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vendredi 22 octobre 2021

Ce qu’il faut savoir sur Parasite, le film consacré aux Oscars

 



Ce qu’il faut savoir sur Parasite, le film consacré aux Oscars


Attention : cet article contient quelques spoilers sur le film Parasite

C'est l'un des films qui a reçu les meilleures critiques en 2019. Il a fait salle comble aux États-Unis, a battu des records au box-office. Il a remporté la Palme d'or au dernier Festival de Cannes, devenant la Palme d'or ayant engrangé le plus grand nombre d'entrées en France depuis quinze ans, j’ai nommé : Parasite du réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho. Et nommé, il l'était six fois lors de la 92e cérémonie des Oscars, marquant sa consécration définitive. Le film sud-coréen entre ainsi dans l'histoire et devient la première œuvre en langue étrangère jamais primée dans la catégorie du meilleur film, après avoir raflé la mise : meilleur scénario, meilleur film international et meilleur réalisateur. Parasite fait donc beaucoup parler de lui et a tout pour intriguer, mais... de quoi parle le film au juste ? La bande-annonce est certes intrigante et visuellement étonnante, mais on n’apprend pas grand chose sur ce que nous réserve le film. S'agit-il d'un film d'horreur ? D'une comédie ? D'un drame ? Tant de questions se soulèvent, et pour cause. Sur Wikipédia, le film du réalisateur Bong Joon-Ho (Snowpiercer, Okja) est décrit comme une « comédie noire satirique à suspense », et, oui, Parasite, c'est tout ça, et bien plus encore. On recommande d'aller le voir avec le moins d'infos possible, car ce film est plein de surprises. Alors autant se laisser porter et profiter du voyage. Mais, si vous craignez que Parasite soit trop effrayant ou trop gore, lisez la suite pour en apprendre davantage sur le film et décider si cette expérience est faite pour vous. 

Parasite, un film effrayant ?

Parasite n'est pas un film d'horreur, il n'est donc pas effrayant au sens classique du terme — pas de fantômes, d'esprits, de serial killers ou autres menaces auxquels on essaie désespérément d'échapper (du moins pas dans un sens littéral). Cela dit, les choses prennent tout de même une tournure sombre à mi-parcours. Il y aura des moments qui sauront vous tenir en haleine, et où vous vous surprendrez peut-être à ne pas vouloir laisser vos pieds traîner au sol. Vous pourriez même ressentir quelques frissons vous traverser le corps — par exemple à la réapparition de personnages qu’on souhaiterait vraiment ne pas revoir. Mais risquez-vous de dormir avec la lumière allumée pour chasser les fantômes et autres esprits ? La réponse est non. Certaines images vont-elles vous hanter ? Probablement pas. Enfin, à moins d’être sensible à notre prochain point...

Parasite, un film gore ?

La réponse est oui... mais seulement vers la fin. Vous n'avez donc pas trop de soucis à vous faire si la vue du sang vous rend malade. (A l'exception d'une scène comique où un paquet de sauce piquante est utilisé comme faux sang). Vers la fin, en revanche, on assiste à une séquence gore intense qui met en scène des armes, notamment un couteau de cuisine et une grande brochette de grill. Alors, si vous êtes du genre à préférer les films sans violence ni hémoglobine, Parasite n'est peut-être pas fait pour vous.

Quel genre est le film Parasite ?

Si vos amis ne cessent de parler de Parasite, c'est en partie parce que ce film défie en quelque sorte toute classification typique de genres. C'est un film qui fait réfléchir. Vous quitterez probablement la salle en pensant aux motivations des personnages, en vous demandant comment certaines choses auraient pu se passer et en réfléchissant simplement à ce que tout cela signifie. Cela dit, ce n'est pas un thriller psychologique, donc il ne vous tiendra probablement pas éveillé la nuit, si ça vous inquiète. (Personnellement, je ne me remettrai jamais de Shutter Island).

Ok, on vous en dit plus.

Si vous avez vraiment, vraiment besoin d'en savoir plus sur l'intrigue avant de vous aventurer en salle, lisez ce qui suit. (C'est là qu'on divul-gâche un peu le film.)

