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samedi 9 mai 2015

Gustave Flaubert / Chronologie

Gustave Flaubert
Chronologie synthétique 
de la vie et l'œuvre de Gustave Flaubert 
(1821-1880) 

Flaubert fut le trait d’union entre les romantiques et les réalistes. Prônant l’art pour l’art, ce stakhanoviste des lettres consacra quatre à cinq ans à chacun de ses romans, travaillant le style parfois à l’excès. Son premier roman, Madame Bovary, le conduit devant les tribunaux, face à l’intraitable procureur Pinard. Il sera acquitté et le scandale assurera son succès. Reclus dans sa propriété de Croisset, il laisse une correspondance monumentale et un texte inachevé, pourfendeur de la bêtise, Bouvard et Pécuchet.







1821 – Naissance à Rouen 12 décembre de Gustave Flaubert, deuxième enfant d’Achille-Cléophas Flaubert, chirurgien-chef et d’Anne Justine née Fleuriot. (Son frère Achille est né le 9 février 1813.)

1824 – Naissance 15 juillet de Caroline, sœur de Gustave.

1825 – Julie entre au service de la famille Flaubert, comme nourrice, puis comme domestique. Elle y restera jusqu'à la mort de Gustave.

1829 – Début de l’amitié avec Ernest Chevalier. C’est à lui qu’il écrira la première lettre de laCorrespondance le 31 Décembre 1830.

1832 – Entrée en huitième au Collège royal de Rouen.

1833 – Voyages en Normandie, à Nogent-sur-Seine, à Versailles, Fontainebleau, Paris.

1836 – Rencontre les Schlésinger à Trouville durant les grandes vacances. Élisa Schlésinger a 26 ans. Elle restera la passion de sa vie (elle sera Marie Arnoux dans L'Éducation sentimentale).

1840 – Renvoyé en décembre 1839, Flaubert passe seul le baccalauréat auquel il est reçu. Il part pour les Pyrénées et la Corse. De passage à Marseille il rencontre Eulalie Foucaud qui deviendra momentanément sa maîtresse.

1841 – Dispensé de service militaire par tirage au sort, il entame sans grande conviction des études de Droit à Paris. Il ne passera son premier examen d’en décembre 1842. Il mène une vie agitée et rencontre des personnalités du monde littéraire et artistique comme le sculpteur James Pradier, Victor Hugo ou Maxime Du Camp qui deviendra son ami.

1843 – Commence la première Éducation sentimentale.

1844 – Premières crises d'épilepsie. Il abandonne le Droit et revient à Rouen, avant de s’installer à Croisset en juin.

1846 – Mort de son père le 15 janvier et de sa sœur le 23 mars, deux mois après son accouchement (il prendra en charge sa nièce Caroline). Début de la liaison avec la poétesseLouise Colet qu’il a rencontré en juin dans l’atelier du sculpteur Pradier.

1847 – Voyage à pieds en Anjou, Bretagne et Normandie avec Maxime Du Camp.

1848 – Mort d’Alfred Le Poitevin le 4 avril. Début de la rédaction de La Tentation de St Antoine. Première rupture avec Louise Colet en août.

1849 – Voyage en Orient avec Maxime Du Camp. Fin de la rédaction de La tentation de St Antoine (lecture à Bouilhet et Du Camp qui jugent « qu'il faut jeter cela au feu et n'en jamais reparler »). Départ en octobre pour l'Orient, avec Maxime Du Camp. Égypte jusqu’en juillet 1950. Il rencontre Kuchiuk-Hanem, une courtisane célèbre

1850 – De juillet à novembre : Palestine, Syrie, Liban, Constantinople. Puis Athènes en décembre.

1851 – Quitte la Grèce en février pour Naples, Rome, Florence, Venise, Milan. Retour en juin.Seconde liaison avec Louise Colet. Début de la rédaction de Madame Bovary.

1852 – Première partie de Madame Bovary.

1853 – Entame la seconde partie.

1854 – Seconde partie de Madame Bovary. En avril, rupture avec Louise Colet. Liaison avec l’actrice Béatrix Person.

1855 – Troisième et dernière partie de Madame Bovary. Rupture définitive le 6 mars avec Louise Colet.

