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jeudi 2 octobre 2025

Femmes / Jenna Ortega

 



Jenna Ortega

(2002)


Jenna Marie Ortega naît le  à Coachella, dans le comté de Riverside, en Californie, d’un père d’origine mexicaine et d’une mère d’origine mexicano-portoricaine .

lundi 9 septembre 2024

Wakao Ayako / Actrice d’exception et incarnation de la beauté féminine de l’après-guerre

 

Films à l’affiche

Wakao Ayako, actrice d’exception et incarnation de la beauté féminine de l’après-guerre


Wakao Ayako est l’actrice qui a peut-être symbolisé le plus parfaitement la sensualité féminine des années 50 et 60. De la maîtresse manipulatrice à la geisha en passant par la femme mariée éprise d’une autre femme, elle a incarné tout type de rôle pour certains des plus grands cinéastes japonais. Un festival en son honneur est actuellement en cours à Tokyo (au Kadokawa Cinema Yûrakuchô), où 41 bobines, des plus célèbres chefs d’œuvres, restaurés en 4K, à des perles rares exhumées pour l’occasion, permettront de faire revivre à l’écran les femmes interprétées par cette actrice d’exception.

jeudi 20 juillet 2023

Biographie de Jane Birkin

 

Jane Birkin


JANE BIRKIN

Musicienne, réalisatrice et comédienne anglaise


“La musique est un formidable langage qui, lui, peut circuler sans être traduit”


Jane Birkin


BIOGRAPHIE DE JANE BIRKIN


Fille d'un commandant de la Royal Navy et d'une grande comédienne de théâtre, Jane Birkin passe une enfance bercée de répliques cinématographiques. Elle débute sa carrière à Londres, dans la comédie musicale 'Passion Flower Hotel'. Mais c'est à Paris que le succès se profile. Pierre Grimblat la sollicite pour 'Slogan', où elle joue aux côtés de Serge Gainsbourg, dandy provocateur. Collaboration fructueuse ! Ils s'éprennent l'un de l'autre. Jane Birkin tourne entre-temps 'La Piscine'. Elle s'adonne également à la chanson avec 'Je t'aime moi non plus' de Serge Gainsbourg, titre sulfureux qui défraie la chronique. Les cinéastes la réclament : Claude Zidi, qui voit en elle la comparse idéale pour Pierre Richard - ‘La moutarde me monte au nez', 'La Course à l'échalote' - Michel Audiard, Michel Deville… Jacques Doillon - qui deviendra son compagnon - est le premier à lui donner un rôle dans un film d’auteur. Suivront Jean-Luc Godard, Agnès Varda, Jacques Rivette... Côté musique, la rupture avec Serge Gainsbourg ne ternit pas la qualité de ses albums, des plus envoûtants, comme 'Baby Alone in Babylone' ou 'Amours des feintes'. Après la mort de Serge Gainsbourg et une tournée d’adieu, elle décide quelques années plus tard de se remettre à la chanson, avec des auteurs de la jeune génération, dans ‘A la légère’, ‘Rendez-vous’ puis ‘Fictions’ en 2006. Elle reprendra néanmoins quelques titres de Serge Gainsbourg dans son album 'Arabesque', sur des airs orientaux, véritable succès qu’elle promène autour du monde dans une émouvante tournée. En 2007, elle innove, en réalisant son premier film, ‘Boxes’, présenté à Cannes en hommage au 60e anniversaire du Festival. Avec son petit accent, son air d’éternel adolescente et sa sensibilité à fleur de peau, Jane Birkin a su devenir une référence de la scène française.




CHRONIQUES & ANECDOTES

  • Le 20 mai 1968 - Quand Gainsbourg rencontre Birkin

    Pendant les événements sociaux, dans les studios de Pinewood à Londres, Serge rencontre Jane Birkin et tourne un bout d'essai avec elle pour le film 'Slogan'. Il se montre arrogant et très désagréable avec la petite Anglaise qui ne parle pas un mot de français. Le bonhomme savait y faire en matière de séduction.

  • Avec les Négresses vertes !

    En 1996, Jane Birkin est de retour sur scène avec un album, florilège des plus belles créations de Serge Gainsbourg réarrangées par de jeunes artistes, dont les Négresses vertes.

  • Né de l'amour...

