Affichage des articles dont le libellé est Alain Delon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alain Delon. Afficher tous les articles

vendredi 7 novembre 2014

Alain Delon / Les femmes de ma vie





Dans un magnifique album photo, le plus pudique des acteurs rend hommage aux femmes de sa vie

Alain Delon
LES FEMMES DE MA VIE

Le 20 avril 2011 | Mise à jour le 20 avril 2011
Je le connais depuis longtemps, et pourtant nos tête-à-tête ont été rares. La pudeur sans doute, qui a souvent peur de ces rendez-vous parce qu’ils sont quelquefois faits de ­silence. Notre amitié est née bien sûr sur les plateaux de la télévision, dans les années 70. Mais aussi sur certains tournages. Je me souviens m’être fait tout petit sur le plateau du « Cercle rouge » et du « Clan des Siciliens ». Ce déjeuner avec « le lion », je m’y suis préparé depuis plusieurs jours parce qu’avec Alain on ne sais jamais quelle sera la météo du ­moment. Ciel couvert ou grand bleu. Si ce jour-là vous ­tombez sur « Le samouraï », bonjour l’ambiance ! Mais si vous tombez sur « Plein soleil », vous allez connaître un vrai moment de bonheur parce que, quand le séducteur sourit à la vie, il est alors irrésistible. Ce rendez-vous est important car, pour la première fois, il va me parler longuement d’un sujet qu’il connaît mieux que personne : les femmes… Ses femmes. Celles qui ont partagé sa vie : Nathalie, la seule qui s’est appelée Mme Delon. Mireille Darc, son amie, sa complice pour la vie, celle qui le connaît le mieux. Romy Schneider ­évidemment… Et Anouchka, sa fille, sa star qu’il aime ­aujourd’hui plus que tout au monde et avec qui il vient de vivre, au théâtre, peut-être la plus grande émotion de sa carrière. Mais il y a aussi les femmes qui sont ses amies de toujours, au premier rang desquelles Brigitte Bardot, qui signe de manière éblouissante la préface d’un « album souvenir » événement qui sort dans quelques jours. Et puis il y a ses partenaires, celles qui l’ont accompagné depuis cinquante ans devant les caméras des plus grands metteurs en scène.
Enfin, il y a des révélations, dont la plus touchante est son histoire d’amour avec Dalida. Ils s’étaient connus en 1956, voisins de chambre dans un petit hôtel du VIIIe arrondissement de Paris. Comme convenu, nous nous retrouvons à 13 h 15 chez Laurent, le restaurant des hommes d’affaires et des politiques, à deux pas du palais de l’Elysée. Un endroit calme et discret, propice à la confidence, où les ­réseaux les plus influents se croisent chaque jour. Alain Delon est un ponctuel qui n’aime pas que les autres ne le soient pas. A 13 h 15 précises, je l’aperçois en conversation avec deux femmes blondes qu’il enveloppe de son regard magique. Il est souriant. Je suis tombé sur un bon jour, un jour de séduction. En entrant dans le restaurant, les quelques femmes présentes se retournent sur notre passage – que dis-je ? sur son passage. C’est comme ça depuis cinquante ans. Quand l’acteur français le plus connu dans le monde entre quelque part, à Paris, Tokyo, Shanghai ou Moscou, on a l’impression pendant quelques ­secondes que le temps s’arrête. En passant près d’une table, j’entends une femme blonde couverte de bijoux, la cinquantaine galbée, triomphante, souffler à sa voisine : « Il est toujours beau. » A 17 ans déjà, dira sa mère Mounette, dans la char­cuterie familiale tenue par son beau-père, le môme ­désarmait les clientes rien qu’en les regardant : « Il avait des yeux qui foudroyaient. Il possédait déjà cette aura et ce regard de loup qui mettent tout par terre. »
Ce regard-là a terrassé les plus belles femmes du cinéma français et international. Delon a été un des plus beaux mecs du monde. Et il écrit dans cet album exceptionnel, jalonné de photos souvent inédites : « J’ai voulu par ce livre rendre hommage à celles que j’ai aimées, qui m’ont aimé et à qui je dois tout ce que je suis. » Car cet acteur hors norme doit tout aux femmes. Il n’a cessé de vouloir les séduire et, à 70 ans passés, il aime toujours se retourner sur une silhouette gracile et croiser le regard d’une jeune fille qui lui fait comprendre qu’il n’est pas seulement l’idole de sa mère. Au cours de ce long ­entretien, celui qui se considère comme le « Dernier des ­Siciliens » m’a paru parfois mélancolique, dégageant une forme de lassitude, de désenchantement devant le temps qui file. Car cet homme si doué pour tout n’a jamais été doué pour le bonheur. Comme l’écrit si bien Brigitte Bardot dans sa préface : « Si mon ami Alain donne cette image d’un homme qui mord la vie à pleines dents, il sait aussi apprivoiser la mort. Peut-être sera-t-elle la dernière “femme de sa vie”. »
Avec Michel Drucker, à la terrasse de chez Laurent sur les Champs-Elysées,
Alain feuillette son album « Les femmes de ma vie » (éd. Carpentier).


