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mardi 17 février 2026

Robert Duvall, connu pour ses rôles dans Le Parrain et Apocalypse Now, est décédér

 

Robert Duvall

L’acteur américain Robert Duvall, connu pour ses rôles dans Le Parrain et Apocalypse Now, est décédér

Employé aussi bien par Hathaway, Sturges, Peckinpah, Lumet ou Altman, l’acteur oscarisé en 1984 s’est éteint à son domicile à l’âge de 95 ans.


« Ramenez-moi ça à l’âge de pierre ! »Dans Apocalypse Now  (1979), il est le jouissif lieutenant-colonel Kilgore (« tuer atrocement »), le chef d’un escadron héliporté qui, insoucieux des balles, tout à sa passion pour le surf, ordonne la prise d’une vague idéale à son armée et, à l’appui aérien, de napalmer la plage. Viêt-cong et villageois inclus. Sous son Stetson galonné à la John Wayne, il symbolise alors l’impérialisme américain comme personne (pas même dans le chef-d’œuvre de CoppolaBrando en colonel Kurtz, officier en rupture de ban, devenu fou et bon à abattre). Il donne à ce personnage un caractère tout à la fois grandiose et héroïque, bouffon et meurtrier. Fascinant en somme. Celui qui lui vaudra en 1980 le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle.

La consécration, enfin, pour Robert Selden Duvall, qui s’est éteint à 95 ans après une magnifique carrière tant sur le front des studios hollywoodiens que du cinéma indépendant ? Pas complètement. Il lui a fallu patienter encore quatre ans avant d’intégrer le club des véritables géants américains, les titulaires de l’Oscar du meilleur acteur tout court. C’est grâce à Tendre bonheur (1983), une chronique country signée Bruce Beresford, qu’il décroche la statuette. Lorsqu’il enfile ce costume de chanteur alcoolique et has been, l’acteur a déjà plus de vingt ans de carrière. Son visage est désormais tanné. Mais la plus grande surprise est que ce grand laconique chante juste, et même avec l’accent de l’Oklahoma (pour ces prises, il a sillonné le centre du pays et écouté nombre de groupes locaux). Même Willie Nelson, l’icône texane du genre, a salué la prestation, persuadé que Duvall était du cru alors qu’il est né en Californie et a grandi sur la côte Est (Maryland).

Une mentalité réactionnaire

Pour ce Tendre Bonheur, il retrouvait au scénario Horton Foote, le dramaturge qui l’avait fait monter sur les planches, en 1958. La pièce, A View from the Bridge d’Arthur Miller (adapté la même année en France par Marcel Aymé), l’avait lancé à Broadway. Puis permis de décrocher un premier cachet au cinéma, en 1962, dans To Kill a Mockingbird, de Robert Mulligan. Un classique adapté par Foote du roman antiségrégationniste éponyme. Cette œuvre a été saluée par trois Oscars, dont un pour Gregory Peck qui tient de premier rôle. Duvall y est Boo Radley, un pauvre hère silencieux, un reclus que la ville cache car il sait tout de la violence du Sud. Tout Duvall est déjà là, dans ce masque d’une Amérique innocente à l’origine mais devenue monstrueuse par ses secrets.

La plupart de ses personnages ultérieurs trimbalent ce refoulé. D’où leur regret du « bon vieux temps » et leur déphasage profond. Duvall lui-même, dans ses rares interviews, n’a pas caché sa mentalité réactionnaire. Cela n’empêche pas d’écouter ce que dit le monstre, que ce soit à travers ses cow-boys, ses mafieux ou ses militaires. Son côté martial, torse bombé et proche du grognard, Duvall l’avait sans doute emprunté à son père, contre-amiral de l’US Navy. Peut-être aussi à sa mère, actrice et apparentée au général Lee, célèbre sudiste de la guerre de Sécession. Elle lui avait donné le jour en 1931 à San Diego. Sûrement aussi, l’intéressé se souvenait-il de son service militaire : deux ans dans une Corée ravagée par une guerre, prélude à celle du Vietnam.

