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mardi 21 mars 2017

L’inévitabilité / Peur et Appréhension


Photo Misha Gordin

L’inévitabilité

Peur et Appréhension


19 MARS 2017 
par 
La perspective de l’inévitable crée, chez certains individus, peur et appréhension, si bien que cela déclenche des désirs constants découlant de la fuite de la perception de l’impuissance paralysante. Ce qui est considéré comme inévitable varie d’un individu à l’autre. Les variations sont initiées à partir des critères "je ne veux pas que cela se produire, ce n’est pas bon pour moi", jusqu’à l’irrémédiable perspective de la mort.
Plus il y a d’éloignements et d’incompatibilités avec sa propre réalité, plus il y a de conditions de l’inévitabilité établies. Dans les situations de dépendance, par exemple, il est courant que l'irréversibilité du processus soit traitée comme un détail, en fonction des souhaits et désirs personnels.

Photo Misha Gordin

Il y a des individus qui devant quelque possibilité de changement que ce soit dans leur routine, ont peur, ils imaginent des catastrophes qui vont de la réprobation de leur de l'enfant dans une discipline particulière à l'école, jusqu'à une perte de poids de deux kilos, traduite comme signal de maladie mortelle.
La condition de l'inévitabilité est une anticipation générée par l'impuissance face à ce qui arrive. Ne pas accepter cela crée des transferts de l’omnipotence générateurs d’arrogance, l'arrogance exprimée à cause de la crainte, la certitude de l'inévitable. Le pessimisme, les idées catastrophiques sont des façons d'éliminer la non-acceptation de l'impuissance face à ce qui se passe, face aux désirs non satisfaits.

Photo Misha Gordin

Dans les relations amoureuses, la crise de la séparation, la peur d'être abandonné/e, crée des idées d’inévitable, prolongées par des dépendances et des mensonges assez fréquents - des techniques de séduction - conçus pour impliquer et garder l'autre, qui vont du célèbre "chantage à la grossesse", jusqu'à se trouver un amant ou une maîtresse pour ne pas souffrir de l'abandon.
Renoncer à la vie est également un aspect de l'expérience de l'inévitabilité, parfois caractérisé par le suicide, par l'abandon de la vie, puisque, dans ces conditions, il est impossible de comprendre l'inéluctabilité complexe de son développement.
Traduit du portugais par Gilda Bernard