Paris Match. Quel est le premier visage de femme qui t’a marqué ? 
Alain Delon. Celui de ma mère, Mounette. C’est la première photo du livre. Ma mère en train de me baigner dans une petite baignoire en cuivre. Mounette (qui s’appelait Edith) m’a adoré, admiré. Elle a été si fière de ma réussite. Elle a compris très vite que je n’étais pas un gamin comme les ­autres. Elle aurait voulu être actrice. Elle en avait le tempérament mais la vie et un remariage en ont décidé autrement. Je suis devenu ce qu’elle avait voulu être et elle a été néanmoins ­heureuse de ma réussite. Je la remercie pour tout cela et pour le reste.
Cet album, “Les femmes de ma vie”, est une sorte de livre de mémoire illustré par des dizaines de photos. Qu’as-tu ressenti en les choisissant ? 
C’était émouvant et déchirant. Voir toute sa vie défiler en quelque 200 photos a été parfois une épreuve. Je ne connaissais pas certaines de ces photos. Beaucoup de souvenirs sont revenus. Ce qui me rend mélancolique, c’est que certaines de ces femmes ne sont plus là. D’autres ont vingt ans de plus que moi. Elles sont à la fin de leur vie mais, malgré leur âge, ce sont des personnalités à jamais ancrées dans mon existence. Je dis d’ailleurs, dans le livre, que je retiens ce que j’ai possédé et que je n’oublie jamais.
C’est le cas de Brigitte Auber et de Michèle Cordoue ? 
Je peux même affirmer qu’elles m’ont lancé. Brigitte Auber, dans les années 50, était une vedette. Héroïne de “Rendez-vous de juillet” de Jacques Becker, elle était également à l’affiche, à l’époque, de “La main au collet”, d’Alfred ­Hitchcock, aux côtés de Grace Kelly et de Cary Grant. Dans ces années-là, je ne suis rien. Je rentre d’Indochine. Ma rencontre avec Brigitte, rue Saint-Benoît dans une boîte de jazz, sera décisive. J’habiterai très vite chez elle. C’est Brigitte qui me présenta Michèle Courdoue, l’épouse du metteur en scène Yves Allégret. Elle m’imposera auprès de son mari qui me donnera mon premier rôle dans “Quand la femme s’en mêle”, titre prémonitoire. Plus de cinquante ans après, je n’oublie pas ce que je dois à ces deux femmes.
Il y a quatre femmes-clés qui figurent à tes côtés à la une de ce numéro de Match : Romy, Nathalie, Mireille et Anouchka. Comment t’ont-elles aimé ? Comment les as-tu aimées ? 
Avec Romy, les souvenirs sont doux et douloureux. Ce que je garde à jamais dans mon cœur, c’est son sourire. Quand elle souriait, tout s’éclairait, se métamorphosait. En 1958, je suis débutant. Elle est déjà “Sissi”, star européenne. Elle n’a que 20 ans. Moi, j’étais un jeune loup que l’Indochine avait durci. Tout nous séparait. J’ai fait des essais concluants, et elle m’a choisi pour être à ses côtés dans “Christine”. Et puis, avec la complicité de mon ami Jean-Claude Brialy qui me manque tant, nous sommes devenus amants.
Vos retrouvailles dix ans après étaient-elles pour toi une façon de la remercier ? 
Absolument, entre-temps ma carrière s’était envolée et la sienne avait marqué une longue pause. Ce fut “La piscine”, de Jacques Deray, qui fut un raz de marée.
Dans cette magnifique galerie, il y a celle qui fut la seule à s’appeler Mme Delon. Parle-moi de la maman d’Anthony. 
En effet, Nathalie et moi sommes passés devant le maire en 1964 et Anthony est né. Avec Nathalie il y avait une ­ressemblance troublante. On nous a souvent pris pour le frère et la sœur. Notre traversée ne fut pas toujours de tout repos car Nathalie avait un tempérament proche du mien. Mais, avec les années, nous nous sommes retrouvés et je suis fier ­d’Anthony.
