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dimanche 25 mars 2018

The Defenders saison 1 / Quand Netflix saborde les super-héros Marvel



The Defenders saison 1 : quand Netflix saborde les super-héros Marvel

Mise à jour : 24/03/2018 00:44 - Créé : 21 août 2017 - Jacques-Henry Poucave



Photo , The Defenders
Après avoir pu découvrir avant leur diffusion les quatre premiers épisodes des Defenders, nous avions constaté avec tristesse combien la série avait du mal à s’installer et à proposer quoi que ce soit de valable au spectateur. Et après avoir regardé la saison dans son intégralité, le ratage est tel qu’il évoque plus un sabordage dans les règles qu’un accident de parcours.

FIGHT CLUB MED

Il avait fallu patienter plus de trois heures pour avoir droit à une scène d’action vite expédiée, dans un décor aussi pauvre que désincarné. Une fois son quatuor réuni, le show de Netflix a au moins la politesse de leur offrir de bonnes doses de castagne. Un changement qui provoque logiquement une accélération du rythme et favorise un tempo plus rapide.

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Qui n'a jamais rêvé de se bastonner dans les toilettes d'un Ikéa ?

The Defenders ne se mue pas d’un épisode à l’autre en récit effréné, loin de là, mais les personnages doivent désormais continuellement faire leurs preuves à coups de poings, pieds et autres objets contondants. Hélas, ces joutes physiques font terriblement peine à voir. Si on se souvient des échanges brutaux et chorégraphiés de Daredevil, la disparité des capacités physiques amène ici des combats simplifiés à l’extrême, victimes d’un montage abrupt et d’une conception souvent simpliste.
On peine à voir à quoi peut bien servir Jessica Jones (qui paraît le plus souvent totalement dénuée de super-pouvoir), tandis que Luke Cage apparaît ici et là curieusement sensible à la douleur et que ce pauvre Iron Fist fait son possible pour dissimuler combien il est plus lent et imprécis que le premier cascadeur venu. Ajoutons à cela que Daredevil étant le seul gugusse totalement investi par son rôle et l’unique héros à se trimballer en costume, la mauvaise troupe est beaucoup trop hétérogène pour recueillir notre sympathie ou pour assurer le show.

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"Bah voilà, je suis encore tout seul à mettre un costume. Z'êtes pas cool hein."

GAME OF DRAGON

Avec seulement 8 épisodes, on espérait que Netflix mettrait les petits plats dans les grands pour donner à la première guerre totale contre La Main un véritable cachet cinématographique. Manque de pot, quelqu’un du côté du département artistique doit vraiment être passionné de parkings sous-terrain et autres ensembles suburbains, tant les épisodes multiplient les lieux anonymes et génériques.
Le Hell’s Kitchen crapoteux de Daredevil et les rues malfamées de Jessica Jones ont perdu de leur caractère, tandis que la photographie poisseuse se fait elle aussi plus commune. Le résultat est ainsi tiraillé entre une charte naturaliste désormais banale et une orientation ouvertement fantastique bien trop artificielle.

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"Un menu B12, et que ça saute !"

Par exemple, alors que La Main est censée n’avoir jamais été aussi puissante, elle apparaît étonnamment médiocre et surtout franchement inoffensive. Exception faite d’Elektra, tous les Ninja ont disparus, remplacés par des hommes de mains génériques, incapables de faire trois pas sans se faire péter les rotules. Des hordes de VRP en costard, qui ne représentent jamais une menace ni n’impressionnent la rétine. Il faut dire que leur plan, soit-disant diabolique, se révèle si éminemment couillon et capillotracté qu’il n’intéresse jamais vraiment (en gros provoquer l’écroulement de New York, qui a été bâtie sur les restes d’un dragon, dont les os doivent être utilisés pour créer une poudre d’immortalité).


Kristen Ritter / Jessica Jones


BEEN THERE DONE THAT

Alors que The Defenders se montre incapable d’être à la hauteur des précédentes réussites de son association avec Marvel sur le plan du pur spectacle, comme dans on orientation esthétique. Il en va hélas de même en matière de scénario. Si les personnages secondaires étaient sympathiques dans les séries solo, les retrouver tous concentrés dans cette réunion a un effet d’empilement très désagréable.

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Elektra, seule antagoniste digne de ce nom

Ils alourdissent un rythme déjà bien faiblard, quand ils ne doivent pas assumer des sous-intrigues totalement ratées, à l’image de celle qui fait d’Iron Fist un abruti au bord de la lobotomie, manipulable à souhait. Heureusement, certains dialogues tendent à s’améliorer au fur et à mesure que l’intrigue progresse, et par endroit Jessica Jones parvient même à nous arracher un sourire, quand elle ne participe à des bastons embarrassantes.
Enfin, ce qui achève de ruiner cette kermesse héroïque, c’est la volonté de Netflix de dupliquer encore une fois une recette pas déplaisante, mais beaucoup trop systématique. À ce titre, le traitement de Sigourney Weaver est rageant. Elle a beau être lal plus charismatique de cette hétéroclite distribution, nombreux sont ceux qui vont s’agacer de voir son traitement dans la seconde moitié de la saison. On remercie les scénaristes de vouloir nous réserver des semblants de twists, mais ils ont manifestement oublié que depuis la première saison de Daredevil, c’est la même construction en tiroir qui préside à chaque aventure solo de nos héros, et qu’elle est donc devenue totalement transparente.