dimanche 19 février 2017

Hédonisme aliénant / Désirs et marchandages

Egon Schiele. Autoportrait. 1910
Egon Schiele. Autoportrait. 1910

Hédonisme aliénant

Désirs et marchandages

19 FÉVRIER 2017


Tout ce que vous voulez ou ne voulez pas est susceptible d'être désiré ou rejeté par l'autre. Ceci est l'un des contextes où les échanges et les relations se produisent. La commercialisation des biens, des marchandises est toujours un échange, habituellement rendu possible par l'argent. La monnaie, les modes d'acquisition permettent la circulation des produits et des idées dans la société.
La commercialisation s’est amplifiée, atteignant également les relations humaines. Il est de plus en plus fréquent d’échanger l’affection et les expériences sexuelles, en les transformant en objets de consommation, où le prix varie en fonction des compétences et des erreurs admises. C’est une pratique existant dans le quotidien des sociétés, évidente dans la prostitution, moins explicites ou non identifiées dans d'autres relations. Beaucoup de mariages, d’unions stables, d’amitiés inébranlables, des engagements séculaires sont des arrangements établis sur des marchandages non explicites.
Le monde moderne au XXIe siècle, facilite ce qui avant était problématique, il brise les tabous, mais rend plus faciles les distorsions : le plaisir, le désir peuvent être réalisés en un clic de souris ou une frappe sur un clavier, pour obtenir ce dont on a besoin au moment où on le veut. Cette facilitation empêche souvent l'expérience authentique, l'expérience légitime. Tout est produit, jusqu’au désir. Il ne reste à l’individu qu’à gérer et créer des ressources : de l'argent aux motivations pour avoir des désirs les réaliser. Ce sont des machines désireuses, comme disent Guattari et Deleuze, sauf qu’elles ne sont pas la résultante d'un traumatisme et d’expériences précédentes, mais bien guidées par des sceaux de garanties, des slogans de bonheur, de liberté sans préjugé.
Ces paradis annoncés créent des demandes, des motivations. Les protagonistes ne sont pas seulement ce qui sont considérés comme pervers, ils sont, principalement des curieux motivés par le fait d’avoir des expériences sans continuité, sans compromis, presque anonymes, seulement marquées par le plaisir, où l'autre est transformé en un objet, en un produit de consommation, même si cela implique sa destruction après usage. L’être humain a réussi à raccourcir la distance entre la source de production et la consommation du produit, à devenir lui-même produit, produit pour produire. En vivant pour le plaisir qui le satisfait, par conséquent à peine pour accomplir ce qui donne du plaisir, il s’auto consomme par son positionnement d’auto-référencement, créé par la perte de la dynamique, par l'inexistence de l'autre, réduit à une seule dimension : source de plaisir. Il est l'équivalent du syndrome auto immune, où l’organisme lui-même se dévore.
Mercantiliser les affections, négocier les relations et désirer la satisfaction est paradoxal, cela casse le marché, crée des automates dépendants de l'autre, ainsi que des dépendants automatiques de la cotation aléatoire des marchandises : quoique ce soit sert et devient nécessaire. Les unions qui ont lieu en fonction des résultats, sont, par définition, contingentes donc fluctuantes, ainsi, pour les garder, apparait la nécessité de contrats, d’engagements et d’illusions. C’est une perversion qui crée aussi des points de résistance, comme par exemple, attendre la considération, attendre le plaisir dans ce qui est donné, dans ce qui est disponible, même si tout part d’une erreur. Entrer dans ce processus nécessite un contrôle permanent, exige des garanties pour de faire de nouvelles affaires ; il n'y a pas de liberté, il n'y a pas d'amour, il n'y a que l'anxiété et de l'engagement.
On ne peut pas donner ce que l’on n'a pas ; on ne peut pas s’attacher quand il n'y a pas de liens ; il n’est pas possible de continuer dans la dispersion ; il n’y a pas d’humanité possible quand celle-ci a été perdue dans des échanges réducteurs, dans les sédations aliénantes des désirs et des possibilités. C’est l’empire de l'automatisation, qui dirige la façon aliénée, réifiée de se situer par rapport à l'autre. Les drogues licites et illicites, les dépendances affectives, l'insatisfaction sexuelle, la peur et le désespoir sont les symptômes et les dénonciateurs de tout ce processus de déshumanisation.
Traduit du portugais par Gilda Bernard.
Traduit du portugais par Gilda Bernard

WSI

Vera Felicidade de Almeida Campos

Vera Felicidade de Almeida Campos est une psychologue brésilienne - elle a reçu une formation en psychologie à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro. Elle a travaillé à l’hôpital psychiatrique et travaille depuis les années soixante dans le domaine de la psychothérapie. Elle est la créatrice de la Psychothérapie Gestaltiste (Psicoterapia Gestaltista), théorie psychothérapeutique présentée et developpée dans ses livres, le premier publié en 1973 et le dernier en 2015, chacun d'entre eux porte sur le développement de sa théorie psychothérapique (elle est l'auteur de 10 livres). Ses principales influences sont la Gestalt Psychology, la Phénoménologie et le Matérialisme Dialectique. Outre son travail quotidien dans la psychothérapie clinique et l'écriture de livres, elle publie régulièrement des articles dans les magazines et les journaux (en portugais). Les livres originaux ne sont disponible qu'en portugais: “Psychothérapie Gestaltiste - Conceptualisations”, “Changement et Psychothérapie Gestaltiste”, “Individualite, Questionnement et Psychotherapie Gestaltiste”, “Relationnel - Trajectoire de l’Humain”, “Terre et Or sont Egaux - Perception en Psychotherapie Gestaltiste”, “Désespoir et Cruauté - Etudes Perceptives Relation Figure-Fond”, “La Question de l’Etre, du Soi-Même et du Je”, “Realidade da Ilusão, Ilusão da Realidade”, “Langage et Psychothérapie Gestaltiste - Comment on apprend à parler”.









mercredi 2 novembre 2016

Transpositions, synesthésies / Hystérie et poésie


Fureur

Transpositions, synesthésies

Hystérie et poésie


19 SEPT. 2016
par
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS



Il existe des situations où toutes les variables perçues sont polarisées sur une cible, un objectif. Dans la dramatisation du danger, l’expectative d’être attaqué par une bête féroce, un serpent venimeux ; par exemple, crée des obstacles paralysants. Dans ces moments là, ce qui se voit, ce qui se sent, ce qui se ressent, ce qui s’entend, outre le goût amer dans la bouche, est référencé dans la situation qui immobilise ; tout est polarisé sur un point qui permet les transpositions et les unifications des diverses perceptions – c’est la synesthésie. Des tensions rapides, des milliards de péripéties, des peurs, des joies débridées créent ces perceptions unidirectionnelles, unilatérales, synesthésiques.

