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lundi 15 juillet 2024

Qui est le tireur qui a tenté d'assassiner Donald Trump ?

 



La tribuna vide à Butler, Pennysilvanie, ce samedi 13 juillet 2024.
Jabin Botsford, The Washington Post



Qui est le tireur qui a tenté d'assassiner Donald Trump ?

Il s'appelle Thomas Matthew Crooks, il avait 20 ans, et a été abattu par les tireurs d'élite des services secrets américains quelques minutes après avoir tiré sur Donald Trump.



On en sait un peu plus sur l'identité de l'homme qui a tenté d'assassiner Donald Trumpce samedi 13 juillet, en plein meeting du candidat à la Maison Blanche à Butler, Pennsylvanie. Vite abattu par les tireurs d'élite des services secrets américains, il s'appelle Thomas Matthew Crooks, comme vient de le révéler un communiqué officiel du FBI relayé par plusieurs médias américains, dont les chaînes CNN, NBC et CBS.

Tirs en plein meeting / blessé, Donald Trump évacué de scène par le Secret Service


Donald Trump meeting
Le Secret Service évacjuant Donald Trump 
Anna Moneymaker



Tirs en plein meeting: blessé, Donald Trump évacué de scène par le Secret Service


Donald Trump a été évacué en plein meeting à Butler, en Pennsylvanie, après une série de détonations. Le tireur a été « neutralisé ».


PAR Kahina Sekkaï
14 JUILLET 2024

Sur la scène de Butler, sous le soleil de Pennsylvanie, Donald Trump menait un meeting dans cet État clé jusqu'à ce que des détonations se fassent entendre. Sans attendre, le Secret Service a fait irruption sur scène, ses membres se sont jetés sur le candidat à la présidentielle pour le plaquer au sol et le protéger de ce danger encore non identifié. Les images, glaçantes, ont eu lieu samedi, alors que les chaînes de télévision retransmettaient en direct le meeting de campagne du républicain, candidat pour reprendre la Maison-Blanche à un Joe Biden dont l'état de santé inquiète jusque dans les rangs démocrates et ses alliés.

jeudi 22 août 2019

Jeffrey Epstein, un scandale américain











Donald Trump, Melania Knauss, Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell à Palm Beach, en février 2000. Davidoff Studios. Getty Images

Epstein, un scandale américain

Par Isabelle Hanne, correspondante à New York  11 août 2019 à 21:06

Le financier, qui attendait son procès pour exploitation sexuelle de mineures, dont lui et d’autres personnalités abusaient, a été retrouvé pendu, samedi, dans sa cellule new-yorkaise. Les circonstances de sa mort, présentée par la justice américaine comme un «suicide apparent», alimentent toutes les spéculations.

Scandale sexuel, pédophilie, grands noms de la politique et du monde des affaires qui surgissent au détour de documents judiciaires… L’arrestation début juillet de Jeffrey Epstein, et l’inculpation du riche financier américain de 66 ans pour exploitation sexuelle de mineures, promettait un procès retentissant pour les faits reprochés, le nombre de victimes présumées, et ses connexions avec les cercles d’élites. Mais il a été retrouvé pendu dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center à Manhattan (New York), au petit matin samedi.
Un «suicide apparent», selon un communiqué de la justice américaine, sur lequel enquête le FBI. Epstein est mort peu après dans un hôpital des environs. Au lendemain de la publication, par le tribunal fédéral de New York, de centaines de pages de documents, révélant de nouveaux détails sur l’affaire et les noms de plusieurs complices présumés. Il encourait jusqu’à quarante-cinq ans de prison.
Inculpé pour trafic sexuel de dizaines de jeunes filles mineures, Jeffrey Epstein avait plaidé non coupable et attendait depuis juillet en prison le début de son procès, prévu l’an prochain. Craignant une éventuelle fuite à l’étranger, le milliardaire possédant un jet privé et plusieurs résidences luxueuses (notamment une île privée aux îles Vierges et un immeuble à Paris), le bureau du procureur avait obtenu son maintien en détention.
Le 23 juillet, Jeffrey Epstein avait été retrouvé dans sa cellule avec des marques sur le cou, laissant croire à une possible tentative de suicide - Epstein aurait, lui, affirmé qu’il avait été agressé. Il avait alors été placé sous surveillance permanente dans le cadre d’un programme de prévention du suicide, avec évaluation psychiatrique quotidienne. Avant d’en être retiré seulement six jours plus tard, pour des motifs inconnus à cette heure.

