lundi 19 décembre 2016

Hans Christian Andersen / Les habits neufs de l'empereur




Hans Christian Andersen

Les habits neufs de l'empereur


Il y a de longues années, vivait un empereur qui aimait plus que tout les habits neufs, qu'il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne se souciait pas de ses soldats, ni du théâtre, ni de ses promenades dans les bois, si ce n'était pour faire le montre de ses vêtements neufs. Il avait un costume pour chaque heure de chaque jour de la semaine et tandis qu'on dit habituellement d'un roi qu'il est au conseil, on disait toujours de lui: "L'empereur est dans sa garde-robe!"
Dans la grande ville où il habitait, la vie était gaie et chaque jour beaucoup d'étrangers arrivaient. Un jour, arrivèrent deux escrocs qui affirmèrent être tisserands et être capables de pouvoir tisser la plus belle étoffe que l'on pût imaginer. Non seulement les couleurs et le motif seraint exceptionnellement beaux, mais les vêtements qui en seraient confectionnés posséderaient l'étonnante propriété d'être invisibles aux yeux de ceux qui ne convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient simplement idiots.

"Ce serait des vêtements précieux," se dit l'empereur. "Si j'en avais de pareils, je pourrais découvrir qui, de mes sujets, ne sied pas à ses fonctions et départager les intelligents des imbéciles! Je dois sur le champ me faire tisser cette étoffe!" Il donna aux deux escrocs une avance sur leur travail et ceux-ci se mirent à l'ouvrage.

Ils installèrent deux métiers à tisser, mais ils firent semblant de travailler car il n'y avait absolument aucun fil sur le métier. Ils demandèrent la soie la plus fine et l'or le plus précieux qu'ils prirent pour eux et restèrenet sur leurs métiers vides jusqu'à bien tard dans la nuit.

"Je voudrais bien savoir où ils en sont avec l'étoffe!," se dit l'empereur. Mais il se sentait mal à l'aise à l'idée qu'elle soit invisible aux yeux de ceux qui sont sots ou mal dans leur fonction. Il se dit qu'il n'avait rien à craindre pour lui-même, mais préféra dépêcher quelqu'un d'autre pour voir comment cela se passait. Chacun dans la ville connaissait les qualités exceptionnelles de l'étoffe et tous étaient avides de savoir combien leur voisin était inapte ou idiot.

"Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre auprès des tisserands," se dit l'empereur. "Il est le mieux à même de juger de l'allure de l'étoffe; il est d'une grande intelligence et personne ne fait mieux son travail que lui!"

Le vieux et bon ministre alla donc dans l'atelier où les deux escrocs étaient assis, travaillant sur leurs métiers vides. "Que Dieu nous garde!," pensa le ministre en écarquillant les yeux. "Je ne vois rien du tout!" Mais il se garda bien de le dire.

Les deux escrocs l'invitèrent à s'approcher et lui demandèrent si ce n'étaient pas là en effet un joli motif et de magnifiques couleurs. Puis, ils lui montrèrent un métier vide. Le pauvre vieux ministre écarquilla encore plus les yeux, mais il ne vit toujours rien, puisqu'il n'y avait rien. "Mon Dieu, pensa-t-il, serais-je sot? Je ne l'aurais jamais cru et personne ne devrait le savoir! Serais-je inapte à mon travail? Non, il ne faut pas que je raconte que je ne peux pas voir l'étoffe.

"Eh bien, qu'en dites-vous?," demanda l'un des tisserands.

"Oh, c'est ravissant, tout ce qu'il y a de pklus joli!," répondit le vieux ministre, en regardant au travers de ses lunettes. "Ce motif et ces couleurs! Je ne manquerai pas de dire à l'empereur que tout cela me plaît beaucoup!"

"Nous nous en réjouissons!," dirent les deux tisserands. Puis, ils nommèrent les couleurs et discutèrent du motif. Le vieux ministre écouta attentivement afin de pouvoir lui-même en parler lorsqu'il serait de retour auprès de l'empereur; et c'est ce qu'il fit.

