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jeudi 30 juillet 2020

Ashley Judd autorisée à poursuivre Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel

L'actrice Ashley Judd et Harvey Weinstein.
Frederick M. Brown et Yann COATSALIOU

Ashley Judd autorisée à poursuivre Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel

L'actrice accuse le producteur déchu d'avoir ruiné sa carrière pour avoir résisté à ses avances. La cour d'appel, saisie par la comédienne, estime que le rapport de force entre Harvey Weinstein et Ashley Judd était à la faveur du premier 

Publié jeudi 30 juillet 2020 à 05:26
Modifié jeudi 30 juillet 2020 à 07:08

L'actrice américaine Ashley Judd peut finalement poursuivre pour harcèlement sexuel le producteur déchu Harvey Weinstein, a jugé mercredi une cour d'appel de Californie.
En première instance, un juge fédéral de Los Angeles avait au contraire estimé en janvier 2019 que le harcèlement sexuel n'était pas applicable dans le cas de la comédienne, qu'il avait toutefois à l'époque autorisée à entamer des poursuites civiles.
Ashley Judd, 52 ans, fut l'une des premières à avoir brisé le silence sur les agissements d'Harvey Weinstein, accusé de harcèlement, d'agression sexuelle ou de viol par plus de 80 femmes, dont des stars comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou encore Léa Seydoux.


samedi 3 mars 2018

Olivier Ménégol / Harvey Weinstein



Le dessin d'Olivier Ménégol : «Coupez !»


LE DESSIN DE LA SEMAINE - Le dessinateur, invité de la rédaction du Figaro, illustre l'actualité récente alors que le scandale Harvey Weinstein ne cesse d'enfler et dépasse largement les frontières des États-Unis.

Par Olivier Ménégol 
Publié le 18/10/2017 à 15:59

Emporté par le scandale, l'homme qui faisait trembler Hollywood et qu'on surnommait le «nabab», a chu. Depuis l'article dénonciateur du New York Times, le 5 octobre, et la pluie de témoignages qui ont suivi, le producteur Harvey Weinstein est dans la tourmente.
Attouchements répétés, agressions sexuelles et même viols, les accusations sont très graves. Des actrices de premier plan comme Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie , Rosanna Arquette, Asia Argento, Emma de Caunes, Lucia Evans, Judith Godrèche, Léa Seydoux, Cara Delevigne ou Eva Green (par le biais de sa mère, Marlène Jobert) ont révélé au monde entier l'inadmissible comportement d'Harvey Weinstein.


dimanche 18 février 2018

Quentin Tarantino, "inglourious basterd" ?





Quentin Tarantino, "inglourious basterd" ?

Par Marion Galy-Ramounot | Le 09 février 2018


Montré du doigt dans l'affaire Weinstein, malmené sur le cas Polanski, accusé puis pardonné par Uma Thurman, le réalisateur de Kill Bill pourrait passer une année en enfer. Il joue et rejoue la carte de l'excuse.
Bientôt, Quentin Tarantino sera marié - en juillet 2017, il annonçait ses fiançailles avec Daniella Pick, une «fille de» israélienne de vingt ans de moins de lui. Et surprise, Hollywood s'occupe de son enterrement de vie de garçon. Le garçon de 54 ans a, semble-t-il, quelques mauvais souvenirs à inhumer. À commencer par ceux qu'il avait lui-même longtemps essayé d'oublier.

Weinstein & cie


La fête commence le 19 octobre dans les colonnes de New York Times. Au lendemain de l'éclatement de l'affaire WeinsteinQuentin Tarantino livre qu'il savait, pour les agissements de son ami producteur, depuis des décennies. «J'en savais assez pour faire plus que je n'ai fait», dit-il alors, donnant quelques exemples d'actrices impliquées. «Il y avait plus que des rumeurs, que des gossips. Ce n'était pas de la seconde main. Je savais qu'il avait fait certaines de ces choses. J'aurais aimé prendre mes responsabilités vis-à-vis de ce que j'ai entendu. Si j'avais fait ce que j'aurais dû faire, j'aurais arrêté de travailler avec lui.» À l'inverse, depuis que l'actrice Mira Sorvino lui a parlé la première du comportement inapproprié de Harvey Weinstein, en 1995, il a réalisé quatre films (Kill Bill : Volume 1 et 2, Inglourious Basterds, Django Unchained) produit par la Weinstein Company.