1856 – Flaubert s'installe à Paris, 42 boulevard du Temple, où il passera quelques mois chaque année. Il fréquente les salons parisiens les plus influents du Second Empire, comme celui de Madame de Loynes dont il fut très amoureux ; il y rencontre entre autres George Sand. Après 56 mois de travail, achève Madame Bovary en avril. Le roman paraît en six livraisons dans laRevue de Paris, d’octobre à décembre, avec des coupes (toute la scène du fiacre) contre lesquels Flaubert proteste publiquement.

1857 – Procès le 29 janvier et acquittement le 7 février. Le livre paraît en volume en avril chez Michel Lévy et obtient un gros succès lié au scandale (15 000 exemplaires en juin). Début en septembre de la rédaction de Salammbô.

1858 – Voyage d’avril à juin à Carthage pour Salammbô. Vie mondaine à Paris : rencontre les Goncourt, Sainte-Beuve, Baudelaire, Gautier, Renan, Feydeau.

1862 – Publication de Salammbô le 24 novembre chez Michel Lévy après cinq ans de travail et d’enfermement.

1863 – Début de l'amitié et de la correspondance avec George Sand, suite à un article élogieux. Rencontre avec Tourgueneff en février et la Princesse Mathilde en mai.

1864 – Mariage le 6 avril de la nièce de Flaubert, à un marchand de bois, Ernest Commanville. Début de la rédaction de L'Éducation sentimentale après avoir repéré des sites à Nogent et Montereau et préparé le plan avec Bouilhet. Invitation à Compiègne chez l'Empereur Napoléon III.

1865 – Rédaction de L'Éducation sentimentale jusqu’en 1869. Voyages à Londres et Baden-Baden, où séjourne Maxime Du Camp.

1866 – Retourne à Londres chez Juliet Herbert qui fut l'institutrice de Caroline et vraisemblablement la maîtresse de Flaubert. Reçoit la Légion d’honneur en août. Visites de George Sand à Croisset.

1867 – Louis Bouilhet nommé conservateur à la Bibliothèque Municipale de Rouen.

1868 – Repérages à Fontainebleau pour le roman. Séjour à Croisset de George Sand et Tourgueneff.

1869 – Fin de la rédaction du roman le 16 mai. Lecture publique du chez la Princesse en quatre séances de quatre heures. Flaubert quitte le Bd du Temple pour la rue Murillo. Mort de Louis Bouilhet à Rouen le 18 juillet. Parution le 17 novembre de L'Éducation sentimentale chez Michel Lévy : la critique est très mauvaise. Passe les fêtes de Noël à Nohant, chez George Sand.

1870 – Flaubert retravaille La tentation de St Antoine. Les Prussiens occupent Croisset, Flaubert et sa mère se réfugient à Rouen chez les Commanville.

1871 – Visite à la Princesse Mathilde à Bruxelles, et à Juliet Herbert à Londres. Retour à Croisset en avril, et reprise de La tentation. Visite d'Elisa Schlesinger en novembre, veuve depuis mai.

1872 – Publie dans Le Temps du 26 janvier une violente Lettre à la municipalité de Rouen qui a refusé un emplacement pour un buste de Bouilhet. Mort de sa mère le 6 avril. Fin de la troisième version de La tentation de St Antoine. Séjour à Luchon. Début de la rédaction deBouvard et Pécuchet (il modifie le plan de 1863).

1873 – Séjour à Nohant, chez George Sand, avec Tourgueneff. Lectures pour Bouvard et Pécuchet (1 500 livres au total). Rédaction d'une « grande comédie politique », Le Candidat qui sera retiré de l’affiche début 1874 après quatre représentations. Première lettre à Guy de Maupassant, le 20 juin.

1874 – Publication le 1er avril de La tentation de saint Antoine chez Charpentier. Un mois de cure en Suisse, sur ordre médical. Rédige le 1er août l’incipit de Bouvard et Pécuchet.

1875 – Ruine d'Ernest Commanville. Pour éviter la faillite et la perte de Croisset dont il n’a que l’usufruit, Flaubert vend une ferme à Deauville et quitte son appartement parisien. Séjour à Concarneau en septembre où il commence « La légende de Saint Julien l'Hospitalier », qu'il termine en cinq mois.

1876 – Il apprend par hasard, le 8 mars, la mort de Louise Colet. Déplacement à Pont-l’Évêque et Honfleur pour « Un cœur simple » (rédigé de février à août). Mort de George Sand le 8 juin. Enchaîne avec Hérodias le troisième conte.