    De son idylle avec Serge Gainsbourg naît, en 1969, un premier album ‘Jane Birkin, Serge Gainsbourg’, dont sera extrait le célèbre ‘Je t’aime, moi non plus’, composé à l’origine pour Brigitte Bardot. Ecoulé à plus d’un million d’exemplaires ce titre rendra le couple célèbre.





vendredi 16 juillet 2021

Au Festival de Cannes, la Palm Dog va aux chiens de Tilda Swinton

 


STEPHANE CARDINALE - CORBIS VIA GETTY IMAGES
Tilda Swinton, ici à Cannes le vendredi 16 juillet, assure que ses trois épagneuls sont "très fiers".


Au Festival de Cannes, 

la Palm Dog 

va aux chiens 

de Tilda Swinton

Dora, Rosie et Snowbear ont été salués pour leur contribution dans "The Souvenir Part II", film dans lequel la fille de l'actrice, Honor Swinton Byrne, tient le rôle titre.

ANIMAUX - Dora, Rosie et Snowbear, les épagneuls de Tilda Swinton enrôlés à ses côtés dans The Souvenir Part II, dévoilé à la Quinzaine des Réalisateurs, sont les lauréats ex aequo de la Palm Dog 2021, prix indépendant récompensant la meilleure performance canine du Festival de Cannes.

Créée en 2001 par le critique britannique Toby Rose, la précédente Palm Dog avait été décernée en 2019 au pittbull Brandy dans Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino.

Ce vendredi 16 juillet, lors de la remise des prix sur le rooftop d’un palace cannois, Tilda Swinton a représenté ses fidèles compagnons à quatre pattes qui l’attendent dans sa propriété en Écosse. 

“Honnêtement, la Palm Dog est le prix à obtenir à Cannes... Je lorgnais ce prix depuis de nombreuses années”, a confié l’actrice britannique, acceptant le temps de la photo de porter autour de son propre cou les trophées 2021 à leur intention: de magnifiques colliers de chiens, en cuir rouge clouté, aux armes de la Palm Dog.

Ils “sont très fiers”

“Dora, Rosie et Snowbear seront très fiers. J’ai essayé de venir avec les chiens ici, mais ils sont occupés. On me dit chez moi qu’ils sont aujourd’hui sur une plage en Écosse”, a-t-elle ajouté.

Dans The Souvenir Part II de Joanna Hogg, les trois épagneuls de Tilda Switon réconfortent la propre fille de l’actrice, Honor Swinton Byrne, dont le personnage est confronté à un deuil. Ce n’est toutefois pas leur première apparition à l’écran. Ces derniers sont au cœur d’un clip vidéo, filmé par l’actrice et réalisé pour le contre-ténor Anthony Roth Costanzo.

Des mentions spéciales également été décernées à deux autres toutous stars: le premier, un pitbull, au regard réprobateur face aux turpitudes du héros de Red Rocket réalisé par Sean Baker, film en compétition. À l’affiche de Lamb de Vladimar Johannsson (sélection Un Certain Regard), le dernier lauréat est un berger australien interprétant un chien de garde exemplaire.

HUFFPOST



lundi 28 juin 2021

Virginie Efira / "Les mauvaises critiques, on en guérit"



Virginie Efira
Virginie EfiraJulien Weber / Paris Match

Virginie Efira : "Les mauvaises critiques, on en guérit"

Paris Match ||Mis à jour le 


Depuis la comédie indépendante « Victoria », il y a deux ans, la Belge, qui a obtenu la nationalité française, n’en finit pas de s’imposer comme l’une des plus grandes comédiennes du cinéma hexagonal. L’ex-jolie bimbo est bluffante dans « Un amour impossible » de Catherine Corsini, adapté du livre autobiographique de Christine Angot.

Paris Match. Vous avez longtemps évoqué votre complexe social de la petite Belge montée à Paris ou de l’animatrice télé qui rêve de cinéma.
Virginie Efira.Oui, ces sentiments reposent sur une confiance en soi altérée. Il y a des filles plus radicales qui disent : “Tu me parles comme ça, tu ne me revois plus !” Quelqu’un m’avait dit que je tendais très facilement l’oreille quand on me disait que j’étais médiocre. J’ai souffert de ce truc qui fait que, si quelqu’un te trouve valable, tu penses : “Il n’a rien compris, lui !” J’ai même ressenti ce genre de choses à mes débuts face aux critiques de cinéma. Quelqu’un disait un truc négatif et je pensais : “Merde, ça se voit.” Et puis je vous rassure : ça se guérit, ces choses-là. On change.

