Affichage des articles dont le libellé est Jacques Zeny. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jacques Zeny. Afficher tous les articles

jeudi 4 janvier 2018

Conception de Zafinimena et Zafinifotsy / Le résultat d’un test psychologique


Tsialana et sa famille Antankaranas

Conception de Zafinimena et Zafinifotsy

Le résultat d’un test psychologique

2 NOVEMBRE 2016, 
JACQUES ZENY

La version Sakalava fait reposer cette distinction nominale sur la perspicacité d’Andriandahifotsy qui voulait déjà entrevoir l’avenir lointain de son royaume à travers le caractère de ses fils.
Femmes Sakalava

L’appellation Zafinimena ou Zafinifotsy est le résultat d’un test psychologique dont l’objectif serait d’appréhender si le royaume Sakalava serait grand et durable. Ainsi Andriandahifotsy fit venir ses deux ainés et leur présenta une assiette dans laquelle étaient déposes un bijou en or et un bijou en argent en leur précisant que le blanc symbolise un petit territoire mais un royaume qui dure longtemps et le rouge un grand territoire mais un royaume éphémère. Il n’avait pas terminé son explication qu’un de ses fils s’emparera précipitamment du bijou rouge : tu es très belliqueux dit-il, le rouge est la couleur du sang et de la guerre. Ton royaume sera grand mais il s’éteindra rapidement. A celui qui prit le blanc il dit : tu es un peu craintif. Le blanc est la couleur de la paix. Ton royaume sera très petit, mais il durera très longtemps. Ainsi les Zafinimena ou la lignée de l’or auront un très grand royaume mais qui sera très éphémère et la lignée d’argent, les Zafinifotsy aura un royaume petit mais durable.

Culture Sakalava

L’avenir de mon royaume est en toi dit Andriandahifotsy au Prince d’argent aïeul des Zafinifotsy. Prédiction ou pas en tout cas dès le début du 17eme siècle les princes d’argent n’eurent plus de place dans le territoire du Menabe et durent remonter la côte occidentale vers le Nord. La région du Boeny fut leur première escale mais repousses encore par leurs collatéraux d’or, ils durent émigrer de plus en plus vers le Nord. Et Kozobe, fut le premier Zafinifotsy à atterrir sur l’extrémité nord-ouest de l’Ile avec son contemporain Tingimaro. Il élut résidence dans le Sambirano et Antafondro Nosy-be. Mais toujours perturbés par les Zafinimena les Zafinifotsy durent leur céder à nouveau leur territoire. C’est ainsi qu’Andriantsirotsy, petit-fils de Kozobe, dû s’enfuir du Sambirano vers l’Ankarana, où les grottes pouvaient lui offrir un point de repli naturel. Mais les Zafinimena sous l’égide Andriatahora militairement plus équipés et mieux organisés mirent a l’épreuve la résistance d’Andriantsirotso qui dit se résigner à prendre le chemin de l’exil vers Maroantsetra.
Enfants Sakalava

Le roi Raholo de Maroantsetra est également un descendant de la dynastie Zafinifotsy. Aussi reçut-il cordialement Andriantsirotso et s’attacha a lui fournir tous les renforts dont il pouvait avoir besoin pour la défense et la gloire de leur dynastie commune. L’intervention du Roi Raholo dans ce mythe peut être comprise comme une information sur le principe de base de tout pouvoir à caractère royal. La force militaire est indubitablement nécessaire, mais l’essentiel de l’autorité royale repose aussi sur le sacré. Et c’est dans ce sens que Raholo suggérait vivement a Andriantsirotso d’amener la magicienne dont la mission serait d’investir la lignée Zafinifotsy qui règnera dans la région de l’Ankarana, d’où l’appellation de la région d’Ambilobe aujourd’hui « Ankarabe ».

