Affichage des articles dont le libellé est Coronavirus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coronavirus. Afficher tous les articles

dimanche 20 juin 2021

Coronavirus / 487 nouveaux cas en 24 heures, 40 morts dans les hôpitaux français




Covid-19: 487 nouveaux cas en 24 heures, 40 morts dans les hôpitaux français


LE POINT SUR LA SITUATION - Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.


LE FIGARO avec AFP
Publié le 20/06/2021 à 22:15, mis à jour hier à 19:36

Réouverture des discothèques en France, l'Indonésie passe le cap des deux millions de cas, l'émirat d'Abou Dhabi offre des vaccins anti-Covid aux touristes ... Voici le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

  • 1655 patients en réanimation dans les hôpitaux français

La pression continue de se desserrer sur les hôpitaux français. 10.386 patients étaient hospitalisés ce lundi, dont 216 personnes admises depuis la veille. 1655 patients étaient hospitalisés en soins intensifs contre 1703 dimanche.

40 personnes sont également mortes dans les hôpitaux français ce lundi, portant le bilan à 84.322 morts à l'hôpital depuis le début de la pandémie. Concernant les contaminations, 487 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés ce lundi, contre 1815 la veille.

Sur le front des vaccinations, 32.224.257 personnes ont reçu au moins une injection (soit 48,1% de la population totale) et 16.698.370 personnes ont reçu deux injections (soit 24,9% de la population totale). 18.701.201 de personnes ont un schéma vaccinal complet. 558.840 personnes ont été vaccinées ce lundi: parmi elles, 177.864 ont reçu une première injection et 380.976 ont reçu leur deuxième dose.

  • La France va rouvrir discothèques et concerts debout

Les concerts avec du public debout seront à nouveau autorisés en France à partir du 30 juin, tandis que les discothèques pourront rouvrir «à compter du 9 juillet», a annoncé lundi le gouvernement.

La réouverture de ces lieux de fête se fera uniquement sur présentation d'un pass sanitaire (preuve de vaccination ou de test négatif récent), avec des capacités d'accueil réduites à 75% pour les événements en intérieur, et le masque y sera fortement recommandé sans être obligatoire.

En Espagne, les discothèques ont rouvert ce lundi dans la capitale Madrid et à Barcelone. Elles resteront en revanche toujours soumises à des restrictions d'affluence et d'horaires fixées par les régions, compétentes en matière de santé et de gestion de la crise sanitaire.

Les Alpes-Maritimes n'ont enregistré aucun mort du Covid-19 depuis sept jours, une première depuis 9 mois

Les autorités sanitaires n'ont enregistré aucun mort dans les Alpes-Maritimes depuis sept jours. Le bilan des patients décédés du Covid-19 à l'hôpital est donc de 1528 personnes et de 448 personnes dans les Ehpads, depuis le 14 juin. Une première depuis septembre 2020.

Concernant le taux d'incidence, il s'élève à 19 cas pour 100.000 habitants dans les Alpes-Maritimes quand il était de 650 au début du mois de mars. Le nombre d'hospitalisations en réanimation est également en baisse puisque 18 personnes se trouvent encore dans ces services contre près de 140 au mois de mars.

Trois jours après la fin de l'obligation du port du masque en extérieur, les Français ont retrouvé une vie presque normale dimanche soir, avec la levée du couvre-feu instauré il y a huit mois, grâce à la baisse des contaminations.

La France, l'un des pays d'Europe les plus touchés par le virus avec plus de 110.000 décès, était l'un des derniers à maintenir une telle mesure avec l'Italie et la Grèce.

Selon les données publiées par Santé publique France, 1815 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés lors des dernières 24 heures. 84.311 patients souffrant du virus sont décédés à l'hôpital, dont 14 en plus depuis samedi. 307 personnes ont été admises en soins critiques sur les 7 derniers jours.

10.000 spectateurs maximum pour les Jeux olympiques, des restrictions jugées «injustes» pour les athlètes

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo, qui s'ouvrent le 23 juillet, ont autorisé lundi la présence de spectateurs locaux, mais à 50% des capacités d'accueil de chaque site et dans une limite maximum de 10.000 personnes. Les compétitions pourraient cependant se dérouler à huis clos si les infections au Covid-19 se multipliaient de nouveau au Japon.

Le comité olympique indien a également qualifié d'«injustes» les mesures spécifiques imposées par les autorités japonaises aux athlètes des pays les plus touchés par des variants du Covid-19, attendus aux Jeux olympiques. Les protocoles prévoient notamment pour ces athlètes un dépistage quotidien au long de la semaine précédant leur départ pour le Japon, assorti de l'obligation pour eux de «s'abstenir d'entrer en contact avec d'autres équipes durant les trois premiers jours de leur arrivée» dans l'archipel.

