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dimanche 2 août 2015

Biographies / Amy Winehouse


Amy Winehouse
Poster de T.A.



BIOGRAPHIE DE Amy Winehouse


(1983 - 2011)

La voix soul-jazz et son caractère bien trempé ont fait de la jeune anglaise Amy Winehouse la sensation de l'année 2007 avec l'album Black To Black. La nouvelle diva, devenue la proie des tabloïds, s'enfonce davantage dans l'alcool et les drogues, divorce, annule ses tournées, peine à enregistrer... Son destin la rattrape le 23 juillet 2011 quand elle est retrouvée morte à son domicile londonien. Elle avait 27 ans. Dans la foulée sort l'album posthume Lioness: Hidden Treasures (2011) et le quadruple volume At The BBC pour Noël 2012.

Amy Winehouse
Poster de T.A.

Fille d'un chauffeur de taxi et d'une mère pharmacienne, la jeune Amy-Jade Winehouse grandit dans l'unvers du jazz par le biais de sa famille : sa grand-mère qui a fréquenté le saxophoniste Ronnie Scott et des oncles musiciens l'ont initiée à l'écoute des grandes voix, de Dinah Washington à Frank Sinatra. Adolescente, elle s'intéresse au rap des TLC et Salt-N-Pepa et abandonne ses études quand son ami, le chanteur de R&B Tyler James présente une cassette d'Amy à son directeur artistique.

De Dinah à Frank


Un contrat vite décroché à vingt ans, elle enregistre Frank (2003) avec le producteur hip hop Salaam Remi. Avec son étonnant mélange de soul et de rap, l'album est cité comme l'une des plus belles réussites de l'année et la chanson « Stonger Than Me » remporte un Ivor Novello Award. Le caractère bougon de la demoiselle rétive à toute promotion commence alors à défrayer la chronique des tabloïds anglais qui commentent sans relâche ses frasques, sa douzaine de tatouages et ses problèmes d'alcool et de drogues.

Amy au Zenith


En octobre 2006, le hit-single « Rehab » sonne comme une réponse à la presse et à sa maison de disques, et entraîne le remarquable album Back To Black en tête des classements, faisant d'Amy Winehouse la révélation de l'année et une nouvelle icône soul. Son producteur, le prodige Mark Ronson, l'invite sur le titre « Valerie » de son propre album Version (2007). 



Le 18/5/2007, Amy Winehouse épouse son mentor Blake Fielder-Civil dans le plus grand secret à Miami et se produit aux Eurockéennes de Belfort le 29 juin. Attendue au festival Rock en Seine, elle fait faux bond, se remettant d'une overdose qui l'a plongée dans un court coma début août. Prévue pour un Olympia à Paris, c'est finalement un Zénith que la chanteuse soul remplit haut la main, en dépit d'une prestation aussi unique que cahotique.

Auprès de mon Blake

Les problèmes n'ont pas fini de miner Amy Winehouse, se retrouvant plus souvent à la « une » de la presse sensationnelle que des gazettes spécialisées ; quand début novembre, le cher époux est inculpé pour entrave à la justice dans une affaire de corruption pour faire taire un barman agressé, la chanteuse décide d'annuler toutes ses prestations pour rester auprès de son Blake. 

Le 10 février 2008, Amy Winehouse est la grande gagnante des 50èmes Grammy Awards. Ce soir là, elle remporte cinq trophées : Meilleure nouvelle artiste, Chanson de l'année (« Rehab »), Meilleur enregistrement, Meilleur album et Meilleure performance pop). Chanteuse reconnue pour son timbre exceptionnel, elle l'est également pour ses déboires. Divorce, excès d'alcool et de drogues, concerts et tournées annulées, séances d'enregistrements infructueuses... Ses déboires noircissent les pages des tabloïds qui traquent ses moindres faits et gestes. 

Incapable de surmonter ses addictions malgré plusieurs séjours en cure de désintoxication, la nouvelle diva s'éloigne des studios. La sortie d'un troisième album devient hypothétique. Un retour scénique raté à Belgrade au printemps 2011 conduit à l'annulation de la tournée estivale prévue. Tous les espoirs sont finalement déçus quand la chanteuse âgée de 27 ans est retrouvée morte à son domicile londonien le 23 juillet 2011.

Dans la foulée est rapidement annoncé un album posthume. Lioness: Hidden Treasures, paru en décembre a été confié aux mains expertes de Salaam Remi et contient des versions alternatives de titres connus, ses premières demos (« Half A Time », « The Girl from Ipanema ») et quelques raretés comme le duo « Like Smoke » avec Nas. En novembre 2012, c'est au tour de la BBC de sortir ses trésors : le coffret de 3 DVD et 1 CD Amy Winehouse At The BBC comprend ses prestations chez Jools Holland, Jo Whitley et Pete Mitchell, le concert au Porchester Hall, diverses prestations audio et le documentaire The Day She Came To Dingle.


Loïc Picaud

samedi 1 août 2015

Les dernières heures d'Amy Winehouse

Son dernier concert à Belgrade, le 18 juin 2011, s’était mal terminé. A cause de l’alcool.

LES DERNIÈRES HEURES 

D’AMY WINEHOUSE

BIOGRAPHIE


La chanteuse très soul et très seule ne s’est pas suicidée. Les analyses ont parlé : elle a noyé son mal-être dans l’ alcool. Découvrez en avant-première sur ParisMatch.com un long extrait du récit poignant de notre reporter. La suite et la fin dès demain dans le magazine Paris Match.


