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dimanche 18 janvier 2026

Visite chez Georges Simenon, à Cannes



Voici Georges Simenon dans la piscine de la villa Golden Gate qu'il possède à Cannes, jouant avec deux de ses trois enfants, Johnny (7 ans) et Marie-Georges (4 ans).

Visite chez Georges Simenon,
à Cannes

EN entrant dans le beau jardin ensoleillé de la villa « Golden Gate », située dans le riche quartier de la Californie, à Cannes, où Georges Simenon, créateur du légendaire commissaire de police, Maigret, a trouvé, à 53 ans, le havre confortable pour son activité de romancier ultra-fécond, il nous fallait, involontairement, penser au sombre milieu liégeois qu'avait évoqué l'auteur belge dans ses souvenirs d'enfance et à ses parents en lutte constante contre la gêne et la misère.

mercredi 16 novembre 2022

"25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin"



"25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin" ("11.25 jiketsu no hi: Mishima Yukio to wakamono-tachi") : à coup d'Etat raté, film raté

Dans ce film consacré à Yukio Mishima, monument de la littérature japonaise, Wakamatsu élude trop.


Par Jacques Mandelbaum
Publié le 10 mai 2012 à 16h50 Mis à jour le 13 avril 2013 à 22h59



Titre insolite, 25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin, pour un film qui ne l'est pas moins. Gros match en tout cas, pour les amateurs de culture nippone, que ce Wakamatsu-Mishima. A notre gauche, Koji Wakamatsu, réalisateur japonais né le 1er avril 1936, ex-yakuza, ex-réalisateur de séries B érotiques, ex-cinéaste militant de la gauche radicale. Va va vierge pour la deuxième fois (1969) compte parmi les titres les plus connus d'une filmographie pléthorique où se côtoient violence anarchiste, crudité sexuelle et inspiration Nouvelle Vague. On l'a redécouvert en France à l'occasion de United Red Army (2008), qui fait le sombre bilan de ces années révolutionnaires.

 

Koji Wakamatsu, né en 1936, est un ex-yakuza, ex-réalisateur de séries B érotiques, ex-cinéaste
militant de la gauche radicale. RICHARD DUMAS



A notre droite, Yukio Mishima (1925-1970), monument de la littérature japonaise, poète, dramaturge, essayiste et même cinéaste. Elevé dans le sérail des élites de l'Empire, planqué durant la seconde guerre mondiale, il se fait le chantre, dans l'après-guerre, d'une idéologie ultranationaliste à fondement ethnique. Il milite pour la remilitarisation d'un Japon encore sous tutelle américaine, devient champion de kendo et fonde en 1968 la Société du bouclier, une organisation paramilitaire prônant le sacrifice total de l'individu à la communauté.


Une scène du film japonais de Koji Wakamatsu, "25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin". DR

Il joint l'acte à la parole en se suicidant le 25novembre 1970, secondé par quelques fidèles selon le rite traditionnel, après le cuisant échec de son appel à l'insurrection des forces d'autodéfense. De Mishima, Wakamatsu ne retient que cette marche vers la mort, en l'étoffant, grâce à l'utilisation d'images d'archives, de l'évocation du contexte politique des années 1960, dominé par les grands mouvements de protestation des forces de gauche.

Mishima, qui rêve d'une restauration de la grandeur impériale, y apparaît comme la figure de proue anachronique d'un cénacle fanatisé, dont l'impuissance va progressivement mener au désespoir.

Grandiloquence

Cette réduction politique de Mishima ne contribue pas, loin de là, à l'intérêt que l'on est en droit de porter au personnage, interprété avec une grandiloquence solennelle qui confine au mauvais théâtre.



Une scène du film japonais de Koji Wakamatsu, "25 novembre 1970, le jour où Mishima a choisi son destin". DR

Peut-être, d'ailleurs, était-ce ce rituel de l'extrémisme qu'il importait à Wakamatsu de montrer. Mais son approche, en confinant Mishima à cette dérive fanatisante (rien sur son œuvre, rien sur ses rapports à la famille, rien sur la tension entre son idéal martial et son homosexualité), ôte beaucoup à la fascinante complexité du personnage.