Les deux escrocs exigèrent encore plus d'argent, plus de soie et plus d'or pour leur tissage. Ils mettaient tout dans leurs poches et rien sur les métiers; mais ils continuèrent, comme ils l'avaient fait jusqu'ici, à faire semblant de travailler.

L'empereur envoya bientôt un autre honnête fonctionnaire pour voir où en était le travail et quand l'étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme ce qui était arrivé au ministre: il regarda et regarda encore, mais comme il n'y avait rien sur le métier, il ne put rien y voir.

"N'est-ce pas là un magnifique morceau d'étoffe?," lui demandèrent les deux escrocs en lui montrant et lui expliquant les splendides motifs qui n'existaient tout simplement pas.

"Je ne suis pas sot, se dit le fonctionnaire; ce serait donc que je ne conviens pas à mes fonctions? Ce serait plutôt étrange, mais je ne dois pas le laisser paraître!" Et il fit l'éloge de l'étoffe, qu'il n'avait pas vue, puis il exprima la joie que lui procuraient les couleurs et le merveilleux motif. "Oui, c'est tout-à-fait merveilleux!," dit-il à l'empereur.

Dans la ville, tout le monde parlait de la magnifique étoffe, et l'empereur voulu la voir de ses propres yeux tandis qu'elle se trouvait encore sur le métier. Accompagné de toute une foule de dignitaires, dont le ministre et le fonctionnaire, il alla chez les deux escrocs, lesquels s'affairaient à tisser sans le moindre fil.

"N'est-ce pas magnifique?," dirent les deux fonctionnaires qui étaient déjà venus. "Que Votre Majesté admire les motifs et les couleurs!" Puis, ils montrèrent du doigt un métier vide, s'imaginant que les autres pouvaient y voir quelque chose.

"Comment!, pensa l'Empereur, mais je ne vois rien! C'est affreux! Serais-je sot? Ne serais-je pas fait pour être empereur? Ce serait bien la chose la plus terrible qui puisse jamais m'arriver."

"Magnifique, ravissant, parfait, dit-il finalement, je donne ma plus haute approbation!" Il hocha la tête, en signe de satisfaction, et contempla le métier vide; mais il se garda bien de dire qu'il ne voyait rien. Tous les membres de la suite qui l'avait accompagné regardèrent et regardèrent encore; mais comme pour tous les autres, rien ne leur apparût et tous dirent comme l'empereur: "C'est véritablement très beau!" Puis ils conseillèrent à l'Empereur de porter ces magnifiques vêtements pour la première fois à l'occasion d'une grande fête qui devrait avoir lieu très bientôt.

Merveilleux était le mot que l'on entendait sur toutes les lèvres, et tous semblaient se réjouir. L'empereur décora chacun des escrocs d'une croix de chevalier qu'ils mirent à leur boutonnière et il leur donna le titre de gentilshommes tisserands.

La nuit qui précéda le matin de la fête, les escrocs restèrent à travailler avec seize chandelles. Tous les gens pouvaient se rendre compte du mal qu'ils se donnaient pour terminer les habits de l'empereur. Les tisserands firent semblant d'enlever l'étoffe de sur le métier, coupèrent dans l'air avec de gros ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fils et dirent finalement: "Voyez, les habits neufs de l'empereur sont à présent terminés!"

"Voyez, Majesté, voici le pantalon, voilà la veste, voilà le manteau!" et ainsi de suite. "C'est aussi léger qu'une toile d'araignée; on croirait presque qu'on n'a rien sur le corps, mais c'est là toute la beauté de la chose!"

"Oui, oui!," dirent tous les courtisans, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu'il n'y avait rien.

"Votre Majesté Impériale veut-elle avoir l'insigne bonté d'ôter ses vêtements afin que nous puissions lui mettre les nouveaux, là, devant le grands miroir!"

L'empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent comme s'ils lui enfilaient chacune des pièces du nouvel habit qui, apparemment, venait tout juste d'être cousu. L'empereur se tourna et se retourna devant le miroir.

"Dieu! comme celà vous va bien. Quels dessins, quelles couleurs," s'exclamait tout le monde.

"Ceux qui doivent porter le dais au-dessus de Votre Majesté ouvrant la procession sont arrivés," dit le maître des cérémonies.

