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dimanche 21 avril 2019

"Houellebecq et les Inrocks", épisode 8 / Entretien croisé avec Emmanuel Macron : “Je ne crois pas au référendum permanent”




"Houellebecq 

et les Inrocks", 

épisode 8 : entretien 

croisé avec 

Emmanuel Macron : 

“Je ne crois pas 

au référendum 

permanent”




Par Anne Leffeter
03/01/19 11h12

Décidément, Michel Houellebecq a toujours eu du flair pour pressentir l’époque. En mai 2016, alors que personne n’aurait parié sur Macron pour la prochaine présidence, il avait souhaité le rencontrer, intrigué par le caractère transgressif du personnage.



Les Inrockuptibles lancent une nouvelle série consacrée aux figures emblématiques suivies par le magazine. Premier artiste mis à l'honneur : Michel Houellebecq. Un choix qui paraissait évident, l'auteur et les Inrocks partagent une histoire commune : depuis la critique de son premier roman jusqu'à son entretien avec Emmanuel Macron, en passant par sa playlist labellisée ou la critique de son dernier ouvrage.



Pour le huitième épisode de la série "Houellebecq et Les Inrockuptibles", nous republions une interview datant de mai 2016. Michel Houellebecq, alors que personne n’aurait parié sur Macron pour la prochaine présidence, avait souhaité le rencontrer, intrigué par le caractère transgressif du personnage.



Macron et Houellebecq


Manu – Tu m’interviewes ou je t’interviewe ?
Michel Houellebecq – Un peu les deux.
Manu – Je ne sais pas ce que tu penses de la politique, mais j’imagine que c’est assez noir.
Michel Houellebecq – Pas si noir que cela. Je pense qu’il y a une crise de la représentation politique, mais c’est une crise prometteuse qui peut déboucher sur des changements positifs. Je vais me situer : je n’ai jamais souhaité déléguer mon pouvoir de faire les lois, donc je n’ai jamais voté aux législatives. Par contre, j’ai déjà voté aux municipales. Si la présidentielle avait moins de signification politique, je voterais volontiers à la présidentielle. En résumé, je suis pour le référendum d’initiative populaire comme unique moyen de changer les lois. Mais cela ne s’arrête pas là : la population devrait également voter le budget. Chacun sait combien il a envie de donner à la police, à la santé, aux entreprises, à l’armée, à l’Education nationale. Il suffirait de faire la moyenne.
Manu – Contrairement aux idées reçues, Michel Houellebecq est pour réduire drastiquement le budget de l’Education nationale et augmenter le budget de la SNCF ! (rires) Je sais qu’il adore les gares et les trains et je pense qu’il a un traumatisme profond avec les profs.
Michel Houellebecq – L’Education nationale ne m’a pas apporté grand-chose parce que je n’ai pas bien écouté. En revanche, je trouve important que l’ensemble du territoire français soit correctement desservi, même si c’est un peu déficitaire.
Manu – Plus sérieusement, pour que les Français puissent discuter le budget, il faudrait une démocratie de discussion permanente. La représentation nationale est un principe d’organisation plus simple qui évite l’écueil du problème athénien : la difficulté d’organiser la démocratie directe. Je sais que tu as une idée précise sur ce qu’on devrait affecter aux gares et aux trains, mais la moyenne des préférences risque de te rendre aussi malheureux que celui qui voudrait tout affecter à l’Education nationale.
Michel Houellebecq – Je suis souvent en désaccord avec la majorité mais j’ai un vrai respect pour son vote. J’ai juste envie d’être consulté directement. La Suisse, un des seuls pays où c’est le cas, ne marche pas si mal.
Manu – C’est un pays qui n’est pas comparable, où la politique n’a pas du tout la même densité qu’en France. Les Français surinvestissent le politique mais il y a un malaise démocratique. Il est consubstantiel à la démocratie. Une partie de ce malaise vient de l’ambiguïté de notre relation aux politiques. Contrairement à ce qu’on peut imaginer, leur rôle n’est pas pour moi de promettre intensité et bonheur mais de donner un cadre où les citoyens peuvent s’émanciper et acquérir leur autonomie.
“Pour la présidentielle, je ne pourrais choisir que quelqu’un qui a fait ses preuves. Dans cette optique, un ex-Premier ministre serait le mieux, ou éventuellement un maire d’une grande ville.” Michel Houellebecq
Michel Houellebecq – Le problème viendrait du fait que les politiques promettent le bonheur aux gens ?
Manu – En partie, oui, puisque de nombreux politiques vivent de cette ambiguïté, alors qu’aucune organisation politique ne peut faire le bonheur des gens malgré eux.
Michel Houellebecq – Je suis entièrement d’accord. On ne peut promettre ni prospérité ni bonheur. Je ne demande pas cela à un Manu, mais plutôt d’être un bon chef, un chef des administrations et aussi des armées : il ne faut pas oublier les armées, je n’ai jamais pensé que le temps des guerres était dernière nous. Enfin, quelqu’un en qui je puisse avoir confiance en cas de grosses difficultés. Mes expériences professionnelles ont été importantes dans ma conscience politique, elles m’ont appris qu’il suffit parfois de changer de chef pour que tout aille mieux. Pour la présidentielle, évidemment, je ne pourrais choisir que quelqu’un qui a fait ses preuves. Désolé de te dire cela, mais dans cette optique, un ex-Premier ministre serait le mieux, ou éventuellement un maire d’une grande ville. Mais il peut se faire qu’aucun des candidats avec ce parcours ne soit satisfaisant : on peut avoir été un mauvais ex-Premier ministre. Dans ce cas, avoir exercé un ministère important pourrait faire l’affaire.
Manu – Je ne suis pas convaincu par le référendum permanent. Il faut de l’horizontalité dans l’élaboration des décisions, mais je crois aussi à la verticalité des formes de prises de décision. Il n’y a pas d’organisation humaine sans reconnaissance d’une forme d’autorité. C’est la grande question sociale et politique de 1968 : quelle est la forme légitime d’autorité ?
Michel Houellebecq – Demander son avis à tout le monde a un côté assez sain. Cela ne peut que renforcer le sentiment d’appartenir à une communauté. On ne parle de référendum que pour des sujets dits sociétaux, comme la corrida ou l’euthanasie. Cela devrait concerner à peu près tous les sujets. Le rôle des partis devrait tendre à diminuer et le rôle des groupes de pression, des associations, à augmenter.
Manu – Tu voudrais de l’horizontalité permanente… Je crois plutôt aux méthodes telles que les conférences de consensus, qui permettent aux meilleurs experts de former des citoyens pour que ces derniers puissent faire des propositions en pleine connaissance de cause. Je crois en effet à la conscience éclairée. Après, l’Etat ne doit pas légiférer à chaque problème, chaque émotion collective. Cette névrose politique fait de l’Etat une structure politique hyper-maternante.
Michel Houellebecq – On légifère trop, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que l’utilisation de l’émotion collective est déplaisante, je ne demande pas au Manu de se rendre sur les lieux d’une catastrophe et de faire son compatissant. Moi aussi, je suis compatissant, et alors ? Sur la verticalité des formes de prises de décision, en cas de guerre, il n’y a pas besoin de consulter la population. L’objectif est clair et consensuel : il est – si possible – de la gagner. Dans ce genre de contexte, une relation verticale s’installe naturellement si le chef est bon.
Manu – Actuellement, nous avons bien d’autres priorités qui justifient de ne pas mettre en œuvre un seul de tes référendums. Si aujourd’hui on organise une consultation populaire sur l’euthanasie, la majorité des Français va penser : “Ces dingos n’ont rien d’autre à faire.” Pour avancer sur la question de l’euthanasie, il faut d’abord créer un consensus démocratique, et je ne suis pas sûr qu’on l’obtienne avec un référendum. Le dernier grand référendum, celui de 2005 sur la Constitution européenne, a été un traumatisme profond en deux temps. Les électeurs ont d’abord rejeté une Europe libérale dans laquelle ils ne se reconnaissaient plus. Et Nicolas Sarkozy n’a pas respecté leur décision ensuite.
Michel Houellebecq – C’est une des choses qui lui ont été fatales. Je fais partie de ceux qui n’ont pas pardonné.
Manu – Tu avais voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 ?
Michel Houellebecq – Non, je n’avais pas voté.
Manu – Malgré tout, tu ne lui as pas pardonné ! Tu es vraiment un électeur vindicatif : tu n’adhères pas au début du projet mais tu ne pardonnes pas les erreurs. (rires)