Je voudrais que tu me parles maintenant de Mimi, Mireille Darc.
Elle occupe une place à part dans cet album. C’est sans doute, parmi toutes les femmes que j’ai aimées, celle qui me connaît le mieux. Nous nous sommes connus en 1968 pendant le tournage de “La piscine”. J’étais séparé de Nathalie et je ­traversais une période très compliquée avec des soucis extraprofessionnels. Elle a été là, m’a aimé, m’a soutenu, et ça a duré quinze ans. Et je peux dire que ça dure toujours. Elle reste quelque part la femme de ma vie parce que nos liens, notre complicité sont inoxydables. Nous avons vécu tant de choses ensemble !
Elle a du mérite de t’avoir supporté si longtemps, car tu reconnais toi-même que vivre à tes côtés n’est pas une sinécure…
Je le reconnais. Je peux être colérique, caractériel, parfois injuste, et surtout d’une impatience maladive. Je n’aime pas l’hypocrisie ; je dis les choses parfois brutalement. Mireille a vécu des moments difficiles avec moi. C’est d’autant plus ­méritoire qu’elle a eu de graves problèmes cardiaques et a dû se faire opérer. Mon lien avec Mimi ne sera jamais rompu.
Il y a dans le livre une confession troublante et touchante : ton histoire d’amour avec Dalida, dans les années 60.
Nous nous sommes connus bien avant cela, dans les années 50. Je vivotais, je travaillais la nuit et au petit matin je m’écroulais dans la petite chambre d’un hôtel, rue ­Jean-Mermoz, près des Champs-Elysées. Au même étage, dans une autre mansarde, habitait une certaine Yolanda Gigliotti. Elle venait du Proche-Orient avec, comme seul bagage, un titre de Miss Egypte 1954. Nous rêvions de gloire et de lumière. Dix ans plus tard, elle était devenue Dalida et moi Delon. Nous nous sommes retrouvés à Rome. Nous nous sommes aimés loin des regards et des paparazzis, et les rares témoins de notre liaison restèrent discrets pendant des années. Et quand Eddie Barclay et Orlando, le frère de Dalida, nous proposèrent d’enregistrer le fameux duo “Paroles, paroles”, notre complicité était intacte. Je n’ai qu’un regret, qu’un remords, ne pas l’avoir eue au téléphone avant qu’elle ne décide d’en finir avec la vie.
Quelle est aujourd’hui la femme de ta vie ? 
Ma fille Anouchka. Il y a quelques années, quand j’ai monté les marches de Cannes avec elle à mon bras, vous n’imaginez pas ce que j’ai ressenti ! Je viens de vivre au ­théâtre une des plus fortes émotions de ma vie. Imaginez : pour ce qui a été peut-être mon dernier tour de piste, j’ai donné la réplique à ma fille, devenue en quelques années une excellente comédienne. Je l’aime passionnément, comme j’aime son frère, Alain-Fabien. Mais que voulez-vous, elle, c’est une femme, alors je craque.
Pourquoi es-tu seul aujourd’hui ? Est-ce un choix délibéré ? 
Je ne suis pas seul, pas du tout. Mais vivre avec qui ? Avec une femme beaucoup plus jeune que moi ? Mais je ne suis plus jeune ! Et puis quand on vieillit, on prend des habitudes. Les jeunes me déconcertent, j’ai du mal à les comprendre, eux qui passent leurs journées aimantés par l’écran de leurs ordinateurs et de leurs téléphones portables. Mais tu sais, Michel, il y a chez moi un paradoxe que tu connais. J’ai parfois été heureux en couple mais j’aime aussi être seul avec mes chiens. Les chiens qui ont jalonné ma vie pendant quarante ans m’ont toujours apporté une douceur et une quiétude infinies que les humains ne m’ont jamais données. Comme le dit Brigitte Bardot, cette amie que j’aime tant, il y a chez moi un côté sauvage. Je sais que je suis “un fauve”, et les fauves sont indomptables et seuls.


