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jeudi 23 octobre 2025

5ème république et arts / Politique culturelle en France

 

Arc de Triomphe bientôt empaqueté (Centre Pompidou, Paris). Georges Pompidou s’est particulièrement attelé à redonner à Paris sa place de grande capitale culturelle et à mis en valeur l’art contemporain © Jean-Pierre Dalbéra, CC BY 2.0


5ème république et arts

Politique culturelle en France

8 NOVEMBRE 2023, 

L’art a, de tout temps, servi le pouvoir en place. À partir de la renaissance, utilisé par les princes et les rois, au XXème siècle par les présidents. En France, Louis XIV, en créant l’académie de peinture et de sculpture en 1648, officialise la relation entre art et pouvoir, le second encadrant alors officiellement le premier.

mercredi 20 avril 2022

Philippe Lançon / Un pays dirigé par un âne et Kafka


Un pays dirigé par un âne et Kafka



Philippe Lançon ·
Mis en ligne le 20 avril 2022 
Paru dans l'édition 1552 du 20 avril

 

Peu avant le second tour, sur Twitter, j’ai lu ceci : «  Je voterais pour un âne si c’était le seul moyen de ne pas subir Macron cinq ans de plus. » Tiens, me suis-je dit, en voilà un qui se prend pour Sancho. Du moins, au début des aventures de Don Quichotte, quand l’expérience et l’amitié n’ont encore transformé ni l’un ni l’autre. Après l’épisode des moulins à vent, Sancho voterait pour son âne, si c’était le seul moyen d’éviter à Don Quichotte la suite de ses folies (lesquelles consistent, Le Pen n’aurait pas dit mieux, à trouver « les offenses à réparer, les torts à redresser, les injustices à corriger, les abus à réformer et les dettes à satisfaire »). Cependant, celui qui a écrit ce tweet n’est pas un brave laboureur « avec fort peu de plomb dans la cervelle », qui abandonne femme et enfants pour suivre le chevalier errant. C’est un professeur de philosophie. A-t-il de longues oreilles ? Je n’en sais rien. Mais cela me conduit à une question : que serait un pays dirigé par un âne ?

Un dessin de Foolz sur lequel Jean-Marie tient une canne à pêche avec une carotte accrochée au bout. Il tend la canne en direction de sa fille Marine Le Pen.

Cette question ne rejoint pas la dystopie de ce numéro de Charlie, mais j’avoue avoir très peu d’imagination quand il s’agit de prévoir le pire, peut-être parce que je l’ai vécu. Un pays dirigé par un âne plutôt que par Le Pen, à défaut de Macron, voilà qui convient, sinon à mon rêve, du moins à ma fantaisie. Les ânes sont injustement décriés. Don Quichotte commence par faire la grimace face à celui de Sancho, se demandant s’il « se souvenait que quelque chevalier errant eût emmené avec lui un écuyer monté sur un âne ; mais aucun ne lui revint en mémoire. Néanmoins, il décida qu’il le prendrait avec lui, avec l’intention de pourvoir son écuyer d’une plus honorable monture, dès que l’occasion se présenterait, en ôtant son cheval au premier chevalier discourtois qu’il rencontrerait ». Don Quichotte a promis à Sancho le gouvernement d’une île, les promesses inconsidérées sont choses fréquentes en politique. Sancho va donc « sur son âne, comme un patriarche, avec son bissac et sa gourde, et avec grand désir d’être déjà gouverneur de l’île que son maître lui avait promise ». Il l’obtiendra tel un gouverneur de comédie, mais, en politique, rien n’a presque jamais lieu comme on l’imaginait, et il arrive que l’habit finisse par faire le moine : Sancho se montrera excellent dans l’art de gouverner ; excellent, parce que juste. Sans doute est-il conseillé par son âne.

