samedi 26 août 2017

Amélie Nothomb / Mi-Grim Mi-Freud




AMÉLIE NOTHOMB, MI-GRIMM MI-FREUD

Par Claire Devarrieux— 25 août 2017 à 18:26

Un amour à l’envie à la mort


Amélie Nothomb publie chez Albin Michel depuis vingt-cinq ans, depuis Hygiène de l’assassin en 1992. Sa bibliographie compte vingt-cinq titres, et voici le vingt-sixième dans la même maison, Frappe-toi le cœur, ainsi nommé selon un vers de Musset, «Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie». Le roman n’était pas encore en vente qu’il était déjà en tête des meilleures ventes de nouveautés sur Amazon. Il y est question de cardiologie, mais surtout de passions. C’est un livre merveilleux, pas gai, où s’exerce le génie de l’enfance.
Serait-ce un conte ?
Il était une fois une jeune beauté provinciale, Marie, si séduisante qu’elle avait le monde à ses pieds. Elle n’était heureuse que lorsqu’elle suscitait la jalousie, aussi était-elle folle de bonheur la plupart du temps. Mariée au fils du pharmacien, elle eut un premier enfant, une fille, Diane, dont chacun louait la joliesse, ce que Marie ne pouvait supporter. Son mari, Olivier, n’y vit que du feu, mais les parents de Marie ne furent pas dupes : ils voyaient bien que leur fille était jalouse de son bébé. Et le bébé le savait aussi.
Amélie Nothomb s’empare volontiers des contes (Barbe bleue, Riquet à la houppe) pour les réinterpréter. Ici, elle invente le sien, fondé sur l’amour fou d’une petite fille pour «la déesse indifférente» qui s’avise de son existence le matin et le soir, et dont elle découvre qu’il s’agit de sa mère.
Comment naissent les vocations ?
Le ton du conte cède la place à la psychologie la plus réaliste et la plus fine : imbattable sur le mécanisme des comportements maternels, la petite Diane s’en protège comme elle peut. Elle comprend que sa mère préfère son petit frère Nicolas, puisque c’est un garçon. Mais voilà que Marie fond pour son troisième enfant, une fille. Diane en perd momentanément ses repères, puis retrouve sa lucidité. Elle a 11 ans quand elle met sa vie en danger. Plus intelligent que les autres, un médecin lui demande si elle préfère vivre ou mourir. Vivre, répond-elle. Cette intervention détermine sa vocation, elle sera médecin. Fin de la première partie. L’autre moitié du livre voit Diane adulte prendre le large, et tomber de Charybde en Scylla en s’enthousiasmant pour une enseignante de la fac de médecine. Il ne s’agit cependant pas d’un roman lesbien.
La jalousie, ou plutôt l’envie, élan plus délétère, est le thème dominant de Frappe-toi le cœur. L’amour qui dégénère en haine est le gouffre où manque de tomber la malheureuse héroïne.
A quelle famille Amélie Nothomb appartient-elle ?
On ne verra probablement jamais la romancière belge s’épancher dans de volumineux ouvrages. Elle a le goût de la brièveté, qui n’est pas synonyme de sécheresse, qui peut même en être le contraire. Comme Françoise Sagan, et comme Michel Houellebecq, elle manie à la perfection les rythmes voluptueux du passé simple et de l’imparfait. Ses intrigues vont souvent jusqu’au crime, telle est sa conception de la littérature. Elle n’est pas de la même famille que les autres auteurs de best-sellers. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ses lecteurs échappent eux-mêmes à toute classification. Ils forment une secte : la preuve, on se méfie d’eux, on accorde peu de crédit à leur jugement, et il arrive qu’on mette en cause leur sincérité.