Thurman au tournant



Comme Ben Affleck - qui aurait su pour l'agression sexuelle de Rose McGowan -, Quentin Tarantino est rattrapé par la tempête médiatique. Dans sa tribune parue sur le site du New York Times le 3 février, l'éditorialiste Maureen Dowd raconte l'expérience «déshumanisante» d'Uma Thurman sur le tournage de Kill Bill : Volume 2. Pour tourner la scène de la décapotable bleue, le cinéaste l'aurait contrainte à conduire la voiture sans doublure, promettant que l'engin était en parfait état de marche. «Mais j'étais dans un cercueil (deathbox dans le texte). Le siège n'était pas correctement vissé. C'était une route de sable et ce n'était pas une route droite». L'actrice à la combinaison jaune perd le contrôle du véhicule et percute un arbre de plein fouet, le choc laissant son cou et ses genoux «irrémédiablement endommagés».
Les images vidéo, Quentin Tarantino lui a finalement données, après les avoir gardées quinze ans sous clé. Elle vient de les poster sur son compte Instagram, ce 5 février. «Les circonstances de cet événement relèvent de la négligence voire de la criminalité, commente-t-elle en légende. Pour cela je tiens Lawrence Bender, E. Bennett Walsh, et le très connu Harvey Weinstein pour seuls responsables.» Là, étrangement, le nom de Quentin Tarantino n'apparaît plus sur le banc des accusés. Sans doute parce que le 5 février, il prenait lui aussi la parole - sur le site Deadline - pour qualifier cet accident comme «l'un des plus gros regrets de sa vie».

Excuses tardives

Il y a d'autres choses qu'il regrette, M. Tarantino. Il regrette par exemple d'avoir défendu Roman Polanski contre les accusations de viol de Samantha Geimer, lors d'une interview en 2003. Ce jour-là, l'animateur de radio Howard Stern l'interroge autour de l'affection de Hollywood pour Roman Polanski, «cet homme fou, ce réalisateur qui a violé une jeune fille de 13 ans». Ce à quoi le réalisateur de Pulp Fictionrépond qu'«il n'a pas violé une fille de 13 ans (...). Il a eu une relation sexuelle avec une mineure. Ce n'est pas un viol. Selon moi, quand vous utilisez le mot "viol", vous impliquez de la violence, c'est l'un des crimes les plus violents du monde. Vous ne pouvez pas utiliser le mot "viol" à tout-va.»
Quinze ans plus tard, ce 6 février, Samantha Geimer est revenue sur les propos du réalisateur sur le site du New York Daily News. «Il avait tort. Je parie qu'il le sait, a lancé la victime de Polanski, aujourd'hui 54 ans. Je ne suis pas fâchée, mais je me sentirais probablement mieux si il réalisait maintenant qu'il avait tort, après quinze ans, après avoir entendu les faits.»
Les excuses de Quentin Tarantino sont immédiates. «Je veux publiquement m'excuser auprès de Samantha Geimer pour mes remarques cavalières, déclare-t-il dans un communiqué publié sur le site IndieWire le 8 février. Je réalise aujourd'hui à quel point j'avais tort. Mme Geimer a ÉTÉ violée par Roman Polanski. Quand Howard Stern a évoqué le sujet, j'ai joué l'avocat du diable pour être provocateur». Conclusion : «Mme Geimer, j'étais ignorant, et insensible, et au delà de tout, incorrect.»

Terrain glissant

Le drapeau blanc, arme de défense massive. Un jour, Quentin Tarantino s'excusera peut-être aussi de ses excès de zèle, voires abus de pouvoir, sur les tournages de ses films. Dans le New York Times, Uma Thurman dit que dans Kill Bill, le réalisateur lui-même lui crachait au visage et l’étranglait avec une chaîne pour les besoins de certaines scènes. En 2009, Diane Kurger raconte aussi à Parade que c'est le cinéaste qui l'étrangle dans Inglourious Basterds : «Je ne suis jamais morte dans un film avant. Là je me fais étrangler, ce qui assez bizarre (...). Le plus drôle, c’est qu’on voit les mains de Quentin sur le plan serré. Quentin a dit : "il (Christoph Waltz, NDRL) ne va pas bien le faire, ce sera trop ou pas assez. Je sais exactement ce dont j’ai besoin, et je pense que je devrais le faire moi-même."» Bref, on attend les discours de mariage.


mercredi 14 février 2018

Le monstrueux destin de Harvey Weinstein


Le monstrueux destin de Harvey Weinstein

Par Marion Galy-Ramounot | Le 12 février 2018

Le 6 octobre 2017, le roi Harvey tombait bruyamment de son trône et Hollywood perdait ses lettres de noblesse. Retour sur la scandaleuse affaire d'agressions sexuelles qui a ébranlé l'Amérique, et même mieux, a vu naître un nouvel ordre mondial.