  • Le Spoutnik V protège contre tous les variants, y compris le Delta, selon son concepteur

Le concepteur du vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V a affirmé lundi qu'il protégeait contre «tous les variants connus» y compris le Delta, responsable d'une flambée de l'épidémie de Covid-19 en Russie.

La capitale russe et sa région, ainsi que la deuxième ville du pays, Saint-Pétersbourg, sont particulièrement touchées par cette nouvelle vague, entraînant des records de contamination tandis que la campagne de vaccination patine. La région de Moscou a ainsi enregistré lundi sa plus forte hausse quotidienne depuis le début de la pandémie avec 1811 cas, tandis que la capitale affiche 7584 nouvelles infections.

  • L'Indonésie passe le cap des 2 millions de cas

L'Indonésie a dépassé lundi le cap des deux millions de cas de coronavirus alors que le pays d'Asie du Sud-Est voit une nouvelle vague de contaminations accélérer et que les hôpitaux sont proches de la saturation, laissant craindre une flambée incontrôlable de l'épidémie.

Le nombre de nouveaux cas journaliers a doublé ces dernières semaines dans l'archipel où la présence du variant Delta apparu en Inde a été confirmée. Le pays a enregistré 14.536 cas de Covid-19 lundi, un nouveau record par rapport au précédent plus haut enregistré fin janvier. Au total, l'Indonésie affiche plus de 2 millions de cas et près de 55.000 morts pour près de 270 millions d'habitants.

  • L'émirat d'Abou Dhabi offre des vaccins anti-Covid aux touristes

Le tourisme vaccinal a été discrètement lancé par les Émirats arabes unis: la capitale Abou Dhabi offre depuis mi-juin des vaccins gratuits à toute personne munie d'un visa délivré par les autorités de l'émirat, visiteurs inclus.

Le gouvernement d'Abou Dhabi n'a pas officiellement annoncé la vaccination des touristes, mais les autorités ont déclaré dans un communiqué très bref le 11 juin que les vaccins gratuits contre le coronavirus avaient été approuvés pour toute personne disposant d'un «visa d'entrée». Jusqu'ici la vaccination n'était ouverte qu'aux citoyens et résidents permanents des Émirats, riche pays du Golfe dont environ 90% de la population est constituée d'expatriés.

  • Plus de 3,86 millions de morts

La pandémie a fait plus de 3.868.393 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 10h00 GMT.

Après les États-Unis (601.825 décès), les pays ayant enregistré le plus grand nombre de morts sont le Brésil (501.825), l'Inde (388.135), le Mexique (231.187) et le Pérou (190.425). Ces chiffres, qui reposent sur les bilans quotidiens des autorités nationales de santé, sont globalement 

sous-évalués. L'OMS estime que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui officiellement recensé.

LE FIGARO





mercredi 6 janvier 2021

Les écrivains face au virus / «Après la marée», de Corinne Desarzens


Corinne Desarzens, 2019
Eddy Mottaz


Les écrivains face au virus: «Après la marée», de Corinne Desarzens

 La crise appelle des mots pour la dire, pour la traverser, pour en rire, pour la dépasser. Nous avons demandé à des autrices et des auteurs de réagir par les moyens de l’écriture: fiction, plaidoyer, rêverie, conte, etc. Cette semaine, carte blanche à la romancière Corinne Desarzens


Corinne Desarzens
Publié dimanche 3 mai 2020 à 15:45
Modifié dimanche 10 mai 2020 à 08:04

Vous vous souvenez peut-être de cette scène dans le film La Vie des autres où, dans un grenier, un étrange petit gaillard lunaire, casqué d’écouteurs, espionne les faits et gestes d’un couple de Berlinois, elle comédienne, lui écrivain et metteur en scène. Surpris, lui, de leur envier peu à peu leur mode de vie, leurs mots, ceux qu’ils échangent, ceux qu’ils lisent: un univers. Emu? Oui. Curieux? Très. Etonné de découvrir à quel point ces mots ont d’importance qu’il décide de ne pas trahir l’existence de la machine à écrire qu’ils cachent sous une lame du parquet.

Cernés par des murs de je veux et des catapultes de je, je, je, on le sentait arriver, pourtant. Tous ces gens, dans les trains, écouteurs aux oreilles, qui ne se disaient plus rien. Ou alors des injures, dans l’indifférence. Planifiées trois mois à l’avance au moins, des fêtes de Noël qui n’arrivaient jamais. Navrant, ce vocabulaire de plastique, à base d’implémentation topdown, forwarder et focus. Vacances d’un clic, Barcelone pour 30 euros, fraises en février et cerises en décembre.

