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mardi 12 avril 2016

Julie Delpy / “Le cinéma français est un peu moins misogyne qu'Hollywood”

Julie Delpy
Julie Delpy : 
“Le cinéma français est un peu moins misogyne qu'Hollywood”

Hélène Marzolf
Publié le 26/02/2016. Mis à jour le 26/02/2016 à 11h31.
Actrices, producteurs, réalisatrices... A l'occasion d'un dossier sur le sexisme ordinaire à Hollywood et dans l'audiovisuel français, publié cette semaine dans le magazine, Télérama.fr donne la parole à celles et ceux qui s'y confrontent chaque jour. Pour Julie Delpy, cinéaste et actrice française qui vit aux Etats-Unis, il faudrait imposer un quota de films tournés par des femmes.
« Hollywood est très dur pour les femmes. C’est beaucoup plus compliqué qu’en France d’y être réalisatrice et mère. D’ailleurs, dans le milieu du cinéma, bien des femmes n’ont pas d’enfants… Je n’idéalise pas le système français qui a aussi ses défauts, mais il me semble, malgré tout, un peu moins misogyne que le système américain. En France, pendant les tournages, je n’ai jamais essuyé de remarques liées à mon sexe. Ici, on va plus facilement juger les femmes hystériques, instables, ne sachant pas prendre de décisions. Et lorsqu’elles en prennent, elles sont considérées comme “autoritaires”.
Hollywood est un monde où les hommes se soutiennent entre eux, où les femmes ont du mal à faire entendre leur voix. On passe plus de temps à monter nos projets, on nous juge, on nous offre moins d’opportunités. Je me souviens que mon premier long métrage, Two days in Paris, avait été acheté par les Américains et avait bien marché aux Etats-Unis pour un film indépendant. Eh bien, cela ne m’a ouvert aucune porte, comme si cette réussite n’était qu’un accident.


A la même époque, des réalisateurs qui avaient, eux aussi, sorti des petites comédies, avec de moins bonnes critiques, se sont vu dérouler le tapis rouge et ont pu tourner des films de studio. Un homme peut réaliser un film indépendant et après, postuler pour le prochain Star Wars ! Moi, on ne me proposera jamais un blockbuster ! Je réalise des comédies – j’aime beaucoup ça, d’ailleurs –, mais je me rends compte qu’il est difficile de sortir de cette case. J’ai écrit des scénarios différents, des thrillers, que je n’ai jamais réussi à monter. Comme si, étant une femme, je n’étais censée m’intéresser qu’à une seule chose : la relation amoureuse.
Par rapport au cinéma, le monde de la télévision me paraît plus ouvert. On y trouve plus de femmes, elles se soutiennent plus. Je suis, d’ailleurs, en train de développer un projet de série pour Amazon et je ressens plus de liberté. Comme le fonctionnement d’Hollywood est très critiquable, il faut essayer de trouver des solutions ! Le seul moyen pour que les choses changent, c’est de créer une politique de quotas de femmes aux postes importants. Et pas des nanas qui viendraient servir le café ! Imposer qu’un pourcentage de films soit tourné par des femmes et par les autres minorités… »




lundi 23 février 2015

Julie Delphy / Jamais pareil

Julie Delpy

Julie Delpy

Jamais pareil

  • Interview et réalisation : Juliette Bénabent et Jean-Baptiste Roch
  •  
Publié le 20/04/2010. Mis à jour le 21/04/2010 à 17h05.

Pour “La Comtesse”, son troisième film en tant que réalisatrice, Julie Delpy n'a pas choisi la facilité. D'abord en s'attelant à un sujet pas vraiment léger : l'histoire d'Elizabeth Bathory, comtesse qui au XVIIe assassina des vierges pour préserver sa jeunesse en se baignant dans leur sang. Ensuite, en décidant d'incarner elle-même ce personnage, aux antipodes de celui de son film précédent, “Two Days in Paris” (2007), comédie romantique où elle jouait une fille banale et sans histoires. Mais Julie Delpy aime redessiner son image. Pour nous, elle commente quatre extraits de cette “Comtesse” au charme vénéneux.


TELERAMA