A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq


A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq

Le romancier a été décoré chevalier de la Légion d’honneur, jeudi 18 avril, par le chef de l’Etat, en présence notamment de Nicolas Sarkozy.

Par Olivier Faye Publié le 19 avril 2019 à 12h01

Il est sorti de l’Elysée à côté de sa femme, la cigarette aux lèvres et le pas léger, un peu comme si la gloire républicaine le faisait flotter sur le gravier de la cour d’honneur. Michel Houellebecq a été décoré, jeudi 18 avril, chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction que le romancier a accueillie devant une petite trentaine de convives, dûment sélectionnés par ses soins.

dimanche 5 août 2018

L’Europe doit repasser à l’atelier / Tout ce qui est possible n’est pas nécessairement ni souhaitable ni permis


Martin de Vos. 'The Rape of Europa'

L’Europe doit repasser à l’atelier

Tout ce qui est possible n’est pas nécessairement ni souhaitable ni permis

29 JUIN 2018, 

« Décidément, en ces temps de crise,
le mensonge des uns et l’aliénation des autres
se portent toujours aussi bien [1] »
Depuis des décennies, l’Europe continue à jouer la cigale, tandis les fourmis laborieuses n’ont jamais cessé le travail. 2018 semble réveiller la bise hivernale sur notre continent. Mais personne ne semble encore oser le dire…
Ces lignes ne sont pas contre la « globalisation », comme voudront sans doute le prétendre ceux qui n’ont pas intérêt à voir clarifier la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui nos sociétés. Car cela n’a pas de sens d’être « pour » ou « contre » la globalisation. La globalisation est une donnée, conséquence des moyens technologiques au stade de développement atteint. Elles ne sont pas davantage contre le libre marché, une des formes d’organisation de l’économie qui n’est pas incompatible en soi avec les droits fondamentaux des citoyens. Mais elles sont contre la régression à l’état de nature. Face à ces deux paramètres, d’une part la globalisation qui nous est imposée par l’état de développement de l’humanité sur notre planète et de l’autre le libre marché qui depuis bientôt trois siècles fonde l’organisation de nos démocraties, il est urgent de restituer aux choix une place centrale dans le développement de notre société. Il est urgent de prendre en compte que tout ce qui est possible n’est pas nécessairement ni souhaitable ni permis.
L’homme aujourd’hui a non seulement le privilège de pouvoir choisir, mais il a aussi le devoir de le faire. En ce siècle de progrès de notre civilisation occidentale, d’économie de marché, de globalisation, nous devons choisir ce que nous en retenons, ce que nous adoptons, ce que nous rejetons, ce que nous adaptons. Nous devons choisir à quel rythme et de quelle manière nous procédons. L’objectif : maintenir la cohérence entre nos valeurs, celles que nous retenons parmi celles dont nous avons hérité, et ce qui est possible, une cohérence non seulement pour une élite mais pour l’ensemble des citoyens, égaux en droits comme le prescrit le concept même de démocratie.
Il s’agira d’éclairer les enjeux et d’identifier les défis qui se pressent à nos portes en Europe et de chercher à répondre à cet appel de Jacques Delors en 2003, il y a plus de quinze ans, lorsque se faisaient jour les premières réticences des citoyens à l’encontre de la construction européenne, un appel manifestement resté sans réponse jusqu’à ce jour : « Nos sociétés sont complexes et fragiles. Quelles sont nos forces ? Quels sont les dangers ? Comment pouvons-nous définir notre vision ? Comment agirons-nous ? Les réponses ne sont pas simples. Nos citoyens veulent comprendre et participer plus largement à la gestion des affaires du monde. Ayons le courage de dialoguer et de parler honnêtement et franchement ».
Les « Traités Européens » qui se succèdent, et les crises successives qui les emportent ont à tout le moins le mérite d’avoir réveillé le citoyen européen assoupi, alors que le monde se bouleverse sous ses yeux trop souvent indifférents. Un sommeil dont la dure réalité le réveille aujourd’hui : avec la conscience que son univers ne se contrôle plus de l’intérieur de ses frontières, que d’autres acteurs sont aujourd’hui entrés sur la scène internationale : l’immigration de l’autrefois lointain « tiers monde », l’énergie russe, les produits et à présent les capitaux chinois, indiens, …. L’européen a perdu ce beau rôle de protagoniste incontesté de la planète, même si personne n’ose encore le lui dire.
Depuis vingt ans, l’Europe sombre dans la décadence, mais personne ne semble l’avoir remarqué. Comme, en Occident, personne n’avait remarqué l’effritement de l’Union Soviétique, la montée en puissance de la Chine, le ressentiment des peuples musulmans qui pendant des décennies ont dû contempler l’Occident et le servir sans pouvoir participer à sa croissance et à son développement. Et ce jusqu’au 11 septembre 2001 : le monde, alors, a fait mine d’être surpris. On sait aujourd’hui que c’est dans nos sociétés que se nichaient les ingrédients de l’explosion. Les « terroristes » d’aujourd’hui sont, pour la plupart nés et ont grandis dans nos quartiers. Mais il était plus commode de continuer à ronronner, fort d’une superbe acquise et maintenue depuis plus de cinq cents ans.
C’est pourtant à ces défis internes qu’il aurait fallu répondre. Mais on pensa plus simple de repartir à la chasse d’un ennemi externe. Fut-ce au mépris de nos propres valeurs, celles qui qualifient notre identité et nous donnent la fierté de la défendre… Depuis lors, plus personne ne semble encore savoir ce qu’il reste à défendre. L’enseignement chavire de toutes parts. L’idée de justice se confond aujourd’hui avec des procédures qui échouent à en sauver le sens et la substance. La démocratie se mimétise en institutions faites de clientélismes et de soumission aux pouvoirs, sinon occultes, qui perdent chaque jour un peu plus de leur représentativité, se dépouillant ainsi à la fois de sens et de légitimité.
Drogues et sectes font une percée toujours plus fulgurante pour remplacer la religion judéo-chrétienne qui fonde nos valeurs. Les intégrismes de tous genres, politiques (totalitarismes de droite aujourd’hui, de gauche peut-être demain, …), économiques (totalitarisme du capitalisme sauvage) et religieux (totalitarismes islamiques qui détruisent cette civilisation millénaire, …) se développent en parallèle. Les clans se forment, des clubs se referment et explosent leur violence contre d’imaginaires ennemis, fut-ce l’équipe adverse de football ou la bande de la place de l’autre côté du coin.
Quant à l’Union Européenne, en renonçant à énoncer ses racines historiques judéo-chrétiennes, elle renonce à son histoire au risque de renoncer aussi à ses symboles. Puisque les guerres se gagnent, plus que par les armes, d’abord par la volonté de vaincre, l’Occident est aujourd’hui désarmé. Et les peuples de l’Europe, ceux qui protestent contre les textes des Traités mais vainement jusqu’à ce jour, ne sont pas dupes. Cependant, ils ne savent pas comment se faire entendre de leurs « autorités », parce que ces dernières ne sont plus « leurs représentants », mais ceux de lobbies idéologiques, économiques, nationaux, régionaux et internationaux qui n’ont que faire du citoyen qui refuse de se « ranger » sous leurs bannières contrastées mais toujours bien ordonnées. … Adieux progressifs à la liberté de pensée, d’expression, d’association, comme le démontre chaque jour davantage ce quatrième pouvoir abandonné par la presse dans la plupart de nos Etats dits « démocratiques ».
En conséquence, dépourvus de portes paroles et ne sachant comment agir, les citoyens se replient sur leur quotidien. Un quotidien toujours moins satisfaisant : moins d’argent, moins d’emplois et surtout des emplois de moindre qualité, moins de temps disponible, moins de relations humaines, moins de sécurité personnelle et existentielle. Car la peur du lendemain, la peur physique, la peur matérielle, la peur existentielle s’est introduite dans les familles.
C’est dans ce contexte qu’explosent à présent de toutes parts nationalismes et séparatismes. Si l’Union Européenne transforme en puits sans fond le déficit démocratique que depuis bientôt trente ans elle échoue à combler, si elle ne sait pas se réorganiser pour rendre compte des volontés et des intérêts de citoyens égaux en droits comme le prescrit la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, elles est inexorablement destinée à imploser.
Un bilan accablant pour notre civilisation, et nos valeurs, occidentales, s’il ne trouve pas réponse substantielle dans les années qui viennent. En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard. C’est donc sur cette voie, à la suite de Tocqueville, que ces lignes voudraient vous engager :
« Ayons donc de l’avenir cette crainte salutaire
qui fait veiller et combattre,
et non cette sorte de terreur molle et oisive
qui abat les cœurs et les énerve ».
L’état des lieux suivra. Cherchons à « parler honnêtement et franchement », pour stimuler la réflexion. Reste à présenter au débat un ensemble de choix pour « une Europe des citoyens et pour les citoyens », encore toute à construire.
[1] Delbovier Marc (économiste et sociologue), « La danse du scalp a commencé », La Libre Belgique, Bruxelles, 25/6/08.




samedi 4 août 2018

Le soleil décline à l’Ouest et se lève à l’Est / L’Europe doit repasser à l’atelier




