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vendredi 27 mars 2026

Kelly Reichardt / The Mastermind / Toutes lignes brisées

 

"The Mastermind", Kelly Reichardt (2026) © Condor films
« The Mastermind », Kelly Reichardt (2026) © Condor films


Toutes lignes brisées

The Mastermind, film écrit et réalisé par Kelly Reichardt, se déroule dans le Massachusetts en 1970. Un menuisier au chômage décide de réaliser un vol d’œuvres d’art dans le musée de sa ville. Un vrai-faux film de casse, avec, dans le rôle principal, un Josh O’Connor aussi lâche qu’envoûtant.

mercredi 13 décembre 2023

Film / Strange Days


Strange Days 

1995


Ce qu'il faut avant tout savoir, nous, peuple du nouveau millénaire, c'est qu'en 1995, l'an 2000 était encore une énigme intergalactique, une source d'inspiration fertile pour bon nombre de cinéastes et d'amateurs de science-fiction. James Cameron, légendaire auteur de Terminator, a prouvé à de nombreuses reprises qu'il savait y faire avec le genre. Début des années 90, il offre le scénario de Strange Days à Kathryn Bigelow, une œuvre d'anticipation sociale sombre et violente qui demeure aujourd'hui un classique du genre... sombré dans l'oubli.

samedi 26 juin 2021

Virginie Efira / "Tant que j’avais honte de moi et de mon histoire, ça ne marchait pas"

 

Virginie Efira



Virginie Efira : "Tant que j’avais honte de moi et de mon histoire, ça ne marchait pas"


Divine dans Benedetta, de Paul Verhoeven le film sulfureux très attendu à Cannes, l’actrice démontre une nouvelle fois sa puissance de jeu et son culot. En nonne lesbienne du XVIIe siècle, elle sème magistralement le trouble. Rencontre avec une âme généreuse.


Marilyne Letertre

• Le 24 juin 2021


Une rencontre passionnante pour un film qui ne l'est pas moins. À l’ère des exercices promotionnels s’apparentant parfois à des speed datings en palace, Virginie Efira nous donne rendez-vous chez elle, dans l’Est parisien. La conversation n’est pas minutée, elle préfère échanger, prendre le temps de la réflexion. Lequel n’est pas superflu pour aborder Benedetta, thriller clérico-érotico-féministe de Paul Verhoeven, en compétition cette année à Cannes.

La comédienne y prend le voile d’une nonne italienne du XVIIe siècle qui, sur le point d’être béatifiée suite à un supposé miracle, découvre les plaisirs de la chair avec une novice du couvent. Évidemment transgressif, malicieusement hérétique, parfois grand-guignolesque (quand Jésus entre dans la danse) et surtout politique, le corps de la femme se métamorphosant ici en arme de destruction dans une société d’hommes, d’interdits et d’hypocrisie.

Malgré des films récents s’affranchissant des codes (Victoria, Adieu les cons …), l’actrice et égérie Cartier ne s’était jamais autant mise en danger : la partition est charnelle, jusqu’au-boutiste, ambivalente. Elle l’embrasse de tout son être. Son visage de madone pleine de grâce (on comprend pourquoi Verhoeven l’a choisie) s’éclaire à la moindre évocation de ce qu’elle considère comme un chef-d’œuvre. Passionnée. Passionnante. Intarissable. Jusqu’à ce que son amoureux, l’acteur Niels Schneider, rentre à l’improviste de sa balade. «Je ne vais plus savoir parler, alors…» Il en faudrait bien plus pour brider sa nature généreuse qui, depuis toujours, transpire dans ses choix. Rares sont les comédiennes à donner autant, face caméra comme en coulisses.




Audace

«Avant même de lire le scénario, je savais que je ferais Benedetta : Paul Verhoeven, quand même ! Non seulement je gardais un excellent souvenir de mes quelques jours de tournage d'Elle, mais c’est aussi un cinéaste dont j’admire depuis toujours l’énergie et la créativité. Comme un Billy Wilder, il a intégré un système et a su le démonter de l’intérieur, souvent avec humour. Il agrandit les horizons du spectateur sur le plan idéologique, esthétique, psychologique en questionnant les institutions qui croient détenir la vérité, et en révélant la part sombre et impulsive en chacun de nous. Benedetta s’attaque à de nombreux tabous, notamment l’idée d’une foi compatible avec une sexualité. Cela en chiffonnera certains, mais, à 83 ans, Paul n’a peur de rien.»