Jacques Zeny
Jacques Zeny a été né à Hell-Ville Nosy-Be en 1961, ayant aujourd’hui 55 ans; il a fait ses études primaires à l’école publique d’Andavakotoko Hell-ville Nosy-Be, et des études secondaires au CEG de Boulevard Manceau toujours à Hell-Ville Nosy-B;, obtenu son baccalauréat série C au lycée de Diégo en 1983, ayant poursuivi ses études universitaires à la faculté des sciences économiques de Tananarive et obtenu sa maitrise en science économique en 1989 et continue ses études à l’institut des sciences comptables et d’administration d’entreprise en 1996, depuis il est cadre supérieur et chef d’entreprise jusqu’aujourd’hui. Il a suivi des études en socio-historique surtout du peuple Sakalava, la plus grande ethnie à Madagascar.

Depuis 2004, il a créé sa propre entreprise ESPACE ZENY qui gère le tourisme éco culturel de l’Arbre sacré de Mahatsinjo Nosy-Be. Il a réussi avec succès pendant tous ses cursus universitaires et il a travaillé toujours dans des grandes sociétés avant de créer sa propre société, ayant beaucoup d’expériences en matière de gestion et de management d’entreprise.
Maintenant, il est premier vice-président de l’office régional du tourisme de Nosy-Be et son entreprise marche bien dont voir ci-joint l’évolution des visiteurs étrangers du site touristique ARBRE SACRE.


mercredi 3 janvier 2018

Histoire de Nosy Be avant 1840 / Les traces d’occupation humaine dès le 6° siècle

Une femme âgée dans la plage de Nosy Be


Histoire de Nosy Be avant 1840

Les traces d’occupation humaine dès le 6° siècle

2 MAI 2017, 

On trouve, à Madagascar, des traces d’occupation humaine dès le 6° siècle de notre ère, près de l’actuelle Diégo Suarez dans des abris sous roche. Certains travaux récents de Dewar disent que l’homme serait même arrivé au début du premier millénaire. Mais pour Nosy Be et la Baie d’Ampasindava ce n’est qu’à partir du 10° siècle que l’on a la preuve d’une présence de l’homme.
A cette période se crée au fond de la baie une ville appelée Mahilaka. Elle a été fouillée par plusieurs archéologues (Poirier, Verin, Wright, Radimilahy). Elle a été active pendant 4 siècles et a compté jusqu’à 3000 habitants. On peut encore voir les murs d’une forteresse. Elle tirait sa richesse de l’exportation de copal, de fer, de chloritoschiste, de cristal de roche, d’or et très probablement d’esclaves. Elle était en lien maritime avec une large partie de l’Océan Indien. On est ici à la limite ouest du Monde swahili centré sur la côte-est africaine. D’autres cités du Nord-Ouest malgache (Nosy Manja, Sada, Antsoheribory: Verin a parlé d’échelles dans sa thèse) se développent à la même époque. A Madagascar on parle des Antalaotra (les gens venus d’ailleurs).

Un agriculteur de Nosy Be

Il est important de noter les grandes similitudes entre Mahilaka et Dembeni site historique de Mayotte. Les deux cités sont contemporaines. Les deux étaient ouvertes sur l ‘Océan Indien. Elles ont disparu pratiquement en même temps. Donnons d’autres éléments de ressemblance: villes portuaires, absence de tombes mises à jour, présence de cristal de roche et d’industrie du fer, tessons de chloritoschiste. Leur peuplement est inconnu mais nous pensons qu’il avait des liens avec le monde indien ou austronésien.
Sur Nosy Be, les archéologues ont retrouvé les preuves d’une occupation humaine pendant cette période Mahilaka. A Madirokely, par exemple, on a trouvé des tessons de sgraffiato qui prouvent des liens commerciaux avec le Proche orient. Il y avait aussi des relations commerciales avec l’Extrême-Orient comme en témoignent des fragments de céladon et de poteries à glaçure verte. D’autres sites de la même période ont été fouillés mais l’urbanisation les détruit peu à peu. Un hôtel a par exemple été bâti sur l’un des sites.C’est surtout sur la côte ouest de Nosy Be que l’on a trouvé ces preuves d’habitat. Le site d’Ambanivato situé en face de Sakatia, a une superficie de deux hectares.

