle».


Le lendemain, le producteur lui aurait envoyé un bouquet de roses avec le mot. «Tu as de très bons instincts». Elle explique être retournée à l'hôtel pour le mettre en garde: «Si tu fais ce que tu m'as fait à d'autres personnes, tu vas perdre ta carrière, ta réputation et ta famille, je te le garantis». Selon son amie Ilona Herman qui l'avait accompagnée, Uma Thurman était bouillonnante de colère quand elle a quitté Harvey Weinstein à l'issue de leur discussion ce jour-là. Le producteur avait menacé de compromettre sa carrière. Une agression qui s'est déroulée avant le tournage de Kill Bill: Vol. 1 (2003).
D'ailleurs, Quentin Tarantino, le réalisateur de ce long-métrage, en prend aussi pour son grade dans cet article. Car, en 2001 lors du Festival de Cannes, Uma Thurman raconte l'épisode de l'hôtel au réalisateur. Ce dernier relativise d'abord: «Oh, pauvre Harvey, essayant d'avoir des filles qu'il ne peut pas avoir». Finalement, il décide d'en parler au principal intéressé, en présence de l'actrice. Si dans un premier temps, Harvey Weinstein nie, il finit par présenter ses excuses.

Les coulisses de Kill Bill

Autre passage accablant pour Quentin Tarantino: celui où Uma Thurman raconte le tournage de Kill Bill: Vol. 2 . Pour tourner la fameuse scène de la décapotable bleue, le cinéaste l'aurait forcée à conduire la voiture à vive allure. «J'étais dans une boîte à mort. Le siège n'était pas correctement vissé. C'était une route de sable et ce n'était pas une route droite». Uma Thurman perdra le contrôle du véhicule et percutera un arbre de plein fouet. Un accident qui la ferait encore souffrir aujourd'hui de la nuque et des genoux. Aujourd'hui, elle dénonce l'attitude de Quentin Tarantino et de Harvey Weinstein après l'accident: étant donné qu'elle refusait de signer une décharge de responsabilité au profit de la société de productions Miramax, le cinéaste ne voulait pas lui céder les images de l'accident. Il finira par lui donner... quinze ans après. Le New York Times a, de son côté, décidé de les partager. Contacté par le quotidien, Quentin Tarantino a refusé de commenter ces déclarations.
«Personnellement, cela m'a pris 47 ans pour arrêter de dire que les personnes qui étaient méchantes avec moi étaient ‘amoureuse'”. Cela m'a pris du temps parce que je pense que lorsque les petites filles sont conditionnées pour croire que la cruauté et l'amour ont, quelque part, une connexion. C'est l'ère de laquelle il faudrait s'extraire aujourd'hui», conclut Uma Thurman.