Robert Duvall sait panacher, reprenant quand il le faut la veste du cow-boy, le pardessus du malfrat, le mastic du détective ou la casquette du flic de rue

Remercié par une bourse, le jeune homme s’inscrit en 1955 à des cours de théâtre à New York. Bonne pioche : il étudie selon la fructueuse méthode de l’Actors Studio, qui consiste justement à puiser dans son vécu pour créer l’émotion. Cela dit, Duvall a relativisé cette approche : « Pas besoin de béquilles quand on sait se mouvoir dans l’espace. » Tel était le véritable secret de sa présence. À Manhattan, il croise de nombreuses autres stars en germe. Ses colocataires, étudiants comme lui, s’appellent même Dustin Hoffman et Gene Hackman. Des apparitions épisodiques dans des séries télévisées le font vivre. Et, dans une moindre mesure, des interventions plus ou moins notables au cinéma. Citons celle d’un bourgeois sudiste fort pleutre dans La Poursuite impitoyable (1966), d’Arthur Penn ; celle d’un chauffeur de taxi stoïque dans Bullitt (1968), de Peter Yates ; ou encore celle d’un « outlaw » affrontant un John Wayne sur le retour dans Cent dollars pour un shérif(1969), de Henry Hathaway.

Duvall travaille pour la première fois avec Robert Altman lors de son Objectif Lune(1967). Idem avec Francis Ford Coppola, réalisateur en 1969 des Gens de la pluie. Mais, pour sa part, à l’aube de la décennie nouvelle, c’est son rôle du major Frank Burns dans le M.A.S.H, d’Altman, qui lui ouvre la voie du succès. Ce commandant d’un hôpital militaire, puritain et autoritaire, est ridiculisé par ses troupes (elles le surprennent tandis qu’il besogne furieusement son infirmière en chef). La cause hippie triomphe. Mais ce ne sera pas pour longtemps. Dans la dystopie THX 1138 (1971), premier long-métrage (oubliable) de George Lucas - et produit par Coppola -, où Duvall a enfin le premier rôle, son personnage ne réussit qu’in extremis à s’extraire d’un monde absolument orwellien.

Première nomination avec Le Parrain

Bientôt la cravate sera redevenue de rigueur : Coppola lui offre comme sur un plateau d’argent le personnage de Tom Hagen, fils adoptif et conseiller du Parrain dans deux des volets de la saga. Le rôle, qui lui permet de donner la réplique à son aîné vénéré Marlon Brando, lui va comme un gant. Il lui vaudra, en 1972, sa première nomination aux Oscars. Puis, en 1979, la collaboration se poursuit : Apocalypse Now sera plus qu’une victoire, un filon. Duvall conserve ainsi l’uniforme dans The Great Santini (1979), où il est à nouveau un héros de guerre grand-guignolesque, un Marine exemplaire sauf qu’il n’arrive pas à diriger sa famille comme ses hommes (nomination comme meilleur acteur).

La figure du gradé atrabilaire pourrait à cette période devenir un cliché. Heureusement, l’acteur sait panacher, reprenant quand il le faut la veste du cow-boy, le pardessus du malfrat, le mastic du détective ou la casquette du flic de rue. L’attestent, dans la seconde catégorie, Échec à l’organisation (1973), perle méconnue de polar sec et tendu signée John Flynn, hommage à l’âge d’or du film noir hollywoodien. Ou, trente-quatre ans plus tard, le tout aussi nerveux La nuit nous appartient, de James Gray. Notons enfin entre ces deux pépites le bon Colors (1988), de Dennis Hopper avec Sean Penn, et Sanglantes Confessions (1981), d’Ulu Grosbard, où Duvall joue comme en miroir avec Robert De Niro, lui prenant jusqu’à ses tics, l’un et l’autre incarnant deux frères.

Robert Duvall aimait les gens simples de l’âpre Amérique profonde, qu’elle soit urbaine ou rurale. C’était un enfant de Faulkner, des romans de Cormac McCarthy ou de Larry McMurtry

Mais, de l’aveu même de l’intéressé, les westerns sont ce qu’il préfère tourner. « Pour les chevaux », a confessé cet heureux propriétaire d’un ranch en Virginie. À ce compte, hors-la-loi ou justicier, tout lui va. Après John Wayne, ne l’a-t-on pas vu affronter Clint Eastwood (dans Joe Kidd, de John Sturges, 1972) ? En 1993, Robert Duvall cavalcade en éclaireur au côté de son vieil ami et presque alter ego Gene Hackman, dans Geronimo, de Walter Hill. La même année, il est le détective patelin chargé d’enquête dans Chute libre, de Joel Schumacher. Cette fois il traque Michael Douglas.