«Des têtes doivent tomber»

Sa mort, douze jours après cette décision, met sous le feu des critiques la gestion, par le ministère de la Justice, des conditions de détention et de surveillance de ce type de détenus à haut risque. «La mort de M. Epstein soulève des questions graves auxquelles il faudra répondre», a reconnu dans un communiqué le ministre de la Justice, William Barr, se disant «effaré» par sa mort et annonçant une enquête interne, en plus de celle du FBI.
D’autres éléments troublants entourent la mort d’Epstein. Comme l’a révélé le New York Times dimanche, les gardiens de prison devaient jeter un œil à sa cellule toutes les trente minutes, mais la procédure n’a pas été suivie la nuit de sa mort. Les autorités pénitentiaires avaient récemment transféré son codétenu, laissant Epstein seul dans sa cellule après lui avoir retiré sa surveillance antisuicide. «Une décision qui contrevient à la procédure habituelle de la prison», écrit encore le New York Times.
«Vu la précédente tentative de suicide d’Epstein, il aurait dû être placé dans une cellule capitonnée et placé sous une surveillance constante, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Manifestement, des têtes doivent tomber», écrit le sénateur républicain Ben Sasse, membre de la commission judiciaire de la Chambre haute du Congrès, dans une lettre courroucée adressée à William Barr. Pour Ben Sasse, la mort d’Epstein «prive ses victimes de l’opportunité de le confronter dans un tribunal et de le voir tenu pour responsable de ses crimes». «Le département de la Justice a échoué, et les complices de Jeffrey Epstein pensent qu’ils vont pouvoir s’en tirer à bon compte»,lâche le sénateur.
Le financier américain était accusé d’avoir, au moins entre 2002 et 2005, fait venir de très jeunes filles, dont certaines seulement âgées de 12 ans, dans sa résidence de l’Upper East Side à New York, et celle de Palm Beach en Floride, pour «se livrer à des actes sexuels avec lui» contre rémunération, précisait l’acte d’accusation. «Afin d’augmenter son approvisionnement en victimes, Epstein a également payé certaines de ses victimes pour qu’elles recrutent d’autres filles, qui étaient à leur tour abusées», ajoutait la justice, pour qui le milliardaire avait «créé un vaste réseau de victimes mineures», avec la complicité de certains employés et associés.
La justice américaine s’intéressait également aux proches d’Epstein, qui fréquentait des sommités des milieux politiques, financiers, universitaires, de la mode et du divertissement depuis qu’il avait fait fortune dans les années 80 et 90. Dans ses carnets d’adresses, truffés des puissants du monde entier et épluchés par la presse, on trouve l’ancien président démocrate Bill Clinton, le prince Andrew ou encore l’homme d’affaires Leslie Wexner. Après avoir longtemps côtoyé Epstein, «un type génial avec qui on s’amuse bien», disait-il en 2002, le président Donald Trump avait affirmé récemment qu’il «n’était pas un grand fan» du financier.