"Je suis prêt," dit l'empereur. "Est-ce que cela ne me va pas bien? Et il en se tourna encore une fois devant le miroir, car il devait faire semblant de bien contempler son costume.

Les chambellans qui devaitn porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet, faisant semblant d'attraper et de soulever la traîne. Ils allèrent et firent comme s'ils tenaient quelque chose dans les airs; ils ne voulaient pas risquer que l'on remarquât qu'ils ne pouvaient rien voir.

C'est ainsi que l'Empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue ou à leur fenêtre disaient: "Les habits neufs de l'empereur sont admirables! Quel manteau avec traîne de toute beauté, comme elle s'étale avec splendeur!" Personne ne voulait laisser paraître qu'il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu'il était incapable dans sa fonction ou simplement un sot. Aucun habit neuf de l'empereur n'avait connu un tel succès.

"Mais il n'a pas d'habit du tout!," crai petit enfant dans la foule.
"Éntendez la voix de l'innocence!," dit le père; et chacun murmura à son voisin ce que l'enfant avait dit.

Puis la foule entière se mit à crier: "Mais il n'a pas d'habit du tout!" L'empereur frisonna, car il lui semblait bien que le peuple avait raison, mais il se dit: "Maintenant, je dois tenir bon jusqu'à la fin de la procession." Et le cortège poursuivit sa route et les chambellans continuèrent de porter la traîne, qui n'existait pas.




Contes d'Andersen
007 Le compagnon de route
008 La petite sirène
010


011 La pâquerette




samedi 17 décembre 2016

Musée Picasso / Picasso-Giacometti

Pablo Picasso, Autoportrait (Self-portrait), 1901. Courtesy of Musée Picasso

Picasso-Giacometti

4 oct. 2016 — 5 févr. 2017 au Musée Picasso à Paris, France


22 NOV. 2016
Du 4 octobre 2016 au 5 février 2017, le Musée Picasso présente la toute première exposition consacrée à l’œuvre de deux des plus grands artistes du XXe siècle : Pablo Picasso (1881-1973) et Alberto Giacometti (1901-1966).
Grâce à un prêt exceptionnel de la Fondation Giacometti, cette exposition inédite, qui occupera le rez-de-chaussée et le premier étage de l’hôtel Salé, réunit plus de 200 œuvres des deux maîtres provenant des riches collections du Musée Picasso et de la Fondation Giacometti, ainsi que des prêts de collections françaises et étrangères.

vendredi 16 décembre 2016

OSCARS 2017 / "ELLE" N’EST PAS DANS LA SHORTLIST POUR L’OSCAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER

OSCARS 2017 : "ELLE" N’EST PAS DANS LA SHORTLIST POUR L’OSCAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER


DECEPTION - Ils étaient 85 à être candidats à l’Oscar du meilleur film étranger, aujourd'hui ils ne sont plus que neuf, et à la surprise générale le candidat français, "Elle" de Paul Verhoeven, n’en fait pas partie.




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VOUS REGARDEZ

16 déc 05:03


A la fin, ils ne seront plus que cinq dans la shortlist pour l’Oscar du meilleur film étranger. Cette année dans cette première sélection , on peut déjà constater qu’il y a beaucoup de films présentés lors du dernier Festival de Cannes, ce qui peut représenter un avantage, pour rappel le Hongrois Le fils de Saul de Laszlo Nemes l’année dernière avait remporté l’Oscar, après avoir remporté le Grand Prix sur la Croisette.





jeudi 15 décembre 2016

La morte de Fidel Castro

LA MORT DE FIDEL CASTRO

  • LE PERE DE LA REVOLUTION CUBAINE - Fidel Castro est mort vendredi 25 novembre à Cuba. Il avait 90 ans. C'est son frère Raul Castro qui a annoncé la nouvelle à la télévision cubaine concluant son message par "Hasta la victoria, siempre" ("Jusqu'à la victoire, pour toujours") . Le président cubain n'a pas révélé les causes du décès. Neuf jours de deuil national ont été décrétés dans le pays.

mardi 13 décembre 2016

Casey Affleck dans "Manchester by the sea"




CASEY AFFLECK DANS "MANCHESTER BY THE SEA" : POURQUOI IL VA GAGNER L’OSCAR DU MEILLEUR ACTEUR

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VOUS REGARDEZ

DÉCHIRANT. Acclamé au festival du film indépendant de Sundance en début d'année, "Manchester by the Sea", drame sublime en salles mercredi, accumule les récompenses et est déjà en pôle position pour les Oscars notamment grâce à la performance bouleversante de son acteur principal, Casey Affleck.