Le soleil décline à l’Ouest et se lève à l’Est

L’Europe doit repasser à l’atelier

29 JUILLET 2018, 

En Europe occidentale, notre génération n’a pas connu la guerre. Elle a grandi dans ces années de progressive abondance, les années soixante avec la révolution culturelle de mai 1968, celles des soixante-dix gonflées par la force des syndicats revendiquant un bien être toujours croissant, la décennie suivante, celle des « golden boys », où tout semblait devenir possible et permis.
L’idée que demain, en Europe, nous pourrions devenir moins riches qu’aujourd’hui, que nos enfants pourraient vivre moins bien que nous avons vécu, nous semblait donc impossible. Et pourtant aujourd’hui, chacun prend peu à peu conscience que c’est non seulement tout à fait possible, mais que nos sociétés glissent sur la pente. Si on continue à gouverner l’Europe comme on le fit ces trente dernières années, la tendance deviendra irréversible : des années de déclin pour notre continent, bien que personne n’ose l’affirmer. De fait, la plupart de nos gouvernants usent de tous les moyens pour s’efforcer de le cacher.
Regardons un instant en arrière. Depuis 1960, on nous dit que le monde est en progrès constant, que la démocratie finira, grâce au libéralisme, par s’imposer partout sur la planète. On nous dit qu’avec l’ouverture des frontières, notre espace économique s’agrandira sans cesse et nous fournira les marchés nécessaires à une croissance économique qui ne s’interrompra plus.
Le choc pétrolier de 1973 ne suffit pas à ébranler le rêve. Les années’80 virent le sommet de ces croyances : avec l’argent facile des yuppies (young urban people) gagné en bourse, avec des salaires croissant à toutes voiles au rythme des déficits budgétaires des Etats, avec un exode des habitants vers les villes et les mises en jachère des campagnes désertées de leurs cultures alimentaires et industrielles au profit d’importations à coûts toujours plus bas. Bref, une croissance dopée qui a offert à l’Occident ses années d’or et l’illusion de pouvoir plier à ses volontés, et dominer ainsi encore longtemps, la scène internationale.
A la fin du deuxième millénaire, les Etats-Unis finissaient de dominer le monde en creusant de plus en plus profondément un déficit budgétaire, commercial et interne qui lentement sapait les fondements de leur empire. Ils dominaient militairement la planète. Ils apportaient quatre cinquième des ressources opérationnelles à l’OTAN et, avec elles, y emportaient le réel pouvoir de décision. Ils dominaient notre planète indirectement, de manière toujours moins occulte, via un réseau de satellites prenant souvent la forme de dictatures locales, sur l’ensemble du continent latino américain et jusqu’au cœur de l’Asie (l’Iran, et les « guerres régionales », l’Irak, l’Afghanistan …), sans négliger les frontières alors encore externes de l’Europe : la Grèce, l’Espagne, le Portugal.
En 1973, personne n’avait accordé beaucoup d’attention à l’ouvrage paru à Paris chez Fayard d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine s’éveillera ». A cette époque, l’Inde était encore le pays de l’esclavage économique, écrasé sous la pauvreté. Après quelques tumultes, le monde arabe échangeait le droit de maintenir la dictature des plus riches en livrant un pétrole à bon marché à ses partenaires occidentaux, si hospitaliers pour leurs avoirs réfugiés dans les banques occidentales. Partenaires inoffensifs, jusqu’à ce coup de tonnerre, dans un ciel apparemment serein, que porta El Qaeda en 2001 contre les Tours Jumelles de New York, une manifestation ouverte de ces pouvoirs induits accompagnant les richesses réfugiées en ces murs.
Dans les années’80, la Russie cachait encore aux opinions publiques un empire qui craquait de toutes parts. Pendant ce temps, dans l’ombre et sous la houlette d’économistes américains bien intentionnés, des équilibres se reformaient. La nomenclatura communiste préparait, avec celles de l’Occident, son avenir personnel, au détriment de l’ensemble de ses populations. Dès 1983, sinon plus tôt encore, alors que l’empire communiste se montrait toujours des plus respectables, des oligarques prenaient accords avec des partenaires occidentaux pour organiser discrètement ce qui s’avéra un vol colossal des capitaux d’Etats, ceux qui dans leur fuite vers l’Occident feront la ruine des populations de cet empire disloqué.
Ce raz de marée de liquidités illégitimes se manifeste, et ce déjà depuis plus de trente ans, par cette infiltration dans les replis de nos économies occidentales de « forces » et de « puissances » toujours plus difficiles à identifier et dès lors à maîtriser, qui sont loin de cultiver une quelconque démocratie politique et économique.
Les guerres régionales dans les Balkans, dans le Caucase, en Afrique, le « terrorisme interne » dans nos démocraties européennes avec ses séries d’attentats meurtriers et jamais expliqués à la fin du siècle dernier (principalement mais non seulement en Italie, en Belgique, en Allemagne), et ces dernières années en Espagne, en France, en Belgique, en Grande Bretagne, en Allemagne et ailleurs, … dessinent les profils de ces nouveaux équilibres. A l’insu de tous, en Europe et ailleurs, jusqu’aujourd’hui.