L'épure minimaliste de la mise en scène, le mélange du documentaire et de la reconstitution, les audaces formelles qui brutalisent les codes cinématographiques, ordinairement si fertiles chez Wakamatsu, ne parviennent pas ici à surmonter cet écueil.

> Voir : l'entretien vidéo avec le réalisateur Koji Wakamatsu (Univers Ciné pour Le Monde).

Film japonais de Koji Wakamatsu avec Arata Iura, Shinnosuke Mitsushima (1 h 59).


LE MONDE



dimanche 6 février 2022

Filer à l’anglaise sur la Côte d’Azur

Vue sur la plage et la promenade des Anglais, à Nice.

Vue sur la plage et la promenade des Anglais, à Nice. ERIC FABRER/ DIVERGENCE

Filer à l’anglaise sur la Côte d’Azur

Entre Cannes et Menton, les bords de la Méditerranée regorgent de vestiges britanniques, preuves de l’engouement des Anglais pour cette destination de vacances hivernales à partir du milieu du XIXe siècle. L’idéal pour une excursion hors saison.



Par Thomas Doustaly
Publié le 23 janvier 2020

Qui se souvient du duc d’Albany ? Ce rejeton royal, dernier fils et huitième enfant de Victoria, fut envoyé à Cannes (Alpes-Maritimes) pendant l’hiver 1884, par un médecin qui suivait la mode britannique d’alors. Il s’agissait de faire profiter du soleil de la French Riviera les enfants de l’aristocratie dont la santé fragile s’accommodait mal des hivers froids d’Angleterre. Las, le jeune duc était hémophile, et un accident banal, non loin de l’actuel Palais des festivals, provoqua sa mort à 30 ans, par hémorragie. L’église anglicane Saint-Georges, en bas de la Californie, avenue du roi Albert Ier, fut construite en sa mémoire et reçut, dès son achèvement, la visite de la reine endeuillée, en 1887. Enterré au château de Windsor, le prince n’est resté à Cannes que sous la forme d’un gisant de marbre blanc qui nimbe l’église Saint-Georges d’une nostalgie romantique.

Comme la plupart des traces de l’engouement anglais pour la Côte d’Azur entre le milieu du XIXe siècle et la première guerre mondiale, l’église Saint-Georges est aujourd’hui difficile d’accès : devenue catholique dans les années 1970, elle n’est ouverte qu’au moment des offices, mais il faut y aller pour découvrir le quartier de la Californie et profiter des perspectives qui s’ouvrent vers la mer au fil de la balade. Cannes, comme Nice et Menton, regorge de vestiges de ce moment si important dans l’histoire du tourisme moderne où les Britanniques inventèrent la Côte d’Azur comme destination de vacances… en hiver.

Aujourd’hui, c’est surtout pour éviter le surtourisme estival que l’idée de vacances hors saison au bord de la Méditerranée entre Hyères (Var) et la frontière italienne prend tout son sens. Et comme la douceur des hivers ne se dément pas, les hôteliers changent profondément leurs pratiques. Ainsi, les plages des grands hôtels cannois – traditionnellement fermées de novembre à mars – achèvent toutes de faire peau neuve en prévision d’une ouverture 365 jours par an à partir de l’hiver 2020/2021. Les prix jouent aussi : une chambre avec vue sur la Croisette à l’Intercontinental Carlton, proposée à 1 800 euros la nuit en été, divise son prix par quatre en hiver, voire par six dans certaines offres promotionnelles pour passer sous les 300 euros en janvier ou février.

Du Carlton, il suffit de marcher trente minutes vers l’ouest, en passant par le beau marché Forville, pour rejoindre la villa Eléonore-Louise, à l’arrière du 24, avenue du Docteur Picaud. Transformé en copropriété et désormais séparé de la mer par de multiples constructions, ce petit château est la plus ancienne villégiature britannique de la ville. Son bâtisseur, Lord Brougham, voulait à l’origine se rendre en Italie. Bloqué à Cannes, il s’y installa et y vécut jusqu’à sa mort, portant la vie mondaine du petit port de pêche à des sommets qu’il ne quittera plus.

