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samedi 11 avril 2026

Marie Étienne / Corps encombrants

 

« Tyr et Fenrir » John Bauer (1911) (détail) © CC0/WikiCommons


Corps encombrants

Le délicieux, avec la poésie, c’est qu’il arrive qu’on l’aime bien qu’elle demeure obscure, qu’elle consente seulement à entrouvrir sa porte pour nous donner à voir un pays-paysage d’autant plus désirable qu’il paraît interdit. Dominique Quélen paraît nous déclarer : « Je ne suis pas dans moi » ; « Je me dépose ailleurs ». Anne Malaprade, quant à elle, prend le chemin des contes dont elle emprunte la voix.

dimanche 21 juillet 2024

Georges Perros et Henri Thomas / Correspondence (1960 - 1977)




CORRESPONDENCE

(1960 - 1977)

Georges Perros et Henri Thomas


La correspondance qu’ont échangée le vosgien Henri Thomas (1912 – 1993) et le finistérien d’adoption Georges Perros (1923 – 1978) est certainement l’une des plus attendues par les lecteurs des deux écrivains (tous les deux poètes, critiques, quand Thomas est par ailleurs romancier et traducteur) qui ont profondément marqué l’histoire de la littérature française du milieu du xxe siècle, tant leur existence personnelle est étroitement liée aux thèmes développés dans leur oeuvre respective, tant les unit une incontestable fraternité dans la fidélité à soi-même, une absence de concession d’ordre social. 

Georges Perros à la recherche d’Henri Thomas

Georges Perros



Georges Perros à la recherche d’Henri Thomas

par Odile Hunoult
23 mai 2017
6 mn

 

Beau petit objet littéraire, raffiné, que cette correspondance. C’est Georges Perros qui l’initie, en 1960 (il a trente-six ans), en envoyant à Henri Thomas, alors aux États-Unis, ses premiers Papiers collés qui viennent de paraître. Thomas remercie, classiquement : c’est la première lettre. Lui, à quarante-huit ans, a déjà une œuvre reconnue. Perros l’admire… et le relance, pour réclamer des services de presse : 1961 est l’année de parution du Promontoire. La correspondance s’engage.


Georges Perros et Henri Thomas, Correspondance 1960-1977. Préface et postfaces de Jean Roudaut. Édition établie et annotée par Thierry Bouchard. Fario, coll. « Théodore Balmoral », 140 p., 15 €

Georges Perros / Délit de fuite

 


Georges Perros, Œuvres

Autoportrait à l’encre non daté © Collection Georges Perros


Georges Perros, délit de fuite


par Linda Lê
30 décembre 2017

Dans une lettre à Brice Parain, Georges Perros donnait cette définition de la poésie : « Cette passion du réel qui fait longer des précipices… » Il s’avançait en funambule au bord du vide avec le sentiment que, si « vivre est assez bouleversant », la plupart des hommes mènent une existence absurde, inutile. À tel point qu’il aurait eu envie de lancer ce cri d’alarme : « Ça tourne, ça tourne, citoyens. C’est VOTRE vie qui se consume en ce moment. Vous VIVEZ pour de bon, ce n’est pas un essayage. »

Georges Perros, Œuvres. Édition établie et présentée par Thierry Gillybœuf. Gallimard, coll. « Quarto », 1 600 p., 32 €