Ce n’est que grâce à la magistrature italienne, qui a eu le courage de mettre en lumière les rapports de forces qui s’affrontent depuis près d’un demi siècle par des attentats faisant nombre de victimes innocentes, étrangères au conflit qui leur ôte la vie, que l’on peut commencer à donner noms et visages à ce phénomène que certains semblent, jusqu’à ce jour, trouver avantage à occulter. Les attentats « islamistes » du 22 mars 2016 à Bruxelles et cette course sans fin et sans succès pour identifier les « tueurs du Brabant Wallon » dans années’80 qui s’est réveillée ces derniers mois, démontrent à nouveau les récents soubresauts du « monstre », en Belgique, au cœur de l’Europe et des ces réseaux.
La chute de l’empire soviétique en 1989 semblait pourtant annoncer la montée en puissance de l’Europe. La Communauté Européenne s’apprêtait à célébrer ses ambitions de grand marché unique (1992), et promettait à ses citoyens une suprématie européenne pacifique qui profiterait à tous, citoyens et partenaires aux quatre coins de la planète. Un avenir souriant qui devait se fonder d’une part sur « l’attrait de la démocratie », et de l’autre sur une « avance technologique » de l’Europe sans fin prévisible.
Pour ce qui concerne l’attrait de la démocratie, il fonctionna de fait, mais à contre sens. Plutôt que de porter la démocratie dans les Etats du tiers monde, ce sont les peuples du tiers monde qui ont commencé à rejoindre les démocraties européennes. Les incitants ? D’une part, ces pillages des ressources locales dans leurs pays d’origine qui, après la décolonisation, ne firent que s’accélérer au rythme de la corruption de dirigeants locaux par les multinationales et autres puissances économiques occidentales, non sans désertifier les terres au passage. De l’autre, le développement de puissantes multinationales du crime qui suivirent les mêmes voies pour exporter cette nouvelle marchandise à bas prix que sont devenus les êtres humains abandonnés du développement. Une marchandise très appréciée pour améliorer les marges de profits et alimenter l’évasion fiscale qui découle de l’illégalité, par ces mêmes groupements économiques, petits et grands, dans des marchés de plus en plus concentrés, coalisés et en mal de concurrence.
Quant à notre suprématie technologique qui ne devait pas avoir de fin, de même que l’Occident avait ignoré le présage du choc pétrolier de 1973, au même moment, il faisait peu de cas de l’explosion économique du Japon construite à l’époque sur l’espionnage industriel. Il s’agissait alors d’un allié de quelques millions d’habitants et personne n’y vit le présage de ce qui se passerait si les deux milliards d’habitants de la Chine et de l’Inde réunies se mettaient en tête de copier un même modèle de développement. Une idée d’ailleurs inconcevable pour un européen. Personne en effet ne concevait que le développement technologique (puisse aller de pair avec une absence de démocratie. Et il allait de soi que cette dernière était un privilège qui appartenait par nature à notre Occident.
On ne sait d’ailleurs sur quoi se basait cette idée de prééminence intellectuelle. L’Occidental se pensait-il, par nature, plus intelligent que les autres humains de la planète ? Où se pensait-il seul capable d’accumuler et de concentrer les richesses indispensables à la recherche ? Au début de ce siècle, le renversement des équilibres économiques au profit des matières premières lui donnèrent tort. Se voyait-il seul détenteur des libertés propres à cette démocratie, considérée indispensable au développement technologique ? Dans ce domaine aussi, la protestation des peuples contre des gouvernants clientélistes et donc totalitaires (les miens au détriment des vôtres, même si les vôtres sont meilleurs, et d’autant plus, car ils risquent de menacer mon pouvoir) démontre que la recherche, l’innovation et la technologie ne sont plus en situation de faire la force dans nombre de nos Etats sclérosés.
Observons que l’Allemagne semble jusqu’à ce jour (mais pour encore combien de temps) s’etre attachée à faire exception à telle décadence, ce qui explique le pouvoir qu’elle en retire au sein de l’Union Européenne. L’instruction supérieure ne suffira plus pour protéger les futures générations occidentales. Indonésie, Chine, Inde … ont plus que doublé les inscriptions à l’université dans les années ’80 et ’90. De 2001 à 2006, les engagements dans le secteur de l’information aux Etats-Unis avaient par contre diminué de 17 %, et dans les secteurs de la comptabilité et de la programmation informatique, respectivement de 4 et 9%.
L’offshoring est l’exemple par excellence de la manière dont les entreprises se procurent avantages absolus, en combinant le capital et la haute technologie avec une main d’œuvre à bas prix. Elles perdent ainsi, dans un même mouvement, le pouvoir sur leur propre développement.