1877 – Fin d' « Hérodias » en février, publication séparée des Trois contes en feuilleton, puis en volume chez Charpentier le 24 avril. Reprise de Bouvard et Pécuchet, jusqu’à sa mort.

1879 – Se fracture le péroné. Difficultés financières.

1880 – Mort de Gustave Flaubert d’une attaque cérébrale, à Croisset, le 8 mai.

1881 – Publication posthume de Bouvard et Pécuchet chez Lemerre.

Joseph Vebret




lundi 4 mai 2015

Biographies / Boris Vian

Boris Vian

Boris Vian : Biographie

Chronologie synthétique de la vie et l'œuvre de Boris Vian (1920-1959). 


Ingénieur et musicien de jazz, il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés. Le scandale provoqué par son pastiche des romans noirs américains, J'irai cracher sur vos tombes, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, l'un des best-sellers de l'année 1947, occultera ses autres textes publiés sous son vrai nom et auxquels il accordait plus de valeur littéraire. Celui qui avait toujours dit qu’il n’aurait jamais quarante ans meurt à 39 ans pendant la projection du film J'irai cracher sur vos tombes au cinéma Marbeuf.

Bien que plébiscité par ses amis Raymond Queneau et Jean-Paul Sartre – le Jean-Sol Partre du roman –, qui en avait publié des extraits dans le numéro d’octobre 1946 des Temps modernes,L'Écume des jours n’aura aucun succès du vivant de son auteur. Depuis, ce roman devenu culte a été lu par des millions d’adolescents dans le monde entier.


1920 – Naissance le 10 mars à Ville-d’Avray. Il est le second fils (Lélio est né en 1918) de Paul Vian, rentier, et d’Yvonne Ravenez. Famille aisée. Deux autres enfants, Alain en 1921 et Ninon en 1924.

1927 – Études primaires au lycée de Sèvre.

1929 – Ruine de la famille consécutive à la crise boursière. Ils sont obligés de louer leur maison à la famille Menuhin et s’installent dans une plus petite sur le domaine.

1932 – Santé fragile, premières manifestations de rhumatisme cardiaque. Entre au lycée Hoche de Versailles. Élève brillant malgré des absences liées à la maladie.

1933 – Paul Vian se reconvertit dans la vente de produits pharmaceutiques en banlieue parisienne.

1935 – Fièvre typhoïde. Il obtient néanmoins sa première partie du baccalauréat (latin-grec).

1936 – Lycée Condorcet à Paris.

1937 – Seconde partie du baccalauréat (philosophie et mathématiques). Opte pour des classes préparatoires en mathématiques. Se passionne pour le jazz et joue de la trompette. Adhère au Hot Club de France dont le président d’honneur est Louis Armstrong.

1939 – Réussit le concours d’entrée à l’École Centrale des arts et manufactures. Sa maladie lui évite d’être mobilisé

1940 – Études à Angoulême où s’est repliée l’École Centrale. Fermeture de l’école, la famille se retrouve à Capbreton dans les Landes. Rencontre Michelle Léglise et Jacques Loustalot, dit « Le Major ».

1941 – Mariage le 3 juillet de Boris Vian avec Michelle Léglise. Il commence à écrire Cent sonnets.

1942 – Naissance de leur fils Patrick le 12 avril. Rencontre Claude Abadie, polytechnicien et banquier et rejoint son orchestre de jazz amateur où jouent également ses frères Lélio et Alain. Diplômé de l’École Centrale. Entre en août à l’Association française de normalisation (Afnor) en qualité d’ingénieur affecté à la normalisation de la verrerie. Écrit Conte de fées à l’usage des moyennes personnes (publié en 1943) et Trouble dans les Andains (publié post-mortem en 1966).

1943 – Il écrit Vercoquin et le plancton.

1944 – En mai début de la rédaction du cycle de poésie Un seul Major, un Sol majeur. Son père est assassiné en novembre dans la maison de Ville d’Avray. Le crime ne sera jamais élucidé. Publie ses premiers textes dans le magazine Jazz Hot.

1945 – Collaboration à la revue Les amis des arts. Signature de son premier contrat chez Gallimard. Apparition dans le film de Jean de Marguenat, Madame et son flirt. L’orchestre Abadie triomphe au tournoi de jazz amateur de Bruxelles.