Des mots par cœur

Dans un train, pourtant, ce 23 juin 2019, deux filles en short s’apprenaient, l’une lisant à l’autre une phrase, puis deux, puis trois que l’autre devait répéter, le poème de Rimbaud qui commence… Par les soirs bleus d’été/j’irai dans les sentiers/picoté par les blés… De même qu’on peut se faire tatouer le début de L’Iliade sur le mollet gauche, savoir quelques lignes par cœur fait davantage qu’inonder de plaisir: ça sauve la vie, parfois. La machine à écrire sous le parquet n’est autre qu’une bête merveilleuse qui crache des mots indispensables.

Les mots? Pas une couverture où s’envelopper en prenant une pose contemplative. Surtout pas. Et à quoi bon fulminer contre le monde comme on fulmine de ne pouvoir sortir d’une pièce dont nous aurions nous-mêmes fermé la porte à clef et jeté la clef par la fenêtre? Car la porte, c’est la curiosité. Et la clef, les mots.

Parmi les antidotes: la Correspondance échangée entre Albert Camus et Maria Casarès, 875 lettres entre 1944 et 1959. Albert, tuberculeux, marié à une neurasthénique tentée, elle, par la fenêtre, travaillait comme un fou. Maria, jeune Galicienne espagnole, jouait chaque soir dans Les Justes, dont cette réplique: La seule justice possible, c’est une nouvelle répartition de l’injustice.

Retenez le nombre de lettres échangées. Faites comme les joueurs de loto qui, à Naples, vont raconter leurs rêves dans les kiosques où à chaque élément du rêve correspond un nombre, 4 pour chien, 2 pour lèvres, ou 21 avec la langue, ou 90 car elles prononcent tous les numéros. Deux comme amants. Comme… Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia, de Pascal Quignard, ou l’agenda d’une Romaine du IVe siècle rapportant médisances, plaisanteries, cauchemars, énormités et beautés, odeurs et songes qui captiveront le dernier compagnon de sa vie, Publius.

Rare: un homme qui oublie le regard des autres hommes.

Qui se mange: huîtres et bolets, filet de murène.

Chats: deux, à petites manches.

Si je sens le chien mort? s’inquiète Publius. Je cesserai de venir, l’assure Apronenia, le jour où tu sentiras le pet d’un hippopotame d’Egypte.

Marée descendante

Passer d’un livre à l’autre, d’un souvenir à une découverte, au radar et par la main, tient de la divination. Huîtres comme…? De Sartre, je n’avais encore jamais lu Les Mots. Pétrie de préjugés, je le voyais comme un vilain crapaud désabusé avant de tomber sur cette phrase merveilleuse: La culture m’imprègne et je la rends à la famille par rayonnement, comme les étangs, au soir, rendent la chaleur du jour. J’ignorais qu’Albert Schweitzer avait appartenu à la branche maternelle de cette famille et que la grand-mère de Poulou (Jean-Paul), Louise, disait après trente ans de mariage et en parlant des poireaux mangés avec son mari: Il prenait tout le blanc et me laissait le vert!

- 2020, une année bissextile, non? Le niveau du lac descend?

- Je croyais qu’il y avait aussi des mois de février de 27 jours.

- Ah! magnifique! Continue à le croire, roule à gauche et bouffe du sable!

Ces jours, une forte marée descendante met le rivage à nu: détritus, indifférence, piquets noirs qui résistent, conflits d’intérêts énormes, façons diverses de vieillir, coquillages en décomposition, formidables récifs entre l’utile et l’inutile, poissons morts, choses horribles et beaux bois flottés. Sans parler de ces drôles de boîtes qui se fendent comme des huîtres, révélant la nudité de leurs organes intérieurs, qui ne sont autres, oui incroyable, que les livres décrits par Sartre. Des huîtres!

Et si la planète se défendait de ceux qui ont les plus vastes tableaux de bord sous les pattes? Oh, si tout le monde se mettait à tutoyer le silence et à aller nager à 7 heures du matin? Pourvu que revienne la vitalité chaotique. Tellement besoin de reconnaître à quel point la rumeur du monde nous est indispensable. Juste entendre s’engueuler un couple espagnol fait du bien… Et les piquets noirs? Ils marquent ces instants qui valent tellement la peine qu’on peut, après, traverser quelques semaines, quelques mois sans qu’il ne se passe rien d’autre dans nos vies.