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Le quotidien des super-héros

Devant ce ratage, souvent ridicule, toujours ennuyeux, on en viendrait presque à se demander si le divorce annoncé entre Netflix et Disney n’a pas à voir ce piteux résultat. On sait depuis quelques jours que le studio propriétaire de Marvel met fin à cette collaboration pour se lancer seul dans l’aventure du streaming. Conscient de la tournure que prenait l’alliance, Netflix aurait-il baissé les bras en cours de route plutôt que de continuer sur la très prometteuse lancée de ses aventures solo ? On en aurait presque l’impression.



samedi 24 mars 2018

Jessica Jones / On fait un bilan rapide sur la deuxième saison à mi-parcours



Jessica Jones : on fait un bilan rapide sur la deuxième saison à mi-parcours

Créé : 13 mars 2018 - Florian Descamps

Illustration Jessica Jones 2
En 2015, on vous disait déjà tout le bien que l'on pensait de Jessica Jones, alors premier jalon de l'univers étendu de Netflix après l'essai Daredevil. Trois ans et un certain nombre de déceptions plus tard (Iron FistThe Defenders), la détective misantrope nous revient avec une saison 2 attendue. Pour un retour réussi ? A mi-saison, on fait un premier bilan.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !



APRÈS LA BRUME...

Dire que les dernières productions Marvel-Netflix ont déçu serait un euphémisme. Après le teen drama Iron Fist qui venait ternir un projet maitrisé (critique complète ici), The Defenders enterinait en effet une baisse qualitative de l'ensemble, réunissant ses héros autour d'une oeuvre en mal d'inspiration et d'une mise en scène timide, voire expediée. À l'heure de retrouver Krysten Ritter loin du glaçant Kilgrave (excellent David Tennant), les craintes étaient donc de mise.
N'entrenons pas le suspense : il n'en est rien. Après The Punisher, Jessica Jones confirme le réveil du Marvel Universe de Netflix.

Photo Krysten Ritter, Jessica JonesVous en doutiez ?

C'est que dès ses premières heures, la série s'est construite autour d'une base suffisament solide pour s'y reposer : ses personnages. Loin des tracas soap d'un Dany Rand ou la noirceur de Matt Murdock, cette seconde mouture réemprunte donc la même formule et les met en lumière.
Outre Jessica, dont l'intrigue interroge ici l'origine des super-pouvoirs, on retrouve un panel de personnages secondaires à l'intérêt savamment épaissi. Déjà très présents il y a trois ans, Trish, Malcom et Harper s'émancipent aujourd'hui de Jessica pour mieux l'enrichir dans les moments forts et c'est là l'intelligence de la saison. En apparence esseulée face à une révélation qui va changer sa vie, l'héroïne va plus que jamais s'appuyer sur son entourage pour s'en sortir. Un melting-pot de sous-intrigues convaincantes et que l'on aimerait voir plus souvent chez Marvel.

Photo Eka DarvilleEt il se pourrait même que certains prennent du galon...

Le seul point noir pourrait en fait venir de la mise en scène, qui, à l'instar de celle de la première saison, manque un peu de caractère. Si l'ensemble reste convaincant, du découpage à cette photographie qui magnifie le quartier de Hell's Kitchen, l'absence de la menace Killgrave et ses teintes violacées se fait ici ressentir. Chose d'autant plus dommageable que les acteurs, eux, répondent à nouveau présents et nous offrent des partitions parfois remarquables.
En chef de file, Krysten Ritter est plus que jamais Jessica Jones et, à l'image de cette scène de flashback sur la jeunesse de Jessica où elle compose un personnage perdu et à la naïveté presque touchante, l'engagement semble total. Après Veronica MarsBreaking Bad et plus récemment sa DeeAnn de Big Eyes, voilà une nouvelle prestation qui confirme plus que jamais tout le talent de l'actrice.

Photo Krysten Ritter"Allô le monde ? Est-ce que tout va bien ?"