Quel a été le déclic du changement ?
La perception nette et presque physique que l’existence est un bref mouvement et qu’il faut bien le tenter, ce mouvement. C’est la phrase de Paul Valéry : “Le vent se lève, il faut tenter de vivre.” Avoir un enfant accélère les choses, ça oblige à se situer dans le présent. Ça demande de préciser ce qu’on est. Donc ça ne m’a pas du tout calmée par rapport au travail, bien au contraire ! Là, je viens de faire le film de Verhoeven et on m’a dit : “Mais c’est si osé, tu n’as pas peur que ta fille blablabla ?” Oh que non ! J’aurais trouvé triste de faire un métier juste pour bien gagner ma vie.

Quand on m’a dit que Paul Verhoeven écrivait pour moi, je ne l’ai pas cru. Ça va être un chef-d’œuvre absolu !

Coproduire le film de Joachim Lafosse “Continuer”, qui sortira en 2019, est une façon pour vous d’assurer vos arrières et de préparer l’avenir au cas où tout s’arrêterait ?
Lorsque, après “Victoria”, je disais à tout le monde : “J’attends qu’on me propose un projet qui me fasse autant vibrer”, je sentais bien que cette phrase était improbable ! J’ai eu besoin de prendre les choses en main en montant une structure de production avec une amie journaliste. On s’est dit qu’elle me ferait lire des livres où il y aurait une possibilité de rôle pour moi et, peut-être plus tard, pour d’autres... Une façon d’être un moteur sans forcément passer à la réalisation. Ce qu’Isabelle Huppert fait, ainsi que plein de gens, même si on n’en parle pas toujours.

Vous incarnerez une religieuse lesbienne dans “Benedetta”, le prochain Paul Verhoeven, qui vous a confié le rôle-titre... Vous êtes enfin là où vous rêviez d’être ?
Oui, j’ai atteint un truc avec lui parce que j’admire complètement son travail, ses films néerlandais, ses américains, et le fait qu’il ait réussi à ne pas se faire aplatir par le cinéma américain... Quand on m’a dit qu’il écrivait pour moi, je ne l’ai pas cru. Ça va être un chef-d’œuvre absolu ! Je me suis quand même demandé comment il avait pensé à moi pour jouer cette nonne complètement dingue ! J’en ai d’ailleurs parlé avec une actrice du film en lui disant : “Toi, je comprends, tu ressembles vraiment au personnage” et elle m’a répondu “Mais toi aussi ! Tu as l’air folle !”

Penser qu’un couple qui ne vit pas ensemble serait le mode d’emploi génial qui permettrait d’éviter les problèmes est complètement faux

Vous venez également de tourner de nouveau cet été avec Justine Triet, la réalisatrice de “Victoria”, un film dans lequel vous partagez encore l’affiche avec Niels Schneider. Quel partenaire est-il ?
Un excellent partenaire, vraiment ! Au départ, j’avais un peu peur de la différence d’âge que j’ai pourtant souvent connue au cinéma. Mais dans les histoires contemporaines, ça n’a pas d’importance. En revanche, dans un film situé à la fin des années 1950, ce n’est pas fréquent. Mais cela a tout de suite fonctionné. Niels a une très grande bonté, il n’y a pas une once de perversité en lui, donc c’était intéressant aussi que cette figure du mal, ce prédateur à qui on peut difficilement pardonner, soit incarné par un garçon comme ça. Dans le film de Justine, il joue à nouveau mon amoureux. Une relation très passionnelle où il va encore y avoir un enfant, que je décide de garder toute seule.

Vous avez souvent défendu un modèle de couple indépendant et libre avec le père de votre fille. Vous-même avez été élevée dans ce schéma avec une mère qui n’a pas eu peur de refaire sa vie... Ça peut marcher, un couple non cohabitant ? ou bien c’est l’antichambre de la séparation ?
[Elle explose de rire.] Oh, je n’en sais rien ! Est-ce qu’on peut avoir un petit mode d’emploi de comment vivre un rapport qui ferait en sorte que le quotidien ne plombe pas l’affaire ? Que le désir soit toujours là ? Est-ce qu’il n’y a pas aussi l’idée d’accepter que tout va à la rupture, de toute façon ? [Elle rit.] En tout cas, penser qu’un couple qui ne vit pas ensemble serait le mode d’emploi génial qui permettrait d’éviter les problèmes est complètement faux. Ça n’existe pas. Ce qui est intéressant dans l’idée de la non-cohabitation, c’est la possibilité d’inventer ses propres règles avec l’autre. Je l’ai vécu, en effet, mais je me rends compte que je ne sais pas. C’est illusoire de penser que, de cette façon, on ne va partager que les bons moments...