Polémique

«Jusqu'ici, je n'ai pas tourné de choses tranchantes ou fait preuve d’une parole clivante… Je suis assez consensuelle. Ce film, lui, ne l’est pas. Mais à 40 ans, il est plus facile qu’à 20 d’accepter qu’on ne plaira pas à tout le monde. Et même si choquer le bourgeois ne m’intéresse pas - c’est franchement ringard -, je suis nostalgique d’une époque où l’on ne cherchait pas l’uniformisation du goût et de la pensée. Serai-je assez armée pour me défendre s’il y a une petite part d’agressivité à mon encontre à la sortie ? Je ne sais pas. Mais peu importe. Ce film, je le comprends et je me sentirais beaucoup plus mal d’avoir tourné un truc populaire qui véhicule une pensée dégueulasse. Ça m’est arrivé, et je ne le veux plus.»

Spiritualité

«Benedetta n'est pas une critique stérile de la foi mais pose un regard pertinent sur l’institution et son rapport à la femme, à l’enfermement… Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse et, quand j’essaie de définir ma spiritualité, je me trouve absurde, comme quelqu’un qui citerait Spinoza sans l’avoir lu. Mais la notion de foi m’intéresse plus que celle de dogme. Je crois en une forme d’élévation qui n’est pas concentrée sur une figure unique.»

Festival de Cannes 2019 : la montée des marches du 24 mai
Les images de la montée des marches de l'équipe du film "Sibyl" de Justine Triet.
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Nudité

«On ne me prendra jamais ce que je n’ai pas envie de donner. Je sais où je place ma pudeur. Par exemple, embrasser quelqu’un dans un film me semble plus intime qu’être nue. Au début de ma carrière, je traversais quasiment une faille spatiotemporelle pour les scènes de baiser… Chez Paul Verhoeven, il y a non seulement une extrême bienveillance, mais aussi une réflexion passionnante sur le pouvoir du corps des femmes, leur désir, leur plaisir. Nous nous réapproprions enfin ce territoire autrefois dévolu aux hommes, et Paul l’a toujours très bien raconté. Benedetta devient la maîtresse du monde en accédant à la jouissance, et à travers elle survient une question passionnante : si la femme détenait le pouvoir, en ferait-elle bon usage ? Ne se croirait-elle pas elle aussi investie d’une forme d’impunité ?»

«Je me suis longtemps trouvée trop solide, trop grosse, mais le point de vue de Justine Triet dans Victoria m’a aidée à m’affranchir de ce complexe… Par ailleurs, la beauté au cinéma n’est pas la beauté de la mode. Elle doit s’émanciper des codes marketing et donner à voir des corps différents. Cela dit, je n’ai pas toujours été à la hauteur de cette idée que je revendique, politiquement et charnellement. J’ai travaillé mon physique avant des tournages pour correspondre à une norme et ne pas être trop encombrée par moi-même.»




Évolution

«J’ai toujours travaillé avec l’idée du présent. À l’époque de Nouvelle Star, je savais très bien que Desplechin ou Verhoeven ne m’attendraient pas à la réception de M6. Je n’y voyais aucune injustice. J’essayais de prendre le meilleur des fictions télé qu’on me proposait, et, petit à petit, le cinéma est arrivé : j’avais le visage rond et un capital sympathie qu’on jugeait adéquat dans des comédies romantiques. C’était mon emploi, je ne résistais pas, mais, dans ce rôle qui m’était assigné, j’essayais d’être en phase avec ce que je suis. Sans ces premiers films et sans mon passage dans l’émission Rendez-vous en terre inconnue où elle m’avait vue, Justine Triet n’aurait peut-être pas pensé à moi pour Victoria… Avec le recul, j’ai compris ceci : tant que j’avais honte de moi et de mon histoire, tant que je traînais mon complexe intellectuel, ça ne marchait pas. Tout a changé quand j’ai réalisé que mon parcours créait une identité, mais que cette identité n’était pas figée.»



Cannes

«Ce festival signifiait tellement pour moi quand j’en étais loin. J’y suis d’abord venue avec les moyens du bord, pour chercher des financements pour un film belge, tout en essayant vainement de m’incruster en soirée… C’était l’inaccessible jusqu’à Victoria. Des artistes que j’admirais ou des plumes que je lisais allaient commenter notre travail dans un cadre qui, déjà, lui donnait une certaine aura… Aujourd’hui, je n’ai évidemment plus le regard plein d’étoiles de la petite fille de 6 ans qui rêvait de cinéma, j’y mets plus de distance, mais je profite de l’honneur qui nous est fait avec Benedetta. Ce film, c’est le chef-d’œuvre d’un artiste libre qui n’a plus rien à perdre et qui ose tout, au risque de déplaire. La réception du film sera un spectacle en soi, et Cannes lui donne une exposition à la hauteur de son ambition et de son génie.»