Certains, cinéphiles, se souviendront de Harvey Weinstein comme du puissant producteur qui cumulait plus de trois cents nominations aux Oscars. Les autres penseront au serial agresseur sexuel de Hollywood, démasqué le 5 octobre 2017 par le New York Times après avoir humilié plus de quatre-vingt femmes armé d'un peignoir immaculé et du plus gros carnet d'adresse de la Colline. Sous le même modus operandi toujours : les recevoir dans sa chambre d'hôtel, tomber le susdit peignoir et présenter ses 130 kg de «muscles» - dans le meilleur des cas.

Sexe, palace et abus de pouvoir

«J'ai dit non, de nombreuses manières, de nombreuses fois, mais il revenait toujours à la charge», raconte l'actrice Ashley Judd, première «célébrité» à se confier au New York Times, accompagnée d'assistantes et de cadres de la Weinstein Company, la société de production des frères Weinstein. Une grenade dégoupillée vient d'être lancée sur Hollywood. Le communiqué de Harvey Weinstein s'excusant de «la façon dont (il s'est) comporté avec des collègues par le passé», arguant avoir «grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes» n'empêchera pas l'explosion. Et les autres grenades. Le 8 octobre, Harvey Weinstein est licencié de la Weinstein Company «avec effet immédiat». Deux jours plus tard, son épouse Georgina Chapman, directrice de la maison de couture Marchesa, le quitte par voie de communiqué, mettant en cause «des actes impardonnables».
«J’étais une enfant, j’avais signé, j’étais pétrifiée», livre Gwyneth Paltrow cinq jours plus tard dans une nouvelle salve du New York Times. D'autres actrices témoignent dans une enquête explosive du journaliste Ronan Farrow, fils de Woody Allen, dans le New Yorker. Asia Argento y livre son impuissance au moment où Harvey Weinstein a «brutalement» entamé un cunnilingus dans sa chambre d'hôtel - «Je disais "non, non". C'était tordu. Un gros mec qui veut te manger». Emma de Caunes y avoue avoir été «pétrifiée» après qu'il a filé dans la salle de bains pour en ressortir nu et en érection. «Il me regardait comme si j'étais un morceau de viande, écrit Léa Seydoux dans une tribune publiée dans les colonnes du Guardian.

Harvey Weinstein and Georgina Chapman 

Parmi les dizaines de glaçants témoignages, c'est celui de l'actrice Rose McGowan (Scream, Boulevard de la mort) qui enterre le «monstre». Elle affirme avoir été «violée», avoir été payée 100.000 dollars pour se taire, l'avoir «dit et redit», accusant Ben Affleck et Matt Damon, deux poulains de Weinstein, d'être au courant des agissements du producteur. Dès lors, les question du qui savait, qui ne savait pas, qui a laissé faire, menacent le tout-Hollywood. Les frères Affleck sont dans l'œil du cyclone. Meryl Streep est forcée de déclarer publiquement qu'«(elle) ne savai(t) pas» après les attaques de Rose McGowan.

Mort sur la Colline

Trois enquêtes s'ouvrent à New York, Los Angeles et Beverly Hills, les deux premières pour des agressions sexuelles remontant à 2004 (celle de l'actrice Lucia Evans, forcée de faire une fellation au producteur) et 2013 ; la troisième pour des «plaintes multiples». Un moment propice pour l'exil de Harvey Weinstein en Arizona, où il intègre mi-cotobre le centre de désintoxication The Meadows, que la presse américaine décrit comme un «spa pour trater l'addiction sexuelle». «Les mecs, je ne vais pas très bien, mais j'essaie, dira-t-il furtivement à la caméra de TMZ avant de fuir Los Angeles. Je dois me soigner les mecs. Pour une deuxième chance, j'espère.»
Un espoir déjà vain. Le 12 octobre, il est officiellement exclu de l'Académie des Oscars, sacro-sainte institution du cinéma US. «Non seulement nous prenons nos distances avec quelqu'un qui ne mérite pas le respect de ses collègues, mais nous envoyons un message pour affirmer que le temps de l'ignorance délibérée et de la complicité honteuse vis-à-vis des comportements d'agression sexuelle et du harcèlement sur le lieu de travail dans notre industrie est terminé», a-t-elle précisé. Le 15 octobre, Emmanuel Macron annonce «engager des démarches» pour retirer la Légion d'honneur à Harvey Weinstein, reçue en 2012 des mains de Nicolas Sarkozy. Les dirigeants du Festival de Cannes condamnent «un comportement impardonnable qui ne peut susciter qu'une condamnation nette et sans appel». Deauville efface le nom du producteur de ses cabines de plage.