On se défait des regards sur soi en vieillissant, ça précise les choses

Qu’est-ce que la maternité a changé en vous ?
Avant, on me demandait souvent : “Vous tournez beaucoup mais du coup, votre fille ?” Comme s’il y avait forcément un choix à faire. D’abord, j’ai une position extrêmement privilégiée car ma fille n’est pas encore en CP, elle peut me suivre sur les tournages. Quand je tournais dans le sud de la France, elle était scolarisée là-bas... C’est très chouette parce que ça lui apporte une faculté d’adaptation hyper joyeuse. Ça stimule la curiosité. Et puis elle va bien, donc la question ne se pose pas tellement. Je n’ai jamais eu envie d’être la mère qui dira : “Je me suis sacrifiée pour toi !”

Vous avez fait l’expérience de la vieillesse en incarnant votre personnage sur cinquante ans. Ça fait quoi de contempler son futur ?
C’était intéressant... On se défait des regards sur soi en vieillissant, ça précise les choses. Je lisais récemment un article sur Marceline Loridan-Ivens qui n’est jamais devenue mère mais disait que, avec l’âge, le fait d’être libérée de ce regard masculin qui lui avait fait vivre des histoires complètement abracadabrantes, c’était vraiment très joyeux. Je me suis dit : “Ah tiens !” De toute façon, j’ai commencé à dire que j’avais 40 ans dans la vie à partir de 38 ans. Je me disais “comme ça, c’est fait !”. Du coup, quand j’ai vraiment eu 40 ans, ça s’est bien passé. [Elle rit.]

PARIS MATCH

dimanche 27 juin 2021

Virginie Efira / "Je serais partante pour refaire un enfant"


En douze ans, Virginie Efira est devenue l’une des actrices qui comptent dans le cinéma français.
En douze ans, Virginie Efira est devenue l’une des actrices qui comptent dans le cinéma français.Fred Meylan/H&K


Virginie Efira : "Je serais partante pour refaire un enfant"


Paris Match
Publié le 06/01/2019 à 14h05 
Mis à jour le 08/04/2019 à 10h45
Interview Ghislain Loustalot

Dans le prochain Verhoeven, l’actrice franco-belge incarne une nonne lesbienne. Scandale garanti. Elle se confie à Paris Match. 

Paris Match. En à peine douze ans, vous avez tourné dans 25 films et pourtant le doute était présent. Depuis quand vous sentez-vous enfin légitime ?
Virginie Efira. Sur certains tournages de comédies, j’allais à la cantine en me disant : “Il faut que tu sois drôle pendant le déjeuner. Assure…” Mais je ne sais pas faire ça. Pour des rendez-vous avec des metteurs en scène, j’ai voulu paraître intelligente, le meilleur moyen de ne pas l’être. Ça paralyse, surtout pour quelqu’un qui n’est pas forcément à l’aise en groupe. Le film “Victoria”, présenté à Cannes en 2016, a été un déclic intime. J’étais enfin en accord avec moi-même. Je ne me suis plus sentie ni inférieure ni supérieure aux autres. Je n’ai plus éprouvé cette forme de honte ou de gêne liée à leur jugement.

Quand on évoque certaines comédies, vous dites : “Je n’aime pas le côté ‘j’enlève mon cerveau’.” Vous en avez beaucoup refusé ?
Je suis fan de celles de Frank Capra ou de James L. Brooks. J’aime cette sensibilité qui est juste, émouvante et raconte une part de notre existence. J’ai refusé quelques films, peut-être même en ai-je accepté, de ceux qui enfoncent les portes ouvertes, obéissent, par exemple, aux stéréotypes du couple normé : l’homme forcément infidèle, la femme pilier de la famille refuge. Mais, bon Dieu, qui a envie de défendre des trucs pareils ?

