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jeudi 5 septembre 2019

Dark Crystal / Skersès que c'est que ca?




«DARK CRYSTAL», SKEKSÈS QUE C’EST QUE ÇA ?

Par Marius Chapuis
30 août 2019 à 17:06

Pourquoi ? Enfin, surtout pour qui ? Pris dans une fuite en avant qui l’oblige à lancer de nouvelles séries chaque vendredi, Netflix initie des projets à tout va. Beaucoup de productions très classiques, et puis quelques projets qui sortent des clous. L’une de ces bizarreries fait même figure de blockbuster de la rentrée pour Netflix. Remake et préquel d’un long métrage de 1982 réalisé par les marionnettistes stars Jim Henson et Frank Oz (responsables, en vrac, du Muppet Show, de Fraggle Rock ou de Yoda), la série Dark Crystal : Age of Resistance ravive le souvenir d’un film à la postérité étrange, à la fois objet de culte pour les enfants des années 80-90 et largement oublié par les générations qui leur ont succédé. L’explosion des effets spéciaux numériques dans le sillage de Jurassic Park condamnant les créatures de caoutchouc et de mousse à n’être qu’une forme de préhistoire du trucage. Retrouver de tels effets spéciaux dans une série aussi ambitieuse (on est loin des films en stop-motion) produit des images absolument incongrues, monstrueuses. Littéralement extraordinaires. Conditionné par de nouveaux standards, l’œil redécouvre, s’émerveille et s’indigne en même temps. Si l’on repère vite dans certains décors et déplacements que le numérique n’a pas complètement disparu de l’équation, le retour de ces visages figés constitue un parti pris impressionant. Reste cette question : à qui s’adresse la série ? Le parfois très enfantin, limite niaiseux, de cette fable d’heroic fantasy ne la destine pas vraiment aux adultes. Et, à l’inverse, la bizarrerie visuelle et le caractère absolument terrifiant des Skeksès, sorte dindons dévoreurs de force vitale, interroge quant au seuil de tolérance d’un public trop jeune. Présenté en avant-première au public du Comic-Con de San Diego, le premier épisode a été accueilli en triomphe. Mais le créneau nostalgeek est-il suffisant ?







jeudi 7 février 2019

Bird Box / Un thriller post-apocalypse


BIRD BOX 

(2018) 