L’âne est fidèle, têtu et endurant, habitué à porter des fardeaux, à subir des coups. De ces humiliations, de toute cette vilenie humaine, il sait tirer avantage en résistance, noblesse et sympathie. Un pays dirigé par un âne serait du côté des humiliés. L’animal trouverait comment améliorer leur sort sans leur vendre sans cesse du ressentiment, de la colère et des lendemains qui chantent. Il les accompagnerait en silence, avec efficacité, comme un miroir qui a vécu, sur un chemin difficile. Quant à ceux qui le maltraitaient ou l’ignoraient, quant à tous ces maîtres, il en ferait des laboureurs et des écuyers, avec interdiction de frapper ou de surcharger leurs ânes. Bref, il leur apprendrait la patience et l’humilité.






Mon âne préféré, c’est Platero. Platero et moi a été écrit par ­l’Espagnol Juan Ramón Jiménez entre 1906 et 1914. C’est un classique de la littérature enfantine ; autrement dit, un classique de la littérature tout court. Vingt ans après la publication, l’auteur justifiait son goût pour l’animal qu’il avait créé :

« Je continue à te préférer, Platero, pour chaque jour qui passe, à n’importe quel autre ami. Je te préfère comme un enfant. Parce que toi, tel que tu es, comme un enfant, comme un chien aussi, et comme mon cheval Almirante, tu me tiens compagnie sans m’enlever la solitude, et, à l’inverse, me révèle ma solitude sans m’enlever la compagnie. Je peux tout te raconter, dans l’enthousiasme ou dans la peine, Platero, et tout cela te paraît bien. Et toi, en revanche, bon comme tu l’es, jamais tu ne m’interromps, tu n’en as pas besoin, tu sais te faire valoir par toi-même. Tu ne me dis même pas que je suis ridicule ou égoïste, même quand tu le penses ; tu me tais en te taisant, par sérieux ou par distraction. Comme tu es supérieur à moi et à tous, Platero ! C’est pourquoi nous pouvons être aussi bons amis. Je n’aimerais pas avoir des amis qui soient pires que moi. »

 

Juan Ramón Jiménez a quitté l’Espagne en 1936. Le franquisme ayant gagné, il n’y est jamais retourné. •

CHARLIE HEBDO


dimanche 21 avril 2019

"Houellebecq et les Inrocks", épisode 8 / Entretien croisé avec Emmanuel Macron : “Je ne crois pas au référendum permanent”




"Houellebecq 

et les Inrocks", 

épisode 8 : entretien 

croisé avec 

Emmanuel Macron : 

“Je ne crois pas 

au référendum 

permanent”




Par Anne Leffeter
03/01/19 11h12

Décidément, Michel Houellebecq a toujours eu du flair pour pressentir l’époque. En mai 2016, alors que personne n’aurait parié sur Macron pour la prochaine présidence, il avait souhaité le rencontrer, intrigué par le caractère transgressif du personnage.



Les Inrockuptibles lancent une nouvelle série consacrée aux figures emblématiques suivies par le magazine. Premier artiste mis à l'honneur : Michel Houellebecq. Un choix qui paraissait évident, l'auteur et les Inrocks partagent une histoire commune : depuis la critique de son premier roman jusqu'à son entretien avec Emmanuel Macron, en passant par sa playlist labellisée ou la critique de son dernier ouvrage.



Pour le huitième épisode de la série "Houellebecq et Les Inrockuptibles", nous republions une interview datant de mai 2016. Michel Houellebecq, alors que personne n’aurait parié sur Macron pour la prochaine présidence, avait souhaité le rencontrer, intrigué par le caractère transgressif du personnage.