On vous voit de plus en plus dans des drames. Est-ce un choix ?
Finalement, c’est doux de jouer des rôles si durs. J’avais depuis toujours ce fantasme d’oubli de soi. On peut parler d’abandon, de lâcher-prise qu’il me semble plus compliqué à trouver dans le rythme des comédies. Je ressens chez moi une évolution. Je grandis, j’ai de plus en plus de désirs.

Il y a six ans, alors que vous étiez enceinte d’Ali, vous disiez : “J’ai une forme de mélancolie et ce qui m’intéresse c’est de jouer avec elle, avec l’intime.” Dont acte. D’où vient cette mélancolie ?
De l’idée très triste que rien ne dure, y compris les plus belles choses, que tout passe et a une fin. Il y a aussi l’idéal amoureux auquel on n’a pas forcément accédé, les chemins de vie qu’on n’a pas pris. Mais tout cela crée également l’élan vital. Moi, j’essaie trop de tout comprendre, je suis cérébrale, voire un peu chiante. Et puis, même si je n’ai pas connu la souffrance, j’ai quelques atomes crochus avec elle.

Vous êtes présentée comme l’une des stars de 2019. Est-ce à cause du film très attendu de Paul Verhoeven dans lequel vous incarnez Benedetta Carlini, une religieuse homosexuelle du XVIIe siècle ?
Je n’ai aucun doute sur le fait que le film, tiré d’une histoire vraie, aura un impact conséquent. Il traite d’un tabou ultime dans l’Eglise. Du procès fait à une femme à cause de son homosexualité. Paul Verhoeven l’a écrit pour moi. Au début je n’y ai pas cru. En lisant le scénario, je m’arrêtais toutes les trois pages, je n’en revenais pas. J’ai tourné plus de douze semaines. Je n’ai jamais joué de partition aussi spéciale, je ne m’étais jamais vue ainsi. Cela a été une expérience marquante. J’aurai vécu ça.

Je sais que ce film va déranger, remuer là où c’est compliqué. Il touche à la sexualité et au sacré

Scandale assuré à la sortie ?
C’est un film de Verhoeven, donc forcément sulfureux. Scandale ? Le mot est daté. Tout est scandale, plus rien ne l’est. Je sais que ce film va déranger, remuer là où c’est compliqué. Il touche à la sexualité et au sacré.

Avant “papa” ou “maman”, votre fille Ali a apparemment su dire “au revoir”. Parce que vous partiez beaucoup en tournage ?
Non, puisque je l’ai toujours emmenée avec moi. Pendant le tournage de “Benedetta”, dans le sud de la France, elle était à l’école, tout près. Si elle a su dire “au revoir” très vite, c’est peut-être qu’elle a senti vers quoi je la porte. L’idée qu’elle soit autonome et heureuse, seule, m’a toujours beaucoup importé. Ne pas avoir peur de dire “au revoir”, avoir confiance en soi, aller vers l’autre, s’adapter, rester ouverte au monde, c’est le plus grand service que je puisse lui rendre.

Est-ce qu’elle a déjà, à un peu moins de 6 ans, une perception de ce qu’est le cinéma, de votre métier ?
Plus jeune, quand elle venait sur les plateaux et qu’elle me voyait avec des acteurs enfants, elle me disait : “Et pourquoi je ne suis pas dans l’histoire, moi ? Je suis ta vraie fille.” Elle sait maintenant comment se déroule un tournage, elle voit que c’est parfois très répétitif. Avec la notoriété, cela a été moins simple. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens me disaient bonjour dans la rue. J’ai eu une petite frayeur quand elle m’a lancé, il y a un an : “Mais tu es connue ! Et moi je suis connue aussi ?” Je lui ai expliqué que ce n’était pas forcément intéressant de l’être mais bien plus important d’exercer un métier qu’on aime.

Si j’ai une bonne critique, je l'envoyer à mon père comme si j’envoyais encore mon bulletin de notes

Faites-vous déjà son éducation cinématographique ?
Nous voyons beaucoup de films, ce sont autant de terrains de discussions. Nous avons regardé la plupart des chefs-d’œuvre de l’animation japonaise que j’adore. Mais aussi “Tootsie” ou des comédies américaines des années 1980 et 1990 comme “Big”, avec Tom Hanks. Le “Roméo + Juliette” de Baz Luhrmann est son film préféré en ce moment. C’est un peu violent mais, étant habituée à voir des effets spéciaux sur les tournages, elle sait ce qui est faux. J’explique aussi, je dédramatise.