La villa Eléonore-Louise à Cannes.
La villa Eléonore-Louise à Cannes. GILLES TRAVERSO

Prosper Mérimée, Victor Cousin et la moitié du gotha européen vinrent prendre le thé sur la merveilleuse terrasse soutenue par des colonnes ioniques. Henry Brougham a sa statue rue Félix-Faure, et sa tombe au cimetière du Grand Jas, sur les hauteurs de la ville. Dans le carré anglican, la dernière demeure du Lord est surmontée d’une croix colossale entourée de quatre cyprès. Autour de lui gisent de jeunes Anglais et Anglaises de bonnes familles, pour la plupart tuberculeux, que le soleil ne sauva pas mais qui les accompagne pour toujours. Avec le château Vallombrosa ou le château Scott, avenue Maréchal-Juin, le cimetière du Grand Jas est une étape indispensable d’un pèlerinage anglais à Cannes.

Rugby et citron

Il faut être fou pour trouver lugubre un cimetière de bord de mer dans le sud de la France. A Menton, rien n’est plus gai que le cimetière du Vieux-Château. Complètement déglinguées, les tombes anglicanes sont installées à l’emplacement d’une ancienne forteresse médiévale. Les morts jouissent, si l’on ose dire, d’une vue sur la mer à couper le souffle. Qu’on y trouve la dernière demeure de « l’inventeur » du rugby moderne, William Webb Ellis, fleurie comme au premier jour et garnie de maillots exsangues, contribue au charme de l’endroit. De la découverte du quartier de la Condamine – « City of Menton, Edward VII Avenue » indique encore une plaque émaillée –, en passant par l’ancienne église anglicane jusqu’au sublime jardin Serre de la Madone, Menton garde de nombreux souvenirs des Anglais. C’est d’ailleurs en hiver que la ville est à son meilleur, avec la Fête du citron, où se pressent jusqu’à 200 000 visiteurs chaque année, fin février, pour admirer les parades de chars chargés d’agrumes aux mille nuances de jaune et d’orangé.

La vieille ville de Menton avec en arrière-plan le cimetière du Vieux-Château  et ses tombes anglicanes.
La vieille ville de Menton avec en arrière-plan le cimetière du Vieux-Château et ses tombes anglicanes. CHRISTIAN LIONEL-DUPONT / DIVERGENCE

A Nice, l’hôtel Negresco, sur la promenade des Anglais, arriva après la bataille. En 1913, il était trop tard, l’âge d’or des Britanniques dans la ville du Carnaval était passé. Au musée Massena, juste à côté, un portrait de Victoria voisine une affiche publicitaire pour l’Excelsior Hotel Regina, à Nice-Cimiez, construit en 1895 précisément pour loger la souveraine dans son aile ouest. L’hôtel, transformé en appartements dans les années 1930 car trop éloigné de la mer, domine toujours les beaux quartiers. Mais le plus vibrant et fragile héritage de la présence anglaise dans la ville est la petite bibliothèque de l’église anglicane de la rue de la Buffa.

The English-American Library of Nice conserve quelque 20 000 ouvrages dans un sous-sol humide grâce au dévouement de bénévoles, avec 2 000 euros de budget annuel. On peut y emprunter des livres presque chaque jour avant 17 heures, car il faut bien prendre le thé. Les volumes offerts par Somerset Maugham ont leur armoire dédiée, et l’endroit a tout de la caverne d’Ali Baba pour qui aime la littérature. Judit Kiraly et Jean Homsy, les dames qui tiennent la maison à bout de bras, sont exquises… et inquiètes pour l’avenir. Elles espèrent que l’évêque de Gibraltar en Europe, dont dépendent toutes les églises anglicanes du bassin méditerranéen, ou qu’un riche Anglais pourra sauvegarder ce lieu rare où l’esprit souffle.

Peut-être devraient-elles sonner à la porte du Musée d’art classique de Mougins, consacré aux sculptures et objets de l’Antiquité accumulé par Chris Levett, un collectionneur anglais tombé amoureux de ce village accroché sur les hauteurs de Cannes. Chris Levett a créé et mis en scène ce petit bijou un peu hors sol qui rencontre un franc succès. Toujours à Mougins, ce sont encore des Anglais, Mark et Tina Silver, qui possèdent un hôtel spa cinq étoiles tourné vers les montagnes enneigées, le Mas Candille, dont les tarifs sont doux en hiver. A ceux-là, le Brexit ne fait pas peur : « Nous verrons bien… », lâche Mark Silver résigné, dont l’épouse est récemment devenue française, par précaution.