Macron et Houellebecq


Manu – Tu m’interviewes ou je t’interviewe ?
Michel Houellebecq – Un peu les deux.
Manu – Je ne sais pas ce que tu penses de la politique, mais j’imagine que c’est assez noir.
Michel Houellebecq – Pas si noir que cela. Je pense qu’il y a une crise de la représentation politique, mais c’est une crise prometteuse qui peut déboucher sur des changements positifs. Je vais me situer : je n’ai jamais souhaité déléguer mon pouvoir de faire les lois, donc je n’ai jamais voté aux législatives. Par contre, j’ai déjà voté aux municipales. Si la présidentielle avait moins de signification politique, je voterais volontiers à la présidentielle. En résumé, je suis pour le référendum d’initiative populaire comme unique moyen de changer les lois. Mais cela ne s’arrête pas là : la population devrait également voter le budget. Chacun sait combien il a envie de donner à la police, à la santé, aux entreprises, à l’armée, à l’Education nationale. Il suffirait de faire la moyenne.
Manu – Contrairement aux idées reçues, Michel Houellebecq est pour réduire drastiquement le budget de l’Education nationale et augmenter le budget de la SNCF ! (rires) Je sais qu’il adore les gares et les trains et je pense qu’il a un traumatisme profond avec les profs.
Michel Houellebecq – L’Education nationale ne m’a pas apporté grand-chose parce que je n’ai pas bien écouté. En revanche, je trouve important que l’ensemble du territoire français soit correctement desservi, même si c’est un peu déficitaire.
Manu – Plus sérieusement, pour que les Français puissent discuter le budget, il faudrait une démocratie de discussion permanente. La représentation nationale est un principe d’organisation plus simple qui évite l’écueil du problème athénien : la difficulté d’organiser la démocratie directe. Je sais que tu as une idée précise sur ce qu’on devrait affecter aux gares et aux trains, mais la moyenne des préférences risque de te rendre aussi malheureux que celui qui voudrait tout affecter à l’Education nationale.
Michel Houellebecq – Je suis souvent en désaccord avec la majorité mais j’ai un vrai respect pour son vote. J’ai juste envie d’être consulté directement. La Suisse, un des seuls pays où c’est le cas, ne marche pas si mal.
Manu – C’est un pays qui n’est pas comparable, où la politique n’a pas du tout la même densité qu’en France. Les Français surinvestissent le politique mais il y a un malaise démocratique. Il est consubstantiel à la démocratie. Une partie de ce malaise vient de l’ambiguïté de notre relation aux politiques. Contrairement à ce qu’on peut imaginer, leur rôle n’est pas pour moi de promettre intensité et bonheur mais de donner un cadre où les citoyens peuvent s’émanciper et acquérir leur autonomie.
“Pour la présidentielle, je ne pourrais choisir que quelqu’un qui a fait ses preuves. Dans cette optique, un ex-Premier ministre serait le mieux, ou éventuellement un maire d’une grande ville.” Michel Houellebecq
Michel Houellebecq – Le problème viendrait du fait que les politiques promettent le bonheur aux gens ?
Manu – En partie, oui, puisque de nombreux politiques vivent de cette ambiguïté, alors qu’aucune organisation politique ne peut faire le bonheur des gens malgré eux.
Michel Houellebecq – Je suis entièrement d’accord. On ne peut promettre ni prospérité ni bonheur. Je ne demande pas cela à un Manu, mais plutôt d’être un bon chef, un chef des administrations et aussi des armées : il ne faut pas oublier les armées, je n’ai jamais pensé que le temps des guerres était dernière nous. Enfin, quelqu’un en qui je puisse avoir confiance en cas de grosses difficultés. Mes expériences professionnelles ont été importantes dans ma conscience politique, elles m’ont appris qu’il suffit parfois de changer de chef pour que tout aille mieux. Pour la présidentielle, évidemment, je ne pourrais choisir que quelqu’un qui a fait ses preuves. Désolé de te dire cela, mais dans cette optique, un ex-Premier ministre serait le mieux, ou éventuellement un maire d’une grande ville. Mais il peut se faire qu’aucun des candidats avec ce parcours ne soit satisfaisant : on peut avoir été un mauvais ex-Premier ministre. Dans ce cas, avoir exercé un ministère important pourrait faire l’affaire.