Vous lui transmettez, on imagine, ce que vos parents vous ont appris. Eux, que pensent-ils de votre évolution ?
Ma mère, qui s’est remariée il y a deux semaines, n’est pas très objective me concernant. Récemment, en allant au cinéma, elle n’a pas pu s’empêcher de dire à la caisse : “Ma fille a deux films à l’affiche.” Mais, comme elle est un peu typée, ils lui ont répondu : “Ah, vous êtes la maman de Leïla Bekhti.” Blague à part, elle est très attentive et sensible aux choix de films un peu plus profonds que je fais. Mon père est très pudique. Il ne me le dira jamais, mais quand il découvre un article sur moi, il le lit à toute la famille. Il voit le chemin parcouru. Si j’ai une bonne critique, je peux la lui envoyer comme si j’envoyais encore mon bulletin de notes. Parvient-on un jour à se détacher du regard de ses parents ?

Etes-vous aujourd’hui une femme heureuse, épanouie, amoureuse ?
Oui, oui et oui.

Le mariage, jee ne suis ni pour ni contre. Ce n’est pas une obsession

Dans “Un amour impossible” de Catherine Corsini et bientôt dans “Sibyl” de Justine Triet, Niels Schneider joue votre amoureux. Dans la vie aussi apparemment…
Je suis désolée, mais ça ne vous regarde pas.

Vous avez déjà été mariée. Pourriez-vous retenter l’aventure ?
Je ne suis ni pour ni contre. Ce n’est pas une obsession, pas un fantasme pour moi. En revanche, j’aime l’idée d’engagement total, de liens forts. Je serais partante pour refaire un enfant, par exemple.

Aujourd’hui, vous avez, semble-t-il, minci. Vous êtes plus belle que jamais. C’est l’amour ?
Ça vient des rôles, en réalité. Quand j’ai tourné “Un amour impossible”, il y avait des scènes de nu et je me suis rendu compte de quelques blocages, comme si je ne me sentais pas libre de faire ce que je voulais avec mon corps. Sachant ce qui m’attendait avec Verhoeven, je me suis mise à faire du sport, j’ai perdu un peu de poids pour me sentir à l’aise, libre et totalement disponible. Bon, je ne suis pas tombée dans l’anorexie non plus.

Un prof vous a demandé un jour si vous vouliez faire du peep show. Avez-vous été victime, par la suite, de comportements déplacés de la part d’hommes détenant le pouvoir ?
J’avais 15 ans à l’époque de cette vanne déplacée et le pire c’est que j’en ai ri. Aujourd’hui, ce genre de plaisanterie devient plus compliqué à faire. Mais la pression existe, a toujours existé. J’y ai échappé parce que je suis arrivé tard, à 30 ans, dans le cinéma. Mais j’ai eu de nombreux témoignages d’actrices qui m’ont raconté ce qui leur était arrivé plus jeunes, quand elles étaient en demande et que le pouvoir des hommes avait tout loisir de s’exercer sur elles. J’ai été sidérée.

Je ne suis pas une révolutionnaire mais il y a des limites de décence à respecter

Pourquoi avoir demandé la nationalité française il y a deux ans ?
Pour pouvoir voter dans le pays où je vis, où je travaille et où je paie mes impôts. Mais j’ai pu garder la nationalité belge.

Etre française, dans ce pays où rien n’est simple, ça vous plaît ?
Vous connaissez un pays où tout est simple ? Passez-moi l’expression, c’est un peu la merde partout... Moi, ça me plaît d’être aussi française. Ici, les oppositions et le débat politique sont omniprésents et ça m’intéresse. L’époque dans laquelle on vit n’est pas que désespérante, elle est riche aussi. Un monde est en train de disparaître, tandis qu’un autre tarde à émerger. Dans cet interstice naissent des rêves, mais aussi des monstres.