En 2003, le revoilà remonté sur ses grands chevaux. Dans Open Range, de Kevin Costner. Et aussi dans Gods and Generals, de Ronald F. Maxwell, où il incarne précisément son ancêtre le général Lee ! Entre-temps, il a pris la direction des opérations, scénarisant et réalisant, en 1998, Le Prédicateur, où il incarne de manière touchante et totalement libérée un alcoolique repenti. En 2002, il tient les rênes d’Assassination Tango et, en 2015, de Wild Horses, un film qu’il s’est taillé à ses mesures, le produit d’ailleurs à l’instar d’une douzaine d’autres.

Du patron de chaîne au ranger bourru

Lors d’Assassination Tango (2002), thriller qui a pour cadre le milieu de la danse, succès critique et nouvelle nomination aux Oscars, Duvall a rencontré l’actrice d’origine argentine Luciana Pedraza. Depuis 2005, cette partenaire à l’écran est devenue sa seconde épouse. Ce pas de deux romantique ne gommera pas le « tough guy » qui sommeille en lui. À preuve sa dernière apparition à l’écran, en 2022. Dans ce The Pale Blue Eye, de Scott Cooper, aussi buriné que multimédaillé qu’il soit, il a réintégré l’académie militaire de West Point.

De manière générale, Duvall aimait les gens simples de l’âpre Amérique profonde, qu’elle soit urbaine ou rurale. C’était un enfant de Faulkner, des romans de Cormac McCarthy ou de Larry McMurtry. Avec Tommy Lee Jones et ses complices du Parrain (à commencer par son proche ami James Caan), il excellait à manier le lasso dans la poussière. Il restera un de ces rangers bourrus, archétypes du grand Ouest. Voir l’excellente série télévisée Lonesome Dove. Mais Duvall savait tout jouer, capable d’incarner un patron de chaîne sans états d’âme - Network : Main basse sur la télévision (1976), de Sidney Lumet -, un Staline de 20 à 73 ans, un Eichmann ou encore cet esclavagiste tuant froidement des Noirs évadés de sa plantation (Convicts, de Peter Masterson, sorti en 1991, et à nouveau d’après l’œuvre du mentor Horton Foote). Bref, donnant toujours de la complexité à ses rôles, à commencer par ceux de méchants.


LE FIGARO





lundi 13 septembre 2021

Michael K. Williams, vedette de The Wire, retrouvé mort à New York

Michael K. Williams


Michael K. Williams, vedette de The Wire, retrouvé mort à New York

L'acteur américain, âgé de 54 ans, serait mort d'une overdose selon le quotidien New York Post.

L'acteur américain Michael K. Williams, rendu célèbre par son interprétation du personnage d'Omar Little dans la série télévisée culte The Wire , a été retrouvé mort lundi dans un appartement de Brooklyn, à New York, a appris l'AFP auprès de la police new-yorkaise. 

«C'est avec une profonde tristesse que sa famille annonce le décès de l'acteur Michael Kenneth Williams (...). Elle vous demande de respecter son intimité pendant le deuil lié à cette perte insurmontable», a déclaré la famille de l'acteur de 54 ans, dans un message transmis par son agent. «Il est mort dans un appartement (...) à Brooklyn», a déclaré de son côté à l'AFP le lieutenant John Grimpel, de la police new-yorkaise, qui n'a donné aucun détail, alors que plusieurs medias ont avancé la thèse d'une overdose, en citant des sources policières.

Omar Little, personnage préféré de Barack Obama

Michael K. Williams est devenu célèbre par l'interprétation de l'un des personnages les plus marquants de la série The Wire (Sur écoute), souvent considérée comme l'une des meilleures jamais tournées. Dans cette série en cinq saisons, il y incarnait Omar Little, un hors-la-loi solitaire arpentant les rues des quartiers pauvres de Baltimore (est), enveloppé dans un grand manteau, arme à la main.