Un thriller post-apocalypse
★★★★☆
Cinq années après qu’une entité invisible et malveillante pousse la plupart des habitants de la planète au suicide, une mère et ses deux enfants tentent désespérément de se mettre en sécurité en essayant de rejoindre un groupe de survivants dans un espace sécurisé.
Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Susanne Bier
Scénariste : Eric Heisserer
Acteurs : Sandra Bullock, Trevante Rhodes, Jacki Weaver, Rosa Salazar, Danielle Macdonald, Lil Rel Howery, Tom Hollander, BD Wong, Sarah Paulson, John Malkovich, Colson Baker
Musique : Trent Reznor, Atticus Ross
Genre : Drame, Horreur, Science-fiction, Thriller
Durée : 124 minutes
Date de sortie : 21 décembre 2018 (France)
Année de production : 2018
Sociétés de production : Bluegrass Films, Chris Morgan Productions
Distribué par : Netflix
Titre original : Bird Box
Notre note : ★★★★☆
« Bird Box » est un thriller post-apocalypse américain datant de 2018, réalisé par Susanne Bier, à qui l’on doit également « Serena » (2014). Les acteurs principaux sont Sandra Bullock, qu’on a pu voir dans « La Proposition » (2009), Trevante Rhodes, qu’on a pu voir dans « The Predator » (2018), Jacki Weaver, qu’on a pu voir dans « Widows » (2018), Rosa Salazar, qu’on a pu voir dans « Maze Runner: The Death Cure » (2018), Danielle Macdonald, qu’on a pu voir dans « Lady Bird » (2017), Lil Rel Howery, qu’on a pu voir dans « Tag » (2018), Tom Hollander, qu’on a pu voir dans « Mission: Impossible – Rogue Nation » (2015), BD Wong, qu’on a pu voir dans « Jurassic World: Fallen Kingdom » (2018), Sarah Paulson, qu’on a pu voir dans « Ocean’s 8 » (2018), et John Malkovich, qu’on a pu voir dans « Mile 22 » (2018).
L’histoire proposée par « Bird Box » nous invite à suivre Malorie Hayes (Sandra Bullock), une femme qui, avec deux enfants sans nom, doit traverser une forêt et parcourir une rivière avec les yeux bandés pour éviter les entités surnaturelles qui prennent, selon toutes vraisemblances, l’apparence des pires craintes de leurs victimes et les incitent ainsi à se suicider. Le récit du parcours de Malorie sur cette rivière qui devient de plus en plus agitée, est ponctué de flashbacks afin que le spectateur puisse comprendre comment on en est arrivé à cette situation. Cinq années séparant le début de la crise mondiale et l’expédition périlleuse qu’entreprennent Malorie et les deux enfants qui l’accompagnent.
Le genre développé avec « Bird Box » s’articule finalement sur plusieurs axes. Le thriller est au rendez-vous, car la tension est bien présente tout au long du métrage. Une force maléfique rôde, et tout un chacun peut basculer dans un désir puissant de se suicider, par le simple fait de regarder… on ne sait quoi, mais c’est puissant, hypnotique et rapide. Se déplacer à l’extérieur doit donc se faire à l’aveugle. Ainsi donc après devoir évoluer sans faire de bruit dans « A Quiet Place » en début d’année, c’est donc un autre sens qui est visé dans ce film, soit la vue. Voir devient mortel. On découvrira même qu’observer l’extérieur via des caméras et des écrans de surveillance peut s’avérer fatal.
Il y a une petite dose de science-fiction dans le sens où les événements sont amenés par la présence d’une force surnaturelle, dont on ignore tout et dont le scénariste Eric Heisserer, déjà à la manœuvre sur les scripts de « The Conjuring 2 » (2016), « Lights Out » (2016) ou encore « Arrival » (2016), se basant sur le roman de Josh Malerman, au titre éponyme au film, se garde bien de nous donner la moindre explication. L’horreur est également en vigueur, mais dans une moindre mesure. La tension, l’atmosphère particulière s’inscrivent dans une forme qui peut s’apparenter à celles qu’on rencontre parfois dans certains films d’horreur, mais cela reste très basique. C’est plus dans le registre dramatique qu’il faut s’orienter, car les événements, la situation qui s’installe dans la durée et les conséquences humaines sont terribles quand ce n’est pas définitif.
Les personnages qui composent le noyau dur des protagonistes de la trame centrale de « Bird Box » sont intéressants. Il y a, là aussi, de la part d’Eric Heisserer, le scénariste, une forme de malice. Déjà, et c’est toujours agréable, il évite les clichés et donc ne bascule jamais dans la facilité. On peut s’intéresser à Douglas (John Malkovich), sorte de voisin désagréable que personne ne voudrait avoir. Il est aigre envers les gens, détestable dans ses propos, ce qui le rend fortement antipathique. Un tantinet provocateur et franchement paranoïaque, il voit le mal partout. Le pire, c’est qu’il aura systématiquement raison dans son approche négative des situations. À l’opposé, Olympia (Danielle Macdonald) est une femme gentille, douce et n’a rien d’agressif en elle. Elle est, de surcroît, l’une des deux femmes enceintes de cette troupe, réunie par la force des choses. C’est malheureusement par elle, et notamment en raison de sa naïveté, qu’une catastrophe majeure va intervenir dans la vie du groupe.
De la distribution, on retiendra bien entendu l’excellente prestation de Sandra Bullock, qui incarne le personnage de Malorie Hayes, personnage principal de cette histoire. D’une femme gentille et sans histoire, les événements vont la durcir, et la faire évoluer en femme forte et déterminée. Elle garde la tête relativement froide dans l’adversité tout en ayant une forme de pessimisme fortement ancré en elle. La preuve la plus flagrante est certainement le fait qu’elle n’ait jamais attribué de prénoms aux deux enfants qui l’accompagnent, se contentant de les appeler par leur « sexe » : garçon, fille. Le petit garçon et la petite fille étant admirablement incarnés par Julian Edward et Vivien Lyra Blair.
Les éléments de production sont tous très bien maîtrisés. La photographie de Salvatore Totino, qu’on connaît pour avoir œuvré sur « The Da Vinci Code » (2006), « Angels & Demons » (2009) ou encore « Everest » (2015), joue aussi bien sur les intérieurs que les extérieurs. Les plans dans la maison qui sert de refuge au petit groupe de survivants sont bien variés et les séquences sur la rivière ainsi que dans la forêt exploitent pleinement la beauté de la nature tout en étant parfaitement réalistes. L’édition concoctée par Ben Lester permet de jongler habilement entre présent et passé, entre la vie en communauté dans la maison, et l’aventure sur la rivière et la forêt. Le spectateur arrive facilement à se repérer dans le temps sans perdre le fil du récit.
En conclusion, « Bird Box » est un très bon thriller post-apocalypse disposant d’une histoire originale, d’une intrigue forte et astucieuse et d’un développement dynamique et singulier. La photographie offre de superbes séquences tout en jouant brillamment sur les niveaux de tension du spectateur. La distribution offre de très bonnes prestations. Le rythme est plaisant avec un très bon équilibre dans la cinématique. Le scénario est bien écrit, prenant finalement le soin, de ne rien dévoiler et laissant ainsi la porte ouverte à toute forme de suite possible. À voir !