Agissements et éventuels complices

Les plaignantes se retrouvent privées d’une confrontation au tribunal, qu’elles attendaient depuis plus de quinze ans. Inculpé pour des faits similaires en Floride en 2007, Jeffrey Epstein avait bénéficié l’année suivante d’un accord de plaider coupable très favorable. Le milliardaire avait accepté d’être inscrit au registre des délinquants sexuels, en échange d’une peine réduite et aménagée. Il n’avait passé que treize mois derrière les barreaux, avec l’autorisation exceptionnelle de pouvoir continuer à travailler, et donc de quitter la prison douze heures par jour, six jours par semaine.
«Nous devrons vivre avec les cicatrices de ses actes pour le reste de nos vies, alors que lui ne devra jamais affronter les conséquences des crimes qu’il a commis, la douleur et le traumatisme qu’il a causés à tant de personnes», a regretté dans un communiqué Jennifer Araoz, qui accuse Epstein de l’avoir violée après qu’elle a été recrutée devant son lycée de Manhattan en 2001. Le procureur fédéral de Manhattan a cependant promis samedi soir de poursuivre l’enquête sur ses agissements et ses éventuels complices.
Les conditions de la mort d’Epstein nourrissent, depuis samedi sur les réseaux sociaux, de nombreuses théories du complot et spéculations sur un possible meurtre du financier, détenu dans l’une des prisons réputées les plus sûres des Etats-Unis. «Arrêter la surveillance antisuicide du détenu le plus en vue du pays six jours après une tentative paraît vraiment une décision étrange», a par exemple tweeté le candidat démocrate à l’investiture pour 2020 Andrew Yang. «Comment une telle chose a pu se produire ? Jeffrey Epstein avait des informations sur Bill Clinton et maintenant il est mort», a posté le comique et commentateur conservateur Terrence Williams, pour accompagner une vidéo. Avant d’être retweeté par nul autre que le président des Etats-Unis, Donald Trump.
LIBERATION


DE OTROS MUNDOS

DRAGON

RIMBAUD

mercredi 25 juillet 2018

Stormy Daniels divorce de son mari


Stormy Daniels

Stormy Daniels divorce de son mari

Paris Match ||Mis à jour le 
La Rédaction avec AFP

Une procédure de divorce a été introduite la semaine dernière, a déclaré l’avocat de Stormy Daniels, l'actrice de films X engagée dans une bataille judiciaire contre Donald Trump avec lequel elle aurait eu une liaison.
Stormy Daniels, l'actrice de films X engagée dans une bataille judiciaire contre Donald Trump avec lequel elle aurait eu une liaison, va divorcer de son mari, a annoncé lundi son avocat. "Ma cliente Stormy Daniels et son époux Glen ont décidé de mettre un terme à leur mariage", a écrit Michael Avenatti sur son compte Twitter. Stormy Daniels avait épousé Glendon Crain en 2010 et le couple a une petite fille. "Une procédure de divorce a été introduite la semaine dernière, et son exactitude est fermement contestée", a ajouté l'avocat, suggérant que la demande a été déposée par Glendon Crain et sans en préciser les motifs.

Stormy Daniels

Agé de 41 ans, il est musicien et acteur de film X, selon sa page professionnelle Imdb. Il a été membre de plusieurs groupes de heavy metal et a accompagné à la batterie des artistes comme Katy Perry et Linkin Park, avant d'entamer une carrière porno en 2010 sous le pseudonyme de Brendon Miller. Selon les médias, il avait été arrêté en 2015 pour violences conjugales, mais la plainte a été retirée en 2018.

Donald Trump a toujours nié la relation

Le site d'information spécialisé dans les célébrités TMZ, rapporte que l'actrice âgée de 39 ans, qui se produit actuellement dans des boîtes de strip-tease, avait inscrit "non mariée" sur la fiche de police remplie après son arrestation dans un club de l'Ohio le 11 juillet. Stormy Daniels est devenue célèbre aux Etats-Unis quand elle a tenté d'obtenir en justice l'annulation d'un accord de confidentialité signé en 2016, dans lequel elle acceptait, en échange de 130.000 dollars, de garder le silence sur la liaison qu'elle prétend avoir eue avec Donald Trump en 2006.
L'accord a été passé juste avant l'élection de M. Trump en 2016, et l'argent a été versé par l'ancien avocat personnel du président, Michael Cohen. Donald Trump, qui a toujours nié cette relation, a par la suite reconnu avoir remboursé son avocat.
Stormy Daniels a aussi assigné Donald Trump en justice pour diffamation fin avril, renforçant sa bataille judiciaire avec le président.


samedi 17 février 2018

Face à Trump, l’arme du «je»





Face à Trump, l’arme du «je»

Par Daniel Schneidermann — 15 janvier 2017 à 17:36

Devant la trumpisation du monde, plus rien ne sert aux journalistes de se cacher derrière un «on» ridicule. Disons «je» au nom de la survie de notre métier.