jeudi 24 août 2017

Robert Redford fête ses 81 ans

Robert Redford fête ses 81 ans

Par Diane Lestage
Mis à jour le 18/08/2017 à 09:32
Publié le 18/08/2017 à 06:00


VIDÉOS - L'acteur iconique célèbre son anniversaire ce vendredi. Il sera prochainement à l'affiche d'un film Netflix, Our souls at night avec Jane Fonda. Le Figaro revient sur les dix rôles les plus marquants de sa carrière.
Joyeux anniversaire Robert Redford ! L'acteur américain fête ses 81 ans ce vendredi 18 août. Il s'est fait connaître au milieu des années 1960 avant de s'imposer comme un des plus grands comédiens des années 1970. Après un début de carrière au théâtre et à la télévision, le jeune Robert Redford né en 1936, se lance sur le grand écran. En 1966, le cinéaste Arthur Penn réalise La Poursuite impitoyable avec Marlon Brando et Jane Fonda et c'est là qu'apparaît le blondinet pour la toute première fois, poursuivi par le géant du cinéma.
Robert Redford va alors enchaîner les longs-métrages sur un rythme effréné durant les années 1970. On le retrouve essentiellement dans les films de Sydney Pollack et de George Roy Hill. Le comédien va ensuite lever un peu le pied pour passer à la réalisation avec le film Des Gens comme les autres en 1980 qui lui offre l'Oscar du meilleur réalisateur en 1981.
À la fin du mois de septembre prochain, il retrouvera Jane Fonda dans un film produit par Netflix, Our souls at night. En attendant, Le Figaro rend hommage à sa carrière de comédien ses dix rôles les plus emblématiques au cinéma.
● Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill (1969)
Butch Cassidy et Le Kid auraient pu être interprétés par Steve Mc Queen et Dustin Hoffman, mais ce sont bien Paul Newman et Robert Redford qui ont rendu culte ce western de George Roy Hill. Les deux compères sont des pilleurs de banques et de trains qui sévissaient à la fin du XIXe siècle. Ils vont être traqués par des détectives pendant plusieurs jours afin de mettre fin à leurs hold-up répétitifs. Ces deux acolytes magnifiques sont attachants, drôles et lié par une amitié que rien ne peut atteindre. Et si le film est une réussite sur de nombreux plans, ce sont ses deux interprètes qui crèvent totalement l'écran au point de devenir sans aucun doute un des meilleurs duos du cinéma.
● Nos plus belles années de Sydney Pollack (1973)
Elle (Barbara Streisand) est militante communiste, Lui (Robert Redford) préfère les filles à la politique. Ils se rencontrent à l'Université et vont tomber amoureux. Alors qu'ils semblent mener une vie idyllique, mariés et vivant à Hollywood, le maccarthysme va s'abattre sur l'Amérique d'après-guerre. Deux philosophies, deux manières de voir le monde et deux êtres qui s'aiment pourtant malgré leurs oppositions et «la chasse aux sorcières» qui sévit. Avec Nos plus belles années, Sydney Pollack place son acteur phare au centre d'une jolie fresque très romanesque. Robert Redford interprète parfaitement ce personnage à la fois beau et complètement passif.
● L'Arnaque de George Roy Hill (1973)
Quatre ans après Butch Cassidy et le Kid, Robert Redford retrouve George Roy Hill et Paul Newman pour un nouveau long-métrage et un sacré bond dans le temps. Dans L'Arnaque, le célèbre duo va être réuni pour monter une grande escroquerie afin de se venger de la mort de l'ami du personnage de Robert Redford. L'histoire se déroule dans l'Amérique des années 1930 pendant la grande Dépression. Ce film qui a remporté 7 oscars l'année de sa sortie fait évoluer ces deux personnages dont il se dégage une classe et un charisme incroyables. L'Arnaquen'a jamais pris une seule ride.
● Gatsby le Magnifique de Jack Clayton (1974)