Une jeune femme porte la nourriture sur la tête

A la période Mahilaka succède la phase Mamoko du nom d’un petit archipel situé du côté ouest de la Baie d’Ampasindava. On y voit de nos jours les ruines d’une mosquée et de deux maisons entrepôts. L’activité couvre la période du 15° et 16° siècle. Comme pour la période précédente, on trouve sur Nosy Be quelques sites de cette période. Sa fin correspond à l’avènement d’un puissant royaume : celui de Hongomaro (beaucoup de palétuviers) Tongoamaro ou Tingimaro (1540-1623). Il fait continuellement la guerre à ses voisins. Il vend ses prisonniers aux Antalaotra qui les revendent aux européens. Il serait mort empoisonné. La légende veut qu’à sa mort (cachée pendant un an) son harem ait été sacrifié (400 femmes).
On possède des témoignages sur ce roi car les Européens sont arrivés dans l’Océan Indien en 1488. Le père jésuite portugais, Luis Mariano, a exploré toute la côte Ouest de Madagascar et il parle d’une visite au roi dans sa capitale Ankoala. On peut se documenter sur le sujet en lisant les COACM des Grandidier père et fils. Ankoala n’a pas été retrouvé mais nous pensons l’avoir localisée.

Les habitants de Nosy Be dans une photo d'époque

Des anglais ont tenté de coloniser en 1650, Nosy Be qui portait alors le nom d’Assada ou Sada (l’île a aussi été appelée Vario be par les Sakalava). Ils ont rendu visite au roi avant d’être décimé par les fièvres et les assassinats. Le sponsor de l’expédition leur avait pourtant vanté le caractère paradisiaque d’Assada. Il disait en latin Quaerenda pecunia premium Cherchons l’argent d’abord ! La colonie était gouvernée par le Lieutenant-Colonel Robert Hunt. Il était aux ordres de William Courteen fondateur d’une société coloniale en Angleterre. Les Anglais, échaudés, n’interviendront directement à Madagascar qu’au début du 19° siècle.

Jacques Zeny
Jacques Zeny a été né à Hell-Ville Nosy-Be en 1961, ayant aujourd’hui 55 ans; il a fait ses études primaires à l’école publique d’Andavakotoko Hell-ville Nosy-Be, et des études secondaires au CEG de Boulevard Manceau toujours à Hell-Ville Nosy-B;, obtenu son baccalauréat série C au lycée de Diégo en 1983, ayant poursuivi ses études universitaires à la faculté des sciences économiques de Tananarive et obtenu sa maitrise en science économique en 1989 et continue ses études à l’institut des sciences comptables et d’administration d’entreprise en 1996, depuis il est cadre supérieur et chef d’entreprise jusqu’aujourd’hui. Il a suivi des études en socio-historique surtout du peuple Sakalava, la plus grande ethnie à Madagascar.

Depuis 2004, il a créé sa propre entreprise ESPACE ZENY qui gère le tourisme éco culturel de l’Arbre sacré de Mahatsinjo Nosy-Be. Il a réussi avec succès pendant tous ses cursus universitaires et il a travaillé toujours dans des grandes sociétés avant de créer sa propre société, ayant beaucoup d’expériences en matière de gestion et de management d’entreprise.
Maintenant, il est premier vice-président de l’office régional du tourisme de Nosy-Be et son entreprise marche bien dont voir ci-joint l’évolution des visiteurs étrangers du site touristique ARBRE SACRE.

