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samedi 26 mars 2016

Philippe Geluck / «L'art est une «arme» de distinction face à la barbarie»




Philippe Geluck: «L'art est une «arme» de distinction face à la barbarie»

Par Bertrand Guyard
Mis à jour le 23/03/2016 à 16:23
Publié le 23/03/2016 à 11:43


Le dessinateur belge a accepté de commenter, «en citoyen ordinaire», les attaques islamistes qui ont frappé son pays pour notre confrère 
Le dessinateur bruxellois Philippe Geluck a accepté de réagir avec sa sensibilité habituelle, sur Télérama, aux attaques islamistes qui ont frappé son pays, hier mardi 22 mars. «Horrifié et anéanti» par la folie meurtrière des terroristes, il a réaffirmé la force de l'art et de l'humour pour lutter contre cette nouvelle forme de barbarie.
● Malgré ses réticences à vouloir commenter les attaques terroristes du 22 mars, Philippe Geluck a accepté de donner son sentiment «comme un citoyen ordinaire: «je suis évidemment horrifié, anéanti, par ce qui s'est passé ce matin à Bruxelles, de la même manière que je l'étais au moment des attaques de Paris en novembre dernier ou pour Charlie Hebdo. On ne peut pas supporter de voir des innocents payer de leur vie, et cela soulève, à chaque fois, les mêmes questions, la même incompréhension: au nom de qui, de quoi, peut-on perpétrer de tels actes? Je vis ces événements comme un citoyen ordinaire, dans la compassion et la solidarité la plus totale.
● L'humoriste belge a réaffirmé la force de l'art pour lutter contre la barbarie: «... Pour un artiste, la meilleure réponse à donner à ces actes violents est de continuer à pratiquer son art, coûte que coûte. Contre cet obscurantisme, il faut évidemment valoriser l'échange, la transmission, le dialogue… Ces mots revêtent une importance majeure dans des périodes comme celle que nous vivons depuis de nombreux mois. L'art est notre bien commun et une «arme» de distinction par rapport à la barbarie. C'est grâce à lui, - et vous allez trouver ça naïf et un peu bête - mais aussi à l'amour, que l'on peut surmonter de tels traumatismes.»
● Pour Philippe Geluck l'art et l'humour sont à ses yeux des actes de résistance mais ils ne doivent pas tomber dans le militantisme: «... L'art est une manière d'exprimer ce que l'on vit, mais aussi de résister: en tant qu'artiste, nous nous devons de réfléchir, de nous élever contre la barbarie. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. En même temps, je ne crois pas que l'art doive basculer dans la revendication ou le militantisme, fut-il le plus pacifiste. Nous sommes là pour réfléchir, faire réfléchir même, mais aussi pour distraire. C'est important de ne pas l'oublier, les gens ont parfois besoin de penser à autre chose.»



vendredi 18 mars 2016

Semaine de la Langue française / Les expressions belges préférées de Philippe Geluck

Philippe Geluck expose son Chat et diverses œuvres d'art au Musée en Herbe, à Paris.

Semaine de la Langue française : les expressions belges préférées de Philippe Geluck


MIS À JOUR : 14-03-2016 20:06-CRÉÉ : 12-03-2016 12:04

PATRIMOINE – La Semaine de la Langue française et de la francophonie se déroulera du 12 au 20 mars, date de la Journée internationale de la Francophonie. L'édition 2016 propose de partir à la découverte du français tel qu'on le parle dans différentes pays francophones. De Bruxelles au Québec en passant par la Suisse et la Côte d'Ivoire, Metronews a demandé à des auteurs francophones de nous faire partager leurs expressions locales préférées.


Le dessinateur et humoriste Philippe Geluck n'est pas le dernier à aimer les jeux de mots. C'est d'ailleurs le point fort de son Chat, le personnage philosophe qu'il a créé en 1983 et décliné à travers une trentaine d'albums. Actuellement à l'honneur au Musée en Herbe, Philippe Geluck a parlé à Metronews du français tel qu'il l'aime dans son pays natal, la Belgique.
Quels sont vos mots et/ou expressions préférés, parmi ceux qu'on utilise en Belgique ?
J’aime la sonorité de "snul" (imbécile) ou "pauvre klette" ("snul" en pire), mais ma tendresse va à une expression qui n’existe pas en français et qui désigne une porte qui n’est ni ouverte, ni fermée, ni même entrouverte : lorsque la porte touche le chambranle sans y être enfoncée, on dit que "la porte est contre".
Et quels sont ceux qui vous agacent ?
Ça m’énerve quand un de mes collaborateurs me dit : "tu sais me passer le numéro de Machin ?" A Bruxelles, beaucoup de gens font l’erreur entre savoir et pouvoir, la confusion vient du flamand.
Y a-t-il une faute de français que vous faites encore malgré vous ?
L’autre jour, pendant le montage de l’exposition L’art et Le Chat" au Musée en Herbe, j’ai demandé à l’éclairagiste de me passer l’escabelle. Il n’a pas compris que je lui parlais de cet objet plus grand que l’escabeau mais plus petit que la petite échelle. Quand je le lui ai expliqué, il a trouvé la nuance tout à fait opportune.
Si vous deviez réformer l'orthographe d'un seul mot, lequel choisirez-vous ?
Je n’y changerais plus rien, j’ai tro d’autres choses à fer !