Le cochon dans la ville

En France, pour l'instant, personne n'est sorti du bois. Aucun producteur, réalisateur, agent, directeur de casting ou photographe n'est pointé du doigt. «En France, c'est autrement sournois», avance pourtant Isabelle Adjani dans une tribune publiée par le JDD. «En France, il y a les trois G : galanterie, grivoiserie, goujaterie. Glisser de l'une à l'autre jusqu'à la violence en prétextant le jeu de la séduction est une des armes de l'arsenal de défense des prédateurs et des harceleurs.» Au même moment, le hashtag #balancetonporc naît sur Twitter, comme une référence au surnom, «le porc», donné à Harvey Weinstein au Festival de Cannes. En vingt-quatre heures, rien que sur Twitter, des centaines de milliers d'occurrences sont comptabilisées.
Suivront #MeToo et la libération de la parole des femmes, partout. Tous les secteurs, tous les monstres sont touchés. Début janvier 2018, le projet Time's Up («c'est fini») est initié par 300 Américaines - dont Natalie Portman, Cate Blanchett et Meryl Streep - dans le but d'aider les femmes harcelées qui n'ont pas les moyens de se défendre. Chez nous, le manifeste des 100 femmes parue dans Le Monde réveille la guerre des féminismes. Un nouvel ordre mondial est en marche.
Un ordre dans lequel Harvey Weinstein ne trouve pas la paix. Salma Hayek et Uma Thurman prennent tardivement - mais massivement - la parole. L'actrice mexicaine déclare avoir été menacée de mort par le producteur. La muse de Tarantino le vise directement parmi les producteurs responsables de son accident de voiture sur le tournage de Kill Bill en 2002. «Ils ont menti, détruit des preuves, et continuent de mentir au sujet du mal qu’ils ont causé et choisi de supprimer», poste-t-elle le 6 février sur son compte Instagram, avec la vidéo de l'incident.

Le dernier souffle ?

Resté longtemps dans l'ombre de sa cure de désintox en Californie, Weinstein reprend la parole via son avocat, Ben Brafman, le 30 janvier, pour s'en prendre directement à Rose McGowan, cette dernière s'apprêtant à publier son autobiographie dans laquelle elle détaille son viol. «De manière générale, Harvey Weinstein et ses avocats ont évité de publiquement critiquer les femmes qui ont porté des accusations d'agression sexuelle à son égard, malgré l'amas d'évidences qui auraient pu démontrer la fausseté desdites accusations, commence Ben Brafman. Assister à la "performance" de Rose McGowan, qui fait actuellement la promotion de son nouveau livre (Brave, sorti ce 29 janvier, NDLR), a rendu le silence impossible alors même qu'elle essaie de calomnier M. Weinstein avec un impudent mensonge qui n'est pas seulement démenti par M. Weinstein lui-même, mais par au moins deux témoins, incluant la manager de McGowan du temps de la supposée agression et l'acteur de premier ordre Ben Affleck, à qui Mme McGowan affirme avoir raconté sa rencontre avec M. Weinstein peu après l'incident qu'elle qualifie aujourd'hui de "viol".» Quelques jours après la révélation des mails mettant effectivement en cause les déclarations de l'actrices, sa dite manager Jill Messick, se suicide, s'érigeant en «victime collatérale» de l'affaire qui fait trembler Hollywood.
Le 12 février, le procureur de l'État de New York assigne en justice la Weinstein Company pour ne pas avoir protégé ses employés face au harcèlement sexuel. Après quatre mois d'enquête et la récolte de témoignages d'employés passés et présents du studio, Eric Schneiderman et son équipe estiment que le rachat de l'entreprise risque de récompenser certains responsables qui ont fermé les yeux pendant des années sur les agissements de Harvey Weinstein. Un Harvey Weinstein qui n'a pas encore été entendu par la police. Il ne fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire.