jeudi 6 octobre 2016

Le roi Andriantsoly / La dernière âme de la resistance Sakalava


Une femme de la tribu Sakalava

Le roi Andriantsoly

La dernière âme de la resistance Sakalava


2 AOÛT 2016
par
JACQUES ZENY



Entre 17ème jusqu’au 19ème siècle, le royaume Sakalava était très puissant d’où la période d’expansionnisme du peuple Sakalava. L’expansion du royaume Merina va mettre un terme à la prospérité du royaume Sakalava. La dernière âme de la résistance du peuple Sakalava est le roi Andriantsoly qui a été décédé à l’âge de 47 ans et enterré à Mayotte. Il est devenu l’icône de la sauvegarde de cette prospérité de son royaume. Il s’était converti à la religion musulmane pour qu’il puisse se rapproché trop près de ses alliés Antalaotra. Mais cette conversion et surtout son rapprochement avec les Antalaotra n’est pas bien apprécié par la majorité des notables Sakalava. En un mot, l’histoire du peuple Sakalava est focalisée autour de l’histoire du roi Andriantsoly d’où son vrai nom est Solavola. Le nom posthume d’Andriantsoly est aujourd’hui Andriamagnavakarivo. Pour plus amples informations, voir le Musée de l’Arbre Sacré sis à Mahatsinjo Nosy-Be Madagascar.


Une jeune femme Sakalava



Après l’échec de sa négociation avec le sultan de Zanzibar, Andriantsoly décidait de quitter définitivement Nosy-Be et la presqu’Ile d’Ampasindava. Il avait pris le cap directement vers Mayotte et en arrivant là-bas, il était devenu sultan de Mayotte. Il profitait de sa position en tant que sultan à fin de pouvoir négocier avec l’Amiral De Hell pour qu’il puisse avoir le soutien de la France d’où il a proposé deux choses à la France : - Cession de Mayotte à la France - Protection de Nosy-Be par la France

Une jeune femme Sakalava


En 1841, le Capitaine Pierre Passot, collaborateur de l’Amiral De Hell, était venu en même temps à Mayotte et à Nosy-Be pour la finalisation et la signature des contrats successifs dans les deux Iles. Ensuite, la ville de Nosy-Be est dénommée Hell-Ville c’est-à-dire ville de l’Amiral De Hell et la montagne la plus haute de Nosy-Be est dénommée Mont Passot.

Une femme âgée de la tribu Sakalava


Le roi Andriantsoly après ses échecs successifs à Majunga, il s’était reculé petit à petit jusqu’il arrive à trouver une refuse dans la presqu’Ile d’Ampasibndava, plus précisément à Anorontsanga. Malheureusement, sa tentative de chercher un appui auprès du sultan de Zanzibar est une défaite. C’est pour cette raison qu’il a décidé de quitter définitivement, la presqu’Ile d’Ampasindava en 1832 pour rejoindre Commores et plus exactement Mayotte. Entretemps, le roi Tsimiaro I, roi des Antakarana, se réfugient un moment dans les grottes des Tsingy avant de capituler et de fuir aux Iles des Mitsio au nord de Nosy-Be. Dans ce cas, des milliers de personnes s’entassent sur ces petites Iles de Mitsio.

Tsialana e famille


Par contre à Nosy-Be, la royauté Sakalava Bemihisatra a dirigée par la jeune reine Tsiomeko avec 12.000 personnes Sakalava. Tsiomeko a demandé une aide au Sultan de Zanzibar, mais cette aide restera symbolique et c’est pour cette raison que la Reine Tsiomeko devrait obligatoirement quitter la Grande Terre et se réfugier à Ambariovato (Nosy-Komba actuellement), puis à Nosy-Be avec des milliers de personnes. A l’endroit où elle a mis ses pieds, on a planté un Ficus religiosa, le fameux Arbre Sacré, un banyan spectaculaire et géant allant jusqu’à 1 Ha de superficie actuellement, que l’on peut visiter en tant lieu de culte et de connexion entre Homme et Dieu.