Amy peine à saisir son téléphone. Dans un moment de lucidité, elle écrit à son ami Kristian Marr ce SMS étrange : « Je serai là pour toujours. Et toi ? » Il est 3 heures du matin, la nuit du 22 au 23 juillet 2011. Elle est dans son lit, au troisième étage de sa maison, en face de Camden Square. Elle a bu. Elle s’endort, hagarde. Elle a déjà vécu cette situation, se sentir lourde, écrasée, abrutie par la boisson. Son garde du corps, monté la voir quelques minutes auparavant, n’a rien décelé d’anormal. C’est le même qui va jeter un coup d’œil dans sa chambre, vers 10 heures du matin. Elle ne bouge pas. Il ne s’inquiète pas. Il y retourne en début d’après-midi, perturbé par ce silence soudain gênant. « Amy ? » Pas de réponse. Il ouvre la porte, marche vers elle. « Amy ? » Il découvre la chanteuse inanimée dans ses draps.



Après trois mois de mystère, les premiers tests toxicologiques pratiqués sur le cadavre excluront une overdose de drogues, sans préciser la cause exacte du décès. Les résultats définitifs indiquent un taux de 4,16 grammes d’alcool par litre de sang au moment de la mort. Un taux de 0,5 interdit de conduire ; 3,5 est le point limite, la partie du cerveau qui commande la respiration est atteinte. Winehouse a bu comme un trou, une fois de plus, une fois de trop. Il n’y avait même pas de verre au pied de son lit, simplement trois bouteilles de vodka vides. Elle a sombré dans un coma éthylique qui a pu entraîner un vomissement dans les bronches, un refroidissement de la température corporelle ou une crise d’épilepsie. Selon les conclusions de l’enquête, sa mort est « accidentelle ».


« Elle n’était pas suicidaire, elle avait des projets »

Depuis quelques années, c’était son truc à Amy, le yoyo alcoolisé. Dès qu’elle allait trop loin, qu’elle se sentait pitoyable, elle s’arrêtait net de boire. Ces périodes de sobriété forcée se prolongeaient deux, trois semaines. Mais elle y revenait toujours, plus fortement. Après le désastre du concert de Belgrade, le 18 juin, où elle était apparue pathétique, titubante, ruminant des paroles inaudibles sur scène, elle avait tout stoppé. Elle voulait s’en tirer, chanter à nouveau, aimer, vivre. Elle a tenu trois semaines. Jusqu’au 20 juillet où elle est aperçue, après le concert de sa filleule, Dionne Bromfield, avalant des rasades de gin et de Red Bull. Winehouse, ­capable d’osciller entre l’euphorie et la noirceur en une fraction de seconde, était si imprévisible que son entourage n’a pas senti un danger particulier. La petite les avait trop habitués à se relever.

Sa mère, Janis, lui a rendu une ­visite surprise la veille de sa mort. Elle n’a rien pu empêcher, seulement constater l’étendue des dégâts. « Elle avait l’air ailleurs, perdue. Ce n’était qu’une question de temps. » Elle adoucira cette vision macabre plus tard : « Elle pouvait dormir des heures et avoir toujours l’air de se réveiller. Nous avons bu un thé, regardé des photos de famille… Quand je suis partie, elle m’a serrée dans ses bras et dit : “Maman, je t’aime.”» La santé d’Amy était surveillée depuis quatre ans par le Dr Cristina Romete. Elle est venue à son domicile ce jour-là, vers 19 heures. Elle lui avait prescrit depuis peu du Librium, un médicament qui aide à combattre les crises d’anxiété liées au sevrage. Elle constate qu’Amy boit à nouveau. Mais ne s’affole pas. « Amy était pompette mais pouvait soutenir une conversation. » Lorsque Romete lui demande si elle a l’intention d’arrêter de boire, Amy hésite : « Je ne sais pas. » Et le médecin de conclure : « Elle n’était pas suicidaire, elle avait des projets. Elle m’a dit : “J’ai encore des choses à faire dans la vie.”» Ce qui suffit pour rassurer un médecin…

Elle quitte sa patiente vers 20 heures, sans imaginer la suite funeste. Ce qui peut se comprendre ; 2011 n’est pas 2008, annus horribilis de la chanteuse. Amy ne cache plus des fioles de cocaïne dans sa perruque. Amy ne partage plus de pipes à crack avec Pete Doherty en rigolant devant des souriceaux. Amy ne se scarifie plus les bras pour atténuer la douleur du manque d’héroïne. Son ex-mari, l’affreux Blake Fielder-Civil, l’homme qui lui fit découvrir ces belles substances, dort en prison pour cause de cambriolage raté. Alors, quelques verres en début de soirée, ce n’est rien…

Au cours de ce dernier été londonien, elle va raisonnablement mal. « Amy ne faisait pas grand-chose, je crois qu’elle était très isolée », dit un photographe qui l’a suivie des années durant. Ses chères copines des débuts, Juliette Ashby, Remi Nicole, ne sonnent plus chez elle à l’improviste. Elle ne joue plus au billard des nuits entières, comme avant, dans son garage ou à l’étage de son pub préféré, The Hawley Arms. Elle s’ennuie. Ce n’est plus la passion avec son petit ami par intermittence depuis deux ans, le réalisateur gominé Reg Traviss. Elle l’aime bien, mais il n’a jamais remplacé Blake le terrible. Reg l’avait quittée en février, puis en mai, effrayé par ses abus et ses coups de fil réguliers à Blake en prison. Aujourd’hui, il révèle un projet de mariage imminent, guère crédible. Il joue le rôle du gendre idéal, et éternel. Et comment ne pas rire jaune lorsque Reg Traviss explique, avec la bénédiction de la famille Winehouse, combien Amy était une « femme normale, saine, en bonne santé » ! Sur une autre planète, peut-être.