mardi 11 octobre 2016

La liberté, sa faisabilité / Les prisons contemporaines

Évadez l'environnement naturel

La liberté, sa faisabilité

Les prisons contemporaines


19 AOÛT 2016
par
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS



Être libre est une aspiration séculaire.
Depuis toujours, la vie en société s’organise en générant les soumis, les esclaves et les êtres libres. Dans la Cité grecque, par exemple, on faisait une grande distinction entre les esclaves et les hommes libres. Platon considérait cela comme une réalité inévitable à partir de laquelle tout serait établi. Les hommes étaient esclaves ou seigneurs de naissance et c’était une association ou une organisation qui ne découlaient pas de conventions et d’accords, il s’agissait de caractéristiques humaines. De l’antiquité à nos jours, la main-d’œuvre fournie par les esclaves a été l’un des piliers qui soutiennent les sociétés et leurs systèmes économiques, bien que, de nos jours des ambiguïtés dispersent et camouflent sa visibilité.
La vie contemporaine ne ressemble pas à la vie dans l’antiquité, au contraire, elle s’affirme comme une évolution par rapport à cette dernière, où le progrès se définit de manière positive pas seulement en tant que conquêtes technologiques, mais aussi comme avancées sociales en faveur des droits et des libertés individuelles (base des revendications d’innombrables minorités). Cependant, nous n’avons jamais autant été prisonniers de la production, de la vitesse, de la standardisation, de l’adaptation/désadaptation, de la bureaucratisation et aux difficultés de relations qu’à présent, en conséquent, les esclavagismes se maintiennent et c’est pour cela que nous ne percevons jamais, ou de manière si ambiguë, ce que c’est que d’être libre.
Nous avons l'habitude de penser en termes de paradoxe et d’antinomie et dans ce sens la liberté est perçue comme opposé à l’esclavage ou au minimum comme ce qui l’exclu. De cette façon, le concept de liberté s’annule au travers d’une construction opposée : ce qui est nécessaire (l’esclavage est nécessaire, par exemple) et ce qui est dissuasif (le nécessaire empêche la liberté). Être esclave c’est ne pas être libre, être libre c’est ne pas être esclave, cette tautologie ne clarifie pas beaucoup ni n’amplifie la compréhension de la liberté, qui, comme tout, est relationnelle et ne peut seulement être apprise qu’à mesure que ses structurants deviennent nets.
La question de la liberté, d’un point de vue existentiel, nous renvoie à la définition de l’humain : l’essence humaine c’est la possibilité de relation. L’homme est un être dans le monde avec les autres et être libre c’est pouvoir exercer des possibilités de relation. Quand on vit pour satisfaire des nécessités, pour alimenter des désirs et des objectifs, on se crée des à côté, des compromis, des manques, des peurs, et enfin, des systématisations contraignantes et limitatrices. Pour s’accommoder, on cherche protection et sécurité dans des solutions génératrices de relations affectives basées sur des compromis, sur des illusions de fonctions d’éclaircissement, des opportunismes, des dogmes, des règles et des schémas.