1946 – Démission de l’AFNOR pour l’Office du papier. Écrit L’écume des jours. La collaboration àJazz Hot devient régulière. Fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir par l’intermédiaire de Raymond Queneau. Vian publie ses « Chroniques du menteur » dans la revueLes temps modernes, ainsi qu’une nouvelle, « Les fourmis » (fin de la collaboration à la revue en 1947 qu’il juge trop politique). En juin, candidat malheureux au Prix de la Pléiade, décerné sur manuscrit pour L’Écume des jours. Se consacre alors un temps à la peinture et expose ses toiles. Écrit en deux semaines, durant ses vacances d’août, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan J’irai cracher sur vos tombes, roman qu’il prétend avoir traduit de l’américain. De septembre à novembre écrit L’Automne à Pékin.

1947 – Publication de son premier roman, Vercoquin et le Plancton, chez Gallimard, dans la collection La Plume au vent dirigée par Raymond Queneau. Scandale autour de  J’irai cracher sur vos tombes : représenté par Daniel Parker, le Cartel d’action sociale et morale dépose une plainte. Inauguration en avril du Tabou, un club qui sera emblématique de l’histoire de Saint-Germain-des-Prés. Parution le même mois de L’écume des jours. Écriture de sa première pièce de théâtre, L’Équarrissage pour tous, tout en concevant la version anglaise « originale » deJ’irai cracher sur vos tombes pour tenter de calmer la polémique. Licencié, le 26 juin, de l’Office du papier. Il réalise alors ses premières traductions (Le Grand horloger de Kenneth Fearing) et fonde avec Michel Arnaud et Raymond Queneau, la société de production de films Arquevit. Les éditions du Scorpion publient L’Automne à Pékin. Une loi d’amnistie, votée le 16 août, arrête les poursuites contre J’irai cracher sur vos tombes.

1948 – Parution du deuxième Sullivan, Les morts ont tous la même peau, aux éditions du Scorpion. Décès accidentel, le 7 janvier, de Jacques Loustalot, dit le Major. France-Dimanchepublie les épisodes du troisième Vernon Sullivan, Et on tuera tous les affreux. Naissance le 16 avril de sa fille Carole. Le 22 avril, création au Théâtre Verlaine, de J’irai cracher sur vos tombes. Le 4 juin, au pavillon de Marsan, Vian prononce sa première conférence intitulée « Approche discrète de l’objet » qui sera publiée dans le n° 12 des Cahiers de ‘Pataphysique. Vian change de cave pour le Club Saint-Germain. Les éditions du Scorpion publient Et on tuera tous les affreux, les Deux Menteurs publient Barnum ‘5 Digest, dix poèmes illustrés par Jean Bouillet. Le Cartel d’action sociale et morale dépose d’une seconde plainte visant les éditions deJ’irai cracher sur vos tombes parues après la loi d’amnistie et contre Les morts ont tous la même peau. Boris Vian est entendu en novembre par le juge d’instruction : il reconnaît être l’auteur des deux pastiches poursuivis. Après différents reports, le procès aura lieu à huis clos le 29 avril 1950. Il avouera entretemps être l’auteur de ces livres.

1949 – Présentation en mai au Club Saint-Germain, de Cantilènes en gelée, publié chez Rougerie éditeur. Sortie en juillet des Fourmis par les éditions du Scorpion. Un arrêté ministériel interdisant la vente de J’irai cracher sur vos tombes. En septembre, membre du jury, au Festival international du film amateur de Cannes. Henri Salvador crée la chanson C’est le be-bop.

1950 – Première, le 11 avril, de L’équarrissage pour tous au Théâtre des Noctambules. Le 13 mai Vian est condamné à une amende de 100 000 francs pour « outrage aux mœurs par la voie du livre ». Il rencontre le 8 juin, lors d’un cocktail chez Gallimard, Ursula Kübler, danseuse des Ballets Roland Petit. Parution aux éditions du Scorpion du quatrième et dernier Sullivan, Elles se rendent pas compte. Publication aux éditions Toutain de L’Herbe rouge, de L’équarrissage pour tous et du Dernier des métiers. En fin d’année, il écrit sa première comédie musicale :Giuliano.