Mais dans le nord de Londres, le soir du vendredi 22 juillet, Winehouse a enquillé les shots jusqu’à l’encéphalogramme plat. D’après un proche de Reg, lui et Amy se seraient vus, auraient bu quelques coups. Ce qu’il nie avec une candeur désarmante : « J’ai terminé le travail tard vendredi et, comme je n’ai pas réussi à la joindre, j’ai pensé qu’elle s’était assoupie. Je lui ai envoyé un SMS pour lui signifier que j’allais regarder un DVD, qu’elle me fasse signe dès son réveil. Je trouvais étrange de ne pas avoir de ses nouvelles. En sortant de chez le coiffeur, j’ai vu sur mon téléphone un appel manqué provenant du numéro de son garde du corps. Je ne me suis pas inquiété, elle perdait toujours son portable, elle avait dû utiliser le sien. Je n’ai pas rappelé, je suis passé à mon bureau chercher mes chaussures. » Il sait pourtant qu’il parle d’Amy Winehouse, une fille sauvée par miracle d’overdose à plusieurs reprises, une fille qui remplaçait une addiction par une autre, une fille qui recommençait à boire depuis peu, une fille qui venait d’envoyer un SMS à un autre au milieu de la nuit, Kristian Marr qui ne l’avait pas vue ­depuis six semaines.

«Elle était sur la bonne voie»

Pourquoi un signe maintenant ? Il ne comprend pas, mais se souvient de leur ultime moment ensemble : « On regardait “Scarface” sur son canapé. Amy voulait acheter de l’alcool. Je l’ai convaincue de se contenter de thé. On s’est endormi. Et j’étais heureux, sachant qu’elle était sur la bonne voie. » Elle a déraillé. Un certain Tony Azzopardi a déclaré avoir été « attrapé » dans la rue et emmené en taxi par Amy, ce soir-là, afin qu’il la mette en contact avec un dealer de West Hampstead. Celui-ci lui aurait fourni pour 1 200 livres de crack et d’héroïne. Tony a rajouté devant les policiers qu’elle avait fumé du crack sous ses yeux, dans le taxi, en se plaignant du harcèlement de Blake. Mais quel crédit accorder à un vieux junkie sans le sou, alcoolique, prêt à tout pour quelques billets ? D’autant que les tests toxicologiques sont vierges de traces de stupéfiants.

Est-ce ainsi que meurt une star de 27 ans ? Si seule ? Négligence coupable de l’entourage ? Andrew Morris, son costaud bodyguard, revenait de vacances. Son médecin traitant a remarqué un état d’ébriété léger. Il n’a alerté personne. Ces gens ont oublié sa nature versatile, bipolaire, dépressive. Sa mère l’a trouvée comme d’habitude, endormie puis éveillée, joyeuse puis mélancolique. Elle se préparait au pire depuis si longtemps qu’elle avait fini par se convaincre que cela n’arriverait plus. Son père avait habité quelques mois avec elle pour la protéger. C’était invivable. Il réside dans le Kent, à une heure de la capitale. Reg l’avait abandonnée à ses démons, sans penser à mal.

Seule sa grand-mère chérie, Cynthia, aurait pu la raisonner. Toutes deux écoutaient les divas tristes Dinah Washington et Sarah Vaughan. Cynthia, surnommée « Nan », lui racontait son aventure avec le saxophoniste de jazz Ronnie Scott ; Amy, ses turpitudes d’adolescente, son expulsion de la prestigieuse école de théâtre ­Sylvia Young pour un piercing trop évident, son amour des uniformes des serveuses américaines des années 50… Amy faisait alors l’effort de respecter ces ­rendez-vous hebdomadaires. Nan est décédée d’un cancer du poumon en 2006. Amy ne s’est plus jamais soumise à une quelconque discipline. Sa chanson « Rehab » témoigne de cette obstination à n’en faire qu’à sa tête. Elle avait trompé la mort si souvent ! Le temps des soirées à errer, défaite, avec Blake, les ongles noircis par le crack, les bras couverts d’égratignures, les jambes pleines de bleus, était révolu. Son malaise, moins visible, demeurait.