dimanche 11 février 2018

L'ex-manager de Rose McGowan se suicide après les polémiques post-Weinstein


Rose McGowan

L'ex-manager 

de Rose McGowan 

se suicide après 

les polémiques post-Weinstein

Jill Messick, l'ancienne manager de Rose McGowan, s'est suicidée jeudi 8 février à Los Angeles. Diagnostiquée bi-polaire et dépressive depuis plusieurs années, elle était surtout une «victime collatérale» de l'affaire Weinstein, d'après sa famille.

L'affaire Harvey Weinstein semble sans fin, et un nouvel évènement vient ajouter une ombre au tableau. Jeudi 9 février, Jill Messick, ancienne manager de Rose McGowan s'est suicidée, a rapporté sa famille à Hollywood Reporter. Si elle était diagnostiquée bi-polaire et dépressive depuis plusieurs années, ses proches sont pourtant persuadés que ce ne sont pas les seules raisons qui ont poussé la productrice américaine chevronnée et mère de deux enfants au suicide. Dans une longue déclaration envoyée au magazine américain, sa famille stipule que les dernières controverses autour de Harvey Weinstein et de Rose McGowan ne l'avaient pas épargnée.

"Victime collatérale"

En effet, le 30 janvier, Ben Brafman, l'avocat du producteur accusé, a rendu public un mail de Jill Messick qui pourrait contredire les accusations de Rose McGowan. «Quand nous nous sommes vus le lendemain (de la supposée agression sexuelle, NDRL), elle m'a dit avec hésitation, de son plein gré, qu'elle s'était retrouvée dans un jacuzzi avec M. Weinstein, écrit-elle dans le courriel. Elle était très claire sur le fait qu'aller dans ce jacuzzi était quelque chose qu'elle a fait de manière consentante, même si, avec du recul, elle le regrettait.»
Aujourd'hui, sa famille met clairement en cause le contenu de ce message dans le suicide de Jill. «Voir son nom dans les journaux (...) ainsi que la tentative désespérée de Harvey pour s'innocenter l'ont dévastée, a indiqué son entourage à Hollywood Reporter. Ça a brisé Jill, qui commençait juste à remettre de l'ordre dans sa vie.» Et d'ajouter : «Jill a été la victime de cette nouvelle culture du partage illimité de l'information et de la volonté d'accepter toute déclaration comme des faits. La vitesse à laquelle l'information se répand a permis de véhiculer des contrevérités (...) qu'elle n'a pas eu la volonté de combattre. Elle est devenue la victime collatérale dans une histoire déjà horrible».
En octobre 2017, Rose McGowan, élément clé dans l'affaire Weinstein, s'était confiée sur sa rencontre avec le mogul de Hollywood dans le New York Times. L'actrice avait déclaré ne pas s'être sentie soutenue par sa manager de l'époque, à qui elle avait pourtant tout raconté. Mais l'entourage de Jill Messick maintient que «Rose n'a jamais utilisé le terme de viol dans cette conversation. Malgré cela, Jill a reconnu que Harvey avait eu un comportement inadapté avec Rose, si ce n'est illégal. Elle est tout de suite allée voir ses supérieurs, pour leur rapporter l'histoire de Rose et a insisté pour que la situation soit prise en charge immédiatement. Ils lui ont dit qu'ils allaient s'en occuper».



dimanche 4 février 2018

Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

Uma Thurman


Uma Thurman accuse à son tour Harvey Weinstein d'agressions

AFP agence
Mis à jour le 03/02/2018 à 19:10
Publié le 03/02/2018 à 18:47

 sur Twitter (nouvelle fenêtre)

VIDÉO - Dans une interview publiée dans le New York Times, l'actrice américaine, star de Pulp Fiction et Kill Bill détaille les agressions et les pressions du magnat déchu d'Hollywood à son encontre.