lundi 26 mars 2018

Seven Seconds / Pourquoi il faut regarder cette série Netflix entre The Killing, The Wire et The Night of



Seven Seconds : pourquoi il faut regarder cette série Netflix entre The Killing, The Wire et The Night of

Mise à jour : 24/03/2018 16:31 - Créé : 2 mars 2018 - Alexandre Janowiak

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Après avoir mis en ligne Altered Carbon et Everything Sucks !, Netflix a dévoile une troisième série inédite en ce mois de février 2018 avec Seven Seconds. Une enquête policière sur fond de tension communautaire, injustice sociale et ancrée dans l'actualité américaine. Que vaut cette première saison ?
ATTENTION QUELQUES SPOILERS !


SANS ARME, AVEC HAINE, AVEC VIOLENCE

Tout commence par ce joli générique porté par la magnifique chanson Love & Hate de Michael Kiwanuka (son Cold Little Heart avait déjà été utilisé pour le générique de la non moins excellente série Big Little Lies). Les paysages paisibles et relaxants de la région New-Yorkaise se mêlent alors aux scènes de violences ou d’altercations entre les autorités et la communauté afro-américaine, le tout sous l’œil d’une justice arbitre de ce conflit social.
Puis, après ce rapide générique, une voiture apparait. Un homme, Peter Jablonski (Beau Knapp et sosie non-officiel de Pablo Schreiber) se rend à l’hôpital pour rejoindre sa femme hospitalisée. Alors qu’il quitte la route des yeux un instant pour regarder son téléphone, il percute quelque chose : un vélo et sans doute un enfant. Quelques minutes plus tard, ses collègues arrivent sur place et le chef DiAngelo constate le désastre. Ensemble, ils font tout pour cacher les preuves de cet accident, laissent le jeune pour mort dans un fossé et quittent les lieux.

PhotoL'erreur d'une vie ?

Plus tard, le pilote nous révèle que la victime est un adolescent noir. Pire, contrairement à ce qu'avait affirmé DiAngelo (excellent David Lyons), il n'est pas mort. En fait, le jeune adolescent afro-américain, du nom de Brenton Butler, a agonisé pendant près de 12 heures dans le froid glacial du parc de Jersey City avant d'être secouru par des passants et transporté à l'hôpital.
Une enquête est donc lancée par les autorités d'un côté, quand la famille de la victime va tout faire pour comprendre les raisons de cet acte ignoble. Au-delà, l'accident déclenche un soulèvement progressif de la communauté afro-américaine de Jersey City contre les autorités.

Photo , Regina KingRegina King, la mère, et Clare-Hope Ashitey, la substitute du procureur

QUE JUSTICE SOIT FAITE

La série vient à peine de commencer que les enjeux majeurs de Seven Seconds sont déjà mis en place. En quelques minutes, le show de Veena Sud (créatrice de Cold case : Affaires classées et showrunneuse de The Killing US) dévoile tout ce qui fera le cœur de la série.
Bien évidemment d’un côté, ce sera une enquête policière menée par la substitute du procureur alcoolique KJ Harper (Clare-Hope Ashitey vu dans Les Fils de l’homme) et l’inspecteur Joe "Fish" Rinaldi (Michael Mosley) pour savoir qui a percuté cet adolescent afro-américain et l’a laissé mourir derrière une bute. Cependant, grâce à l’ouverture, les enjeux de Seven Seconds sont ailleurs pour le spectateur puisque nous savons tout de l'accident, du coupable aux circonstances.