Pour faire court, Parasite parle d'une famille pauvre, qui s'infiltre au complet dans la maison d'une famille riche, chez qui elle travaille. Le fils (Choi Woo-sik) devient professeur d'anglais, la fille (Park So-dam) professeur d'art, le père (Song Kang-ho) chauffeur, et la mère (Jang Hye-jin) femme de ménage. C'est là qu'intervient le choix du nom « Parasite » : ces personnes deviennent des parasites de la maison elle-même et de la famille qui y habite. On découvre plus tard, au retour de la précédente gouvernante (Lee Jeong-eun), que son mari (Park Myeong-hoon) vit dans le sous-sol de la maison depuis des années.

On ne vous dit pas tout, bien plus va se passer à partir de là, impliquant par exemple les moments gore et plus effrayants mentionnés ci-dessus. Mais le thème dominant du film est celui des classes sociales et de la relation qui existe entre elles. Cela donne au spectateur matière à réflexion quant au titre du film.

Parasite est vraiment à la hauteur de toutes les critiques qu'il a reçues. L'histoire de Bong et Jin Won Han est donc originale, convaincante mais aussi « métaphorique », pour reprendre un mot plusieurs fois répété par l'un des personnages, comme pour faire un clin d'oeil au thème abordé. La cinématographie de Kyung-pyo Hong est époustouflante. Les acteurs sont tous merveilleux. C'est à la fois très drôle et palpitant. Si vous parvenez à supporter une scène violente et quelques passages choquants, courez vite voir (ou revoir) ce film.

REFINERY 29





samedi 1 mai 2021

L'exploit de Nomadland dans une cérémonie des Oscars qui rend son éclat au cinéma



L'exploit de Nomadland dans une cérémonie des Oscars qui rend son éclat au cinéma

 

Meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice, le road-movie de la Chinoise Chloé Zhao et Frances McDormand réalise un triplé historique. Anthony Hopkins crée un séisme en décrochant la statuette du meilleur acteur au terme d'une cérémonie qui a tenté de se réinventer.

Par Constance Jamet
Publié le 26/04/2021 à 06:34, mis à jour le 26/04/2021 à 10:06

Soirée de premières fois aux Oscars. La 93e édition qui se déroulait en direct était la première grande cérémonie à avoir lieu «en présentiel» depuis le début de la pandémie. La première à tenter un changement de formule sous la houlette de son réalisateur Steven Soderbergh. En lice pour six trophées et favori de la soirée, Nomadland a surpassé toutes les attentes et a réalisé un triplé historique en remportant les statuettes de meilleure actrice, meilleure réalisation et meilleur film.

Nomadland fait entrer sa réalisatrice, la Chinoise Chloé Zhao, dans l'histoire. Elle devient la seconde femme en neuf décennies d'Oscars à recevoir le titre de meilleure réalisatrice, treize ans après l'exploit de Kathryn Bigelow pour Démineurs. Chloé Zhao est la première cinéaste de couleur et asiatique à être ainsi distinguée. Humble comme toujours, l'heureuse élue a livré un très beau discours : «Comment avancez quand les choses sont difficiles ? Je repensais à un jeu de récitation de poèmes chinois avec mon père. Un de ceux-ci dit 'les personnes à la naissance sont profondément bonnes'. C'est vrai, j'ai toujours trouvé de la bonté dans les personnes que j'ai croisées. Cette statuette est pour les gens qui croient à cette bonté. C'est vous qui m'inspirez».

Une heure et demie plus tard, elle est remontée sur scène, accompagnée de sa star et productrice Frances McDormand, pour accepter la statuette du meilleur film. «Merci aux héros de Nomadland de nous avoir enseigné la résilience la résistance et la bonté», a redit Chloé Zhao. Frances McDormand a exhorté le public à se rendre en salle voir tous les films nommés puis a hurlé comme un loup comme dans une des scènes culte du film.