L'interprétation par Michael K Williams de ce criminel homosexuel, doté de son propre code moral et de ses principes, a été saluée par la critique. L'ancien président Barack Obama avait ainsi indiqué en 2008 qu'Omar Little était son personnage préféré de la série. Créée par David Simon, diffusée dans les années 2000 sur HBO, The Wire est une plongée saisissante dans le milieu des petits trafiquants de drogue et des policiers qui enquêtent sur eux, mais elle s'intéresse aussi, saison après saison, aux médias, à l'éducation, ou encore à la politique locale.

L'acteur était également connu pour avoir incarné Albert «Chaclky» White dans la série Boardwalk Empire et avait récemment été nommé dans la catégorie «meilleur acteur pour un second rôle» pour son rôle dans la série Lovecraft Country. Au cinéma, il est apparu dans plusieurs films comme Twelve Years a Slave, RoboCop ou encore American Nightmare 2.

LE FIGARO



dimanche 9 mai 2021

Michael Keaton de retour dans le costume de Batman 33 ans après Tim Burton


      Michael Keaton de retour dans le costume de Batman 33 ans après Tim Burton

      L'acteur américain de 68 ans, qui a incarné Bruce Wayne dans deux films au début des années 1990, est en pourparlers pour reprendre son rôle dans The Flash, avec Ezra Miller.



      Olivier Delcroix
      Publié le 23/06/2020 à 13:27, mis à jour le 23/06/2020 à 16:01

      Il y a des rôles qui collent à la peau de certains acteurs. Celui de Batman n'a pas fini de poursuivre Michael Keaton. Et pourtant, cela fait plus de trente ans que le comédien américain n'a plus enfilé la combinaison de latex noire du justicier masqué, défenseur des opprimés à Gotham City, sous l'œil expert de Tim Burton, dans Batman (1989) et sa suite, Batman le défi (1992).

    À 68 ans, Michael Keaton pensait sincèrement avoir remisé au placard la cape et le masque de l'Homme chauve-souris, créé par Bob Kane. Il avait même réussi le tour de force de conjurer le sort qui le maintenait attaché au sombre super-héros vengeur, dans la comédie dramatique Birdman, réalisée en 2014 par Alejandro González Iñárritu.

    La figure d'un Batman auréolé de succès

    Sélectionnée à la Mostra de Venise, Birdman était d'ailleurs centré autour d'un acteur has been, connu pour avoir autrefois interprété un justicier masqué. Le film avait valu à Michael Keaton une nomination pour l'Oscar du meilleur acteur. Malgré ce puissant exorcisme, l'ombre de la chauve-souris aura continué à planer au-dessus du comédien, qui aura donc tenté une tactique radicale... «passer à l'ennemi» chez Disney-Marvel, en incarnant le super-méchant Adian Toomes alias le Vautour dans Spider-Man Homecoming avec Tom Holland sorti en 2017.



     

Pourtant, rien à faire, on ne se défait pas comme ça d'un personnage aussi emblématique. Selon une information du site The Hollywood Reporter, 28 ans après Batman le défi, Michael Keaton est à nouveau en pourparlers avec la Warner pour reprendre le personnage de Batman dans le film The Flash, que DC comics et Warner Bros vont bientôt mettre en chantier.

L'acteur Ezra Miller, qui a incarné le super-héros rouge écarlate plus rapide que son ombre dans Justice League (sorti en 2017) reprend le rôle de Barry Allen, alias Flash. Le long-métrage sera réalisé par le cinéaste argentin Andy Muschietti (réalisateur du remake de Ça d'après Stephen King).

En tout état de cause, Ben Affleck ayant jeté l'éponge (après trois films diversement appréciés, dont deux ont été réalisés par Zack Snyder, Batman v Superman: Dawn of Justice (2016), Justice League (2017), et Suicide Squad (2016), la firme américaine préfère revenir à la figure d'un Batman auréolé de succès dans le souvenir des fans et de la franchise.

Selon les informations de The Hollywood Reporter, le Batman incarné par Keaton dans The Flash aurait plutôt un rôle de mentor. Pour l'instant, Warner n'a fait aucun commentaire.