Docteur en Sorbonne (Paris, FR), diplomate belge en poste à Bruxelles, Paris et Sofia, Conseiller d’Ambassade à Oslo, au Département Recherche du NATO Defense College, au Centro Militare di Studi Strategici du Ministère Italien de la Défense (CEMISS), Membre suppléant du Conseil Supérieur de la Justice (Bruxelles), Membre du Laboratoire BRICS de EURISPES (IT). Membre du comité scientifique du Centro di Studi Strategici, Internazionali e Imprenditoriali (Université de Florence, IT).




lundi 15 janvier 2018

La loi sur la réconciliation en Tunisie / Un projet pour l'économie et la finance


Drapeau de la Tunisie

La loi sur la réconciliation en Tunisie

Un projet pour l'économie et la finance

19 MAI 2016, 
HOUSSEM EDDINE BOUCHIBA

Le mouvement «ne sera pas pardonner», formées après l'annonce de la nouvelle loi sur la réconciliation économique et financière, proposées par le Président de la Tunisie Beji Caid Essebsi qui, le 20 Mars, et adopté par le gouvernement tunisien dans 14 Juillet , et l'a soumis au Parlement pour approbation, et rejeté par les organisations de l'opposition et non gouvernementales et des organismes, et les partisans ont qui ont refusé le droit, scandant «Non à la réconciliation avec la corruption» et «pas ... ne pardonnera pas», avertissement de la loi, qui lui le désir submerger au blanchiment corruption et l'impunité punition, et l'incapacité à assurer répéter les crimes de corruption, mais encourage plus de corruption.
Ministre Directeur du Cabinet présidentiel la satisfaction et offre le pèlerin à l'avant-garde des événements, tandis que participé à un séminaire organisé par Dar Al-Sabah à la fin de Août dernier, pour défendre le projet de la présidence sur la réconciliation économique et financière. Il a dit que le texte juridique a été mis en avant pour le succès de la justice transitionnelle dans le domaine des violations financières chemin, et d'améliorer le climat des affaires et encourager l'investissement et le règlement des positions en cours et de la mobilisation des ressources de l'État en devises fortes.
La contraction de la situation économique en Tunisie a des causes externes tels que la conjoncture économique internationale, y compris l'investissement étranger ... mais il lié ainsi que les facteurs internes, y compris la situation économique affecté par la «contraction» et le personnel de la haute direction et les investisseurs tunisiens.
Il a été constaté que les poursuites judiciaires pour des milliers d'employés publics pendant 5 ans plus faible rapport coût-efficacité de gestion et de personnel et de réduire les chances de l'initiative ont ils notent que leurs collègues «exposés à Herslh» seulement contrats Tochirehm ou des opérations de conférencier ou Aamadaihm dans le contexte de la responsabilité administrative et conformément aux instructions qui leur qu'ils ne volent pas n'a pas obtenir des pots de vin ... et ceux-ci leur sont applicables chapitre 2 du projet de loi sur la réconciliation économique.
On estime le nombre total de ces hauts fonctionnaires et anciens fonctionnaires de l'administration qui Reconciliation Act Ciecmlhm d'environ 7 mille employés Sam et de la recherche nationale et régionale responsable et continu et se glisser leur liste. Et chacun d'eux aucun d'entre eux a été impliqué dans la corruption et la corruption, mais ils sont vulnérables aux conséquences dues à l'application des instructions politiques et administratives et leur appliquer le chapitre 96 ... estimation de la considérées «défendeurs» 300 et le reste «Témoins» enquête ouverts avec eux et de faire évoluer ... Certains de ceux qu'il agit comme signature les contrats ou les procès-verbaux des réunions et certains à seulement témoins ... et la plupart d'entre eux dans les ministères de la propriété de l'Etat et le ministère premiers signés ou ont participé à la rédaction de contrats. En raison de ces poursuites, qui comprennent les collègues sont actuellement peur de toute initiative et contribuent à la «paralysie» de gestion qui se reflète négativement sur le développement et les opportunités d'investissement et de l'épargne, de l'emploi et le développement régional.
Le personnel de Rien à voir avec le personnel pour ceux qui pourraient augmenter «qui ont bénéficié» ou accusé de corruption et couvert par le chapitre III du projet de loi sur la réconciliation économique comme les hommes d'affaires «bénéficiaires» et qui ouvrent la porte de leur projet et de statut juridique que le règlement par voie financière de magistrat juridique ... et le statut de celles-ci diffèrent du statut de la famille de l'ancien président Ben Ali qui a confisqué leurs biens et ils ont un fichier spécial.
Pour ceux qui ont violé la «Exchange Act» et ils ont des soldes bancaires illégales et des biens non autorisé à l'étranger, a été affecté par les chapitres 7 et 8 du projet de loi pour cette catégorie de toute entreprise qui ont des intérêts et des biens et de l'argent illégalement à l'étranger ... Nous croyons que l'adoption d'une loi pour régler leurs positions contribueront au climat de confiance revenue et les flux de fonds à la Tunisie et le retour des investisseurs à investir dans leur pays.
En revanche, l'universitaire Hussein Alrmela dit un membre éminent du Front populaire, il a été choqué du projet de loi de réconciliation, parce que la structure a été nécessaire dans 3 ou 4 axes des réformes à travers lequel les gens se sentent un réel changement au bout de quelques années. Soit vous avez le droit de pardonner au «corrompus», ces modèles seront un mauvais exemple pour le reste du personnel valadarh nécessité tunisien aujourd'hui à la révolution de frapper la bureaucratie du système pour assurer que le système de corruption de non-retour, parce que la tyrannie dépend de la bureaucratie, la corruption et l'octroi de privilèges à ceux qui appliquent les instructions.
Toutes ces données nous font soulignons que le projet de loi de réconciliation est sorti de son contexte. Ensuite, il ne comprenait pas certains des chiffres, par exemple, nous rend confiants de réduire le déficit budgétaire de 40 pour cent et d'autres, qui peuvent nous conduire à accepter, malgré nos réserves.