L’aiguille du gramophone

Et après, et après? Plus question de s’apitoyer sur les îles grecques du Dodécanèse? Seuls les Russes ont l’art de se lire tout le cœur d’un regard. Le sursaut d’humanité? Pas sûr. Le triomphe d’internet? Mais pas pour rien que l’image laisse voir l’aiguille du gramophone labourer The Sultans of Swing de Dire Straits. Tu regrettes les grésillements? Ah oui, le grain et les coupures, ces petits fragments granuleux, l’hésitation d’une voix heurtée, tout ce qui, comme l’écriture à la main et l’usage de la machine à écrire sous le parquet, traduit tellement mieux que le message en soi.

Bientôt acculés à un ultime cocktail à base d’un reste de shampoing et de quelques gouttes de Grand Marnier? Pas sûr, pas sûr. Prenez soin de vous? Prenez plutôt garde à ceux qui n’ont rien. Aux retours de flèches et aux criquets pèlerins. Celui qui tourne les pages, là-haut, jettera un coup d’œil, par-dessus, pour voir si les jeunes loups que certains d’entre nous seront devenus arriveront à se trouver un nouveau territoire.


Née à Sète en 1952, Corinne Desarzens est une journaliste et romancière franco-suisse. Son œuvre compte notamment «Il faut se méfier des paysages» (1989), «Pain trouvé» (1995), «Mon Bon Ami» (2000), «Un Roi» (Prix Lipp 2012), «L’Italie, c’est toujours bien» (2018). Son dernier roman, «Le Palais aux 37 378 fenêtres», est sorti en 2019 (L’Aire).

LE TEMPS


lundi 21 décembre 2020

Camus, le virus et nous


Camus, le virus et nous


CHRONIQUE. Si pour la plupart «La Peste» remonte aux années d’adolescence, il vaut la peine de s’y replonger aujourd’hui tant on y trouve d’échos à la vague épidémique qui déferle

Lisbeth Koutchoumoff Arman
Publié dimanche 15 mars 2020 à 13:03
Modifié dimanche 15 mars 2020 à 13:34

Au tout début de La Peste de Camus, le docteur Rieux bute sur un rat mort sur le palier de son appartement. Le concierge, averti, est catégorique: il n’y a pas de rats dans la maison, ce ne peut être qu’une farce. Le docteur se rend ensuite en ville, à Oran, au chevet de plusieurs malades. Plus il progresse dans ses visites, plus le nombre de rats, vivants ou morts, augmente, au détour des rues. «Qu’est-ce que c’est que cette histoire de rats?» demande la femme de Rieux, le lendemain. «Je ne sais pas, c’est bizarre. Mais cela passera», lui répond-il.

Le concierge, quant à lui, a décidé de faire le guet pour débusquer les plaisantins qui déposent des rats sanguinolents dans les couloirs. Peu de temps après, il sera la première victime (le patient zéro) de la peste qui s’est emparée de la ville.

La réalité en face

Début janvier déjà, alors que le Covid-19 semblait encore loin de l’Europe, les ventes du chef-d’œuvre d’Albert Camus ont bondi. Fin janvier, le nombre d’exemplaires était multiplié par quatre en France et par trois en Italie. Mouvement spontané conjugué aux conseils des professeurs dans les écoles, des libraires aussi qui le mettent en avant en Suisse aussi? En tous les cas, si pour la plupart cette lecture remonte aux années d’adolescence, il vaut la peine de s’y replonger aujourd’hui tant on y trouve d’échos à la vague épidémique qui déferle: les autorités qui tardent à regarder la réalité en face, les mesures de confinement, les différentes façons de réagir face au mal, par le déni, le dédain, la magouille, la panique, la fuite. Ou l’engagement, incarné par le docteur Rieux.

En 1947, à la parution de La Peste, les lecteurs y ont lu, et c’était le souhait de l’auteur, une fable sur la résistance face au nazisme. Mais la pestilence peut prendre d’autres couleurs, d’autres noms. Camus a écrit de façon à ce que son livre puisse être lu «sur plusieurs portées».

Comme tous les classiques, chaque génération s’y retrouve, chaque actualité s’y reflète. Succès immédiat en France et à l’étranger, traduit dans une dizaine de langues, La Peste demeure aujourd’hui le 3e plus grand succès de Gallimard après Le Petit Prince de Saint-Exupéry et L’Etranger de Camus.

Criants de vérité

Autre lecture d’actualité, parue celle-là en janvier et qui frappe par son côté prémonitoire: le premier volume de La Chute, de Jared Muralt, dessinateur et auteur de BD bernois. Lors d’un été caniculaire, une grippe sévit et tue. Le virus s’ajoute à la sécheresse et à la crise migratoire.

L’armée est appelée pour faire respecter les mesures de confinement et n’hésite pas à tirer. Les denrées alimentaires manquent, les gangs règnent, la faim aussi. Dans ce monde qui s’écroule, un homme pleure sa femme atteinte du virus et tente de survivre avec ses deux jeunes ados. Il est sonné. Nous le sommes tous.