Une femme âgée de la tribu Sakalava


On pourra faire des vœux de toute sorte surtout ceux qui lie l’Homme à la vie durable comme par exemple demander la bénédiction, la richesse, la pérennisation du mariage et de la vie, la progéniture et les enfants, etc… une culture encore praticable par les Sakalavas à l’heure actuelle, en moyenne 100 à 200 pratiquants qui viennent prier à l’Arbre Sacré de Mahatsinjo, sans compter des centaines touristes qui visitent ce lieu par mois.

Jacques Zeny
Jacques Zeny a été né à Hell-Ville Nosy-Be en 1961, ayant aujourd’hui 55 ans; il a fait ses études primaires à l’école publique d’Andavakotoko Hell-ville Nosy-Be, et des études secondaires au CEG de Boulevard Manceau toujours à Hell-Ville Nosy-B;, obtenu son baccalauréat série C au lycée de Diégo en 1983, ayant poursuivi ses études universitaires à la faculté des sciences économiques de Tananarive et obtenu sa maitrise en science économique en 1989 et continue ses études à l’institut des sciences comptables et d’administration d’entreprise en 1996, depuis il est cadre supérieur et chef d’entreprise jusqu’aujourd’hui. Il a suivi des études en socio-historique surtout du peuple Sakalava, la plus grande ethnie à Madagascar.
Depuis 2004, il a créé sa propre entreprise ESPACE ZENY qui gère le tourisme éco culturel de l’Arbre sacré de Mahatsinjo Nosy-Be. Il a réussi avec succès pendant tous ses cursus universitaires et il a travaillé toujours dans des grandes sociétés avant de créer sa propre société, ayant beaucoup d’expériences en matière de gestion et de management d’entreprise.
Maintenant, il est premier vice-président de l’office régional du tourisme de Nosy-Be et son entreprise marche bien dont voir ci-joint l’évolution des visiteurs étrangers du site touristique ARBRE SACRE.

mercredi 5 octobre 2016

Les rituels funéraires du Sakalava / Les funérailles de la famille royale


Les funérailles 

de la famille royale


Les rituels funéraires du Sakalava, le groupe ethnique le plus important à Madagascar



2 JUIN 2016
par
JACQUES ZENY



Les funérailles de la famille royale revêtent chez les Sakalava un caractère particulier. En général, la durée des funérailles est de plus de trente jours. Et durant toute la période de deuil appelée Fanompoagna mafana, les Sakalava devraient obligatoirement respecter toutes sortes des interdits ou fady (les femmes avec des cheveux tressés et portent de Salovagna et kisaly mais sans chemise, pourtant les hommes habillent avec des kitamby et sans chemise aussi ; tous les Sakalava ne portent pas des chaussures et dorment obligatoirement sur une natte et surtout interdit de dormir sur un lit durant le deuil royal).
Le royaume Sakalava s'est construit sur une idéologie politique
où le souverain est en rapport direct avec son ancêtre, Dieu

Lorsque le roi semble très proche de la mort, il faut le transporter hors de son palais royal (Zombavelona), de crainte qu’il n’y trouve la mort. Lorsque le roi Sakalava est mort, on dit que la terre est brisée (Folaka ny tany). Il appartient alors aux Sambarivo, clan chargé d’effectuer tous les travaux dans les Mahabo (tombeaux royaux), ainsi qu’aux Marovavy d’annoncer le décès à tout le monde. Le Manantany (Ministre de l’intérieur) et les Rangahy (conseillers royaux) rangent l’assistance dans la cour à l’ouest de la maison ou se trouve le corps du défunt. Durant plus d’une heure, chacun se prosterne, face contre terre, pour verser des larmes et pousser des cris de lamentations.
Danses traditionnelles