Hors de la boîte
Être libre c’est outrepasser les limites, c’est ne pas être défini par elles. Ces alternatives, liberté et limite, ne se posent pas comme des polarités en fonction desquelles la question de liberté ou non liberté se développe. Il ne s’agit pas de continuité entre les deux pôles d’un même axe, sinon se serait simplement être libre par opposition à être esclave, à être prisonnier, à être cerné et dans ce sens la question serait ajout ou retrait, apposition ou opposition.
La liberté c’est transcender les limites, c’est transcender les obstacles et cette transcendance ne se produit pas dans la continuité des processus. La rupture s’impose, c’est à dire que transcender c’est aller au-delà, c’est faire surgir un autre processus. La linéarité des situations établies est toujours binaire, logique, prévisible, tandis que ce qui brise et modifie c’est l’appréhension de l’unité qu’elle contient (la relation configurative entre les pôles d’un même axe), c’est à dire que c’est la spirale, la synchronisation qui atteignent les autres plans, les autres référentiels. Dans ce sens, toute la philosophie religieuse depuis Saint Augustin et Saint Thomas, parle de choses qui ne sont pas de ce monde, elle parle de la liberté par rapport à Dieu, de la foi, par exemple – c’est la métaphysique.
Nous pouvons toujours transcender les limites, nous pouvons toujours être libres : l’amour, la pensée, la créativité, les changements sociaux, les nouveaux paradigmes, qui constituent la science et la technologie, amplifient l’espace, neutralisent la temporalité, mais ils ne parviennent qu’à briser les polarités établies par le système, par l’autre et par nous même, quand le passé ne nous structure pas ou que le futur ne nous soutient pas. L’insistance et la pression sociales à nous encourager à l’accumulation, à la construction d’images, à nous fixer des objectifs économiques et sociaux, empêchent l’expérience du présent, fragilisent, amènent de l’anxiété, génèrent la dépression, les peurs, les compromis, c’est à dire, rendent difficile le libre exercice de la dynamique d’être avec l’autre. Vivre le présent sans les référentiels de peur, d’attachement et d’attente est l’unique manière d’être libre. Plus nous nous cantonnons à des systèmes et des référentiels solutionneurs ou problématiques, moins nous avons de liberté, plus nous sommes en mode survie, plus nous avons d’anxiété, d’angoisse et d’adéquation/inadéquation.
La liberté c’est outrepasser les limites en les intégrant, c’est vivre le présent sans les protections et les interruptions des désirs, des peurs et des compromis. Être libre c’est être un. Cette expérience de l’unité ne s’obtient qu’au travers de l’autonomie, au travers de l’acceptation de ses propres limitations et difficultés.
Être libre c’est l’humanisation qui arrive chaque fois que l’on arrive à dire non à l’aliénation et à la cooptation.
Traduit du portugais par Gilda Bernard

Vera Felicidade de Almeida Campos

Vera Felicidade de Almeida Campos est une psychologue brésilienne - elle a reçu une formation en psychologie à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro. Elle a travaillé à l’hôpital psychiatrique et travaille depuis les années soixante dans le domaine de la psychothérapie. Elle est la créatrice de la Psychothérapie Gestaltiste (Psicoterapia Gestaltista), théorie psychothérapeutique présentée et developpée dans ses livres, le premier publié en 1973 et le dernier en 2015, chacun d'entre eux porte sur le développement de sa théorie psychothérapique (elle est l'auteur de 10 livres). Ses principales influences sont la Gestalt Psychology, la Phénoménologie et le Matérialisme Dialectique. Outre son travail quotidien dans la psychothérapie clinique et l'écriture de livres, elle publie régulièrement des articles dans les magazines et les journaux (en portugais). Les livres originaux ne sont disponible qu'en portugais: “Psychothérapie Gestaltiste - Conceptualisations”, “Changement et Psychothérapie Gestaltiste”, “Individualite, Questionnement et Psychotherapie Gestaltiste”, “Relationnel - Trajectoire de l’Humain”, “Terre et Or sont Egaux - Perception en Psychotherapie Gestaltiste”, “Désespoir et Cruauté - Etudes Perceptives Relation Figure-Fond”, “La Question de l’Etre, du Soi-Même et du Je”, “Realidade da Ilusão, Ilusão da Realidade”, “Langage et Psychothérapie Gestaltiste - Comment on apprend à parler”.