Selon le site The Wrap, l'histoire du film The Flash se concentre autour du jeune Barry Allen/The Flash (Ezra Miller) qui voyage dans le temps pour tenter d'éviter la mort de sa mère. Par un caprice temporel encore mystérieux, Flash se retrouve dans un univers parallèle protégé par un Batman (Michael Keaton, donc) qui est maintenant plus vieux de 30 ans... Le long-métrage The Flash devrait sortir en 2022.



lundi 25 novembre 2019

Keanu Reeves / L’amour n’a pas d’âge, sauf si vous êtes une femme

Alexandra Grant et Keanu Reeves


L’amour n’a pas d’âge, sauf si vous êtes une femme

OPINION. En dévoilant sa nouvelle romance avec une femme grisonnante, au début du mois, Keanu Reeves a été célébré comme un héros féministe. Réaction typique d’un monde où les femmes plus âgées dans le couple restent une anomalie, estime notre chroniqueuse
Virginie Nussbaum
Publié mercredi 20 novembre 2019 à 13:35, modifié vendredi 22 novembre 2019 à 14:20.

Interro surprise: que savez-vous de Keanu Reeves? Personnellement, qu’il était la star de Point Break et Matrix. Que son prénom se prononce «Ki-ya-nou» – une vraie bravade phonétique. Et qu’il a une nouvelle copine.
Vous étiez forcément au courant: depuis que l’acteur de 55 ans s’est rendu au gala Art + Film au bras d’Alexandra Grant, les réseaux sociaux n’ont cessé de s’extasier. Parce que Keanu reste habituellement discret sur sa vie amoureuse, mais surtout parce que l’exception en question, une artiste et amie de longue date…, a les cheveux gris.

Alexandra Grant et Keanu Reeves

Choc. Ravissement général. «Bien sûr que Keanu est en couple avec quelqu’un de son âge. C’est un homme bien», tweetait l’autrice américaine Britt Hayes. Alors que les stars d’Hollywood nous ont habitués à des conquêtes tout juste sorties de l’adolescence – un internaute a calculé l’âge moyen des compagnes de DiCaprio, il n’atteindrait pas 23 ans –, Keanu Reeves fait figure d’anomalie.
L’ironie, c’est que Grant a en réalité 46 ans, c’est-à-dire toujours neuf de moins que l’acteur. Pas de quoi lui offrir un pin’s. Et d’ailleurs, pourquoi devrait-on lui décerner quoi que ce soit? Sans vouloir jouer les rabat-joie, avouez que c’est plutôt fou d’applaudir un homme juste parce qu’il sort avec une quasi quinquagénaire bien dans ses baskets – qui, pour le coup, ne pourrait pas passer pour sa fille.
Fou, mais symptomatique. D’un monde où de nombreuses femmes, célèbres ou non, ont encore l’impression d’avoir un Migros Data tatoué sur le bras, une quote-part séduction vouée à se tarir, cheveux blancs après cheveux blancs – j’en ai honte, mais je me surprends à scruter mes premières rides en me demandant si la personne que j’aime les aimera aussi.

Fraîche et disposée

D’autant que, et j’enfonce une porte ouverte, la vision classique du couple reste celle d’un homme mûr avec une femme jeune, fraîche et disposée à jouer au trophée. Préhistorique. Pourtant, renverser les paradigmes, c’est s’attirer des regards interloqués, voire méfiants… et ce, même avant 30 ans.
Une amie d’enfance, en couple avec un garçon de six ans son cadet, m’a confié avoir eu du mal à parler de leur différence d’âge – et n’avoir pas échappé à la fameuse blague de la cougar. Pourrait-on en finir avec ce terme, qui évoque soit une prédatrice sexuelle, soit une bourgeoise désespérée? Comme si la relation ne pouvait être ni saine ni réciproque. D’autres ont émis la crainte qu’elle désire des enfants avant lui et qu’il se retrouve ainsi «coincé». Alors que cette décision, commune, n’appartient qu’à eux.
Résumons: soit la femme plus âgée doit remercier celui qui a bien voulu d’elle, soit on lui prête des intentions machiavéliques. «L’amour n’a pas d’âge», dit-on? Oui, enfin, ça dépend pour qui.