Dès la mort du roi, l’or est introduit dans sa bouche. Cette dernière est ensuite bandée avec une lanière de soie. Les orteils et les pouces sont attachés par des lanières de dalahany (étoffe riche et importée). Le corps devrait être lavé et enduit de miel; le bout d’un doigt de la main droite et une mèche de cheveux sont coupées pour être conservées comme reliques et le corps devrait être enveloppé d’un tissu blanc. Apres le bain de purification ; il faut envelopper le corps du défunt dans des tissus de soie appelées sobahia ou dalahany.
Apres, il faut choisir ensuite un zébu bien gras, et on le tue puis on le dépouille soigneusement de sa peau afin de rouler le corps mortuaire dans cette peau de zébu, que l’on coud solidement. Une ouverture est toutefois prévue afin de laisser s’écouler le pus (nana) appelé exceptionnellement lait, issus de la putréfaction. Durant plusieurs semaines on assure un renouvellement hebdomadaire de la peau de zébu et des tissus de soie qui enveloppent le corps du défunt.
Apres usage la peau de zébu et les tissus de soie sont jetées à la mer ou enterrées ans un endroit interdit étant considéré comme sacré. L’encens (emboko), brule et parfume de façon permanente. Durant toute la période de deuil, le bruit des hazolahy ou magnandria ne cessent de sonner jour et nuit. Pourtant les femmes pratiquent une danse sacrée réservée spécialement aux funérailles royales, une mélopée propre aux funerailles royales, et les hommes, entament la préparation du tombeau royal devraient être accompagner des chants érotiques avec battement des mains bien rythmés.
La viande des bovidés sacrifiés revient exclusivement aux personnes qui s’occupent de la dépouille royale (Sakalava Djingo). Pendant tout le temps des funérailles, les Sambarivo battent sans interruption les Hazolahy ou Magnandria et jouent des Antsiva. Le cercueil est confié aux charpentiers les plus habiles et sa fabrication a été effectuée tous les jours, hormis mardis, jeudis et dimanches qui sont des jours néfastes pour les Sakalava. Le cercueil est creusé dans un tronc de sohihy (arbre très dur) dont l’usage est exclusivement réservé aux funérailles royales. Les charpentiers et chanteurs mettent plusieurs semaines pour le creuser.
Tombe Sakalava

Le rôle et l`intervention des divers clans Sakalava au cours des funérailles royales

Lorsque les ossements du roi défunt sont purifiés de toute trace de chair, on doit procéder à lensevelissement. La célébration du rituel dinversion se déploie ici dans toute sa splendeur ; tout est permis, et point de sanction ni immédiates, pas même ultérieures. Avant d’envelopper le cadavre dans un linceul, il faut prendre soin de le parsemer de bijoux, de pièces dor et dargent, sans oublier les parfums de haute qualité, en un mot tous les effets personnels du roi défunt. On entoure ensuite le cadavre dun nombre variable de sobahia et de dalahany (pièce de soie). Enfin, il faut déposer la dépouille sacrée dans le cercueil. Tous les princes de la famille du défunt se doivent dassister à la cérémonie de la mise en bière.
Rituels funéraires