Elle a été rappelée immédiatement sur le podium pour recevoir le trophée de la meilleure actrice devançant Viola Davis, Andra Day, Carey Mulligan et Vanessa Kirby. Une surprise pour certains car son dernier Oscar remonte à peu de temps en 2018. Très brève, elle a évoqué «la voix épée d'un acteur». Ce sacre pour Nomadland est un exploit. Oscarisée pour Fargo et Les panneaux de la vengeance, Frances McDormand devient la première actrice à triompher à trois reprises dans la catégorie rôle principal. Une prouesse que seule a égalée Katharine Hepburn. Productrice de Nomadland, Frances McDormand a aussi reçu une statuette au titre de meilleur film, ce qui lui en fait quatre en sa possession.

Conscients que le suspense de ce dimanche se jouait sur les sections meilleur acteur et actrice, les organisateurs ont remis ces prix en dernier. Le trophée du meilleur acteur a provoqué un séisme. Annoncé comme le vainqueur inéluctable, le défunt Chadwick Boseman, musicien habité et hanté dans le blues de Ma Rainey, a dû s'incliner face à Anthony Hopkins, père sénile dans The Father. Comme à son habitude, le Gallois de 83 ans qui devient le lauréat doyen de cette catégorie, n'était pas présent. C'est son deuxième Oscar, trois décennies après celui du meilleur second rôle dans Le Silence des Agneaux.

La diversité cantonnée aux seconds rôles

Ces surprises dans les catégories principales empêchent le grand chelem que certains attendaient sur le plan de la diversité dans les catégories interprètes. Cette poussée s'est finalement limitée aux seconds rôles avec les victoires de Daniel Kaluuya (Judas And The Black Messiah) et Youn Yuh-jung (Minari).

Daniel Kaluuya, Oscar du meilleur acteur dans un second rôle masculin. A.M.P.A.S / REUTERS

Seul lauréat parmi les acteurs qui ne faisait aucun doute, l'acteur britannique qui a prêté sa fougue dans Judas And The Black Messiah au leader des Black Panthers Fred Hampton, assassiné par le FBI en 1969, a triomphé dans la catégorie meilleur second rôle. «Merci Fred pour ta lumière, d'avoir nourri des enfants, de m'avoir montré le chemin, que la concorde, l'union nous animent quand on veut nous séparer. Merci Dieu, je ne serai pas là sans sa protection et à ma mère qui m'a tout donné, y compris la droiture. Merci à mes parents qui ont couché ensemble pour m'avoir», a-t-il conclu sous l'œil amusé et consterné de ses proches.

Surnommée la Meryl Streep sud-coréenne et grand-mère facétieuse et rustre dans Minari, récit du rêve américain d'une famille d'immigrés coréens, Yuh-Jung Youn a décroché l'Oscar du meilleur second rôle et n'était pas en reste. Comme aux Bafta, les César britanniques, où elle se moquait du snobisme des Anglais, l'heureuse élue a cabotiné en déclarant d'abord sa flamme au remettant Brad Pitt, également producteur de Minari: « Où étiez-vous pendant le tournage Brad ? C'est un honneur de vous rencontrer. Ce soir, je pardonne à tous ceux qui écorchent mon prénom. Généralement je regarde les Oscars de ma télévision, être ici seule sur scène je ne peux y croire. Je ne crois pas à la compétition. Comment je peux gagner devant Glenn Close que j'admire tant. Ce soir, j'ai un peu plus de chance que mes quatre conommées mais vous êtes merveilleuses. Cette récompense est enfin pour mes deux garçons qui m'ont toujours poussé à travailler et à sortir. Maman a bien bossé ».

Bonne soirée pour les Français

Ces Oscars ont aussi été fastes pour les talents français en lice. Nommé à six reprises, The Father (Le Père) du dramaturge français Florian Zeller a remporté la statuette de la meilleure adaptation devançant la favorite de la soirée Chloé Zhao et son Nomadland. «C'est un tel honneur», a souligné le romancier, en direct de Paris, où on lui a remis son trophée. Il a remercié son coauteur le scénariste des Liaisons dangereuses Christopher Hampton, avant de rendre hommage à son acteur principal : «J'ai écrit pour Anthony Hopkins qui est le plus grand comédien du monde. Ce n'était pas facile pour moi qui suis français comme vous l'entendez. Cela me semblait impossible mais tout est possible. Merci Anthony d'avoir rendu ce rêve possible et d'avoir donné tout au père toute ton énergie».