En 1974, Jack Clayton s'inspire du roman culte de F. Scott Fitzgerald et réalise Gatsby le Magnifique avec un scénario écrit par Francis Ford Copppola. Le personnage de Jay Gatsby est bien entendu incarné par Robert Redford alors que Mia Farrow se glisse dans la peau de l'objet de ses pensées, la belle Daisy. Dans l'Amérique des années folles, le millionnaire est obsédé par la jeune femme et va tout faire pour la conquérir. Le film est fidèle à l'œuvre de Fitzgerald et donc mis en scène de manière très académique mais la beauté et le jeu impeccable de l'acteur donne beaucoup de charme à cette adaptation.
● Les Trois jours du condor de Sydney Pollack (1975)
Dans Les Trois jours du condor, Robert Redford se retrouve de nouveau dans un long-métrage de Sydney Pollack, mais cette fois aux côtés de Faye Dunaway dans un thrilller d'espionnage. Le comédien y interprète un chercheur de la CIA qui retrouve ses collègues assassinés. Menacé lui aussi par son supérieur, il va passer le film à tenter de retrouver les meurtriers et de comprendre ce qu'il se passe à la CIA. Ce film est un succès de plus dans la cinématographie de l'acteur qui s'impose dans le cinéma américain. Il est parfait dans ce rôle d'homme ordinaire pris dans une toile d'araignée et se méfiant de tous les autres personnages.
● Les Hommes du président d'Alan J. Pakula (1976)
Les Hommes du président est adapté du livre de Bob Wood Ward et Carl Bernstein, les deux journalistes qui ont enquêté sur le scandale du Watergate pour le Washington Post. Robert Redford et Dustin Hoffman y interprètent les deux hommes et forment un duo attachant qui fonctionne aussi à merveille. Cette adaptation d'Alan J. Pakula est sûrement une des pièces maîtresse du comédien de 81 ans aujourd'hui. Il est également conseillé de regarder le film mashup de Dominnique Mézerette et Michel Hazavanicius, La Classe américaine: le Grand Détournement dont le film et les personnages de Robert Redford et Dustin Hoffman servent de base au détournement.
● Le Meilleur de Barry Levinson (1984)
Nous quittons les années 1970. Robert Redford incarne un joueur de baseball dans Le Meilleur de Barry Levinson sorti en 1984. Blessé par balle dans sa jeunesse, celui-ci avait dû mettre fin à une possible carrière. Quinze ans après, alors qu'il n'a plus vraiment l'âge de jouer, il parvient à se faire recruter par un club et va peu à peu prouver à tout le monde qu'il est le meilleur. Dans un rôle et un registre très différents de ces précédents films et s'il reste peu connu en France, Robert Redford y partage l'affiche avec Robert Duvall.
● Out of Africa de Sydney Pollack (1985)
Sydney Pollack collabore encore et encore avec le comédien pour une des plus belles histoires d'amour. Robert Redford vit romance avec Meryl Streep dans cette adaptation du roman autobiographique de Karen Blixen, La Ferme africaine publié en 1937. Il y incarne un chasseur qui va s'éprendre d'une jeune baronne qui vient d'arriver au Kenya. Les deux amants vivent leur passion sur la musique de John Barry et tout semble beau dans ce long-métrage, de la lumière aux paysages, du scénario aux couples d'interprètes.
● L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux de Robert Redford (1998)
Pour L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, Robert Redford est à la fois derrière et devant la caméra ainsi que producteur. Il adapte le roman éponyme de Nicholas Evans. L'histoire raconte comment après un accident à cheval une jeune fille est traumatisée et perd goût à la vie. Sa mère va alors partir à la recherche d'un dresseur et découvrir ce mystérieux personnage qui chuchote à l'oreille des chevaux. Le comédien réussit plutôt bien son pari et livre un film très touchant.
● All I lost de J. C. Chandor (2013)
Pourtant habitué aux films en duo, Robert Redford se retrouve tout seul dans All I lost de J.C. Chandor. Le personnage qu'il interprète part en voyage sur l'Océan Indien mais va très vite s'apercevoir que son voilier a été percé et malgré ses efforts pour le remettre en état, la tempête et la mort rôdent autour de lui. Il fallait finir cette liste par ce film où Robert Redford, qui n'est déjà plus tout jeune prouve,1h46 durant, toute l'étendue de son talent.