J’ai pris une décision : je vais dire «je». Je ne l’ai jamais fait. Je le fais quand j’écris sur mon site, Arrêt sur images. Mais pas ici, pas dans Libé.Un vieux surmoi, hérité de la vieille presse. Un journaliste de l’ancien monde ne se met pas en avant. Ce n’est pas lui qui est intéressant ; ses états d’âme, le lecteur s’en fiche, le lecteur veut de l’information, de la vraie, de la sûre, de la solide, de la sourcée, c’est pour cela qu’il paie, voilà ce qu’on lui a appris à l’école, au journaliste de l’ancien monde.
Sauf qu’on voit bien que ce n’est plus vrai. La vérité, c’est que si le lecteur se fiche de quelque chose, c’est bien de l’information sûre. Ne dites pas le contraire. Les choses ont tellement changé depuis l’époque où on s’informait à la maison de la presse, depuis que le lecteur a muté en internaute. L’information sûre (si tant est qu’elle ait jamais été sûre), elle est maintenant en concurrence frontale avec la vidéo du copain, de l’ami, du collègue, avec le fake si rigolo. Et le lectonaute, ce mutant, va cliquer sur le titre appétissant, sur la photo affriolante, qui se trouve là, à portée de doigt, même plus la peine d’aller au kiosque pour se fournir, il est là, le people, le rebondissement, le chaton mignon, la golden shower, le doigt de Trump pointé sur le malheureux journaliste de CNN.
Le doigt de Trump. Je crois bien que c’est ce doigt de Trump refusant la parole au journaliste de CNN, lors de la première conférence de presse, qui m’a décidé à franchir le mur du «je». Ce journaliste de CNN, trois fois, tente de contredire le futur-homme-le-plus-puissant-du-monde, et il est réduit au silence par le doigt de Trump, se tournant alors, souverain, vers le confrère d’un journal trumpien. Il y avait eu bien des alertes depuis que le trumpisme montait. Je me disais qu’il pourrait éventuellement se calmer. Mais il ne se calmera pas. Le spectacle va continuer. Quatre ans, s’il n’est pas «impeaché» avant. Quel autre langage, pour traiter cette monstruosité, sinon envoyer valdinguer le vieux surmoi, se battre avec les armes de l’adversaire, ces armes que je ne voulais pas empoigner, un reste d’honneur, ou de formatage, allez savoir. Face à la trumpisation du monde, plus rien ne sert de se cacher derrière un «on» ridicule. Il n’y a plus de «on». Nos institutions s’effondrent, ou se sont déjà effondrées. C’est notre survie, qui est en jeu. La survie d’un métier. Même mis à mal par la presse des milliardaires, même majoritairement exercé de manière catastrophique, un métier, une mission. Les miens.
Je vais dire «je» parce qu’il faut bien faire quelque chose. Parce qu’on est dans l’ordre de la survie, là, nous autres les journalistes formés, formatés, parce que les seuls aujourd’hui dans le paysage, à faire vraiment du journalisme, ce sont les desperados à la Gaspard Glanz, le fondateur de l’agence Taranis News, qui vont filmer la castagne dans les manifs, et les migrants dans le grand froid sous les couvertures, et les policiers quand ils confisquent les couvertures des migrants, parce qu’il est là, le feu sacré, et qu’eux, oui, ils disent «je», personne ne leur ayant appris à l’école que c’était un gros mot.
Je vais dire «je», parce que je ne peux pas regarder fondre mon iceberg familier (solidarité, progrès, droits de l’homme, attention aux faibles, respect des minorités) comme si l’affaire ne me concernait pas, comme si je n’étais pas la grenouille ébouillantée qui s’aperçoit trop tard que le bocal se réchauffe à toute vapeur.
Je vais dire «je», parce que je ne peux plus rester de marbre, à regarder les commentateurs de BFM commenter le doigt de Trump comme un geste politique normal, oui il a été plutôt bon, plutôt présidentiel, fidèle à lui-même toutefois, comme si ça ne les concernait pas, comme s’ils n’y étaient pour rien, comme si ce doigt n’était pas tendu aussi vers eux, vers nous, vers moi.
Je vais dire «je» comme un gars qui aurait été dans le coma pendant un an, et refuserait d’en croire ses yeux.
Je vais dire «je» comme un pacifiste prend un flingue, la mort dans l’âme, quand les blés sont sous la grêle.