Qu’est-ce donc que ce Manchester by the sea, avec Casey Affleck et Michelle Williams, dont vous allez entendre parler ces prochaines semaines jusqu’à la prochaine cérémonie des Oscars? Déjà, pour commencer, l’un des meilleurs films de l’année 2016. Comme ça. Disons-le tout net. Un drame déchirant qui rappelle la qualité d’un cinéaste indépendant américain que l’on a tant aimé dans les années 70-80, sensible aux uns et aux autres, remarquablement dialogué, joué, scénarisé et confirme tous les espoirs placés en son réalisateur: Kenneth Lonergan, cinéaste dramaturge soutenu par Martin Scorsese et réalisateur d’un précédent film maudit, et pourtant bien beau, intitulé Margaret dans lequel la jeune Ana Paquin essayait de se révolter contre l’injustice de ce bas monde et réalisait à quel point cette épreuve était impossible. 




De quoi parle Manchester by the sea? De ce dont on ne se remet jamais et de l’obligation de rester debout, malgré tout. Lee (Casey Affleck), homme à tout faire vivant seul dans la banlieue de Boston, perd son frère (Kyle Chandler) et il doit revenir à Manchester, petite bourgade portuaire du Massachusetts, non seulement pour les obsèques et retrouver sa famille, mais aussi pour la lecture du testament. Chez le notaire, alors qu’il s’attendait qu’on parle du bateau de pêche ou de la maison, l’exilé apprendra que le défunt lui a confié la mission de devenir le tuteur de son fils, Patrick (Lucas Hedges). Le vanneur et débonnaire Patrick dévoré par ses pulsions adolescentes dont la fraicheur se marie merveilleusement avec la tristesse inconsolable de Lee. A Manchester, Lee retrouve aussi son ex-femme, interprétée par Michelle Williams (Le Secret de Brokeback Mountain) et doit renouer avec un passé douloureux. 




Le rôle de Lee tout en intériorité est tenu par Casey Affleck, le frère de Ben, au parcours jusqu'ici plus discret que son aîné. Il a notamment déjà été vu dans Gone, baby gone, sous la direction de son frère, et L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford aux côtés de Brad Pitt, qui lui avait valu une nomination aux Oscars en 2008.


Un rôle initialement prévu pour Matt Damon


En se mettant dans la peau de Lee, un homme brisé qui tait ses souffrances, le quadragénaire au regard blessé pourrait remporter la statuette du meilleur acteur, selon la presse spécialisée américaine. Il a déjà accumulé aux Etats-Unis une série de récompenses et de nominations pour sa performance. Ironie du sort, c'est initialement Matt Damon qui devait tenir le rôle: il a dû céder sa place en raison d'un agenda trop chargé: "Je n'aurais laissé ce rôle à personne d'autre que Casey Affleck. J'aurais aimé jouer dans le film mais je suis heureux d'y avoir pris part", avait expliqué à Variety l'acteur qui a au final coproduit le film et forme une famille de cinéma avec les frères Affleck depuis leurs débuts à la fin des années 90.


Alternant entre passé et présent, grâce à de multiples flash-back, le drame fait la part belle aux acteurs autour de Casey Affleck, qui reçoivent eux aussi louanges et récompenses comme Lucas Hedges, révélation dans le rôle du neveu.





lundi 12 décembre 2016

Adam Rogers / New York

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New York
by Adam Rogers



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saveme
clegy_police
man
center
protector
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white-hat
a-tale-of-two-cities-II
muppet
Adam Rogers is a contributing Photographer for By Such and Such, and also creator of soon-to-be published photo essay book: “A Thread of Two Cities.”