La carrière d'une comète



En trois ans, laps de temps qui sépare le premier album, « Frank », du ­second si intense, « Back to Black », la douleur, le désespoir, le regret, la drogue, la dépendance lui avaient taillé une voix puissante, sombre, celle d’une femme mûre et triste. Elle n’a plus jamais été capable de réitérer l’exploit, mettre ses maux en musique. Sa carrière s’est donc achevée en 2006, à 23 ans. Une comète. Ses capacités pulmonaires étaient diminuées par un début d’emphysème diagnostiqué en 2008. C’est jeune pour une maladie de vieux. On entend son timbre abîmé, fêlé par les excès sur « Body and Soul », duo avec son idole, Tony Bennett. Son dernier enregistrement. L’absence de jus, d’énergie, y est flagrante. Elle n’avait plus de coffre. Etait-ce irrémédiable ? Amy paraissait paniquée à l’idée de rechanter en public ou de remettre les pieds en studio. Elle adorait la musique, ses virées à Camden, mais la fraîcheur et l’enthousiasme s’étaient émoussés. Elle était riche, elle s’en fichait. 4,16 grammes. Elle s’est assommée. Sa mort le 23 juillet est un accident. Elle aurait pu survenir des mois, des années auparavant. Sa vie fut aussi brève que ses tourments furent ­interminables. Un long suicide, entrecoupé de moments furtifs de joie, de ­sursauts passagers. Le destin bouclé d’une fille vidée avant la trentaine.




vendredi 31 juillet 2015

Amy Winehouse aurait fati une tentative de suicide à 10 ans

Amy Winehouse


AMY WINEHOUSE AURAIT FAIT 

UNE TENTATIVE DE SUICIDE À 10 ANS

BIOGRAPHIE


News publiée le 12/05/2013 à 13h01
Par Eric Ratiarison


Un livre vient de révéler que Amy Winehouse a eu une enfance bien plus difficile qu'on ne le pensait. Et ce n'est pas joli à lire.

Amy Winehouse : The Untold Story, c'est le nom du livre choc écrit par Chloe Govan sur la star britannique décédée le 23 juillet 2011. Selon les rapports de l'enquête, l'interprète de Rehab aurait succombé à un abus d'alcool suite à trois semaines d'abstinence. L'alcool et les drogues la détruisaient depuis un bon nombre d'années déjà. Le résultat d'une vie semée d'embûches. L'une des raisons de son tourment serait le divorce des ses parents alors qu'elle n'était qu'une enfant. Une séparation due au fait que son père ait quitté sa mère pour vivre avec une collègue de travail. La jeune Amy Jade l'a très mal vécu. Du coup, pour évacuer sa frustration, elle s'est scarifiée les bras et les poignets avec des compas, des lames de rasoirs et des bouts de verres. Mais le pire est arrivé quand elle a ingéré un nombre bien trop important de médicaments. Elle voulait en finir alors qu'elle n'avait que 10 ans. L'ami qui l'a secourue confie qu'il l'a vu agoniser, que de l'écume commençait à sortir de sa bouche et que ses yeux étaient révulsés, ''c'était terrifiant'', conclut-il. Ensuite, la future star, lui a demandé de ne rien dire à personne.

En ce qui concerne son décès, un proche raconte que ''Amy ne voulait pas mourir dans l'ombre sans avoir fait un disque aussi bon que Back To Black''. De plus, il ajoute que ''malheureusement, elle connaissait le club des 27 et que ça ne la dérangeait pas de le rejoindre''. Le club des 27 est un ensemble d'artistes qui sont morts à l'âge de 27 ans. Parmi eux il y a Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison ou encore Kurt Cobain. 





jeudi 30 juillet 2015

Amy Winehouse / C'est la boulimie que l'a tuée

Amy Winehouse

AMY WINEHOUSE : 

POUR SON FRÈRE, 

C'EST LA BOULIMIE QUI L'A TUÉE

News publiée le 24/06/2013 à 10h54
Par Michel Serra


Amy Winehouse, décédée au mois de juillet 2011 ne serait pas morte des suites de l'alcool mais à cause de ses désordres alimentaires. C'est du moins ce qu'affirme le frère de la star britannique.
Le 23 juillet 2011, le monde apprenait le décès de la chanteuse britannique Amy Winehouse, âgée seulement de 27 ans. Si la raison de son décès est officiellementune intoxication due à la présence de trop d'alcool dans son organisme, certains membres de sa famille réfutent cette hypothèse, son frère Alex en tête.

Pour le jeune homme de 33 ans qui s'est confié à The Observer, ce sont les désordres alimentaires de la chanteuse émotionnellement troublée qui lui ont coûté la vie, plutôt que l'alcool directement : "Elle souffrait de boulimie très sévèrement. Ce n'était pas un secret, il suffisait de la regarder. Elle aurait succombé de toutes manières, mais ce qui l'a vraiment tuée, c'est sa boulimie… C'est dramatique. Je pense que c'est ce qui l'a le plus affaiblie. Peut-être que si elle n'avait pas eu un désordre alimentaire, elle aurait survécu".

Star incontestée de la musique britannique avec seulement deux albums sortis de son vivant, Amy Winehouse fait désormais partie des légendes du rock mortes à l'âge de 27 ans, comme Janis Joplin, Kurt Cobain ou encore Jimi Hendrix. Les Anglais aiment tellement la chanteuse de Back to Black qu'ils ont même proposé àla ville de Londres de rebaptiser une rue à son nom. Une sorte de dernier hommage et un véritable honneur pour son père, Mitch Winehouse, toujours à l'affut d'un peu de lumière. Ce dernier s'en était pris à Beyoncé récemment, et à sa reprise du titre-phare de sa fille défunte.





mercredi 29 juillet 2015

Amy Winehouse / Mort d'une diva destroy


AMY WINEHOUSE

MORT D’UNE DIVA DESTROY

BIOGRAPHIE

Cette petite Anglaise avait la voix des grandes dames de la soul.    Et leurs fêlures. L’alcool, la drogue, le mal de vivre l’ont tuée à 27 ans.
Le 27 juillet 2011 | Mise à jour le 27 juillet 2011
DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE À LONDRES AURÉLIE RAYA