jeudi 6 novembre 2014

Alain Delon / Ses enfants, sa bataille


Alain Delon, ses enfants, sa bataille
Alain Delon et sa fille Anouchka lors du dernier Festival de Cannes.

ALAIN DELON, SES ENFANTS, SA BATAILLE

La star a remporté une bataille juridique le 24 septembre dernier, en obtenant la garde de son fils, Alain-Fabien, âgé de 16 ans. Et il jouera prochainement au théâtre avec sa fille, Anouchka.

Pour Alain Delon, la famille c’est aujourd’hui sacré. Le comédien, qui fêtera ses 75 ans le 8 novembre prochain, a obtenu du tribunal de grande instance de Paris la garde de son deuxième fils, Alain-Fabien (les deux premiers prénoms de l’acteur, Ndlr), le 24 septembre dernier. Aujourd’hui âgé de 16 ans, le jeune adolescent est le troisième enfant d’Alain Delon, après Anthony Delon, né le 30 septembre 1964 et fils de Nathalie Canovas, et Anouchka Delon, née le 25 novembre 1990 et fille de Rosalie Van Breemen comme Alain-Fabien.
Alain Delon était en conflit avec son ex-épouse, de 1987 à 2002, après que cette dernière ait révélée que son fils prenait de la marijuana dans un quotidien néerlandais – elle est d’origine hollandaise. Selon «Le Parisien», le jeune garçon avait envoyé un SMS en guise de S.O.S, alors que sa mère désirait le placer dans une clinique afin de le sevrer. Remariée à l’homme d’affaires américain Robert Frank Agostinelli, l’ex-épouse d’Alain Afflelou ne voulait pas entendre parler d’un partage de la garde de son fils. Alain Delon n’a donc pas eu le choix. Il a saisi le juge des affaires familiales du TGI de Paris qui lui a donc donné raison. Il aura désormais la charge et la responsabilité de son fils, lycéen suisse dans le canton de Vaud, alors que sa mère, elle, bénéfice d’un droit de visite et aura la garde de son fils pendant les vacances.

Une double actualité pour la star

S’il se fait rare sur grand écran – son dernier rôle est celui de Jules César dans «Astérix et les Jeux Olympiques», Alain Delon reste en activité, sur les planches et à la télévision. Il a notamment donné la réplique à la chanteuse Lorie dans «Un mari de trop», diffusé ce soir à la télévision belge et le 11 octobre prochain sur TF1. On retrouvera également «Frank Riva» au théâtre, sur la scène des Bouffes parisiennes dès janvier 2011 pour «Une Journée ordinaire» d’Eric Assous, mise en scène par Bernard Murat. Il partagera l’affiche avec sa fille, Anouchka, qu’il accompagne dans sa carrière artistique, après leur participation commune dans le téléfilm «Le Lion», d’après le roman de Joseph Kessel.
En paix avec lui-même, Alain Delon a aussi trouvé le temps pour figurer dans le clip en faveur en faveur du soutien des personnes âgées hospitalisées, à l'initiative de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, en compagnie de son amie Mireille Darc.



mercredi 5 novembre 2014

Alain Delon / Le dernier des mohicans


Alain Delon, le dernier des Mohicans

ALAIN DELON

LE DERNIER DES MOHICANS

L'acteur mythique rend hommage à ceux qui ont tourné avec lui et sont décédés.

Depuis ses débuts, devant la caméra d'Yves Allégret en 1957, à son rôle de César dans l'adaptation d'Astérix aux Jeux Olympiques, Alain Delon a tournée dans une centaine de films. Il refuse désormais d'en voir la plupart, par crainte d'être "trop remué".
47 ans après la Palme d'or du Guépard, de Visconti, il revient à Cannes pour présenter une version remasterisée du film. Un chef d'oeuvre qu'il n'aime pas revoir : "dans la plupart de mes films, (...) je suis le seul survivant et ça me fait beaucoup de peine", a expliqué Alain Delon vendredi sur Europe 1. "J'ai du mal à voir mes amis qui ne sont plus là. Et de les voir vivre sur l'écran, ça me rappelle toutes ces scènes qu'on a tournées il y a 20 ans, 30 ans ou plus", a-t-il poursuivi.
Alain Delon évoque notamment le souvenir du film La piscine, avec sa compagne Romy Schneider d'alors. C'est un film "que je ne peux jamais revoir à cause de Romy, Maurice Ronet et maintenant Jacques Deray qui est parti aussi. De me voir revivre dans ces scènes (...) avec Romy Schneider c'est absolument insupportable."
Mais la mémoire d'Alain Delon semble lui jouer quelques tours. Alors que Claudia Cardinale, sa partenaire dans Le Guépard, évoquait il y a quelques semaines un baiser très chaud entre eux sur le tournage, l'acteur lui ne semble pas s'en souvenir : "si elle le dit, ça doit être vrai. (...) Ca aurait dû me bouleverser, ça m'a peut-être bouleversé sur le moment..."