vendredi 16 juin 2017

Roger Waters déclare la guerre à Trump








Roger Waters 

déclare la guerre à Trump

Paris Match|
Roger Waters entourés d'une chorale d'enfants.Pierre Hennequin
Sur la scène du festival Desert Trip, fin octobre, Roger Waters a produit un show à la gloire des albums mythiques de Pink Floyd. Les prises de position anti-Trump du musicien ne furent pas du goût de tous.
Promis, c'était la seule et dernière fois qu'il donnerait ce show. Depuis son départ de Pink Floyd en 1984, Roger Waters bataille avec son passé. Pour Desert Trip donc, Roger a travaillé sur un spectacle total, à la gloire des albums mythiques de Pink Floyd. Lorsque les lumières s'éteignent, le public est d'abord bercé par une pulsation sonore. Le son en quadriphonie emballe la foule: les effets sonores tournoient dans l'air, avant que l'immense écran ne s'allume. «Speak to Me» et «Breathe» ouvrent ce show spectaculaire. Car, pendant les quarante premières minutes, on ne verra pas le groupe, encore moins Waters. C'est avant tout une plongée envoûtante dans une époque magique, les seventies sur lesquelles Pink Floyd a régné en maître.
Les fans deviennent fébriles aux premières notes de «Fearless», qui se transforme en plaidoyer pour les manifestations de Ferguson. «Si vous n'êtes pas en colère, c'est que vous ne faites pas attention», annonce l'écran géant. Et Waters se décide enfin à prendre la parole. «Ce show est pour tous les camarades, nos frères et nos soeurs, pour ceux aussi tombés à la guerre.» Galvanisé, il balance une bonne partie de l'album «Wish You Were Here», accompagné des visuels de l'époque, avant de lancer son arme secrète: des cheminées fumantes s'élèvent derrière la scène, qui se transforme, par le biais des écrans en Battersea Power Station, l'usine désaffectée qui servit pour la pochette de «Animals» en 1977.

"Pigs" est transformée en chanson anti-Trump

L'album est joué dans son intégralité, déroutant une bonne partie du public qui en profite pour fuir. «Pigs» est transformée en chanson anti-Trump, la plupart des déclarations polémiques du candidat républicain étant affichées sur l'écran, ainsi que sur un cochon volant à son effigie. Les spectateurs républicains ont déserté depuis longtemps, outrés par les prises de position de Waters. Ce dernier se réjouit d'une telle plateforme. «Je n'ai pas souvent l'occasion de dire ce que je pense. Je demande une fois encore que cesse l'occupation de la Cisjordanie», déclame-t-il sur fond de drapeaux palestiniens. La foule rugit aux premières notes de «Another Brick in the Wall, Part 2», sans se soucier des discours ronflants du musicien. «Comfortably Numb» vient éteindre les derniers feux nostalgiques de Desert Trip. Les rockers septuagénaires ont tous prouvé qu'ils avaient encore pas mal de choses à dire, ainsi qu'une légitimité à assouvir. Tous ont cherché à ne pas se laisser emprisonner dans leurs tours d'ivoire. Le festival pourrait sonner comme une conclusion parfaite à l'aventure du rock contemporain, qui irait de Woodstock à Desert Trip. Mais pour l'heure une seule chose est sûre: let's keep rocking...

vendredi 24 février 2017

José Fort / Donald Trump est-il fou ?