Nicolas Becker a remporté avec ses collaborateurs l'Oscar du meilleur son pour Sound of Metal, le poignant voyage sensoriel d'un musicien de rock metal en train de perdre l'audition. Quelques instants plus tard est montée sur scène l'équipe du court métrage Colettequi retrace le travail de mémoire effectué par une jeune historienne et une nonagénaire normande dont le frère, résistant comme elle, est mort en camp de concentration à dix-sept ans.La productrice française du documentaire Alice Doyard a dédié cette victoire aux «femmes du monde entier» avant de finir sur une pirouette «Vive la France».

Espoirs douchés pour Netflix

En lice dans les sections meilleur réalisateur et meilleur film étranger, Thomas Vinterberg a vu son ode à l'alcool Drunk couronné du second trophée. «Cela dépasse tout ce que j'imaginais sauf que j'ai toujours imaginé quand je préparais des discours dans les gares et les toilettes des écoles. C'est un film qui raconte comment il faut lâcher prise dans sa vie, comme j'ai dû le faire avec ce projet. Merci à mes producteurs de m'avoir laissé raconté comment quatre ivrognes apprennent à des jeunes à boire», a salué le Danois qui a perdu sa fille au début du tournage, «ce film devait célébrer la vie. Ma fille qui devait être dans Drunk. Elle me manque je l'adore. Ida ce film est pour toi, tu fais partie de ce miracle», a-t-il confié en réprimant ses larmes.

Chloé Zhao n'a pas été la seule réalisatrice primée. Révélation du thriller vengeur et féministe Promising Young Woman où brille Carey Mulligan, la Britannique Emerald Fennell est repartie avec le trophée du meilleur scénario. Le très philosophique Soul de Pixar décroche deux prix, celui du meilleur film d'animation et de la bade originale. Espoirs de Netflix, Mank et Le Blues de MaRainey se contentent de deux récompenses techniques chacun, comme le très immersif Sound Of MetalLes Sept de Chicago d'Aaron Sorkin est le seul favori à cinq nominations ou plus à repartir les mains vides. Malgré la fermeture des salles, Netflix devra attendre pour décrocher le titre de meilleur film et a échoué à imposer ses acteurs. Mais avec cette trophées dans son escarcelle est le studio le plus performant de la nuit

Le coup de balai de Steve Soderbergh

Sous l'égide du chef d'orchestre, Steven Soderbergh, ces Oscars ont un peu bousculé, si ce n'est dépoussiéré, leur scénographie, gagnant en souplesse. Les numéros musicaux mettant en valeur les chansons en lice ont été regroupés dans une émission séparée, diffusée avant la cérémonie. Mais le temps gagné sur cette manœuvre a été reperdu par la volubilité des lauréats, heureux de ne pas avoir à faire tenir leurs remerciements en 45 secondes. Un petit quiz musical a fait grand bruit en permettant à Glenn Close, gracieuse perdante, de montrer ses talents de rappeuse.

Cette séquence légère a précédé le clip «in memoriam» commémorant les disparus de l'année. Jean-Claude Carrière, Bertrand Tavernier et Michel Piccoli ont été cités, comme la comédienne britannique Helen McCrory, décédée la semaine dernière. En lice pour le trophée du meilleur acteur, Chadwick Boseman a clôturé le montage.

Les quelque 170 nommés, remettants et leurs accompagnateurs conviés dans la gare d'Union Station et dûment testés étaient répartis, à la bonne franquette, autour de tables façon cabaret. Les présentateurs ont exalté le pouvoir cathartique et d'inspiration du cinéma en cette année de confinement, dévoilant des anecdotes autour des nommés, l'origine de leur amour du 7e art, se demandant quels étaient leurs grigris. L'ordre des récompenses a été bousculé pour éviter le tunnel des récompenses techniques. Plus besoin d'attendre les derniers moments de la cérémonie pour connaître le nom de la meilleure réalisation, révélée très vite. De même, les catégories interprètes n'ont pas été regroupées mais dispersées au fil de la soirée.