Avant la fermeture du cercueil, il a eu lieu le mosarafa qui consistait en une distribution d`étoffe blanche aux principaux chefs de clan Sakalava, sorte de cadeau fait par le mort lui-même, ou en son souvenir. Jour et nuit, les manandria et les antsiva ne cessent de retentir. La sépulture doit avoir lieu le vendredi soir et la nuit précédente, ils ont déjà creusé la fosse. Cette activité aussi porte une dénomination propre réservée aux rois défunts: on dit alors mamaky lanitry, creuser ou perforer le ciel. La tombe a environ 2,30 mètres de long, 1,50 mètre de large et 2,50 mètres de profondeur. A la tombée de la nuit, on allume de gros cierges fabriqués à partir du suif des bœufs sacrifiés.
Au terme du fanompoagna mafana c’est-à-dire après l’enterrement, chacun rentre chez soi. Mais auparavant, la prise dun bain collectif et purification reste obligatoire. Durant une semaine encore, après les obseques de LAmpanjaka (ROI), les sujets sabstiennent encore de danser, de chanter et dorganiser de grandes fêtes. Quant aux activités professionnelles, enfin, elles peuvent normalement reprendre.
La famille royale quand elle est morte, est considéré comme Mihilagna, c’est-à-dire dans un instant elle reviendra par le biais de son esprit sur une personne possédée, donc par le truchement du possédé ou medium, elle peut parler et discuter avec les vivants que l’on appelle Tromba. L’enterrement est fait à Mahabo, surtout pendant la nuit et non pas pendant le jour. Il existe trois Mahabo à Nosy-Be (Mahabo Manongarivo ; Mahabo Ambalarafia et Mahabo Mitsinjoarivo) et il y a un évènementiel culturel et traditionnel au moins une fois par an à chaque Mahabo de Nosy-Be dont mois de juillet à Mahabo Manongarivo ; mois d’aout à Mahabo Mitsinjoarivo et mois de septembre à Mahabo Ambalarafia.

Jacques Zeny
Jacques Zeny a été né à Hell-Ville Nosy-Be en 1961, ayant aujourd’hui 55 ans; il a fait ses études primaires à l’école publique d’Andavakotoko Hell-ville Nosy-Be, et des études secondaires au CEG de Boulevard Manceau toujours à Hell-Ville Nosy-B;, obtenu son baccalauréat série C au lycée de Diégo en 1983, ayant poursuivi ses études universitaires à la faculté des sciences économiques de Tananarive et obtenu sa maitrise en science économique en 1989 et continue ses études à l’institut des sciences comptables et d’administration d’entreprise en 1996, depuis il est cadre supérieur et chef d’entreprise jusqu’aujourd’hui. Il a suivi des études en socio-historique surtout du peuple Sakalava, la plus grande ethnie à Madagascar.
Depuis 2004, il a créé sa propre entreprise ESPACE ZENY qui gère le tourisme éco culturel de l’Arbre sacré de Mahatsinjo Nosy-Be. Il a réussi avec succès pendant tous ses cursus universitaires et il a travaillé toujours dans des grandes sociétés avant de créer sa propre société, ayant beaucoup d’expériences en matière de gestion et de management d’entreprise.
Maintenant, il est premier vice-président de l’office régional du tourisme de Nosy-Be et son entreprise marche bien dont voir ci-joint l’évolution des visiteurs étrangers du site touristique ARBRE SACRE.

mardi 4 octobre 2016

Le mariage Sakalava / Les critères de choix et le grand festin

Une femme Sakalava

Le mariage Sakalava

Les critères de choix et le grand festin


2 OCT. 2016
par
JACQUES ZENY



Le mariage constitue après la naissance biologique et sociale un autre temps fort de la vie sociale et humaine du peuple Sakalava. Dès la tendre enfance, le Sakalava est initié au mariage. Le jeune homme choisit, la jeune fille accepte : tel est le principe fondamental à moins qu’il ne s’agisse d’une princesse. Les critères de choix sont de trois ordres : juridique, esthétique, et axiologique. Le premier critère, le plus important de tous et de loin demeure l’interdit de l’inceste. Tant que les partenaires arrivent encore a établir ensemble leur arbre généalogique commun, même s’ils remontent jusqu'à la dixième generation ascendante, ils sont encore frappés par les tabous de l’inceste,atambo sady loza.