Le corps, recouvert d’un drap bordeaux, semble frêle sur cette civière. La journée s’achève, il fait beau à Londres. Samedi 23 juillet, aux alentours de 20 heures, deux hommes en costume sombre déposent la dépouille d’Amy Winehouse à l’intérieur d’une ambulance privée. Des photographes, des passants, des voisins regardent la scène, sans commentaire. Les services de secours, puis la police ont constaté le décès de la chanteuse, trouvée inanimée et seule dans son lit, dans sa maison de Camden Square, quatre heures plus tôt. Aucune trace de drogue ni d’alcool, selon les déclarations du légiste, deux jours après la mort de la star. C’est son garde du corps qui aurait donné l’alerte. Sa mère, Janis, lui avait rendu visite dans la journée de vendredi. Elles se voyaient encore, malgré les tourments, la peine que la mère ressentait en constatant l’état de délabrement de la fille. Quand la nouvelle s’est confirmée, Janis a déclaré : « Il s’agissait d’une question de temps. Elle semblait complètement ailleurs. Malgré tout, je suis sous le choc. Quand je l’ai laissée, elle m’a dit en partant : “Je t’aime, maman.” Je suis heureuse de l’avoir vue une dernière fois. » Son père, Mitch, était dans un avion, direction New York, pour participer à un festival de jazz. A peine débarqué, il est remonté dans le premier vol pour Londres, accablé. « Je rentre. Je dois être au côté d’Amy. Je ne dois pas craquer. Ma famille a besoin de moi. »
Tout le monde, la presse, les fans, les amis, la famille, redoutait le coup de fil de l’annonce de sa mort. Même si Amy aurait joué de la batterie et pratiqué des vocalises avec entrain, ce vendredi, d’après une voisine, et consulté le soir même son médecin qui n’aurait rien décelé d’anormal, tout était possible avec elle. Aussi versatile qu’imprévisible, elle allait mal. En mai, elle avait séjourné pour la quatrième fois au moins dans une clinique de désintoxication à Londres, The Priory. Elle avait pu y faire pénétrer une bouteille de vodka. Amy devait se soigner avant de débuter une tournée européenne de douze concerts. Le premier, à Belgrade, le 18 juin, fut un désastre. Elle titubait, miaulait des paroles inaudibles. La foule l’a huée, comme souvent. La tournée a été annulée et Amy, depuis, traînait son cafard chez elle. Recluse, elle sortait peu dans son quartier adoré, Camden. La patronne d’un boui-boui, au coin de sa rue, explique qu’Amy lui a acheté un Coca light, trois jours plus tôt, en plaisantant : « Si je vous commande de l’alcool, surtout ne m’en servez pas. » L’ultime apparition publique de miss Winehouse remonte au mercredi 20 juillet. Elle est montée sur scène, au côté de sa filleule Dionne Bromfield, chanteuse de 15 ans, lors du festival iTunes au club The Roundhouse. Amy a dansé vaguement, secoué les bras, pressé la foule d’acheter le CD de Dionne. Mais quand celle-ci lui a tendu le micro, Amy s’est enfuie. Elle avait 27 ans. Elle intègre, de ce fait, le « stupide club 27 », surnom donné par la mère de Kurt Cobain à ce groupe de musiciens légendaires morts à cet âge précoce : Robert Johnson, Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Kurt Cobain. Il n’y a pas de fatalité – aucun n’est décédé de maladie ou d’un accident de la route –, mais un hasard malheureux. Tous étaient fragiles, alcooliques, drogués, écorchés, vidés par la célébrité, mal à l’aise dans le quotidien. Lorsque Keith Richards a appris la mort de son comparse, Brian Jones, il a eu ces mots : « Ce n’est pas surprenant. On connaît tous des gens dont on sait qu’ils n’atteindront pas 30 ans. Brian en faisait partie. » Amy aussi.