Les allusions politiques, relative àViola Davis, Chris Evans et Mariah Carey réagissent à la condamnation de Derek Chauvin, le policier reconnu coupable du meurtre de George Floyd, étaient présentes mais plus en retrait par rapport à d'autres années. À l'image de la comédienne Regina King qui ouvrait la soirée : « Nous y sommes, quelle drôle d'année dont nous ne voyons pas encore le tunnel», s'est-elle exclamée. «On pleure tant de disparus. Si le procès de Derek Chauvin avait tourné autrement, j'aurais troqué mes talons pour des chaussures de marche. Je sais que vous zappez quand des célébrités font des harangues politiques mais je suis la mère d'un fils noir. Toutefois, nous sommes ici pour célébrer le cinéma».



Retrouvez le palmarès complet des Oscars 2021 :

Meilleur film: Nomadland

Meilleur réalisateur: Chloé Zhao pour Nomadland

Meilleure actrice: Frances McDormand pour Nomadland

Meilleur acteur: Anthony Hopkins pour The Father

Meilleure actrice dans un second rôle: Youn Yuh-Jung pour Minari

Meilleur acteur dans un second rôle: Daniel Kaluuya pour Judas and the Black Messiah

Meilleur film étranger: Drunk (Danemark)

Meilleur film d'animation: Soul

Meilleur documentaire: La sagesse de la pieuvre

Meilleur scénario original: Promising Young Woman - Emerald Fennell

Meilleur scénario adapté: The Father - Christopher Hampton et Florian Zeller

Meilleur court métrage d'animation : If Anything Happens I Love You

Meilleur court métrage documentaire : Colette - Anthony Giacchino et Alice Doyard

Meilleure photographie : Mank - Erik Messerschmidt

Meilleure chanson originale : Fight For You interprété par H.E.R - Judas et the Black Messiah

Meilleure musique de film : Soul - Trent Reznor, Atticus Ross et Jon Batiste

Meilleur son : Sound of Metal - Nicolas Becker, Jaime Baksht, Michelle Couttolenc, Carlos Cortés et Phillip Bladh

Meilleur montage : Sound of Metal - Mikkel E. G. Nielsen

Meilleurs effets visuels : Tenet - Andrew Jackson, David Lee, Andrew Lockley et Scott Fisher

Meilleure création de costumes : Le blues de Ma Rainey - Ann Roth

Meilleurs décors : Mank - Donald Graham Burt et Jan Pascale

Meilleurs maquillages et coiffures - Le Blues de Ma Rainey - Sergio Lopez-Rivera, Mia Neal et Jamika Wilson

LE FIGARO




samedi 22 février 2020

«Parasite» de Bong Joon-ho triomphe aux Oscars



«Parasite» de Bong Joon-ho triomphe aux Oscars


Satire cruelle sur le gouffre entre classes sociales, le film sud-coréen a raflé quatre prix: l'Oscar du meilleur film, réalisateur, film international et scénario original. Joaquin Phoenix et Renée Zellweger ont, eux, été sacrés meilleur acteur et meilleure actrice

AFP
Publié lundi 10 février 2020 à 06:06
Modifié lundi 10 février 2020 à 11:16

Le film Parasite, du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho, à la fois thriller et satire corrosive sur les inégalités sociales, a réussi à faire tomber les barrières linguistiques pour rencontrer un immense succès à travers le monde, jusqu'à rafler quatre Oscars en une soirée dont le plus prestigieux: celui du meilleur film.