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mardi 28 juin 2016

Vera Felicidade / L’intimité


L’intimité

Entièrement tourné vers l’autre, tourné vers ce qui se passe


19 JUIN 2016
Par VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS


L’intimité avec l’autre, avec les contextes c’est ce qui caractérise les relations en tant que présence et présent.
Percevoir l’autre et ce qui arrive, au travers de référentiels médiateurs, métamorphose les situations.
Dans l’instant présent et total, être avec l’autre, avec ce qui se passe, c’est ne pas avoir de référentiels médiateurs. Le contact direct c’est la communication qui permet intimité et familiarité. Cette rencontre c’est « l’être en présence », c’est percevoir (connaître), qui mène à des catégorisations, à savoir, aux reconnaissances significatives et déterminantes.
Percevoir l’autiste, par exemple, savoir qu’il existe une attitude sollicitée, crée, quand cette expérience est acceptée, une distance structurante. Il est fréquent dans les situations d’isolement, comme c’est le cas dans l’autisme, que la propre mère n’existe pas en tant que dialoguant. Elle est comme un empêchement, pas un signal de participation. Cette configuration – n’être pas un signal de participation - peut permettre des expériences d’acceptation des empêchements, d’acceptation de la solitude et de l’isolement, elle peut créer l’intimité avec la limite.
Au travers de l’acceptation de ce qui est évident – possibilités et impossibilités - nous dispensons les appuis et les protections qui nous tiennent à distance de ce qui arrive. Percevoir et accepter ces évidences signifie que l’on commence à comprendre ce qui a déjà été métamorphosé par Nietzsche, quand il disait : « L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain, - une corde sur l’abîme ».
Être un chemin, pour moi, c’est être ouvert aux contradictions, c’est être toujours en devenir, c’est se rendre capable de transcender les limites jusqu’à les percevoir et les accepter.
Dans des situations extrêmes, avec des référentiels réduits (comme c’est le cas dans les relations avec les autistes), être ensemble, devenir intime des impossibilités de l’autre, est ce qui est propice à la relation, c’est ce qui est propice à la transformation. Absorber et intégrer la limite, développe, crée l’intimité en neutralisant les référentiels d’espacement. Les organisations perceptives, relationnelles, qui permettent le discernement, résultent de ces expériences.
Être intime c’est s’approprier des les données, c’est appréhender l’inhabituel, c’est prédire l’inhabituel (La loi de clôture - Gestalt), c’est se saisir des accords qui contextualisent les relations, la communication avec les données mises en évidence, donc, ce qui se substitue à nos attentes. Le désir, les attentes, créent des illusions, ils anticipent le non encore existant autant qu’ils enterrent, qu'ils ruinent ce qui est entrain de se passer.
Il suffit d’être avec l’autre, d’être présent à ce qui est entrain de se passer, pour que la magie de l’intimité se révèle, ouvrant, ainsi, d’infinies possibilités. Quand ce qui arrive est perçu en tant que ce qui arrive, indépendamment des interprétations fabriquées dans divers contextes autres que ce qui est entrain de se passer, les signifiants de l’expérience apparaissent. Être et paraître sont identiques, ce ne sont pas des référentiels qui se croisent pour créer des points d’élucidation. Le relationnel cesse d’être une énigme qui devrait être déchiffrée ou quelque chose qui devrait être complété. Les énigmes disparaissent (« devine ou je te dévore » disait le Sphinx) et l’homme paraît, l’être, les faits avec leurs structurants, des explications qui peuvent être globalisées surgissent, appréhendées dans un focus non agressif, ce processus est bien différent de la création d’hybrides résultant de modèles préfabriqués.
Avoir de l’intimité implique d’être disponible, entièrement tourné vers l’autre, tourné vers ce qui se passe. C’est un processus qui n’est pas courant, donc, on est constamment entrain d’assembler, de réparer, de coller, toujours à essayer de réaliser des objectifs, toujours à tenter d’atteindre quelque chose, toujours à s’efforcer d’améliorer.
Traduit du portugais par Gilda Bernard
Vera Felicidade de Almeida Campos

Vera Felicidade de Almeida Campos est une psychologue brésilienne - elle a reçu une formation en psychologie à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro. Elle a travaillé à l’hôpital psychiatrique et travaille depuis les années soixante dans le domaine de la psychothérapie. Elle est la créatrice de la Psychothérapie Gestaltiste (Psicoterapia Gestaltista), théorie psychothérapeutique présentée et developpée dans ses livres, le premier publié en 1973 et le dernier en 2015, chacun d'entre eux porte sur le développement de sa théorie psychothérapique (elle est l'auteur de 10 livres). Ses principales influences sont la Gestalt Psychology, la Phénoménologie et le Matérialisme Dialectique. Outre son travail quotidien dans la psychothérapie clinique et l'écriture de livres, elle publie régulièrement des articles dans les magazines et les journaux (en portugais). Les livres originaux ne sont disponible qu'en portugais: “Psychothérapie Gestaltiste - Conceptualisations”, “Changement et Psychothérapie Gestaltiste”, “Individualite, Questionnement et Psychotherapie Gestaltiste”, “Relationnel - Trajectoire de l’Humain”, “Terre et Or sont Egaux - Perception en Psychotherapie Gestaltiste”, “Désespoir et Cruauté - Etudes Perceptives Relation Figure-Fond”, “La Question de l’Etre, du Soi-Même et du Je”, “Realidade da Ilusão, Ilusão da Realidade”, “Langage et Psychothérapie Gestaltiste - Comment on apprend à parler”.

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