1951 – Vian quitte sa femme Michelle pour vivre peu après avec Ursula. Il traduit L’Histoire d’un soldat (les Mémoires du général Bradley), et entame la rédaction du Goûter des généraux, du Traité de civisme et de Tête de méduse, son premier vaudeville. En collaboration avec Michel Pilotin, il lance en octobre dans Les temps modernes l’un des premiers manifestes en faveur de la science-fiction. Premières chroniques de jazz dans Arts. Création avec Michel Pilotin, Pierre Kast et Raymond Queneau du Club des Savanturiers.

1952 – Collabore à Constellation. En avril, création de Cinémassacre et les Cinquante ans du septième art à La Rose rouge sur un scénario et des dialogues de Vian. Admis le 8 juin au Collège de ‘Pataphysique. Divorce prononcé à ses torts. En septembre, au Théâtre Babylone,Mademoiselle Julie, une pièce d’August Strindberg, traduite par ses soins. Participe, en octobre, à la mise en scène de la revue Paris varie ou Fluctuat nec mergitur au night-club des Champs-Élysées.

1953 – Boris et Ursula s’installent au 6 bis, cité Véron. Publication, le 15 janvier, de L’Arrache-cœur, aux éditions Vrille. Collaboration à la revue de Jacques Laurent, La Parisienne. Devient membre, le 11 mai, du corps des Satrapes du Collège de ‘Pataphysique. Création en août duChevalier de neige au Festival d’art dramatique de Caen.

1954 – Mariage le 8 février de Boris Vlan et d’Ursula Kübler. Écrit Le déserteur le 29 avril. Traduit L’Homme au bras d’or de Nelson Algren qui sera publié en feuilletons dans Les Temps modernes. Mise en scène à Nantes de sa pièce écrite vingt ans plus tôt, Série blême.

1955 – En janvier, premiers tours de chant au Théâtre des Trois Baudets puis à La Fontaine des Quatre Saisons. En mars, à la Rose rouge, Dernière heure, spectacle de science-fiction. Il enregistre au studio Apollo ses Chansons possibles et impossibles puis part en tournée agitée en province. Réalise chez Philips un catalogue de jazz. Écrit avec Michel Legrand, Alain Goraguer et Henri Salvador les premiers airs de rock français. En novembre, au cabaret L’Amiral, première revue nue de science-fiction, Ça c’est un monde.

1956 – Embauché au département variétés de la société Philips. Graves soucis de santé : œdèmes pulmonaires. Joue le rôle d’un cardinal dans Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy.

1957 – Nommé le 1er janvier directeur artistique adjoint de la société Philips. En janvier, le Chevalier de neige, à Nancy, dans une version opéra. Écrit à Saint-Tropez Les Bâtisseurs d’empire. Commentaires et rôle dans La Joconde, film d’Henri Gruel. Tourne dans Un amour de poche de Pierre Kast. Nouvelle alerte cardiaque et œdème pulmonaire. Sortie chez Gallimard de sa traduction de Van Vogt, Les Joueurs du À. Écrit un opéra, Arne Saknussem ou Une regrettable histoire, sur une musique de Georges Delerue.

1958 – Directeur artistique chez Fontana, filiale de Philips. Publie en octobre, aux éditions du Livre contemporain, En avant la zizique... et par ici les gros sous. Création en octobre à l’Opéra de Berlin de Fiesta : musique de Darius Milhaud, livret de Vian. Collabore au Canard enchaîné.

1959 – Quitte Fontana en janvier. Problèmes autour de l’adaptation cinématographique de J’irai cracher sur vos tombes. Parution en février des Bâtisseurs d’empire dans les Cahiers du Collège de ‘Pataphysique. Joue le rôle de Preval dans Les liaisons dangereuses de Roger Vadim. En avril, directeur artistique des disques Barclay. En mai, diffusion d’une émission sur la ‘pataphysique à la radio. Fête ‘pataphysique, le 11 juin, sur la terrasse de la cité Véron. Le 23 juin, mort de Boris Vian, à 10 h 10, au cinéma Marbeuf, lors de la projection privée de J’irai cracher sur vos tombes.

Joseph Vebret



dimanche 26 avril 2015

Oscar Wilde / chronologie


Oscar Wilde

Biographie synthétique d’Oscar Wilde (1854-1900). Journaliste, dramaturge, écrivain, Oscar Wilde choque la bonne société mondaine londonienne par ses frasques, son dandysme extravagant. Le portrait de Dorian Gray, en 1890, lui apportera le succès. Mais sa liaison affichée avec Lord Alfred Douglas lui vaudra en 1895 d’être condamné à deux ans de travaux forcés. À sa libération il s’installe en France mais connaît une lente déchéance malgré le soutien de ses amis, notamment André Gide. Il meurt d’une méningite dans un hôtel parisien le 30 novembre 1900.