Certains acteurs ont soutenu les gilets jaunes…
Oui, et toute la classe politique a essayé de les récupérer. Classique. Une fois, je suis allée manifester avec les intermittents du spectacle et on m’a prise pour une Martienne. Je peux être solidaire, même si je ne rencontre pas les mêmes problèmes. Est-ce que je peux les comprendre totalement ? Peut-être pas, même si j’ai vécu longtemps avec 1 200 euros par mois et quelques crédits à rembourser… Mais j’essaie. Je sais qu’il y a une trop grande différence entre les plus défavorisés et les plus riches. Je ne suis pas une révolutionnaire, je ne bouleverse rien, je suis à l’intérieur du système. Mais il y a des limites de décence à respecter. Un jour, ma fiscaliste m’a dit qu’elle était embêtée parce que j’allais devoir payer plus d’impôts, comme si elle pensait que mon but était d’en payer moins. J’ai trouvé cela totalement choquant.

PARIS MATCH



jeudi 30 juillet 2020

Ashley Judd autorisée à poursuivre Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel

L'actrice Ashley Judd et Harvey Weinstein.
Frederick M. Brown et Yann COATSALIOU

Ashley Judd autorisée à poursuivre Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel

L'actrice accuse le producteur déchu d'avoir ruiné sa carrière pour avoir résisté à ses avances. La cour d'appel, saisie par la comédienne, estime que le rapport de force entre Harvey Weinstein et Ashley Judd était à la faveur du premier 

Publié jeudi 30 juillet 2020 à 05:26
Modifié jeudi 30 juillet 2020 à 07:08

L'actrice américaine Ashley Judd peut finalement poursuivre pour harcèlement sexuel le producteur déchu Harvey Weinstein, a jugé mercredi une cour d'appel de Californie.
En première instance, un juge fédéral de Los Angeles avait au contraire estimé en janvier 2019 que le harcèlement sexuel n'était pas applicable dans le cas de la comédienne, qu'il avait toutefois à l'époque autorisée à entamer des poursuites civiles.
Ashley Judd, 52 ans, fut l'une des premières à avoir brisé le silence sur les agissements d'Harvey Weinstein, accusé de harcèlement, d'agression sexuelle ou de viol par plus de 80 femmes, dont des stars comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou encore Léa Seydoux.


jeudi 28 novembre 2019

Sophie Marceau / «La musique grandit les mots»

Sophie Marceau






Sophie Marceau: «La musique grandit les mots»

L’actrice française vient à Genève réciter «Stabat mater furiosa» de Jean-Pierre Siméon mis en musique par la jeune compositrice Violeta Cruz. La création mondiale a lieu jeudi soir au BFM
Publié mercredi 27 novembre 2019 à 18:33, 
modifié jeudi 28 novembre 2019 à 11:52


Sophie Marceau
On connaît les Stabat mater dolorosa de Pergolese, Vivaldi, ou Scarlatti. Celui du poète Jean-Pierre Siméon est furieux. Et la partition de Violetta Cruz accompagne cette rage en musique. L’œuvre créée jeudi soir à Genève ne traite pas de Marie, affligée par la mort de son fils crucifié. Mais de la femme éternelle, révoltée par la violence d’un monde que les hommes malmènent.
C’est de la colère de la mère, de la sœur, de la fille et de l’amante qu’il est question ici. D’une «émotion noire et lourde» devant la vie martyrisée. Cette révolte sans âge rejoint notre actualité avec une acuité aiguë. Trente ans après l’écriture du poème jailli devant la barbarie de la guerre du Liban, les guerres, le terrorisme et la violence faite aux femmes n’ont pas faibli. Sophie Marceau est à Genève pour travailler sa partie de récitante dans l’œuvre à naître.
Sophie Marceau

Le Temps: Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce projet?
Sophie Marceau: J’aime être surprise et entraînée dans des aventures inédites. Quand le GeCa m’a proposé ce package musical et littéraire, j’ai tout de suite accepté. Travailler avec des musiciens ouvre sur un autre univers et transforme le rapport au temps et à l’attention. Tout s’accélère dans notre société. Je viens du monde de l’image, qui est exacerbée partout. Plonger dans un bain sonore et une lecture littéraire, c’est comme arrêter la course du temps. Cela oblige à une concentration et une attention supérieures. J’ai eu un coup de foudre pour le texte. L’écriture est magnifique et le sujet me touche profondément.