Je suis âgé de 26 ans, blogueur et journaliste, doctorant et chercheur en civilisation (Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis). Trainer en rédaction technique "Digital Media", je suis également formateur en journalisme citoyen et dans le développement technique l'écriture multimédia.





dimanche 14 janvier 2018

2100 milliards de finances publiques / Deux importants rapports de la Cour des comptes de Tunisie



2100 milliards de finances publiques

Deux importants rapports de la Cour des comptes de Tunisie

18 AVRIL 2016, 
HOUSSEM EDDINE BOUCHIBA


Ils ont été publiés deux importants rapports de la Cour des comptes, l'institution suprême de contrôle sur la disposition des finances publiques, au cours du dernier mandat. La première concerne la fermeture du budget de l'Etat pour l'année 2013 et la deuxième question des programmes et activités des pratiques de gestion sectorielles publiques et la conduite de certains des intérêts de l'Etat et de ses institutions.
De nombreux analystes ont porté sur le contenu de la leçon des résultats finaux des deux rapports pour évaluer les différentes infractions contactés principalement en ce qui concerne les premières méthodes de présentation des comptes et à la restructuration du Fonds général pour l'exercice 2013 et l'émission des dispositions relatives à la loi de finances pour la même année et le manque d'exhaustivité du Fonds général pour l'exercice mentionné, en plus de l'absence de divulgation des données pertinentes rapport la mise en œuvre du budget et des indicateurs connexes dans ce domaine.
Dans le deuxième rapport, qui est le vingt-neuvième rapport annuel de l'activité du Département de la comptabilité complète, la vérification a porté sur les systèmes clés pour la disposition des fonds publics et des plates-formes en cours d'exécution 16 ministères et installation publique. Et il a soulevé les conclusions de la Cour des comptes par rapport à la clôture du budget de l'Etat pour l'année 2013 en général problématique en ce qui concerne les questions de respect des délais légaux pour la présentation des comptes ainsi que le projet de budget, accompagné de la clôture des comptes détaillés loi.
Dans le même sens, il a pris note du système de non-conformité à agir dans le budget par objectifs, ainsi que non-conformité majeure des envois de fonds provenant de la solde intitulé dérapage dans l'entreprise publique vaut 873 millions de dinars pour les formules et règlements en vigueur juridiques. Il ne devait pas bénéficier ainsi que le règlement de l'état des comptes en suspens concernant le budget d'entretien pour l'année 2013 à hauteur de 285 millions de dinars.
En ce qui concerne le rapport d'administration sur la clôture du budget visé en 2013 des montants élevés à 360 millions de dinars, mais les imperfections les plus importantes ont été enregistrées dans l'axe de la transparence dans le cadre taille importe réel de la taxe sur les ressources et le montant de l'excédent de la performance et la valeur des cotisations de l'Etat et le nombre total des mandats dans la fonction publique et des données sur arrestations et des fonds spéciaux de change au trésor ainsi que l'absence d'indicateurs précis de la mise en œuvre du budget dans son ensemble.
D'autre part, et dans le cadre du rapport annuel du Département de comptabilité, vingt-neuvième a reçu une référence aux lacunes et insuffisances dans les secteurs stratégiques, notamment l'incapacité persistante de resserrer la disposition du service de la dette et les déficits budgétaires pénurie globale des ressource des douanes mobilisés par 400 millions de dinars de la moitié du revenu annuel moyen est presque aussi bien que le manque de cotisations pour couvrir les fonds sociaux ont en moyenne 1800 millions de dinars et note l'incapacité des besoins nationaux dans le secteur agricole de certaines graines et les pépinières de base.
Le rapport a également exposé à l'achèvement retardé d'un certain nombre de projets vitaux dans le domaine des infrastructures, en particulier l'approche des lignes du projet de Taparura à Sfax, qui a perturbé ses travaux sont encore il y a vingt ans. On a fait référence aux lourdes pertes d'enregistrement dans le secteur de l'énergie et des transports dans les différentes branches.
En dépit de ce que les actes de circuit ont inclus 29 mission de surveillance à différents niveaux national et régional dans le cadre de la préparation des rapports ci-dessus mentionnés, il est nécessaire, selon les experts estiment le soutien plus transparent pour la Cour des comptes et d'autres institutions analogues dans les groupes de travail des efforts et avec précision sur leurs résultats de divulguer ces la nécessité de permettre ministre avantages qui est pas encore terminée.
Nombre de partisans à agir dans les finances publiques et de voir que non seulement les lacunes de l'inventaire et les violations de son importance pour évaluer la performance des organismes chargés de la disposition de l'argent public et de promouvoir l'amélioration passe inévitablement pour assurer l'adoption des améliorations à venir et des réformes au niveau de la supervision.
Mais plus important encore, dans les spectres d'une grande croyance des observateurs, tombe lorsque le suivi judiciaire approprié, à la fois le circuit de retenue financière ou du système judiciaire, en particulier sous la forme de vous assurer qu'il ya des abus relever le gaspillage des deniers publics ou toucher l'intégrité des équilibres financiers de la conformité flagrante de l'Etat avec les lois en vigueur dans le pays.