La réception du film sera un spectacle en soi



Avenir

«J’adore jouer et me raconter mon propre film à l’intérieur du film d’un autre. J’ai récemment tourné pour Régis Roinsard (En attendant Bojangles), Guillaume Canet (Lui), Serge Bozon (Don Juan) et Rebecca Zlotowski (Les Enfants des autres), et j’ai conscience de ma chance. Cependant, l’attaque psychologique généralisée pendant le confinement m’a mise face à ma médiocrité. Je voulais écrire et, évidemment, je ne l’ai pas fait… Face au rien, je n’étais rien. Totalement dépendante des autres. Ça ne peut pas durer. Car, dans quinze ans, qui sait si l’on voudra encore de moi pour jouer ? En France, les actrices sont sans doute mieux loties qu’ailleurs, et j’ai attendu 40 ans pour avoir des rôles vraiment intéressants, mais seuls quelques noms tirent leur épingle du jeu après 50 ans. Les choses évoluent, mais mieux vaut être moteur et prendre son destin en main. Je réfléchis à la production peut-être d’une série.




Virginie Efira porte un body Alexandre Vauthier, un collier Ligne Tennis en platine et diamants, Cartier, des escarpins Christian Louboutin.

Réalisation Cécile Martin. Coiffure Rudy Marmet. Maquillage Khela. Manucure Nelly Ferreira.


Maternité

«Ma fille entre-t-elle en ligne de compte dans mes choix d’actrice ? Jamais et toujours. Cela me chagrinerait qu’on l’embête à cause de mes films, mais je ne peux pas accepter que des rôles accessibles à un enfant de 8 ans ! Et puis je n’adhère pas à l’idée d’une maternité sacrificielle, réductrice. En revanche, devenir mère a précisé mon désir d’actrice : qu’est-ce que je veux lui raconter en tant que femme et individu ? Comment lui inculquer des principes si je ne me les applique pas ? Dans le futur, je ne souhaite pas qu’elle agisse pour me plaire. Aussi, je dois lui montrer l’exemple et assumer mes envies. Ce que j’espère lui transmettre, ce sont ces valeurs : la liberté d’expression, l’affirmation de soi, l’acceptation de son corps… Et je considère mes rôles comme un témoignage de ma personnalité et de mes convictions.»

Benedetta, de Paul Verhoeven. Sortie le 9 juillet.


MADAME



vendredi 9 avril 2021

Les derniers jours du monde / Un film de SF français des frères Larrieu



Les derniers jours du monde
Un film de SF français des frères Larrieu

Je crois que c’est la première fois que je chronique ici un film français récent mais comme c’est un film de science-fiction…

Les derniers jours du monde est un film sorti en 2009 des frères Larrieu, connus pour leur goût pour l’amour physique et les randonnées en montagne – et c’est vérifié encore une fois. Je m’étais déplacé au cinéma pour leur dernier L’amour est un crime parfait dont la bande annonce très réussie donnait envie. J’en étais sorti plutôt content malgré une chute pas entièrement satisfaisante – et les Larrieu s’étaient débrouillés pour évacuer jusqu’à la fin un des moteurs psychologiques importants du personnage principal incarné par Mathieu Almaric, ce qui était un peu triché à mon avis.

Dans Les derniers jours du monde, on retrouve Almaric (Robinson) à Biarritz, en plein été, pendant que l’Ukraine flambe et que virus et guerre s’emparent du monde. Sauf que Robinson ne se sent pas très concerné par ce qui se passe autour de lui : il sort d’une histoire d’amour compliquée qui a débuté l’année dernière exactement au même endroit sur la plage de Biarritz.

Les deux récits vont s’entrecroiser : l’histoire d’amour avec Lae – Omahyra Mota au physique androgyne assez marquant – qui les voit voyager à travers le monde et les derniers jours du monde littéralement qui obligent Robinson à partir à la recherche de Lae à travers l’Espagne avec les moyens du bord. Il va croiser nombres de personnages qui, tous, le désirent.


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Ce qu’il y a de bien avec les frères Larrieu, c’est qu’ils savent filmer. On n’a pas l’impression d’être devant un téléfilm France 3 ou Canal + (parce que, désolé les amis, mais les séries Canal sont hyper maniérées), il y a de l’espace, une lumière de rêve et des scènes extraordinaires. La belle surprise du film, c’est qu’il assume complètement la partie ”science fictionnesque”: même si Robinson tente d’échapper au chaos qui l’entoure inexorablement, il est obligé de le croiser – morts sur les routes, forces de l’ordre qui tentent de gérer la situation de crise – et c’est la première fois que je vois le matériel de l’Armée Française utilisée de manière vraiment cinématographique dans une situation contemporaine. Il y a des scènes très fortes – le lâcher de taureaux et ce qui suit, le tir de roquette, l’auberge – et toute la première partie du film est particulièrement réussie dans la description à petites touches d’un quotidien qui se déglingue peu à peu avec ces types en tenue de décontamination qui font leur prélèvement au milieu de la population qui continue de vivre comme si de rien n’était pour culminer au lâcher de taureau. Ensuite, le film devient plus chaotique, peut-être à cause du personnage de Catherine Frot qui semble un peu décalé par rapport à Robinson et ensuite Karine Viard qui fait un peu rire dans sa robe/uniforme – et oublions Sabine Azéma dans une très courte scène ridicule au point que je me demande si j’avais vraiment l’intégralité du film. Mais c’est surtout le flou narratif qui m’a perdu. Robinson se laisse porter par les rencontres et les événements et on finit par se lasser un peu d’un voyage sans véritable but sans compter le dernier chapitre qui m’a donné l’impression que mon enregistrement avait buggé et que j’avais sauté des scènes clef.