Photo Clare-Hope Ashitey, Michael MosleyKJ et Fish

Seven Seconds ne veut pas être une simple série policière comme on en a vu des milliers par le passé. A l’heure de la présidence Trump, elle préfère se concentrer sur des thématiques qui fracturent actuellement le pays. Ainsi, loin d'être une série à enquête ou un simple drame familial, la série de Veena Sud s'attache plutôt à comprendre les conflits raciaux, les tensions communautaires ou les heurts entre la police et la communauté afro-américaine.
Bien au-delà, elle remet surtout en cause les institutions même des Etats-Unis, notamment la justice américaine, la corruption des autorités et pose de nombreuses questions sur la morale et l'intégrité du système dans sa globalité. Certes, on pourra reprocher à la série de trop jouer sur les symboles à certains moments : ce plan de la Statue de la liberté qui tourne le dos à la communauté noire défavorisée comme message subliminal d'une nation qui ignore une partie de soi. Mais globalement Seven Seconds réussit à faire passer des messages forts et à interpeller le spectateur sur des sujets importants.

PhotoTrop de symbole, tue le symbole

UN TEMPS DE RETARD ?

Techniquement parlant, on ne pourra pas non plus reprocher grand chose à Seven Seconds. Entre l'excellent pilote réalisé par Gavin O'Connor, un deuxième épisode signé Jonathan Demme (quelques semaines avant son décès) et ceux réalisés par les anciens de The Wire : Dan AttiasErnest R. Dickerson ou Ed Bianchi - la série offre une mise en scène léchée et dotée d'une magnifique photographie.
Chaque plan permet d'ailleurs à l'excellent casting de s'exprimer de bien bel manière : Clare-Hope AshiteyRegina KingMichael Mosley et David Lyons en tête de cortège, mais aussi les plus discrets Raul Castillo et Russell Hornsby.

PhotoDiAngelo, KJ Harper et Fish

Côté scénario en revanche, si Veena Sud sait parfaitement gérer son intrigue, l'étaler sur dix épisodes de 50 minutes à 1h20 était sans doute une mauvaise idée. La longueur des épisodes permet évidemment de construire correctement les personnages et de les rendre attachants, malheureusement elle provoque dans le même temps quelques pertes de rythme dommageables.
Enfin, et c'est sûrement le plus gros problème de Seven Seconds finalement : la série peine à trouver sa propre identitéVeena Sud offre une réflexion intéressante sur de nombreux sujets mais tout au long de cette première saison, on a la sensation qu'ils ont déjà été étudiés de manière plus frontale et plus profonde dans d'autres séries.
Ainsi, le système judicaire américain et ses injustices ont été remarquablement critiqué récémment dans les séries The Night Of  ou American CrimeLa corruption policière et les conflits police/afro-américain ont été plus qu'analysés par The WirePuis en tant que pure série d'enquête, The Killing de cette même Veena Sud était bien plus solide et dynamique. A bien des niveaux, il y a donc le sentiment que Seven Seconds arrive avec un peu de retard.

Photo Beau KnappOn se croirait un peu dans The Wire non ?

Seven Seconds manque parfois de rythme et ressasse sans doute des sujets mieux étudiés par le passé par The Wire, American Crime ou The Night of. Cependant, avec sa galerie de personnages attachants et bien caractérisés, une réalisation inspirée, un casting impeccable, un récit bien mené et un propos sur l'Amérique toujours pertinent, le nouveau show de Netflix reste une belle réussite.
Seven Seconds est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 23 février.





dimanche 25 mars 2018

The Defenders saison 1 / Quand Netflix saborde les super-héros Marvel



The Defenders saison 1 : quand Netflix saborde les super-héros Marvel

Mise à jour : 24/03/2018 00:44 - Créé : 21 août 2017 - Jacques-Henry Poucave



Photo , The Defenders
Après avoir pu découvrir avant leur diffusion les quatre premiers épisodes des Defenders, nous avions constaté avec tristesse combien la série avait du mal à s’installer et à proposer quoi que ce soit de valable au spectateur. Et après avoir regardé la saison dans son intégralité, le ratage est tel qu’il évoque plus un sabordage dans les règles qu’un accident de parcours.

FIGHT CLUB MED

Il avait fallu patienter plus de trois heures pour avoir droit à une scène d’action vite expédiée, dans un décor aussi pauvre que désincarné. Une fois son quatuor réuni, le show de Netflix a au moins la politesse de leur offrir de bonnes doses de castagne. Un changement qui provoque logiquement une accélération du rythme et favorise un tempo plus rapide.

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Qui n'a jamais rêvé de se bastonner dans les toilettes d'un Ikéa ?