mercredi 10 janvier 2018

Nosy Be / L'univers de Manina Consiglio / Deuxième partie

La montée à la maison de Manina

Nosy Be

L'univers de Manina Consiglio. Deuxième partie

17 SEPTEMBRE 2016, 
GIÒ BARBIERI

Pendant une petite pause, je raconte d’avoir aperçu en ville un bâtiment qu’on dirait plus un fortin hispanique qu’une prison : les geôliers me parlent d’une dame italienne qui aide les 145 détenus. Bien sûr, il s’agît de Manina. En effet, en 2006 le Directeur de la prison avait demandé son aide pour soigner de la gale 52 détenus.
Elle les soigne et découvre que dans la prison il n’y a pas d’eau : à ses frais, elle fait bâtir trois grandes vasques en ciment et on les relie au réseau hydraulique de la Commune. Voilà l’eau pour se laver, pour faire sa propre lessive, pour cuisiner. Cuisiner quoi ? De la manioc, toujours de la manioc qui entraine la décalcification osseuse et l’ulcère gastrique. Et alors chaque jour elle fait distribuer 30 Kg. de riz et deux fois par semaine on ajoute de la viande, des légumes et tout ce qu’il faut. Elle apprend aux détenus à cultiver eux-mêmes les légumes. Autre innovation : la création de petites cellules qui remplacent l’énorme dortoir.
Toujours en 2006 elle ouvre un autre important Centre de Santé de Base et un élevage de vaches et veaux. La suite est époustouflante.

En 2007 à Ambondrona Manina inaugure une école secondaire, fournie de cantine, bibliothèque te puits.

En 2008 même le Président Italien Napolitano lui donne une décoration de la République « pour mérites ». Les écoles poussent à dizaines , comme les puits et les CSB, où on pratique les circoncisions , la distribution de riz aux pauvres et de lait aux nouveaux-nés.

En 2009 Manina bâtit l’Ecole d’Agriculture MFR (Maison Famille Rurale) et l’Association AFOTSAMA, avec laquelle passe à certains de ses collaborateurs la gestion de toutes les activités qu’elle a créées. Voilà le point de force que les autres n’ont pas : donner à la population les instruments pour un développement autonome.
En 2010 les écoles sont 200, les élèves 12.000, les employés 250 !
En 2011 pour le Xème anniversaire des écoles Tsaiky Tsara elle pose la première pierre du Lycée Technique Professionnel (filière électricité, mécano, électrotechnique) et, à côté, 5 maternelles, à qui va s’ajouter en 2014 un Lycée de Culture Générale et encore et encore des écoles, des CSB etc.

Manina n’est pas venue à Nosy Be en tant que missionnaire, mais pour donner un sens à sa vie : elle a gagné son pari. Nous laissons tomber la liste époustouflante de ses actions et venons à un dialogue libre, où Manina parle de son amour pour ce peuple. Elle est vexée des critiques des résidents étrangers qui jugent les autoctones selon leurs standards personnels, comme si ceux-ci étaient des vérités absolues et universelles et qui oublient de ne pas être chez soi, qui ne considèrent pas la dimension spirituelle de ce peuple, un peuple qui respecte tous les autres, qui est poli, gai, plein de dignité. Les Sakalava sont aussi susceptibles et si on hausse le ton, ils s’éloigneront à jamais. Mais il ne faut pas oublier que dans leur dialecte il n’y a pas de place pour les gros mots ou les offenses. Ils sont gentils, harmonieux dans la posture, respectueux même de l’endroit où ils se trouvent et Manina raconte l’expérience d’une enseignante italienne qui était allée visiter une école mais qui était rentrée bredouille en pensant qu’il n’y avait personne : avec son habitude aux écoles italiennes pleines de bruits, elle ne pouvait pas croire à 60 élèves en silence !
Mais une femme laïque qui en 16 ans a organisé un système « communitaire » gratuit, avec la participation de la population, reconnu par les institutions locales et nationales, qui produit culture, bien-être et autonomie, détruit les « équilibres » consolidés, fondés sur le profit et crée envie et hostilité. Voilà la raison, selon Manina, pour laquelle en 2013 on a brulé sa maison et quelque école.
Nous sortons du gazebo : devant nous l’océan, visible parmi les arbres, et les bungalows du « tourisme solidaire ». Il faut parler de ça parce que les touristes qui viennent loger ici, font aussi un choix lié aux projets de Manina. Et il y en a beaucoup, mieux, il y en aurait parce que souvent, la réservation faite, on n’a pas de places dans l’avion. En effet, les tour-operators qui gèrent le flux touristique de l’Andilana Beach Resort (la plage la plus exclusive de l’île) dans certaines périodes de l’année peuvent vendre tous les paquets des vols et pour les touristes indépendants n’est pas facile d’arriver directement à Nosy Be. Et quelque fois dans les bungalows on peut aussi loger, sans le savoir, des mercenaires et Manina parle d’une épisode arrivé il y a 7/8 ans : trois français, dont le chef habitait un de ses bungalows, avaient organisé un coup d’état aux Comores, mais leur bateau, accosté en bas et bourré d’explosif, avait été repéré par les Services Secrets qui l’avaient fait explosé en plein mer avec les trois.
Je fais aussi allusion au trafic d’organes d’enfants. Manina reconnaît tristement que ça exsiste, même si on n’en parle pas pour ne pas nuire au tourisme : en effet, il y a trop d’enfants qui circulent tout seuls et il n’est pas difficile de les kidnapper. Les ravisseurs ne sont pas de locaux , ne sont pas les « gros poissons » , ils sont bien récompensés et ils agissent malgré le danger d’être attrapés par la population et d’être brulés vifs. Il est tard ; malgré l’invitation à profiter d’un bungalow, je dois partir et laisser ce petit bout de paradis avec beaucoup d’émotion : Manina m’a appris une nouvelle façon de voyager. Cette dame a amené santé, travail, civilisation et bien-être dans une île magnifique mais pauvre et violée. Cette dame en très peu de temps a changé le ADN sociale de la communauté locale en donnant l’instruction aux enfants, en les suivant dans l’adolescence . Elle a crée les conditions pour croître dans le respect de leur droits primordiaux , leur a donné dignité, citoyenneté, une vraie enfance. Peut-être, en Italie Manina pouvait être une ex-enseignante comme d’autres, son destin l’a amené à Nosy Be, où elle est devenue une icône. Il y a du monde qui réussit à devenir immortel avec son hardiesse, son courage, son esprit. C’est fort probable que le souvenir de Manina continuera au-de-là de la vie.