1854 – Naissance à Dublin le 16 octobre d’oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, deuxième fils de William Robert Wills Wilde chirurgien de réputation internationale et de Jane Francesa Elgee, poétesse et nationaliste irlandaise qui a publié ses premiers poèmes sous le pseudonyme de Speranza.

1864 – Élève à la Portora Royal School à Enniskillen où il apprend le français, le latin et le grec.

1867 – Mort à 10 ans de sa sœur cadette Isola. Immense tristesse.

1871 – Brillantes études au Trinity College, à Dublin. Premiers signes d’extravagance vestimentaires.

1874 – Obtient une bourse pour le Magdalen College, l’un des plus cotés de l’Université d’Oxford (jusqu’en 1878). Élève brillant et insolent, dandy, réputé et moqué par ses camarades pour ses tenues et son goût prononcé pour la discussion. Fréquente à Londres les milieux culturels et aristocratiques.

1875 – Voyage en Italie.

1876 – Mort de son père

1877 – Très influencé par l’un de ses professeurs, John Ruskin, membre du mouvement « esthète » pour qui l’art ne doit être que recherche du Beau, en dehors de toute préoccupation morale ou sociale. Très snob et anticonformiste, il deviendra très vite l’une des figures emblématiques du mouvement. Voyage en Grèce.

1878 – Retour à Dublin après l’obtention de son diplôme. Publie ses premiers poèmes dans des revues irlandaises et anglaises (« Ravenna » obtient le Newdigate Prize). Tombe amoureux de Florence Balcombe, qui finalement épousera Bram Stoker, l’auteur de Dracula.

1879 – Oscar Wilde s’installe à Londres et devient vite célèbre, notamment pour son extravagance, son cynisme face à la société victorienne et son militantisme en faveur de l’art pour l’art.

1880 – S’installe à Chelsea. Écrit sa première pièce de théâtre, Vera (mais qui sera retirée de l’affiche la veille de la première en 1881).

1881 – Publie Poems, premier recueil de poèmes accueilli avec enthousiasme par la jeune génération tandis que la société victorienne se montre plus réservée. Voyage d’une année aux États-Unis pour une série de conférences sur l’esthétisme.

1883 – De retour en Europe, s’installe quelque temps à Paris, où il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, Hugo et l’actrice Sarah Bernhardt. Série de conférences en Angleterre et en Irlande. Rencontre une jeune admiratrice, Constance Lloyd. Écrit une nouvelle pièce de théâtre, La Duchesse de PadoueVéra est montée à New York, sans grand succès.

1884 – Mariage avec Constance Lloyd. Le couple (qui aura deux fils, Cyril en 1885 et Vyvyan en 1886) s’installe à Chelsea dans la demeure richement décorée, où défilera toute la société artistique londonienne. Il déserte souvent le domicile conjugal au profit d’hôtel où il retrouve des jeunes gens qu’il entretient.

1886 – Premier essai publié en revue : La Vérité des masques sur Shakespeare.

1887 – Rédacteur en chef jusqu’en 1889 du magazine The Woman’s World. Il y restera jusqu’en 1889.

1888 – Écrit pour ses enfants Le Prince heureux et autres contes.

1889 – Publication de deux essais : Le Déclin du mensonge et Pen, Pencil and Poison.

1890 – Première version de son unique roman : Le Portrait de Dorian Gray. Seconde version en 1891 assortie d’une préface développant sa conception de l’art et de la morale, mais qui, au-delà de l’immense notoriété qu’il acquiert, n’empêchera pas la société victorienne d’être choquée. Parution de deux essais : Le Critique comme artiste et L’Âme de l’homme sous le socialisme.

1891 – Publication de deux recueils de nouvelles : Le Crime de Lord Arthur Savile et autres contes et Une maison de grenades. Ainsi qu’un recueil d’essais, Intentions. Rencontre Lord Alfred Douglas avec lequel il entretiendra une liaison passionnée au grand dam du Marquis de Queensberry, père d’Alfred qui le menace publiquement. Voyage à Paris où il fréquente les Mardis de Mallarmé et se lie avec Marcel Schwob, Pierre Louÿs et André Gide.