C'est une consécration pour Parasite, premier film coréen jamais primé aux Oscars. Couronnement exceptionnel d'une année 2019 marquant le centième anniversaire du cinéma coréen. Son réalisateur Bong Joon-ho a d'abord reçu une première statuette au titre du meilleur scénario original. Puis son film a été sacré meilleur long-métrage international, il a reçu l'Oscar du meilleur réalisateur et enfin, à la surprise générale, l'Oscar du meilleur film tout court.
Le film de Bong Joon-ho avait auparavant remporté la Palme d'Or au festival de Cannes l'an dernier et le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère en janvier, deux prix prestigieux qui constituaient déjà une première pour un film sud-coréen. Parasite est également le premier film en langue étrangère à avoir reçu le prix meilleur ensemble d'acteurs, la récompense la plus prisée des Screen Actors Guild Awards ainsi que deux Bafta, récompenses du cinéma britannique.
Le film a déjoué de façon fracassante les pronostics qui voyaient un couronnement pour 1917, du Britannique Sam Mendes. Le film sur l'équipée de deux jeunes soldats dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, construit comme un plan séquence long de deux heures, doit se contenter de trois prix: l'Oscar de la meilleure photographie pour Roger Deakins, et deux autres dans des catégories techniques (son et effets spéciaux).

Joaquin Phoenix et Renée Zellweger sacrés meilleurs acteurs

Joaquin Phoenix a été sacré pour le rôle principal dans le film controversé Joker, de Todd Phillips. C’est le premier Oscar pour le comédien de 45 ans qui avait déjà été nommé trois fois précédemment, dont deux fois pour un rôle principal. C’est également la consécration pour Renée Zellweger, qui reçoit l’Oscar de meilleure actrice pour son rôle dans le biopic Judy, de Rupert Goold.
Brad Pitt et Laura Dern ont été sacrés dimanche soir «meilleurs seconds rôles». Avec son rôle de cascadeur tranquille dans Once Upon a Time... in Hollywood, Brad Pitt l'a emporté face aux vétérans Al Pacino et Joe Pesci (The Irishman), Anthony Hopkins et Tom Hanks. Dans le film de Quentin Tarantino, ode au cinéma et au Los Angeles de sa jeunesse, Brad Pitt donne la réplique à Leonardo DiCaprio, également en lice.
Laura Dern a de son côté reçu le cadeau rêvé à la veille de son 53e anniversaire pour sa performance d'avocate impitoyable dans Marriage Story. Ironie des nominations, elle a reçu une accolade de Scarlett Johansson, sa partenaire dans le film de Noah Baumbach mais sa concurrente dans la catégorie du second rôle, sélectionnée pour Jojo Rabbit.

Un manque de diversité dénoncé

La cérémonie s'était ouverte avec un numéro mené par la chanteuse noire Janelle Monae, iconoclaste assumée qui n'a pas manqué de se joindre aux critiques sur le manque de diversité dans la sélection des Oscars, un reproche récurrent. Hormis la Britannique Cynthia Erivo (Harriet), tous les acteurs et actrices en lice cette année sont blancs et aucune femme n'a été retenue chez les réalisateurs. Pour protester à sa manière, la star oscarisée Natalie Portman a fait broder sur sa cape le nom d'une demi-douzaine de réalisatrices qui ont selon elle été injustement snobées cette année.
La cérémonie des Oscars a aussi été l'occasion pour le gratin d'Hollywood l'occasion de saluer la mémoire de Kirk Douglas, un des derniers monstres sacrés de l'âge d'or du cinéma, décédé mercredi à l'âge de 103 ans, et la légende du basket Kobe Bryant, décédée fin janvier avec sa fille et sept autres personnes dans un accident d'hélicoptère près de Los Angeles. C'est la jeune Billie Eilish, révélation des Grammy Awards, qui a chanté en l'honneur des deux stars et d'autres disparus célèbres.

Le palmarès des Oscars dans les principales catégories

- Meilleur film: Parasite.
- Meilleur réalisateur: Bong Joon-ho (Parasite).
- Meilleure actrice dans un rôle principal: Renée Zellweger (Judy).
- Meilleur acteur dans un rôle principal: Joaquin Phoenix (Joker).
- Meilleur film international: Parasite.
- Meilleure actrice dans un second rôle: Laura Dern (Marriage Story).
- Meilleur acteur dans un second rôle: Brad Pitt (Once Upon a Time... in Hollywood).
- Meilleur film d'animation: Toy Story 4.