Nosy Be / L'univers de Manina Consiglio / Première partie

Manina Consiglio

Nosy Be

L'univers de Manina Consiglio. Première partie

17 AOÛT 2016, 

Nosy Be c’est beaucoup de choses, pas seulement un Eden naturel, avec du monde souriant, folklore, couleurs, plages dorées, parfum d’ylang-ylang : dans cette île il y a beaucoup plus et ce plus est Manina Consiglio, l’âme de cet endroit extraordinaire. Prof. ès Belles Lettres à la rétraite, Manina habite ici depuis longtemps, présence populaire et respectée pour avoir offert une qualité de vie à la population, surtout aux enfants et aux jeunes.
Pendant mon séjour à Nosy Be, une amie reveille ma curiosité à propos de cette dame, jusqu’à me décider de me rendre chez elle. Tout le monde connaît son adresse et ce n’est pas difficile d’y arriver. Arrivé à sa maison, personne ne répond à mes appels et je rentre sur un terrain en pente douce parsemé de bungalows, lits de bronzage, fleurs, plantes, quartz, coquillages : tout invite à la relaxation !
Là-bas Manina habite et à côté de sa maison il y a un gazebo avec deux tables, des fauteuils en rotin, un petit frigo, des voiliers en miniature fixés aux appuis des fenêtres. Il fait très chaud et je n’ai pas de honte à me servir à boire. Personne ne se manifeste, je prends des photos de l’ensemble et je pars. Mais voilà, Manina est là, au milieu d’une sorte de cour, de retour de l’inauguration d’une école : musique et danses l’accompagnent. Elle avance vers moi, belle, l’allure d’une reine, souriante, le regard d’une mère. Nous revenons au gazebo, qui représente la salle d’accueil. Fatiguée mais toujours disponible, elle me montre la vidéo de la fête qui vient de se terminer et qui a marqué l’inauguration d’une nouvelle école : des filles en uniforme dansent avec elle, toutes, sauf une, qui reste à l’écart impassible . Manina m’en explique la raison : cette fille appartient à une tribu d’origine asiatique, les Merina, qui habitent les Hauts Plateaux et qui ne sont pas si ouverts comme les Sakalava, l’ethnie locale, mais en même temps elle s’étonne qu’on puisse rester figé au sol avec une musique si prenante.
A la table à côté, ses collaborateurs sont en train de bavarder entre eux et Manina en souligne la façon amicale, directe. Ca facilite le début du dialogue entre nous et elle commence à me raconter son « aventure » à partir de sa première fois à Nosy Be, Noël 1997, où elle était arrivée à la recherche d’un endroit où écrire et pêcher. Le choix de Nosy Be est immédiat : dans le ciel, on peut admirer la constellation du Scorpion (son signe !) et dans la langue malagasy Manina signifie « nostalgie d’une personne éloignée ».
L’année suivante elle revient choisir un terrain et bâtir sa maison ; en 1999 elle s’installe, achète une pirogue, va à la pêche, s’intègre facilement à la population. Mais la vision quotidienne des enfants qui meurent chaque jour de palu, que la misère oblige à travailler toute la journée, bref des enfants sans enfance, n’est pas tolérable : trois pilules soignent le palu, mais les familles n’ont pas l’argent pour les acheter… et Manina commence à en acheter. Pour la tuberculose il faudrait se rendre à l’hôpital, mais il faudrait payer le taxi, la visite médicale, les médicaments… et Manina paie, jusqu’au jour elle décide d’embaucher un docteur malagasy et de soigner les enfants chez elle-même.
Bientôt les malades sont trop nombreux et elle ouvre un Centre de Santé de Base qui soigne 60 malades par jour. Mais ce sont les enfants surtout qui attirent son intérêt et il y en a des centaines, qui ne sont pas scolarisés, faute de moyens. C’est l’année 2000 et Manina commence à payer l’écolage de 10 enfants : à la fin de l’année ils sont 80 et en 2001 ils ont doublé . Quand elle arrive à payer 600 écolages, l’idée de bâtir elle-même des écoles gratuites est la solution logique. Première école, devant sa maison, est une maternelle ; l’année suivante une école primaire, et ainsi de suite La nouvelle se répand dans l’île et les chefs des villages en demandent.
Il est impossible pour Manina de ne pas répondre à ces sollicitations et on peut déjà comprendre la suite. En effet, l’organisation d’une classe de 60 élèves, y compris les salaires et les transports, coûte 600 EUR/an, c'est-à-dire 10EUR/AN/élève : ce montant ridicule permet à un enfant d’étudier pendant un an et de commencer à bâtir son avenir. Pour l’instant, les fonds de roulement sont aléatoires mais en 2004 nait l’association no profit « I bambini di Manina del Madagascar » et, en même temps, 7 nouvelles écoles. Toutes s’appellent Tsaiky Tsara = les enfants sages. Madagascar nomme Manina Chevalier de l’Ordre de la République.
Elle ne peut plus s’arrêter. En 2005 c’est le terrain de basket, deux installations sanitaires avec lavabos et douches, inaugurées par les Autorités locales. En 2006 les écoles sont 152 avec plus de 9.000 élèves et 180 entre enseignants et personnel : elles appartiennent au village où on les a bâties et c’est toujours Manina qui les entretient. Tout est gratuit, y compris un carnet qui permet aux élèves comme aux enseignants l’accès aux soins médicaux. Dans la même année elle active un cours d’alphabétisation pour les adultes, ouvre une bibliothèque à Adampy, un village voisin, et en face de celle-ci, naît la première Maison de Repos pour handicapés et personnes âgées qui sont seuls : logement et repas sont garanti.
Et encore : à Nosy Be il n’y a pas d’ophtalmo. Voilà la solution : chaque mercredi après-midi, à l’aide d’un dictionnaire, Manina distribue des lunettes et envoie à Ambanja ce qui doivent être opérés de la cataracte.
Et encore. Beaucoup de familles sont à la famine. Avec l’aide des chefs des villages on établit une liste des plus démunis et ceux-ci reçoivent 10 Kg. De rix chaque mois. Inutile de dire que cette liste est toujours plus longue.