LE TEMPS



samedi 19 décembre 2020

L'Allemagne se reconfine

 

Angela Merkel


PANDÉMIE

L'Allemagne se reconfine 

Le confinement allégé de novembre n'a pas porté suffisamment de fruits. L'Allemagne tire le frein à quelques jours de Noël

Delphine Nerbollier
Publié dimanche 13 décembre 2020 à 15:05
Modifié dimanche 13 décembre 2020 à 15:06

Ce fut une réunion éclair. Contrairement aux réunions marathons d’octobre et novembre, la chancelière Angela Merkel et les 16 ministres présidents de région ont accordé leurs violons en une petite heure ce dimanche matin. Preuve du sérieux de la situation. Angela Merkel l’a confirmé: à partir du 16 décembre et jusqu’au 10 janvier, Allemagne se confine. Cette fois, pas de confinement «light» ni régionalement adapté comme en novembre, mais des «mesures globales» applicables dans l’ensemble du pays. «J’aurais aimé que les mesures légères soient plus efficaces» a commenté Angela Merkel. «Nous avons besoin d’une réduction des contacts de l’ordre de 70% mais nous avons réussi, au mieux, à atteindre 40%. Nos mesures doivent donc être renforcées […]. Elles auront un effet et permettront de ne pas surcharger nos hôpitaux» estime la chancelière, les traits tirés.

Exceptions du 24 au 26 décembre

Concrètement, à 10 jours des fêtes de Noël, le frein est donc tiré. Tous les commerces non essentiels fermeront dès mercredi et la vente d’alcool à l’extérieur est interdite. Finis aussi les cours en présentiel dans les écoles, les établissements pourront soit fermer dès le 16 décembre soit offrir des offres à distance. Si les maternelles restent ouvertes, les parents sont appelés à garder leurs petits à la maison. Il reste par ailleurs possible à deux foyers de se réunir, avec une limite de 5 adultes (personnes de plus de 14 ans), mais la chancelière insiste: «Évitez les rencontres non essentielles» appelle-t-elle.

Pour Noël, une exception sera faite, du 24 au 26 décembre, afin que le cercle familial le plus restreint puisse se réunir. Pas d’exception en revanche pour le réveillon du jour de l’an. Les feux d’artifice y seront interdits tout comme l’achat de pétards et autres fusées d’artifices, achetés en masse à cette période. «Nous répondons à l’appel urgent des soignants. Il nous faut éviter l’arrivée de blessés durant le réveillon» a confirmé le ministre président de Bavière, Markus Söder.

Si les offices religieux restent autorisés, les modalités seront décidées dans les prochains jours. Un effort supplémentaire sera également fait en direction des maisons de retraite où de nombreux foyers d’infection ont éclaté. Les visites seront limitées à une personne par semaine et le personnel y sera testé deux fois par semaine.

Pour compenser ces nouvelles mesures, l’Etat mettra une nouvelle fois la main au porte-monnaie. Le ministre des finances, Olaf Scholz, a confirmé un prolongement et une hausse des aides compensatoires pour les entreprises et particuliers. Vendredi déjà, le Bundestag avait adopté un budget 2021 en très forte hausse, avec une augmentation de la dette publique de 180 milliards d’euros.

Record battu avec 598 décès en un jour

Qualifié «d’arrêt de mort» par la Fédération du commerce, ces annonces à quelques jours des fêtes interviennent alors que le nombre d’infections et de morts est reparti à la hausse la semaine dernière, après avoir stagné. Un record a été battu, le 10 décembre, avec 598 décès. Au total, ce pays de 83 millions d’habitants a enregistré près de 22 000 morts, contre 6000 pour la Suisse et ses 8,5 millions d’habitants.

«Si nous ne faisons rien, nous serons bientôt l’enfant à problème de l’Europe» a résumé Markus Söder. «La situation est très sérieuse» constate-t-il. Les hôpitaux tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs jours et prédisent une surcharge des services de soins intensifs à Noël, à une période ou le personnel est traditionnellement réduit. Le nombre de patients en soins intensifs a dépassé la barre des 4200, bien plus qu’au printemps.

Très efficace, la réunion de ce dimanche a aussi été accélérée par la pression de certains Länder particulièrement touchés. La Bavière, la Saxe et le Bade-Wurtemberg ont renforcé leur confinement la semaine dernière et la chancelière s’enflammait mercredi au sein du Bundestag pour convaincre de la nécessité de mesures plus strictes.