Manu – Je ne suis pas convaincu par le référendum permanent. Il faut de l’horizontalité dans l’élaboration des décisions, mais je crois aussi à la verticalité des formes de prises de décision. Il n’y a pas d’organisation humaine sans reconnaissance d’une forme d’autorité. C’est la grande question sociale et politique de 1968 : quelle est la forme légitime d’autorité ?
Michel Houellebecq – Demander son avis à tout le monde a un côté assez sain. Cela ne peut que renforcer le sentiment d’appartenir à une communauté. On ne parle de référendum que pour des sujets dits sociétaux, comme la corrida ou l’euthanasie. Cela devrait concerner à peu près tous les sujets. Le rôle des partis devrait tendre à diminuer et le rôle des groupes de pression, des associations, à augmenter.
Manu – Tu voudrais de l’horizontalité permanente… Je crois plutôt aux méthodes telles que les conférences de consensus, qui permettent aux meilleurs experts de former des citoyens pour que ces derniers puissent faire des propositions en pleine connaissance de cause. Je crois en effet à la conscience éclairée. Après, l’Etat ne doit pas légiférer à chaque problème, chaque émotion collective. Cette névrose politique fait de l’Etat une structure politique hyper-maternante.
Michel Houellebecq – On légifère trop, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que l’utilisation de l’émotion collective est déplaisante, je ne demande pas au Manu de se rendre sur les lieux d’une catastrophe et de faire son compatissant. Moi aussi, je suis compatissant, et alors ? Sur la verticalité des formes de prises de décision, en cas de guerre, il n’y a pas besoin de consulter la population. L’objectif est clair et consensuel : il est – si possible – de la gagner. Dans ce genre de contexte, une relation verticale s’installe naturellement si le chef est bon.
Manu – Actuellement, nous avons bien d’autres priorités qui justifient de ne pas mettre en œuvre un seul de tes référendums. Si aujourd’hui on organise une consultation populaire sur l’euthanasie, la majorité des Français va penser : “Ces dingos n’ont rien d’autre à faire.” Pour avancer sur la question de l’euthanasie, il faut d’abord créer un consensus démocratique, et je ne suis pas sûr qu’on l’obtienne avec un référendum. Le dernier grand référendum, celui de 2005 sur la Constitution européenne, a été un traumatisme profond en deux temps. Les électeurs ont d’abord rejeté une Europe libérale dans laquelle ils ne se reconnaissaient plus. Et Nicolas Sarkozy n’a pas respecté leur décision ensuite.
Michel Houellebecq – C’est une des choses qui lui ont été fatales. Je fais partie de ceux qui n’ont pas pardonné.
Manu – Tu avais voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 ?
Michel Houellebecq – Non, je n’avais pas voté.
Manu – Malgré tout, tu ne lui as pas pardonné ! Tu es vraiment un électeur vindicatif : tu n’adhères pas au début du projet mais tu ne pardonnes pas les erreurs. (rires)

A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq


A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq

Le romancier a été décoré chevalier de la Légion d’honneur, jeudi 18 avril, par le chef de l’Etat, en présence notamment de Nicolas Sarkozy.

Par Olivier Faye Publié le 19 avril 2019 à 12h01

Il est sorti de l’Elysée à côté de sa femme, la cigarette aux lèvres et le pas léger, un peu comme si la gloire républicaine le faisait flotter sur le gravier de la cour d’honneur. Michel Houellebecq a été décoré, jeudi 18 avril, chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction que le romancier a accueillie devant une petite trentaine de convives, dûment sélectionnés par ses soins.

mardi 17 juillet 2018

Les photos de l'équipe de France à l'Élysée


Les joueurs de l'équipe de France à l'Élysée.

Les photos de l'équipe de France à l'Élysée 

Les Bleus sont à l'Élysée, plus d'un millier de personnes présentes

Toute l'équipe de France, sur le perron de l'Élysée.

Paul Pogba et Brigitte Macron soulèvent la Coupe du monde. 


Les Bleus sont à l'Élysée, plus d'un millier de personnes présentes