 

LE FIGARO

mercredi 23 août 2017

Dormir dans un tableau de Van Gogh



La chambre reproduite à partir de l'œuvre de Van Gogh.

Dormir dans un tableau de Van Gogh


Par Aude Godfryd
Publié le 04/05/2017 à 17:15

Une célèbre peinture à l'huile devient réalité. Aux Pays-Bas, à Boxmeer, dans le Brabant, au sud-est d'Amsterdam, l'hôtel Riche Boxmeer a eu l'ingénieuse idée de recréer dans une vraie chambre et dans les moindres détails le tableau La Chambre de Van Gogh à Arles (1888). Rien n'a été oublié par l'artiste locale Ligi Hermans qui s'est penchée minutieusement sur la similitude: le porte-manteaux derrière le lit, le broc de table ou encore le chiffon suspendu près de la porte. Ainsi, la couleur des murs, celle du lit ou encore la disposition des meubles sont une authentique reproduction en taille réelle des éléments présents dans l'œuvre du peintre, qui est né et a vécu une partie de sa vie dans cette région. Seule exception: la taille du lit est celle d'un lit d'hôtel moderne.
Pour présenter sa chambre au début du printemps, l'hôtel trois-étoiles a choisi d'immortaliser la disposition dans le même angle que le tableau. L'établissemen prévoit aussi des forfaits pour visiter les lieux emblématiques de la vie du peintre maudit, comme le village de Nuenen, le musée de Brabant ou celui de Kröller-Müller, à moins d'une heure de route.
Pour séjourner une nuit dans l'atmosphère du XIXe siècle, il faut compter 70 € et 9,50 € pour le petit déjeuner.
Ci-dessous l'œuvre originale:
Vincent Van Gogh était parti s'installer à Arles pour y découvrir des couleurs différentes de celles qu'il voyait à Paris. Son tableau représentant son logement lorsqu'il vivait dans le sud de la France, se trouve au musée Van Gogh à Amsterdam. Deux autres versions se trouvent respectivement au musée d'Orsay à Paris et à l'Art Institute de Chicago. Ce dernier avait déjà été inspiré. En effet, en 2016, iI avait reconstitué cette toile dans une installation éphémère afin de promouvoir l'exposition Van Gogh's Bedroom.
Riche Boxmeer - Steenstraat 51 5831 JB Boxmeer Téléphone (+31)485-578222 www.riche.nl/nl/van-gogh-kamer




mardi 22 août 2017

La Passion Van Gogh / Nouvelle bande-annonce du film peint à la main




La Passion Van Gogh : nouvelle bande-annonce du film peint à la main


Par Diane Lestage
Publié le 17/08/2017 à 06:00


VIDÉO - Le long-métrage d'animation réalisé par Dorota Kobiela et Hugh Welchman a été peint par 90 artistes. Prix du public au dernier Festival d'Annecy, il donnera vie à plus de 120 œuvres de l'artiste, le 11 octobre en salles.
S'immerger dans les tableaux et la vie de Van Gogh. C'est ce que nous proposent les réalisateurs Dorota Kobiela et Hugh Welchman dans leur long-métrage d'animation La Passion Van Gogh. Les plans du film ont été peints à la main par 90 artistes du monde entier. Ce sont donc les toiles de l'artiste à l'oreille coupée qui nous racontent les derniers jours de la vie de celui-ci. En juin dernier, le film avait été acclamé pendant sa projection au Festival d'Annecy où il a d'ailleurs remporté Le Prix du public.
Le long-métrage se sert de 800 lettres de Van Gogh comme base pour construire l'histoire. Un an après le décès de célèbre artiste, le fils de Joseph Roulin (ami de Van Gogh) doit remettre en mains propres une lettre à Théo Van Gogh, le frère de Vincent. Mais le personnage apprend rapidement que le frère du peintre est également décédé. Afin de mieux comprendre Van Gogh et son suicide, il va se rendre à Auvers-sur-Oise, le village où le peintre a passé ses derniers mois. Il va ainsi découvrir la vie passionnante et mystérieuse qu'il a menée.