Alors que l’Allemagne faisait figure au printemps de bon élève face au virus, avec un nombre de morts limités, les développements des derniers jours soulèvent de nombreuses questions. Le fédéralisme est-il à bout? Faut-il davantage de centralisme? Le confinement «light» de novembre était-il une erreur? L’Allemagne S’est-elle endormie sur ses lauriers? Certains dans l’opposition et parmi les virologues sont sceptiques quant à la stratégie sur le long terme des autorités. L’extrême droite et les libéraux du FDP exigent eux plus de mesures pour protéger les groupes à risques, avec une stratégie de tests plus adaptée. Ce dimanche, le Bavarois Markus Söder rappelait plus simplement que «le coronavirus est un permanent territoire inconnu» pour les politiques.

LE TEMPS


samedi 15 août 2020

En France, le masque se porte bientôt partout


Depuis samedi matin, le port du masque est obligatoire sur une partie des Champs-Elysées, notamment

PANDÉMIE

En France, le masque se porte bientôt partout


Alors que la Grande-Bretagne vient d'ordonner une quarantaine aux voyageurs arrivant de France, le pays est gagné par la peur d'une deuxième vague de Covid-19. Les avertissements et les nouvelles mesures se multiplient

AFP
Publié samedi 15 août 2020 à 12:33
Modifié samedi 15 août 2020 à 12:34


Port du masque étendu aux Champs-Elysées, appel de médecins à l'imposer en entreprise, pèlerinage à Lourdes sous surveillance: les initiatives se multiplient pour éviter une deuxième vague du Covid-19 en France.
«En tant que médecin, je pense que la situation est très préoccupante, en tant que citoyen, j'ai peur, je ne suis pas certain qu'on retrouve le monde d'avant», a lâché samedi sur BFMTV le professeur Xavier Lescure, spécialiste en maladies infectieuses à l'hôpital Bichat, à Paris.
Le médecin craint une «deuxième vague beaucoup plus longue, avec plus d'impact sur le plan économique, culturel, global», alors que la Grande-Bretagne vient d'ordonner 14 jours d'isolement aux voyageurs arrivant de France.
Un indicateur inquiète particulièrement. Le nombre de cas de coronavirus est reparti à la hausse: 2846 en 24 heures comptabilisés vendredi, nouveau record depuis mai, mois du déconfinement. Un effet du dépistage massif en cours mais pas seulement, puisque le taux de positivité dans la population augmente régulièrement.


Cette tendance conduit à une multiplication des mesures préventives prises par les autorités. Même si pour le moment le nombre des décès quotidiens est bien loin des heures sombres (18 dans les dernières 24 heures, 30.406 au total depuis le début de l'épidémie) et que la situation en réanimation reste stable (367 malades concernés, soit 7 de moins en 24 heures).

Aux Champs-Elysées

L'obligation du port du masque en extérieur s'étend quotidiennement. Depuis samedi matin, une partie des Champs-Elysées, le quartier du Louvre et celui des Batignolles, sont désormais concernés. Ces zones n'étaient pas comprises jusqu'ici, alors que certaines rues de la capitale sont soumises à cette pratique depuis lundi matin. «On a fait un premier pari, celui de s'en tenir aux zones denses, si ça ne marche pas, nous (étendrons cette obligation) sur tout Paris», a confié Anne Souyris, adjointe à la mairie de Paris en charge de la Santé publique, interrogée sur BFMTV. Paris est classée depuis vendredi, comme les Bouches-du-Rhône, département dans lequel la circulation du virus est active.
A Lourdes (Hautes-Pyrénées), les célébrations de l'Assomption sont bouleversées. L'accès aux lieux de ce pèlerinage de renom mondial a été limité à 10 000 personnes - au lieu de 25 000 habituellement - le masque est obligatoire et de nombreux malades ont renoncé à faire le déplacement. Ceux arrivant par trains médicalisés, souvent âgés et à la santé fragile, en quête de guérison miraculeuse, seront absents cette année. «C'est un crève-coeur de ne pas les accueillir», se désole auprès de l'AFP Vincent Cabanac, directeur du Pèlerinage national.
Mais les espaces publics en extérieur ne sont pas les seuls au centre de toutes les attentions. Les appels du monde médical se succèdent en faveur du masque dans certains lieux fermés fréquentés dans un cadre professionnel ou non. C'est le cas du Haut Conseil français de la santé publique (HCSP) qui en prône le port «systématique» dans «tous les lieux clos publics et privés collectifs».

