Nabokov défie l'écriture
Nathalie Crom
Publié le 17/04/2010. Mis à jour le 19/04/2010 à 12h27.
L'œuvre intemporelle de Vladimir Nabokov continue d'irriguer la littérature contemporaine. Plus de trente ans après sa mort, paraît la traduction française de son roman inachevé “L'Original de Laura” et l'intégralité de ses nouvelles et de ses conférences. A découvrir, selon lui, “avec la mœlle épinière”. Et par-delà “Lolita”...
S'il n'était devenu écrivain, Vladimir Nabokov (1899-1977), on le sait, aurait volontiers consacré ses jours à l'étude des lépidoptères. « Je conçois très bien une autre vie, dans laquelle je ne serais pas romancier, locataire heureux d'une tour de Babel en ivoire, mais quelqu'un de tout aussi heureux, d'une autre manière : un obscur entomologiste qui passe l'été à chasser les papillons dans des contrées fabuleuses et qui passe l'hiver à classifier ses découvertes dans un laboratoire », racontait-il en mai 1975 à Bernard Pivot qui lui consacrait un numéro spécial d'Apostrophes. Ce n'était pas une simple pose. Des pages d'Autres Rivages, son admirable autobiographie, témoignent de l'émerveillement esthétique mêlé de curiosité scientifique que Nabokov éprouva, dès l'enfance, devant le ballet des papillons se détachant sur le fond bleu du ciel à Rojdestvéno, à Vyra, à Batovo, propriétés campagnardes au sud de Saint-Pétersbourg où chaque année sa famille s'installait pour de longs mois de villégiature.







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