The Defenders ne se mue pas d’un épisode à l’autre en récit effréné, loin de là, mais les personnages doivent désormais continuellement faire leurs preuves à coups de poings, pieds et autres objets contondants. Hélas, ces joutes physiques font terriblement peine à voir. Si on se souvient des échanges brutaux et chorégraphiés de Daredevil, la disparité des capacités physiques amène ici des combats simplifiés à l’extrême, victimes d’un montage abrupt et d’une conception souvent simpliste.
On peine à voir à quoi peut bien servir Jessica Jones (qui paraît le plus souvent totalement dénuée de super-pouvoir), tandis que Luke Cage apparaît ici et là curieusement sensible à la douleur et que ce pauvre Iron Fist fait son possible pour dissimuler combien il est plus lent et imprécis que le premier cascadeur venu. Ajoutons à cela que Daredevil étant le seul gugusse totalement investi par son rôle et l’unique héros à se trimballer en costume, la mauvaise troupe est beaucoup trop hétérogène pour recueillir notre sympathie ou pour assurer le show.

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"Bah voilà, je suis encore tout seul à mettre un costume. Z'êtes pas cool hein."

GAME OF DRAGON

Avec seulement 8 épisodes, on espérait que Netflix mettrait les petits plats dans les grands pour donner à la première guerre totale contre La Main un véritable cachet cinématographique. Manque de pot, quelqu’un du côté du département artistique doit vraiment être passionné de parkings sous-terrain et autres ensembles suburbains, tant les épisodes multiplient les lieux anonymes et génériques.
Le Hell’s Kitchen crapoteux de Daredevil et les rues malfamées de Jessica Jones ont perdu de leur caractère, tandis que la photographie poisseuse se fait elle aussi plus commune. Le résultat est ainsi tiraillé entre une charte naturaliste désormais banale et une orientation ouvertement fantastique bien trop artificielle.

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"Un menu B12, et que ça saute !"

Par exemple, alors que La Main est censée n’avoir jamais été aussi puissante, elle apparaît étonnamment médiocre et surtout franchement inoffensive. Exception faite d’Elektra, tous les Ninja ont disparus, remplacés par des hommes de mains génériques, incapables de faire trois pas sans se faire péter les rotules. Des hordes de VRP en costard, qui ne représentent jamais une menace ni n’impressionnent la rétine. Il faut dire que leur plan, soit-disant diabolique, se révèle si éminemment couillon et capillotracté qu’il n’intéresse jamais vraiment (en gros provoquer l’écroulement de New York, qui a été bâtie sur les restes d’un dragon, dont les os doivent être utilisés pour créer une poudre d’immortalité).


Kristen Ritter / Jessica Jones


BEEN THERE DONE THAT

Alors que The Defenders se montre incapable d’être à la hauteur des précédentes réussites de son association avec Marvel sur le plan du pur spectacle, comme dans on orientation esthétique. Il en va hélas de même en matière de scénario. Si les personnages secondaires étaient sympathiques dans les séries solo, les retrouver tous concentrés dans cette réunion a un effet d’empilement très désagréable.

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Elektra, seule antagoniste digne de ce nom

Ils alourdissent un rythme déjà bien faiblard, quand ils ne doivent pas assumer des sous-intrigues totalement ratées, à l’image de celle qui fait d’Iron Fist un abruti au bord de la lobotomie, manipulable à souhait. Heureusement, certains dialogues tendent à s’améliorer au fur et à mesure que l’intrigue progresse, et par endroit Jessica Jones parvient même à nous arracher un sourire, quand elle ne participe à des bastons embarrassantes.
Enfin, ce qui achève de ruiner cette kermesse héroïque, c’est la volonté de Netflix de dupliquer encore une fois une recette pas déplaisante, mais beaucoup trop systématique. À ce titre, le traitement de Sigourney Weaver est rageant. Elle a beau être lal plus charismatique de cette hétéroclite distribution, nombreux sont ceux qui vont s’agacer de voir son traitement dans la seconde moitié de la saison. On remercie les scénaristes de vouloir nous réserver des semblants de twists, mais ils ont manifestement oublié que depuis la première saison de Daredevil, c’est la même construction en tiroir qui préside à chaque aventure solo de nos héros, et qu’elle est donc devenue totalement transparente.

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Le quotidien des super-héros

Devant ce ratage, souvent ridicule, toujours ennuyeux, on en viendrait presque à se demander si le divorce annoncé entre Netflix et Disney n’a pas à voir ce piteux résultat. On sait depuis quelques jours que le studio propriétaire de Marvel met fin à cette collaboration pour se lancer seul dans l’aventure du streaming. Conscient de la tournure que prenait l’alliance, Netflix aurait-il baissé les bras en cours de route plutôt que de continuer sur la très prometteuse lancée de ses aventures solo ? On en aurait presque l’impression.