Dans une lettre écrite à Ivan Tourgueniev, Prosper Mérimée avait théorisé, en 1867, les bienfaits de la Côte d’Azur. « Lorsqu’on a passé 40 ans, écrivait-il depuis Cannes, il faut se tenir au soleil le plus souvent qu’on peut. » Il y revendiquait « la sagesse des hirondelles qui changent de pays suivant la saison ». Avant que disparaissent les hirondelles, on peut les imiter et profiter à contre-courant des citrons, des mimosas et des ciels bleu électrique de la French Riviera en hiver.

Carnet de route

Notre journaliste a organisé son voyage avec l’aide du comité régional de tourisme Côte d’Azur France.

Y aller

Paris Nice en TGV à partir de 19 euros en aller simple. Oui.sncf

Se loger

Hôtel Intercontinental Carlton, La Croisette, Cannes. Chambre double à partir de 300 euros hors saison en promotion. Réservation : 04-93-06-40-06. Intercontinental.com

A Cannes, séjour au Radisson Blu 1835 Hotel & Thalasso, aux Thermes Marins, chambre double à partir de 139 euros. Réservation : 04-92-99-73-00. Radissonhotels.com

A Mougins, Le Mas Candille est un 5 étoiles relativement accessible en hiver. Chambre double à partir de 180 euros. Le restaurant principal de l’hôtel a une étoile Michelin. Réservation : 04-92-28-43-43. Lemascandille.com

A voir, à faire

Le French Riviera Pass propose un accès gratuit ou à tarif réduit à 60 sites et activités ainsi qu’aux transports à Nice, Cannes et leurs environs pour 24, 48 ou 72 heures. A partir de 26 euros. Informations : Frenchrivierapass.com

A Menton, le quartier de la Condamine et le cimetière du Vieux-Château. Menton-riviera-merveilles.fr. La 87e Fête du citron aura lieu cette année du 15 février au 3 mars. Fete-du-citron.com

A Nice, balade entre le New Borrough et la Promenade des Anglais en passant par le Musée Massena et l’église anglicane. Monter aussi à Cimiez pour découvrir l’Excelsior Régina Palace. Nicetourisme.com

A Cannes, la villa Eléonore-Louise et le château Scott sont des propriétés privées, que l’on peut voir sans y entrer. L’église anglicane Saint-Georges, avenue du roi Albert Ier, est ouverte aux heures des offices. Ne pas manquer l’immense cimetière du Grand Jas, son carré anglican et la tombe de Lord Brougham. Cannes-destination.com

A Mougins, outre le Mas Candille, ne pas manquer le Musée d’art classique, étonnant. Mougins-tourisme.fr et Mouginsmusee.com

LE MONDE

dimanche 24 octobre 2021

Return to La Croisette / The best looks from this year's Cannes film festival


Marc Piasecki / FilmMagic via Getty Images
1/50
Carla Bruni
Wearing Celine at the opening ceremony


Return to La Croisette: 

the best looks from 

this year's Cannes 

film festival



The long-awaited return of the film festival circuit means that award-worthy glamour is finally back in full force. See how our favourite stars turned up the opulence for this year's glitzy event


By Chandler Tregaskes

14 July 2021

Daniele Venturelli / WireImage via Getty Images
2/50
Bella Hadid


Wearing vintage Jean Paul Gaultier at the opening ceremony



Mike Marsland / WireImage via Getty Images
3/50
Marion Cotillard
Wearing Chanel Haute Couture at the opening ceremony

vendredi 16 juillet 2021

Au Festival de Cannes, la Palm Dog va aux chiens de Tilda Swinton

 


STEPHANE CARDINALE - CORBIS VIA GETTY IMAGES
Tilda Swinton, ici à Cannes le vendredi 16 juillet, assure que ses trois épagneuls sont "très fiers".


Au Festival de Cannes, 

la Palm Dog 

va aux chiens 

de Tilda Swinton

Dora, Rosie et Snowbear ont été salués pour leur contribution dans "The Souvenir Part II", film dans lequel la fille de l'actrice, Honor Swinton Byrne, tient le rôle titre.