1892 – Première à Londres de L’Éventail de Lady Windermere. Les comédies de Wilde, renouvellent le théâtre anglais, mais agacent profondément la société traditionnelle qui s’y voit critique et raillée. La tragédie Salomé est interdite alors qu’elle était programmée. Écrite en français pour Sarah Bernhardt, la pièce sera traduite en anglais par Lord Alfred Douglas et publiée en Angleterre en 1894.

1893 – Première d’Une femme sans Importance.

1894 – Publication en revue de Sentences philosophiques à l’usage de la jeunesse.

1895 – Première de Un mari idéal et de L’Importance d’être constant. Procès entre Oscar Wilde et le père de son amant, le Marquis de Queensberry, qu’il attaque en diffamation. L’affaire se retourne contre lui. Suivront deux autres procès. Alors qu’il a la possibilité de quitter le pays, Wilde préfère rester. Il est condamné le 25 mai à la peine maximale, deux ans de travaux forcés, pour délit d’homosexualité. Il purgera cette peine notamment à la prison de Reading, au sud de l’Angleterre, réputée très répressive. De nombreux intellectuels européens font circuler une pétition réclamant sa libération, sans succès.

1896 – Première de Salomé à Paris avec Sarah Bernhardt dans le rôle principal. Mort sa mère.

1897 – Longue lettre écrite de la prison à Lord Alfred Douglas, qui sera remise à Robert Ross, son exécuteur testamentaire, qui effectuera deux copies, dont l’une remise à Douglas. Wilde y évoque l’affaire, les conditions de sa détention et dresse le bilan de sa relation avec Douglas, qu’il présente comme immature, désinvolte, irresponsable et manipulateur et lui fait nombre de reproches sur les conséquences de ses actes, tout en se montrant néanmoins très amoureux de lui. À sa libération, le 19 mai, Wilde s’exile en France à Berneval, près de Dieppe, et prend le nom de Sebastian Melmoth. Il est ruiné. Ses biens ont été confisqués pour régler les frais de justice, sa femme s’est expatriée en Allemagne avec ses fils qui ont changé de nom (Holland). Il écrit la Ballade de la geôle de Reading, publiée en 1898 et rejoint un temps Lord Alfred Douglas en Italie après avoir tenté de se réconcilier avec sa femme.

1898 – Mort en Italie de sa femme des suites d’une opération. Il s’installe à Paris et commence une longue période de misère et de déchéance malgré l’aide de ses amis, notamment André Gide.

1899 – Parution de Un mari idéal et de L’Importance d’être constant. Mort de son frère.
1900 – Voyage en Italie durant lequel il se rend sur la tombe de sa femme. Le 28 octobre, Wilde se converti au catholicisme. Le 30 novembre, il succombe à une méningite cérébrale, vraisemblablement consécutive à sa syphilis chronique, dans sa chambre de l’hôtel d’Alsace, 13 rue des Beaux-Arts à Paris. Il est enterré au cimetière de Bagneux. En 1909 ses cendres seront transférées au Père-Lachaise.

1902 – Alfred Douglas se marie avec Olive Custance et a un fils la même année, Raymond.

1905 – Robert Ross publie une version expurgée de la lettre à Douglas qu’il titre De profondis.

1909 – Robert Ross publie une deuxième version un peu plus complète de De profondis et dépose le manuscrit original au British Museum auquel il demande une mise sous scellés de cinquante ans.

1913 – Séparation d’Alfred et Olive.

1927 – Internement psychiatrique de Raymond.

1923 – Alfred Douglas est condamné pour calomnie envers Winston Churchill. Lors de son incarcération, il écrit un texte intitulé In excelsis, en référence au De profundis de Wilde, qu’il avait pourtant renié en 1918.

1927 – Douglas tente en vain de récupérer le manuscrit original de De Profondis auprès du British Museum.

1945 – Mort d’Alfred Douglas d’une insuffisance cardiaque à Lancing, dans le Sussex.

1949 – Le fils d’Oscar Wilde, Vyvyan Holland, publie la version complète de la lettre à Douglas sur base de la seconde copie du manuscrit.

1962 – Le British Museum libère le manuscrit. De profundis est corrigé sur base du manuscrit original et publié dans son intégralité.

Joseph Vebret