Se déguiser en serveuse des années 50

Son itinéraire est celui d’une enfant gâtée, puisque dotée d’un don, la voix. Elle a grandi à Southgate, quartier populaire du nord de Londres, au sein d’une famille de confession juive. Les disques tournaient en boucle à la maison. Son père, Mitch, est un chauffeur de taxi fan de Frank Sinatra, de Dinah Washington et de jazz. Sa mère est pharmacienne. Lorsqu’ils se séparent, Amy a 9 ans et son frère, Alex, 13. Amy grattouille la guitare de son aîné lorsqu’il s’absente, écrit des bribes de chansons et forme son premier groupe à 10 ans, avec sa copine Juliette Ashby, sur le modèle du duo R’n’B qu’elles adorent, Salt-N-Pepa. Elle ne voulait pas spécialement devenir musicienne mais aimait se ­déguiser en serveuse des années 50, comme dans le film « American Graffiti ». A 12 ans, elle s’inscrit au cours de théâtre de la Sylvia Young Theatre School. Son père assiste à une représentation. « Je pensais que j’allais voir ma fille jouer la comédie. Puis, elle s’est mise à chanter sur scène. Je n’en revenais pas. Je ne savais pas qu’elle possédait une tessiture pareille », dira-t-il au magazine « Rolling Stone », en 2007.
Les ennuis commencent à l’adolescence. Amy est virée du théâtre à cause de ses piercings et d’une conduite erratique. Elle fume des joints, quitte l’école à 15 ans, année de la mort de sa grand-mère chérie, Cynthia, et de son premier tatouage, une Betty Boop dans le dos. « Mes parents ont alors compris que je n’allais faire que ce que je voudrais. » Elle écoute du hip-hop et du jazz, compose, chante. Un copain de copain lui propose d’enregistrer des maquettes dans un studio, libre quelques heures par semaine. Amy signe, à 17 ans, un contrat avec Island Records, la maison de disques de Bob Marley et U2. Simon Fuller, l’inventeur des Spice Girls et de l’émission de télé-réalité « Pop idol », devient son manager, bluffé par son aplomb et son talent. Son premier album, « Frank », sort en 2003. Ce mélange de mélodies R’n’B, hip-hop, de sons jazzy, avec des paroles souvent crues pour évoquer l’amour et ses affres, est un succès critique et populaire en Angleterre. Amy est la révélation de l’année. C’est l’époque où elle sert du thé aux journalistes pendant les interviews. L’époque où elle est en chair, ronde, mignonne, marrante. Elle a 20 ans, fume des pétards, boit quelques bières. Elle rencontre Blake Fielder-Civil dans un bar de son voisinage. Elle tombe follement amoureuse de ce garçon maigre, à l’allure de petite frappe, qui vivote en tant qu’assistant sur des tournages de vidéoclips. Ils se déchirent, se battent des nuits entières, s’entaillent les veines, se quittent pour se réconcilier au lit. Selon des déclarations de Blake, il l’aurait initiée au crack et à l’héroïne. Elle se fait tatouer son prénom sur la poitrine. Des gamins de foire, livrés à eux-mêmes. Ils se séparent quelques mois plus tard. Il va voir ailleurs. Elle aussi. « J’étais désespérée à l’idée de l’avoir perdu. Je voulais mourir. Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme lui. »

Incapable d’attitude

Amy est jalouse, dépressive. La chronique de cette dépression est l’unique matière de son deuxième album, « Back to Black », en 2006. Un disque incroyable, sixties et contemporain, classique dès la première écoute. Le monde s’entiche de sa voix rauque, puissante, vibrante, et du personnage au maquillage outrancier, couvert de tatouages de pin-up seins à l’air, qui arbore une choucroute démente et un air blasé. Cette créature de poche, anglaise, blanche et juive, vibre de la même soul qu’Aretha Franklin et toutes les grandes chanteuses noires américaines. Mais « Rehab », la chanson d’ouverture avec son célèbre refrain, « They tried to make me go to rehab but I said no, no, no », ne sont pas des figures de style. L’entourage d’Amy, maigre comme un bâton, voulait la forcer à suivre une cure de désintoxication. Elle a refusé. C’est en racontant l’anecdote dans la rue à son producteur, Mark Ronson, qu’ils ont eu l’idée du morceau. Le succès est à la hauteur de la qualité de « Back to Black », immense. Winehouse s’en fout. Elle consomme des stupéfiants et boit de plus belle. Cette authenticité, cette mise à nu permanente, cette attitude qualifiée de rock’n’roll, alors qu’elle est incapable d’attitude, ont contribué à la faire aimer du public. Elle semblait cool. Elle détonnait dans un univers lisse où la moindre starlette déclare, après avoir vendu deux disques, vivre un rêve et se coucher avec les poules pour préserver sa peau. On l’aimait quand elle envoyait promener Bono sur scène, sniffait une fiole placée dans ses cheveux tout en chantant, ruinait les plans marketing. Mais elle jouait sa vie. Elle aurait tout envoyé valser pour Blake, sa drogue dure, son obsession ridicule à force de l’évoquer à chaque phrase. Ils se sont retrouvés après la sortie du disque, se sont mariés sur un coup de tête, à Miami, en mai 2007, malgré les réticences de son père, Mitch. Elle se disait alors prête à tout arrêter pour fonder un foyer et s’occuper de son homme, pourtant très inactif. Une bagarre avec le propriétaire d’un bar, que Blake a voulu solder en proposant au type 200 000 livres, les sépare quelques mois après : il est condamné à deux ans de prison pour avoir perverti le cours de la justice. Amy est inconsolable : « Je suis seule, je m’ennuie, mon homme est parti. »
L’année 2008 est son annus horribilis. Concerts atroces quand ils ont lieu, séjours en urgence à l’hôpital pour abus d’alcool et de drogue, découverte d’un emphysème, de vidéos sur YouTube où elle s’amuse, hagarde, avec des souriceaux en compagnie de son ami, l’autre junkie célèbre, Pete Doherty… Amy plonge. Elle qui n’a jamais désiré abandonner son cher quartier de Camden,  malgré l’argent amassé, se terre dans sa modeste maison. La reconnaissance a attisé ses peurs au lieu de les calmer. Quand j’ai attendu une semaine devant chez elle en novembre, elle émergeait dans l’après-midi, et rien. Les poubelles étaient pleines de cadavres de bouteilles de vodka et de boîtes de pizzas. Les dealers défilaient. Sa mère l’avait mise en garde, la provoquant en lui demandant dans quel cimetière elle souhaitait être enterrée. Sa famille, sa maison de disques ont essayé de la soigner en l’envoyant ailleurs, loin de ses démons. Elle a vécu près d’un an sur l’île de Sainte-Lucie, dans les Caraïbes. « Je l’ai croisée là-bas, raconte un journaliste. Elle paraissait en forme, heureuse. Elle devait donner un concert deux jours plus tard, au cours d’un festival de jazz. La catastrophe. Elle a englouti d’une traite une jarre de rhum-Coca, puis s’est endormie sur les enceintes. » Les mois, les années ont défilé. Le nouveau disque n’a jamais vu le jour, malgré des rumeurs d’enregistrement à Sainte-Lucie. Elle a divorcé à son retour en Angleterre, fin 2009.
Ses proches avaient repris confiance avec l’apparition, l’an dernier, d’un boyfriend, Reg Traviss, réalisateur de films d’horreur, adoubé par papa. Il l’avait quittée en janvier, affolé par ses abus, avant de renouer en mars. Il aurait décidé de mettre un terme à leur histoire très récemment, après avoir surpris Amy au téléphone avec l’éternel Blake, emprisonné cette fois-ci pour un cambriolage minable à Leeds. Elle venait d’emménager dans sa demeure de 2 millions de livres, près de son pub préféré, le Hawley Arms. Trois étages, un studio, une salle de sport, et la promesse d’un nouveau départ. Amy haïssait la célébrité et la solitude. Lucide, elle pouvait se montrer très drôle. Elle aimait le bruit des pubs, le billard, les années 60, les juke-box, les chaussures à talon plat, les chats, le poulet de KFC, le maquillage cheap, les femmes plantureuses et les garçons sans forme. Son entourage, sa maison de disques, ses gardes du corps, même Blake, personne, sauf elle, n’est à blâmer dans cette tragédie. C’est triste. De ce gâchis, surnage la musique. Et cet album merveilleux, maintenant légendaire, « Back to Black ».