ANIMAUX - Dora, Rosie et Snowbear, les épagneuls de Tilda Swinton enrôlés à ses côtés dans The Souvenir Part II, dévoilé à la Quinzaine des Réalisateurs, sont les lauréats ex aequo de la Palm Dog 2021, prix indépendant récompensant la meilleure performance canine du Festival de Cannes.

Créée en 2001 par le critique britannique Toby Rose, la précédente Palm Dog avait été décernée en 2019 au pittbull Brandy dans Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino.

Ce vendredi 16 juillet, lors de la remise des prix sur le rooftop d’un palace cannois, Tilda Swinton a représenté ses fidèles compagnons à quatre pattes qui l’attendent dans sa propriété en Écosse. 

“Honnêtement, la Palm Dog est le prix à obtenir à Cannes... Je lorgnais ce prix depuis de nombreuses années”, a confié l’actrice britannique, acceptant le temps de la photo de porter autour de son propre cou les trophées 2021 à leur intention: de magnifiques colliers de chiens, en cuir rouge clouté, aux armes de la Palm Dog.

Ils “sont très fiers”

“Dora, Rosie et Snowbear seront très fiers. J’ai essayé de venir avec les chiens ici, mais ils sont occupés. On me dit chez moi qu’ils sont aujourd’hui sur une plage en Écosse”, a-t-elle ajouté.

Dans The Souvenir Part II de Joanna Hogg, les trois épagneuls de Tilda Switon réconfortent la propre fille de l’actrice, Honor Swinton Byrne, dont le personnage est confronté à un deuil. Ce n’est toutefois pas leur première apparition à l’écran. Ces derniers sont au cœur d’un clip vidéo, filmé par l’actrice et réalisé pour le contre-ténor Anthony Roth Costanzo.

Des mentions spéciales également été décernées à deux autres toutous stars: le premier, un pitbull, au regard réprobateur face aux turpitudes du héros de Red Rocket réalisé par Sean Baker, film en compétition. À l’affiche de Lamb de Vladimar Johannsson (sélection Un Certain Regard), le dernier lauréat est un berger australien interprétant un chien de garde exemplaire.

HUFFPOST



dimanche 23 février 2020

Festival de Cannes / «Parasite», viens chez moi j’habite chez les bourgeois



FESTIVAL DE CANNES

«Parasite», viens chez moi j’habite chez les bourgeois


Dans son septième long métrage, le cinéaste coréen Bong Joon-ho fusionne drame familial et comédie noire. Virtuose


Stéphane Gobbo
Publié mercredi 22 mai 2019 à 07:55
Modifié mercredi 22 mai 2019 à 07:56


En mars dernier, Bong Joon-ho dévoilait en primeur, à la fin d’une master class donnée via Skype dans le cadre du Festival international de films de Fribourg, les grandes lignes de son septième long métrage, Parasite. «C’est un drame familial, mais je ne peux pas vous dire s’il s’agit ensuite plus d’une comédie noire, d’un polar ou d’un film d’horreur. Comme beaucoup de mes longs métrages, il est difficile à décrire en un seul mot. L’équipe marketing a d’ailleurs eu beaucoup de difficultés à en faire une bande-annonce…» Au final, ladite bande-annonce se garde d’ailleurs de dévoiler trop d’éléments, de même que le cinéaste coréen, dans le dossier de presse, demande aux critiques de ne pas révéler l’arc narratif central du récit. On dira dès lors simplement que l’histoire est celle d’une famille pauvre dont les deux enfants vont mettre au point un habile stratagème afin de se faire engager dans une villa appartenant à un riche entrepreneur.


Bong Joon-ho s’est frotté avec brio au polar (Memories of Murder, 2003), au film de monstre (The Host, 2006), au drame (Mother, 2009) et à la science-fiction (Snowpiercer, 2013). Projeté il y a deux ans à Cannes, Okja, pamphlet écologique stigmatisant les dérives de l’industrie agroalimentaire, avait levé un lièvre puisqu’il s’agissait d’un long métrage Netflix destiné à être vu en streaming. Seul défaut d’un visionnement en ligne pour le réalisateur: la possibilité de faire des pauses. Pour lui, quelle que soit la taille de l’écran, un film doit se voir d’une traite. C’est d’autant plus vrai que le tempo de Parasite est proprement sidérant.