Et la vie et l'œuvre de Van Gogh s'animèrent

La bande-annonce divulgue déjà la couleur d'un film fascinant par sa forme. Alors que le jeune héros part sur les traces du peintre, il nous plonge dans un tourbillon de toiles plus célèbres les unes que les autres. De la couleur au noir et blanc, de la peinture à l'huile au vivant, les réalisateurs parviennent à captiver nos yeux. Ce ne sont pas seulement les œuvres du peintre qui vivent, c'est Van Gogh lui-même qui renaît à l'écran.
De véritables comédiens interprètent les personnages, ils ont joué sur des fonds verts auxquels on a ajouté par composting les toiles de Van Gogh avant de les animer en infographie. Il a fallu un an aux dessinateurs du film pour reproduire les œuvres de l'artiste de manière cinématographique. Saoirse Ronan, Douglas Booth, Chris O'Dowd, Aidan Turner et Helen McCrory se partagent donc l'affiche de La Passion Van Gogh alors que Pierre Niney a donné sa voix au personnage principal dans la version française du film qui sortira le 11 octobre.

lundi 21 août 2017

L'oreille de Van Gogh, un mystère enfin percé?




L'oreille de Van Gogh,

un mystère enfin percé?


Par Guillaume Mazoyer
Mis à jour le 14/07/2016 à 12:09
Publié le 14/07/2016 à 09:00

L'un des faits divers les plus connus de l'histoire de l'art se précise: le peintre néerlandais ne se serait pas uniquement coupé un lobe d'oreille, mais bien la totalité de l'organe. En plus de sa mutilation, il aurait offert son oreille à une femme de chambre.




L'un des faits divers les plus connus de l'histoire de l'art se précise : le peintre néerlandais ne se serait pas uniquement coupé un lobe d'oreille, mais bien la totalité de l'organe. La découverte d'un document médical d'époque, exposé à Amsterdam, vient crédibiliser cette thèse.

Le 24 décembre 1888, l'artiste se blesse à Arles. Combat de sabres après une dispute avec Paul Gauguin ou geste volontaire dû à une santé mentale défaillante? Les raisons de son amputation sont floues. L'étendue de sa blessure le serait moins. Après avoir soigné van Gogh, le docteur de l'hôpital de la ville à l'époque, Félix Rey, a réalisé un schéma des dégâts. Retrouvé dans des archives américaines, la note médicale indique que le peintre a l'oreille entièrement sectionnée.
En plus de sa mutilation, il aurait offert son oreille à une prostituée. Responsable de la découverte du document, la chercheuse irlandaise Bernadette Murphy a passé sept ans à pister la fille de joie récipiendaire de ce surprenant présent. Il s'agirait plutôt d'une jeune femme de chambre d'une maison de tolérance, à laquelle van Gogh n'était pas insensible. «Elle avait une terrible cicatrice sur le bras due à une morsure de chien. Je pense qu'il a voulu lui faire don de sa chair», avance Mme Murphy, dans une entrevue au Telegraph. Pas de doute selon l'historienne: la santé mentale du peintre serait bien la cause de son geste.
Le document du docteur arlésien est visible pour la première fois au musée Vincent van Gogh d'Amsterdam, dans une exposition intitulée Au bord de la folie à partir du 15 juillet. Elle retrace la dernière période de la vie de l'artiste, allant de l'incident de l'oreille de 1888 jusqu'à son suicide, le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Appuyée par 25 tableaux et plusieurs artéfacts, dont le pistolet entièrement rouillé qui lui aurait servi à mettre fin à ses jours, la rétrospective vise à démontrer que l'état psychologique de l'artiste freinait son génie créatif.

La note médicale ne créé pas de consensus

Des voix s'élèvent cependant pour contredire l'exactitude du document. Dans un mail adressé au New York Times, l'historien américain Steven Naifeh estime qu'il n'est tout simplement pas «crédible». Selon lui, la belle-soeur de van Gogh, Johanna van Gogh-Bonger et l'artiste Paul Signac auraient tout deux mentionné qu'une partie seulement de l'oreille avait été sectionnée. En regardant l'artiste de face, il était possible «de ne pas apercevoir les dommages» de son geste. Le médecin d'Auvers-sur-Oise, Paul Gachet, aurait lui aussi réalisé des gravures montrant qu'une «portion un peu plus grosse que le lobe» manquait à l'appel.
Mais pour Steven Naifeh, sceptique de nature, van Gogh ne se serait pas suicidé mais se serait fait tirer dessus. Une autre énigme à percer.