Une jeune femme

Le jour du mariage est fixé par le devin ou ampisikidy na Moasy. Autant que faire se peut, il se passera un jour faste pour les deux clans sont issus les jeunes et futurs époux. Les invitations commencent un mois avant la date fixée et indiquée. Les Sakalavas célèbrent le manenga (épouser) en deux temps, d’abord chez la jeune fille ensuite chez le mari. Les festivités commencent dès la veille pour se prolonger le lendemain par les joro, le grand festin, les chants et les danses.
Danses traditionnelles

Toutes l’expédition forte des membres de la grande famille du garçon débarque la veille du jour indique dans le village de la jeune fille. Tandis que celle-ci se trouve d’abord dissimulée par ses sœurs ou cousines parallèles patrilatérales ou matrilatérales, les hôtes sont introduits dans la maison paternelle. Les échanges qui comprennent les salutations, l’expose des motifs du déplacement et l’offrande de la dot débutent alors et la séance est rarement levée avant une heure. Quant aux zébus offerts en dot leur nombre peut s’élever parfois jusqu'à cinquante (50), autrefois ce fut un cas fréquent, aujourd’hui cela devient de plus en plus rare. A l’issue du grand dialogue d’accueil, assure par deux anciens qui représentent respectivement les époux et leur clan respectif, la mère présente la jeune fille parée de ses plus beaux bijoux et habits : elle sort de sa cachette et se montre solennellement à son prétendant. Apres encore le diner ordinaire, les festivités préparatoires au mariage commencent. La veillée dure toute la nuit. Elle est composée essentiellement de chants et de danses traditionnels. Les thèmes de fécondité et de vie font l’objet de la plupart des chansons (chants rythmés et poétiques).
Danses traditionnelles

Le matin après le lever du soleil, tout le village de la jeune fille se rassemble a l’ouest de l’enceinte sacrée. Hospitalité, hiérarchie et restauration vitale dans la solidarité, telles sont les idées maitresses que révèlent les grands festins chez les Sakalava. Au mariage comme à la naissance et aux obsèques, les premiers responsables organisent toujours un grand repas d’honneur ou tous les membres de l’assistance présente sont conviés sans exception. Au-delà des habitudes et des attitudes protocolaires nécessaires, il faudrait sans doute pouvoir lire aussi ici les empreintes de l’hospitalité, vertu très chère au Sakalava. Il est a remarquer, par ailleurs que les repas durant, les hommes mangent a part bien sépares des femmes qui forment a leur tour un groupe distinct des enfants. De plus, a l’intérieur de chaque entité les anciens et les aines jouissent d’un certain privilège. Et curieusement, les anciens se servent et terminent les premiers, tandis que les plus jeunes commencent après tous les ainés et se doivent de terminer en dernier lieu. Hormis les rois, les chefs de clan, les prêtres et les différents devins, le système agnatique Sakalava place, dans sa conception hiérarchique, les hommes au premier rang, les femmes au second, et enfin au dernier rang les enfants.

Jacques Zeny
Jacques Zeny a été né à Hell-Ville Nosy-Be en 1961, ayant aujourd’hui 55 ans; il a fait ses études primaires à l’école publique d’Andavakotoko Hell-ville Nosy-Be, et des études secondaires au CEG de Boulevard Manceau toujours à Hell-Ville Nosy-B;, obtenu son baccalauréat série C au lycée de Diégo en 1983, ayant poursuivi ses études universitaires à la faculté des sciences économiques de Tananarive et obtenu sa maitrise en science économique en 1989 et continue ses études à l’institut des sciences comptables et d’administration d’entreprise en 1996, depuis il est cadre supérieur et chef d’entreprise jusqu’aujourd’hui. Il a suivi des études en socio-historique surtout du peuple Sakalava, la plus grande ethnie à Madagascar.
Depuis 2004, il a créé sa propre entreprise ESPACE ZENY qui gère le tourisme éco culturel de l’Arbre sacré de Mahatsinjo Nosy-Be. Il a réussi avec succès pendant tous ses cursus universitaires et il a travaillé toujours dans des grandes sociétés avant de créer sa propre société, ayant beaucoup d’expériences en matière de gestion et de management d’entreprise.

Maintenant, il est premier vice-président de l’office régional du tourisme de Nosy-Be et son entreprise marche bien dont voir ci-joint l’évolution des visiteurs étrangers du site touristique ARBRE SACRE.