Uma Thurman

«Oui, Uma Thurman est en colère. Elle a été violée. Elle a été agressée sexuellement. Elle a été mutilée avec de l'acier brûlant. Elle a été trahie et menée en bourrique par ceux en qui elle croyait». Dans une interview accordée au New York Times , l'actrice américaine brise le silence sur Harvey Weinstein et l'accuse, à son tour, d'agressions sexuelles et de pressions. «Ça a été comme un coup de batte sur la tête», souligne-t-elle.
«Quand je serais moins en colère, je dirais ce que j'ai à dire», déclarait Uma Thurmansur un tapis rouge en octobre dernier alors interrogée sur l'affaire Weinstein qui venait d'éclater outre-Atlantique. Si elle a refusé de parler à ce moment-là, c'est parce qu'elle avait peur de pleurer. «Ce que vous avez vraiment vu, c'est une personne qui gagne du temps», précise la comédienne à nos confrères américains. Quelques lignes plus loin, elle raconte sa rencontre avec Harvey Weinstein. Au moment de la sortie de Pulp Fiction , film qu'il a produit. «Je l'ai bien connu avant qu'il ne m'attaque», révèle-t-elle. «Il passait des heures à me parler, à complimenter mon esprit, ma façon d'être. Cela m'a peut-être fait oublier les signes avant-coureurs», reconnaît-elle.
Puis, comme d'autres actrices qui ont témoigné dans la première vague de plaintes contre le magnat déchu de Hollywood, Uma Thurman a accepté ses invitations dans des palaces. Après un rendez-vous de travail à Paris qui avait pris une tournure équivoque quand Harvey Weinstein avait invité l'actrice dans sa chambre d'hôtel, puis dans un sauna de l'établissement, Uma Thurman avait retrouvé son producteur à Londres, aussi dans sa chambre d'hôtel. «Il m'a poussée et a essayé de se jeter sur moi et de se déshabiller. Il a fait plein de choses désagréables». Elle décrit également son état pendant cette agression: «Vous êtes comme un animal qui se trémousse, comme un lézard. Je faisais tout ce que je pouvais pour reprendre le contrôle».


Le lendemain, le producteur lui aurait envoyé un bouquet de roses avec le mot. «Tu as de très bons instincts». Elle explique être retournée à l'hôtel pour le mettre en garde: «Si tu fais ce que tu m'as fait à d'autres personnes, tu vas perdre ta carrière, ta réputation et ta famille, je te le garantis». Selon son amie Ilona Herman qui l'avait accompagnée, Uma Thurman était bouillonnante de colère quand elle a quitté Harvey Weinstein à l'issue de leur discussion ce jour-là. Le producteur avait menacé de compromettre sa carrière. Une agression qui s'est déroulée avant le tournage de Kill Bill: Vol. 1 (2003).
D'ailleurs, Quentin Tarantino, le réalisateur de ce long-métrage, en prend aussi pour son grade dans cet article. Car, en 2001 lors du Festival de Cannes, Uma Thurman raconte l'épisode de l'hôtel au réalisateur. Ce dernier relativise d'abord: «Oh, pauvre Harvey, essayant d'avoir des filles qu'il ne peut pas avoir». Finalement, il décide d'en parler au principal intéressé, en présence de l'actrice. Si dans un premier temps, Harvey Weinstein nie, il finit par présenter ses excuses.

Les coulisses de Kill Bill

Autre passage accablant pour Quentin Tarantino: celui où Uma Thurman raconte le tournage de Kill Bill: Vol. 2 . Pour tourner la fameuse scène de la décapotable bleue, le cinéaste l'aurait forcée à conduire la voiture à vive allure. «J'étais dans une boîte à mort. Le siège n'était pas correctement vissé. C'était une route de sable et ce n'était pas une route droite». Uma Thurman perdra le contrôle du véhicule et percutera un arbre de plein fouet. Un accident qui la ferait encore souffrir aujourd'hui de la nuque et des genoux. Aujourd'hui, elle dénonce l'attitude de Quentin Tarantino et de Harvey Weinstein après l'accident: étant donné qu'elle refusait de signer une décharge de responsabilité au profit de la société de productions Miramax, le cinéaste ne voulait pas lui céder les images de l'accident. Il finira par lui donner... quinze ans après. Le New York Times a, de son côté, décidé de les partager. Contacté par le quotidien, Quentin Tarantino a refusé de commenter ces déclarations.
«Personnellement, cela m'a pris 47 ans pour arrêter de dire que les personnes qui étaient méchantes avec moi étaient ‘amoureuse'”. Cela m'a pris du temps parce que je pense que lorsque les petites filles sont conditionnées pour croire que la cruauté et l'amour ont, quelque part, une connexion. C'est l'ère de laquelle il faudrait s'extraire aujourd'hui», conclut Uma Thurman.