mardi 28 juillet 2015

Amy Winehouse était prédestinée à mourir

Amy Winehouse

Dans une interview accordée au "Sun", la mère d'Amy Winehouse évoque la mort tragique de sa fille, en 2011. Elle avoue ne pas avoir été surprise par son décès prématuré.

AMY WINEHOUSE "ÉTAIT PRÉDESTINÉE 

À MOURIR" SELON SA MÈRE



News publiée le 05/07/2013 à 08h00 - Mise à jour le 05/07/2013 à 13h46
Par Louis Ritot


La mère d'Amy Winehouse n'imaginait pas sa fille serait encore en vie pour fêter ses 30 ans. Près de deux ans après la mort de la chanteuse, Janis Winehouseavoue que sa fille, décédée le 23 juillet 2011 à l'âge de 27 ans, semblait promise à une vie de courte durée. "Quand je pense qu’Amy aurait dû avoir 30 ans cette année, cela me paraît improbable", déclare la mère de la star, interrogée dans le journal The Sun. "Je ne dis pas que je l’ai vu venir mais je n’ai pas été surprise. Je ne voyais pas Amy devenir vieille. Elle était cette jeune fille qui explosait dans le monde comme un pétard et après elle disait : 'OK c’est bon, je me tire'. Amy n’aurait jamais eu 30 ans, elle était prédestinée à mourir jeune", poursuit Janis Winehouse.

La mère de famille se souvient de sa fille comme d’une jeune femme à la volonté ferme dès son plus jeune âge. Elle n’est toujours pas sûre de pouvoir déterminer le moment où les choses ont commencé à se gâter. "Je ne pense pas qu’il y ait un point où l’on peut dire : 'C’est là que ça a mal tourné pour Amy'. C’était juste la vie qu’elle menait et je ne pouvais pas l’aider", explique-t-elle.

Alors que sa carrière était au sommet, boostée par le succès international de son album Back to Black, sorti en 2006, Amy Winehouse a, les derniers années de sa vie, fait les gros titres en raison de ses consommations excessives d’alcool et de drogue. L’autopsie avait établi que l’interprète de Rehab avait succombé à une surdose d'alcool, et conclu à une mort accidentelle. Le taux d’alcool dans le sang de la chanteuse était cinq fois plus élevé que la limite autorisée pour prendre le volant en Grande-Bretagne.

Avec Cover Media


lundi 27 juillet 2015

Asif Kapadia / Amy Winehouse compartimentait sa vie de façon très hermétique

Asif Kapadia : 

“Amy Winehouse compartimentait sa vie de façon très hermétique”



Bruno Icher
Publié le 13/07/2015. Mis à jour le 13/07/2015 à 16h26.