«Il n'y a pas de fatalité»

Les conclusions du HCSP diffusées ce week-end découlent de l'étude des publications «décrivant les contaminations survenues dans des espaces publics clos (restaurant, bus, bateaux de croisières, répétitions de chorales, etc.) et certains milieux professionnels (abattoirs, etc.)».
Comme un écho, le professeur Bruno Mégarbane, chef du service réanimation médicale à l'hôpital Lariboisière (Paris), a également recommandé le port du masque dans les espaces clos publics et en réunion intrafamiliale, par exemple. «Tous ces moyens (ajoutés aux gestes barrière et distanciation sociale) permettent de prévenir et éviter un rebond», à condition bien sûr d'une application stricte, poursuit le spécialiste.
«Il est urgent de rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos, dans tous les bureaux, dans toutes les salles de classe et amphithéâtres, et aussi d'encourager sans ambiguïté le télétravail, les cours à distance et la réorganisation de classes avec des effectifs moins nombreux», écrivent également dans une tribune publiée vendredi par Libération une vingtaine de professeurs et docteurs en médecine. «Le virus ne pense pas, ne se déplace pas, ne saute pas», a souligné pour sa part la Direction générale de la santé dans son bilan quotidien vendredi. «C'est nous qui nous déplaçons, qui entrons en contact avec d'autres, qui parfois nous relâchons en termes de prévention. Il n'y a pas de fatalité».


mercredi 8 avril 2020

Alors que le coronavirus se propage, certains Vénézuéliens choisissent de rentrer chez eux








Alors que le coronavirus se propage, certains Vénézuéliens choisissent de rentrer chez eux

MARKO ALVAREZ
April 6, 2020

Les migrants vénézuéliens partent à pied vers la frontière vénézuélienne, dans le but de quitter la Colombie après un verrouillage ordonné par le gouvernement dans le but d'empêcher la propagation du nouveau coronavirus, à Bogota, Colombie, lundi 6 avril 2020. De nombreux Vénézuéliens en La Colombie affirme qu'elle n'a pas pu trouver de travail dans un pays où les entreprises restent fermées et où des personnes ont été contraintes de rester à l'intérieur en raison de la pandémie de coronavirus.








AP NEWS




vendredi 27 mars 2020

Coronavirus / New York, au ralenti

New York dans l’œil du photographe Timothy Fadek.

ÉTATS-UNIS

Coronavirus: New York, au ralenti

Epicentre de la pandémie aux Etats-Unis, Big Apple connaît une explosion des cas. Derrière le silence pesant, l’inquiétude. L’armée aide à transformer un centre de congrès en services d’urgences, alors que les morgues pourraient vite afficher complet

Valérie de GraffenriedPublié vendredi 27 mars 2020 à 10:49
Modifié vendredi 27 mars 2020 à 10:50

Il y a d’abord ce silence. New York, sans ses sirènes hurlantes, ses marteaux-piqueurs, son trafic incessant et son flot de gens pressés, n’est plus tout à fait New York. A Manhattan, sur la 35e Rue, entre les bords de l’East River et la 5e Avenue, les arbres sont en fleurs, l’Empire State Building brille à l’horizon. Mais les rues sont presque vides. Pas de touristes, quelques joggeurs et promeneurs de chien, des ouvriers, un vieillard courbé qui pousse son caddie rempli de bacs de glaces. Pas de taxis jaunes non plus. Ou si peu. Sur la 5e Avenue, des passants masqués s’évitent quand ils se croisent, pendant qu’un jeune couple s’amuse de la scène. Un homeless, étalé de tout son long contre une vitrine, prend le soleil. Pas loin, un gant en latex gît sur le trottoir, les doigts écartés.
Les appels du gouverneur
Etrange impression de ville morte, avec quelques petites poches de vie, ci et là. Le temps paraît comme suspendu. L’Etat de New York ne représente que 6% de la population du pays, mais enregistre, avec déjà plus de 37 258 tests positifs jeudi, plus de la moitié des cas de contamination. Ses 20 millions d’habitants sont officiellement confinés depuis dimanche soir, avec l’arrêt de toutes les activités «non essentielles». Restaurants, hôtels, théâtres et écoles étaient déjà fermés depuis le 16 mars. L’épidémie pourrait y connaître son pic «d’ici quatorze à vingt et un jours», estime le gouverneur Andrew Cuomo.
La ville qui ne dort jamais – 8,6 millions d’habitants – est particulièrement touchée, avec 21 393 malades. Derrière le calme qui hante les rues, il y a l’urgence. Masques, gants chirurgicaux, respirateurs artificiels et lits sont en nombre insuffisant. Dans les deux principaux hôpitaux déjà surchargés, les consignes sont claires: les femmes enceintes accoucheront toutes seules. Un navire-hôpital (1000 lits) fera son entrée dans le port la semaine prochaine. Dans le gigantesque centre de congrès, le Javits Center, près de l’Hudson River, là même où Hillary Clinton espérait percer le plafond de verre et célébrer sa victoire un certain 8 novembre 2016, l’armée s’active pour aménager quatre services d’urgences, de 250 lits chacun.