Tout commence donc comme un drame. A l’instar du très beau Une affaire de famille, Palme d'or 2018 signée Hirokazu Kore-eda, le film met en lumière des oubliés de la réussite économique. S’opère alors un glissement vers le cinéma de genre et, en effet, la comédie noire. Avant que tout ne dégénère et que le récit n'implose littéralement. La mise en scène de Bong Joon-ho atteint ici des sommets de virtuosité. La manière dont le Coréen joue avec les espaces de la villa et chorégraphie les déplacements des personnages est sidérante. Sortie le 5 juin.

mercredi 4 septembre 2019

Cannes / "Une fille facile" avec Zahia et "Alice et le Maire" primés à la Quinzaine

Zahia Dehar


Cannes : "Une fille facile" avec Zahia et "Alice et le Maire" primés à la Quinzaine

 18h39, le 23 mai 2019


Le film "Une fille facile" avec Zahia Dehar, l'ex-escort girl, a reçu le prix de la Société des auteurs compositeurs dramatiques. "Alice et le Maire", avec Fabrice Luchini, a lui aussi été distingué. 
"Une fille facile" de Rebecca Zlotowski, qui met en scène l'ex-escort girl Zahia Deharpour ses débuts au cinéma, et "Alice et le maire" de Nicolas Pariser ont été primés jeudi à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Le premier a reçu le prix SACD (Société des auteurs compositeurs dramatiques) et le second le prix du meilleur film européen, décerné par Europa Cinema Label.
Zahia Dehar

"Une fille facile", premier rôle pour l'ex-escort girl Zahia Dehar

"Une fille facile" suit deux cousines un été à Cannes : la libérée Sophia, Zahia Dehar, qui couche avec des hommes riches et se fait offrir des cadeaux, et Naïma (Mina Farid), plus jeune, fascinée par l'univers de luxe et de désir qu'elle découvre. L'ex-escort girl avait accédé malgré elle à la notoriété à l'occasion du scandale impliquant des joueurs de l'équipe de France qui avaient eu recours à ses services alors qu'elle était mineure. "J'ai plutôt de la sympathie pour les femmes victimes de la curée publique", racontait, il y a quelques jours à l'AFP, Rebecca Zlotowski à propos de son actrice.
"Pour être féministe on n'a plus besoin de montrer des femmes spationautes ou neuro-chirurgiennes. J'ai du plaisir à montrer des femmes dans le cliché de la sur-féminité", ajoutait la réalisatrice, membre du collectif 50/50 à l'origine de la montée des marches 100% féminine l'an dernier à Cannes, dans le sillage de l'affaire Weinstein et la vague #MeToo. Agrégée de langue et littérature française, cette diplômée de la Femis voit dans son film un dialogue avec "La collectionneuse" d'Eric Rohmer. "Une fille facile, ce n'est pas péjoratif, c'est une femme qui s'épanouit dans sa sexualité à l'égal d'un homme. Il est rare de voir une femme comme Sophia célébrée comme cela", a souligné pour sa part Zahia Dehar.
Zahia Dehar

"Alice et le maire", avec Fabrice Luchini en maire de Lyon 

"Alice et le maire" met en scène un maire de Lyon (Fabrice Luchini) vieillissant qui fait venir auprès de lui une jeune femme (Anaïs Demoustier) qu'il charge de lui trouver des idées nouvelles pour rebondir politiquement.  "Je ne me suis pas du tout inspiré de Gérard Collomb et de la vie politique lyonnaise, dont j'ignore tout", assurait le cinéaste Nicolas Pariser dans la revue "Le film français", déplorant que la Ville lui ait mis des bâtons dans les roues. 
"Je ne me suis pas du tout inspiré de Gérard Collomb et de la vie politique lyonnaise, dont j'ignore tout", assurait le cinéaste Nicolas Pariser dans la revue "Le film français", déplorant que la Ville lui ait mis des bâtons dans les roues. "Nous devions tourner à la mairie, nous avions même fait des repérages techniques assez poussés mais, au dernier moment, la mairie n'a plus voulu travailler avec nous, comme si, soudain, elle avait pris peur", racontait-il, déplorant que l'opposition municipale ait "instrumentalisé l'affaire avec beaucoup d'énergie et une certaine réussite dans la presse locale".