Sophie Marceau

Comment se déroule le travail avec Jean-Pierre Siméon et Violeta Cruz?
Il est basé sur l’écoute. Nous échangeons beaucoup sur les coupes et nos façons de ressentir et d’exprimer l’histoire. Il y a une grande humanité dans les rapports. Etre en contact direct avec les créateurs est passionnant. Pour la partie musicale, j’ai été séduite par le langage et la personnalité très intenses de la compositrice. Son style est assez mélodique tout en restant concret. Je le trouve cinématographique, animé d’une grande puissance de pensée. Cela me rappelle Hitchcock et le cinéma des années 1930. Sa transcription des idées est très claire, parlante et illustrative, sur un imaginaire personnel.


Sophie Marceau

Est-ce la première fois que vous intervenez dans une pièce musicale?
J’ai été invitée par l’Orchestre philharmonique de Berlin et Simon Rattle dans Le Martyre de saint Sébastien de Debussy.




Quel souvenir gardez-vous de l’expérience?
J’ai adoré me glisser dans un flux qui me mène ailleurs. La musique grandit les mots, même si la poésie et la beauté des textes sont porteuses. Si je lis à nu, à plat, j’essaye d’imprimer mon rythme et de dégager des résonances intimes. J’engage mon corps, mon expressivité. Avec la musique, le travail est déjà à moitié fait. La signification de chaque mot est intensifiée et je n’ai plus qu’à me situer dans le mouvement imprimé. Cela demande à la fois de lâcher prise et de s’inscrire dans un travail d’équipe où chacun puisse trouver son espace en fonction de l’autre afin de se définir dans un tout. Je deviens une partie de l’orchestre, comme un autre instrument. Chacun doit s’emboîter dans l’autre. C’est magique.


Sophie Marceau

Comment la musique a-t-elle fait son chemin dans votre existence?
On en écoutait très peu dans ma famille. Je viens d’un milieu ouvrier de banlieue. Mon père a fait différents boulots comme routier ou peintre en bâtiment, notamment. Et ma mère m’a élevée avec mon frère, avant d’être vendeuse. Les terrains vagues étaient mes espaces de jeu et la musique n’est venue que progressivement. Petite, j’aimais bien Henri Salvador, qui me faisait un peu peur avec Zorro




Puis il y a eu les premiers disques de rock de mes cousins, une musique forte et revendicatrice qui me plaisait bien. Led Zep, ACDC, Police avant Pink Floyd, le jazz ou le classique plus tard. L’âge permet d’apprécier des choses qu’on ne comprend pas jeune, comme l’opéra, avec ses codes, ses longueurs, son univers d’un autre temps. Je constate à quel point la fréquentation précoce de la culture et de l’art est primordiale. Elle ouvre aux autres, à l’harmonie, à l’écoute, à l’observation et à la communion.
Dans «Stabat mater furiosa», vous incarnez l’accusation et la prière d’une femme en révolte. Le féminisme vous anime-t-il plus après MeToo et les féminicides?
Sophie Marceau
Bien sûr, plus que jamais. Nous vivons un tournant majeur avec la libération de la parole des femmes. Une période historique par l’ampleur planétaire du mouvement. Il faut défendre sans relâche les combats et les victoires acquises de haute lutte depuis des décennies. Le danger s’intensifie dans une société qui se barbarise.
Avez-vous été personnellement touchée par ce problème?
Comme toutes les femmes, particulièrement dans un métier où la séduction et le désir prédominent. Tout dépend de l’éducation, du tempérament et de l’attitude face à ce problème. J’ai su me protéger très tôt, dire non et choisir ce que j’estimais bon pour moi. J’ai des valeurs très solidement ancrées, comme le respect et la nécessité du travail. La Boum ne m’est pas tombée sur la tête à 12 ans par hasard. Je voulais faire quelque chose de ma vie, travailler pour aider ma mère, être libre le plus vite possible.




Une si jeune fille est pourtant très exposée…
Oui, mais ce n’est pas une fatalité. Il faut se battre pour sortir des clivages et des antagonismes qui servent le pouvoir et la domination. De quel droit quelqu’un peut-il s’arroger une supériorité sur une autre personne? Il faut éduquer les fils et les hommes à reconsidérer leur position, dans la famille et à l’école. Certains la subissent parfois et peuvent aussi être victimes d’une forme de dérèglement social, politique ou religieux. Hommes et femmes doivent apprendre à développer leurs affinités, leurs complémentarités et leur capacité à se comprendre. Sans quoi le monde est perdu.