Bien des proches ont découvert une Amy qu'ils ne connaissaient pas en visionnant le documentaire consacré à la chanteuse disparue en 2011. Son réalisateur explique sa méthode de travail.
Après avoir séduit le Festival de Cannes, le documentaire consacré à Amy Winehouse a réalisé un beau démarrage en salles. Son réalisateur, Asif Kapadia, également auteur en 2010 d'un film sur Ayrton Senna, le pilote brésilien de Formule 1, revient sur cette expérience et sur une époque où les images envahissent chaque parcelle de la vie privée.
Un regard précieux, alors qu'au même moment, deux autres films consacrés à de jeunes stars disparues tragiquement font parler d'eux aux Etats-Unis – avant, peut-être, de faire leur apparition en France. Il s'agit de Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen, recueil d'images et de témoignages sur la vie et la disparition du leader de Nirvana, et de I am Chris Farley de Brent Hodge, consacré à la jeune vedette duSaturday Night Live disparue en 1997.
Amy semble être un film consacré à Amy Winehouse mais aussi à son époque…
Avant de réaliser le film, je ne m'intéressais pas particulièrement à Amy Winehouse ni à sa carrière. Je veux dire par là que je connaissais ses chansons et que, comme tout le monde, j'avais connaissance, par la presse, de ses difficultés. De plus, j'ai longtemps vécu dans un quartier très proche du sien, dans le nord de Londres, mais c'est à peu de choses près, les seuls liens que j'avais avec elle, ce qui est très peu. Pour ce film, c'est le label d'Amy [Universal, NDLR] qui est venu à moi et m'a proposé le projet. Ils avaient vu et aimé mon précédent film, consacré à Ayrton Senna.
Il y avait un cahier des charges ?
Non. Je n'aurais pas accepté dans ce cas. Avant de me lancer, je leur avais dit que je poserais toutes les questions, et elles étaient nombreuses, mais que je ne savais pas où tout cela allait nous mener. Dès que j'ai commencé à travailler, j'ai été surpris par le caractère extrême de tout ce qui tournait autour d'elle, comme les éléments d'un drame. Ensuite, j'ai fait comme je fais toujours : à l'instinct.
Le travail de recherche des images a probablement été considérable…
Vous n'avez pas idée… Des centaines d'heures. Mais ce n'était pas surprenant et, d'une certaine manière, cela m'a rassuré. Comme tous les documentaristes, je considère que plus il y a de matériel, mieux c'est. Quand on veut construire un documentaire comme un drame, ce qui semblait convenir à l'évocation du destin d'Amy, cette abondance de matériel permet de nombreuses possibilités de montage. Bien entendu, on ne sait pas quel film on a entre les mains avant d'avoir tout vu. Sur ce point précis, j'ai eu également toute liberté. Les producteurs n'attendaient pas le film à une date précise, j'aurais été bien incapable de leur en donner une.









Vous avez interrogé une centaine de personnes. Certains témoins ou proches ont-ils refusé de témoigner ?
Oui. Ils se comptent sur les doigts d'une main. Je le regrette bien sûr mais, compte tenu de tous les témoignages que nous avons récupérés, j'ai tendance à penser que ceux qui nous ont fait défaut n'auraient pas changé grand-chose au film. Le seul personnage qui manque vraiment et qui, j'en suis certain, aurait pu livrer une vision singulière d'Amy, c'est son frère aîné, Alex. Mais il n'a pas répondu à nos appels. C'est Mitch, le père, qui m'a dit qu'Alex ne souhaitait pas me parler. Point final.
Justement, quelles sont vos relations aujourd'hui avec le père d'Amy Winehouse, qui a fait des déclarations très critiques envers le film ?
Ce n'est pas simple, comme vous pouvez l'imaginer, mais je ne souhaite pas vraiment faire de commentaires sur ce point. Je constate surtout que ceux qui ont découvert le film se rendent compte de la complexité de cette histoire tragique.
Dans une interview donnée au Guardian, Nick Shymansky, qui a été le manager d'Amy, disait qu'il avait découvert dans le film certains aspects de la vie de la musicienne qu'il ne connaissait pas…
Il n'est pas le seul proche d'Amy dans ce cas. En fait, j'ai le sentiment que personne, même le cercle intime, ne voyait le problème dans son intégralité. Dans le film, nous avons croisé les informations et les témoignages, mais personne d'autre n'était vraiment en position de le faire. Nick, qui nous a beaucoup aidé, a été surpris par cette dimension. Je me souviens que lorsque je lui disais que j'allais interviewer telle ou telle personne, il me répondait parfois : « Qui ? Je n'en ai jamais entendu parler. » Ce qui signifiait que cela n'avait aucun intérêt. Or, une des dimensions les plus fascinantes d'Amy était justement qu'elle compartimentait sa vie de façon très hermétique. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les témoins proches ne se rendaient pas vraiment compte de l'ampleur de sa consommation d'alcool, mais aussi de drogue.
Amy Winehouse est-elle la première star de l'ère selfie et YouTube ?
Elle est surtout la première à en avoir autant subi les conséquences. Je pense que même Britney Spears ou Lindsay Lohan, qui n'ont pas été épargnées, n'ont pas subi ça. Amy n'a pas eu de chance : le monde changeait et c'est elle qui en a été la principale victime. La dépression était sans doute en elle mais je ne sais pas qui peut résister à cela. Ce qui m'intéresse beaucoup, c'est que le film montre des facettes que nous ne connaissions pas : le fait qu'elle soit une aussi bonne guitariste en plus d'être une auteure fantastique, dotée d'un tel sens de l'humour.









A partir de cette expérience, à une époque où tout le monde filme et se filme sans cesse, pensez-vous que cela va changer le travail du documentariste ?
Je ne suis pas très inquiet à ce sujet : j'aurai toujours du boulot. Beaucoup de gens filment, tout et tout le temps, mais ils n'ont pas toujours quelque chose à dire. Le fait de disposer de tout ce matériel est intéressant mais on sait ce qu'on veut dire seulement lorsque le film est achevé. Pas avant. Cela dit, que ce soit pour Senna ou pour Amy, je me suis rendu compte que beaucoup de gens possédaient des images sur leur ordinateur, mais qu'elles n'étaient plus exploitables à cause des changements de formats. C'est assez extraordinaire parce que nous sommes tous persuadés du contraire. Que les images que nous stockons sur nos disques durs sont éternelles. En fait, rien ne vaut la bonne vieille bobine de celluloïd.