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Reste une thématique très intéressante : la fin du monde vécue non pas comme une catastrophe mais comme un espace de liberté – particulièrement sexuelle dans le film – où on peut enfin se libérer des contraintes morales et sociétales. Évidemment, pour que ça fonctionne, il faut évacuer des choses et la jeunesse voire l’enfance n’est représentée que par la grande fille de Robinson qui à la bonne idée de quitter rapidement le pays en voilier dès le début. Et donc aucun bébé mort sur la route, pas de gamins errants et pleurants, de famille déchirée etc… ce qui facilite bien le message.


Autre souci pour le spectateur de 2014 : le début de la fin est marquée par la guerre en Ukraine. Ce qui dans le film est un conflit un peu lointain qui ne touche pas les personnages prend une drôle de résonance de nos jours et on peut probablement plus difficilement entrer dans le sentiment de légèreté qui porte Robinson.


Un film franchement très intéressant, avec une vraie ambition visuelle et cinématographique, qui mérite le détour même si on risque de tiquer sur certains choix narratifs. Et Almaric est très fort pour jouer l’éberlué. L’affiche est d’une laideur assez étonnante.




vendredi 15 mai 2020

Grands films de fin du monde (4/5) / «Stalker», voyage au cœur de la Zone




Grands films de fin du monde (4/5): «Stalker», voyage au cœur de la Zone


Le coronavirus propage un parfum de fin des temps. Un thème que le cinéma vénère. Avec «Stalker», Andreï Tarkovski suit trois naufragés spirituels dans leur cheminement labyrinthique au cœur d’un territoire sinistré. Le plus mystique des films apocalyptiques

Antoine Duplan
Publié jeudi 23 avril 2020 à 17:47
Modifié jeudi 23 avril 2020 à 21:14

La chute d’un météorite? Une visite extraterrestre? Au creux de cette contrée industrielle et militarisée s’est ouverte une singularité, une oasis de verdure dans la noirceur ambiante. C’est la Zone, un territoire interdit, un jardin sauvage dans lequel les fondamentaux de la physique n’ont plus court. L’espace se courbe, le temps faseye, le chemin le plus droit n’est pas le plus court. Au cœur de ce labyrinthe piégé se trouverait la Chambre où s’exauceraient les vœux des pèlerins.


Pour déjouer les maléfices de la Zone, il faut un Stalker, un passeur. Il guide l’Ecrivain, avide de gloire éternelle, et le Professeur, désireux de traduire le miracle en chiffres. Progressant selon des protocoles aléatoires, les trois hommes traversent des ruines, des prairies embrumées, des paysages gorgés d’eau où sombrent les vestiges de la civilisation. Ils croisent un grand chien noir évoquant quelque créature psychopompe. Pleins d’effroi, ils n’osent entrer dans le sanctuaire. Ils restent assis devant la Chambre où tombe la pluie. Ils font des ronds dans l’eau…

C’est à un roman des frères Strougatski (Pique-nique au bord du chemin) qu’Andreï Tarkovski emprunte l’argument de ce chef-d’œuvre poétique et métaphysique. Stalker métaphorise le naufrage économique, moral et spirituel d’un monde où «l’organe de la foi est atrophié». La méditation du cinéaste russe anticipe aussi de troublante manière la catastrophe de Tchernobyl: les premiers pompiers qui tentaient de circonscrire le sinistre se surnommaient «stalkers», et le périmètre radioactif autour de la centrale nucléaire est devenu la Zone…

Peut-être l’avenir appartient-il aux enfants, comme la fille du Stalker, petite mutante paraplégique qui a le don de télékinésie. Au dernier plan du film, elle déplace des verres par la pensée. Au loin passe un train, emportant avec lui des bribes de L’Hymne à la joie

«Stalker», d’Andreï Tarkovski, avec Aleksandr Kaydanovskiy (1979), 2h42. Disponible en DVD