... LE RETOUR AUX SOURCES

Les origines de Jessica Jones sont largement connues : autrefois surnommée Jewel, la super-héroïne a été brièvement membre des Avengers et amie de Captain Marvel (qui devait à l'origine être présente dans la première saison avant que Marvel ne décide de lui dédier un film) avant de rencontrer Killgrave et devenir celle que l'on connait aujourd'hui. Un passé qu'on a pu retrouver sous forme de clins d'oeil dans la première saison et qui a permis à la série de s'inscrire avec cohérence dans le Marvel Universe.
Là où Netflix diffère aujourd'hui, c'est au sujet des super-pouvoirs : acquis dans l'accident qui a coûté la vie à sa famille (et asperga Jessica Jones de liquide radioactif) dans les comics, leur origine est ici remise en cause. Au départ un simple organisme obscur nommé « IGH » , l'antagoniste de la saison se mue d'ailleurs à mesure que se dévoile l'intrigue et pourrait bien en détenir les principaux secrets. L'arrivée, en outre, d'un personnage puissant et complexe que l'on ne pensait plus voir arriver dans la série redistribue les cartes et remet en cause la toute puissance héroïque de Jessica. Et si l'héroïne s'en retrouvait fortement ébranlée ?
Photo Krysten RitterNon Jessica, pas par là

C'est en fait là tout le challenge de Netflix. Si Jessica Jones opte aujourd'hui pour le bouleversement des origines de son héroïne, l'impact que cela pourrait avoir sur le personnage reste encore à définir. Derrière Killgrave, le flou entourant ce « jour où tout a basculé » fait partie des névroses de Jessica et lui apporter des réponses dès la seconde saison pourrait être un peu précipité. Gageons qu'avec la multiplicité de ses thématiques, l'envie de se renouveler et la facture globale de sa production, la série ait un tour d'avance sur nous.

Après sept épisodes, c'est donc avec une solide seconde saison que semble revenir Jessica Jones. Débarassée de Killgrave, la série a réussi à se renouveler et combler l'absence du super-vilain grâce à des choix qui pourrait redéfinir le personnage. On ne saura donc que vous conseiller d'y jeter un oeil.
La saison 2 de Jessica Jones est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 8 mars.



jeudi 22 mars 2018

Jessica Jones saison 2 / La critique



Jessica Jones saison 2 

La critique


Paris Match||Mis à jour le 


Krysten Ritter incarne Jessica Jones.
RÉALISÉ PAR :
S.J. Jackson, David Petrarca, Stephen Surjik, Uta Briesewitz
AVEC :
Krysten Ritter, Rachael Taylor, Eka DarvilleCarrie-Anne Moss
DATE DE SORTIE :
La dure à cuire héroïne Jessica Jones est de retour pour une seconde saison sur Netflix. 

Le synopsis

Jessica Jones, la détective privée la plus dure à cuire de New York, reprend le contrôle de sa vie et se remet peu à peu du meurtre de Kilgrave. Confrontée à une multitude de mensonges, elle remet tout en question afin de découvrir la vérité, d'autant que cette fois-ci, l'affaire est plus personnelle que jamais et l’oblige à retourner dans son passé.  

La bande-annonce

La critique

Jessica Jones n'a pas choisi n'importe quel jour pour faire son retour : le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Tout un symbole pour cette héroïne fragilisée par les traumatismes physiques et mentaux que lui avait fait subir Kilgrave. Dans la seconde saison, le personnage campé par un étonnant David Tennant n'est plus, mais la détective privée Marvel continue de se battre contre les fantômes de son passé. Poussée par sa soeur adoptive et meilleure amie Trish Walker (Rachael Taylor), elle enquête sur IGH, une organisation secrète qui pratique des expériences sur les humains et leur octroie des capacités hors normes. C'est à IGH que Jessica Jones doit ses pouvoirs et elle a bien l’intention de leur demander des comptes sur les expériences pratiquées sur elle. 


Rachael Taylor. © David Giesbrecht/Netflix
Cette quête des origines est nécessaire pour comprendre l'oiseau de nuit alcoolique et solitaire, super-héroïne qui rejette ce titre en bloc, mais elle est parasitée par une foule d'intrigues secondaires qui ralentissent la résolution du mystère et l'étale inutilement. Le résultat donne une saison inégale dans sa narration entre les épisodes du début qui sont longs à entrer dans le vif du sujet en multipliant les rebondissements mineurs et ceux de la deuxième moitié de saison où tout s'accélère. 

David Tennant, J.R. Ramirez et Krysten Ritter. © Linda Kallerus/Netflix
La saison 2 souffre aussi de l'absence d'un méchant de la trempe de David Tennant, sûrement à dessein puisque que comme dans la première saison, la psychologie et l'évolution des personnages, l'exploration de leurs blessures priment l'action. On en découvre plus sur Trish qui s'engage sur une route sinueuse en jouant les héroïnes à la place de Jessica Jones et l'armure de l'avocate Jeri Hogarth (Carrie-Anne Moss) se fendille petit à petit. On applaudit aussi le développement de Malcolm (Eka Darville), qui a connu l'évolution la plus impressionnante entre les deux saisons. De junkie en piteux état dans la saison 1, il est devenu un personnage assez lumineux dans ce roman noir et un assistant précieux pour Jessica Jones. Krysten Ritter elle, excelle toujours dans l'incarnation de la cynique détective à la répartie qui fait mouche et qui, on l'espère, reviendra pour une saison 3.