Fulton Street subway station
Andrew Cuomo veut éviter le pire, alors que des médecins décrivent déjà des scènes «apocalyptiques». Infatigable, il ne lâche pas la pression sur les autorités fédérales pour obtenir près de 100 000 lits – les hôpitaux de l’Etat en comptent 53 000 – et 30 000 respirateurs artificiels supplémentaires. Le maire, Bill de Blasio, avertit: si rien n’est fait très vite, il faudra choisir quels malades sauver. Il voulait imposer le confinement beaucoup plus rapidement. Les morgues sont déjà presque pleines. Après les attentats du 11 septembre 2001, il avait fallu recourir à des morgues mobiles.

«En zone de guerre, on voit le danger»

Aimant culturel, poumon économique, New York accueille habituellement près de 60 millions de visiteurs par an. Ces jours, avec le début du printemps, les terrasses seraient prises d’assaut et les commandes de deviled eggsavocado toasts et cocktails mimosa exploseraient. En lieu et place, un triste spectacle: rideaux de fer baissés, affichettes liées au coronavirus collées sur les vitrines, chaises sur les tables. Presque désertés, les métros new-yorkais vont réduire leurs cadences de 25%.
Photographe, Timothy Fadek a sillonné la ville ces derniers jours. Il ne cache pas son inquiétude. Le dernier jour où il s’est senti en sécurité, c’était le 11 mars, lorsqu’il a photographié la nouvelle plateforme d’observation de Hudson Yards, le jour de son inauguration. Puis, tout a basculé. «Quand j’ai entendu parler des tests de dépistage pour le Covid-19 à l’hôpital Elmhurst dans le Queens, j’y suis allé, le 21 mars, pour photographier les gens qui faisaient la queue», raconte-t-il.
«Je m’y suis rendu en voiture, je portais des gants et un masque à gaz intégral, mais je me sentais toujours très vulnérable et j’ai ressenti le besoin de me doucher sous une cascade d’eau de Javel…» Il était pourtant à six mètres des patients potentiellement atteints, mais s’imaginait «couvert de virus de la tête aux pieds». «C’est une terrible torture psychologique que je m’infligeais. J’ai été photographe de guerre au début de ma carrière [en Irak, notamment], et je n’exagère pas si je vous dis que je me sens plus à l’aise dans une ville déchirée par la guerre, avec le bruit des armes automatiques à proximité, que devant un hôpital ou dans le métro dans la situation actuelle. En zone de guerre, on peut au moins entendre et voir le danger. Ce virus, il est à la fois invisible et partout. C’est insidieux.»

Ne pas quitter la ville

Ici, même Times Square a triste mine, et ne ressemble plus à cette ruche en ébullition irritante, où les panneaux publicitaires géants agissent comme des aimants. Grand Central, la mythique gare, est aussi quasi déserte. Le mémorial pour les victimes du 11-Septembre, inaccessible. Partout, le système D prévaut. Des tests de dépistage façon drive-in sont organisés sur des parkings. Des repas à l’emporter sont distribués gratuitement aux enfants dans 400 endroits de la ville, pour les familles en difficulté, depuis la fermeture des écoles. La prison de Rikers Island, où Harvey Weinstein a séjourné, a aussi été mise à contribution: les détenus fabriquent du désinfectant pour les mains.
«Il y a moins de gens dans les rues, mais une grande solidarité», relève Katharina, une habitante de l’Upper West Side. Elle sort encore régulièrement, avec ses ados et son chien, mais en respectant les consignes. «Par contre, les inégalités sociales sont beaucoup plus visibles. Les riches blancs peuvent se permettre de rester chez eux. Tandis que ceux que je vois aller travailler sont surtout des Hispaniques et des Asiatiques.»
Retour à Brooklyn, en ferry, le moyen le plus sûr. Sur le bateau, les employés portent des gants en latex, certains des masques. Nous aussi. Presque personne sur le pont. Sur la Myrtle Avenue, un marchand de vin indique la marche à suivre sur un tableau noir: ne rien toucher, respecter le social distancing. Le cash n’est plus accepté.
La situation alarmante de New York, «hot spot» du pays, a été évoquée lors d’un point presse de la Maison-Blanche. Avec une recommandation: ne pas chercher à quitter New York, pour éviter de contaminer les autres. Un message qui s’adresse surtout aux riches qui ont des résidences secondaires. Quand à ceux qui y étaient récemment, ils sont priés de se placer en quarantaine pendant quatorze jours.