Donald Trump est-il fou ?

MARDI, 21 FÉVRIER, 2017
HUMANITE.FR
Photo : Joe Raedle/AFP
Photo : Joe Raedle/AFP
Une tribune de José Fort. « Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante. »
Cinglé, le président des Etats-Unis? Des psychiatres nord-américains posent publiquement la question. Plusieurs journaux, à l’instar du New York Times laissent entendre que l’homme serait dérangé. Il faut bien reconnaître que le personnage prête à ce genre d’interrogations : comportements étranges, approximations permanentes, sorties médiatiques souvent incompréhensibles, et un entourage recruté dans les mouvements sectaires. Trump, fou ? Telle n’est pas mon opinion.
Donald Trump n’est pas fou. Il est plutôt le reflet d’une partie de la société nord-américaine, celle de l’argent, du racisme, du sexisme, de la vulgarité, de l’ignorance, bref celle de la bêtise, comme celle que chantait Jacques Brel dont je retiens…
« Salut à toi dame bêtise,
Toi dont le règne est méconnu
Salut à toi dame bêtise
Mais dis-le moi comment fais tu
Pour avoir tant d’amants et tant de fiancés
Tant de représentants et tant de prisonniers
Pour tisser de tes mains tant de malentendus
Et faire croire au crétin que nous sommes vaincus. »
Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante.  Un projet accueilli favorablement par une partie des classes populaires qui rejettent pêle-mêle le multiculturalisme, les élites intellectuelles, politiques et économiques, jugées responsables de leur déclassement social et culturel. Les deux tiers des Américains blancs sans diplôme n’ont-ils pas voté pour lui ?
La perspective Trump, c’est aussi celle d’une vision conservatrice sur les mœurs et surtout très libérale en économie saluée il y a quelques jours par la Bourse à New York lorsque le Down Jones a franchi la barre historique des 20.000 points.
Trump n’est pas fou. Il s’attaque à l’étranger avec papier ou pas, aux droits des femmes, aux homosexuels, à la presse. Il flatte les plus bas instincts. Il y a chez lui comme une combinaison des pires caractéristiques de Silvio Berlusconi et de Marine Le Pen.
Sans aucun doute, il est mégalo. La Trump Tower, le steak Trump, le parfum Trump, le jeu de société Trump, l’empire immobilier Trump, les casinos Trump… L’amour de Trump pour son nom est incommensurable. Mais on a vu d’autres originaux à la Maison Blanche. Le trait de personnalité y est si commun que des psychologues ont classé en 2013 les présidents en fonction de leur trouble narcissique.
A défaut d’être considérés comme fous, de nombreux présidents peuvent au moins être qualifiés d’excentriques. Exemples : Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) avait deux alligators en guise d’animaux de compagnie. Son prédécesseur, Calvin Coolidge (de 1923 à 1929) occupait la Maison Blanche avec deux lions, un raton laveur domestiqué et Billy, son hippopotame pygmée. Trump, lui, a ses évangélistes et ses voyants illuminés.
On va vite s’apercevoir que la vision de Trump et de son équipe c’est comme un puzzle qu’ils mélangent et dont risque de sortir le pire. Car il y a une logique dans les tweets et les interviews de Trump. Cette logique ne se limite pas aux attaques contre la presse. Elle vise surtout le financement de la santé, les services publics, en préservant les impôts des plus riches. Bref, une logique de violente politique de classe à la manière de la mafia : en tirant sur tout ce qui peut résister à l’entreprise Trump. On voit pour l’instant le dessus de l’iceberg alors qu’il s’agit d’un projet dont on ne connaît pour le moment… que le brouillon.

L´HUMANITÉ

José Fort
José Fort est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité.