lundi 25 mars 2019

Emma Reyes / Toutes ses pérégrinations


Emma Reyes

Emma Reyes
Toutes ses pérégrinations

Emma Reyes commence à peindre en 1943 à Buenos-Aires.


Au cours de toutes ses pérégrinations Emma a développé différentes séries qui se succèdent ou se superposent.

De son arrivée en 1947 à Paris, jusqu’à son retour en Europe, à Rome en 1954, Emma est habitée par sa culture, les pays d’Amérique du Sud qu’elle a traversés, leur population (les gens de la rue), leur mode de vie et leurs traditions. Elle séjourne à Washington (50) et à Mexico (51) pour l’Unesco où elle se liera d’amitié avec la photographe Lola Alvarez-Bravo et exposera dans sa galerie avec les Muralistes mexicains. C’est sa première période.
Puis Emma s’installe en Italie, à Rome, entre 1954 et 1960. A cette époque elle peint des « Monstres », portraits de créatures imaginaires, mi-animaux, mi-humains, qui préfigurent sa dernière série des « Masques ».



Dans cette période romaine vient s’insérer un intermède israélien, durant lequel elle s'attaquera pour la première fois au paysage, sans évidemment abandonner ses « Monstres », qu’elle exposera au Musée de Tel-Aviv en 1958.

Puis retour en France, entre Paris et Périgueux, qu’elle ne quittera plus.
Durant toute la décennie 60 Emma est tentée par l’abstraction.


Ce que l’on a retrouvé d’oeuvres, de dessins du tout début des années 60 montre un travail plus figuratif, plus classique que la période romaine. Mais dès 1962 apparaissent des formes abstraites, des recherches sur la matière, sur le monochrome, sur le mouvement.

On peut discerner une série « Bram Van Velde », comme Emma l’appelait, où, inspirée par les oeuvres de l’artiste néerlandais, elle peint des toiles avec beaucoup de personnages dans un univers chargé d’objets et de formes plus ou moins reconnaissables. Du Bram van Velde moins abstrait, où la figure est omniprésente. Puis mécontente de la direction prise par ces toiles elle en découpera beaucoup pour en faire des collages illisibles et tressés, du coup totalement abstraits…
Son installation à Périgueux lui fait découvrir les grottes de Lascaux, qui sont un choc formel et culturel total, elle se lance alors dans sa série des « Grottes », où des formes géométriques s’enroulent comme un escargot à partir d’un centre sombre comme le lointain bout d’un tunnel, se divisent autour d’une sorte de ligne d’horizon délimitant une aurore psychédélique, explosive. C’est la période « Op » d’Emma pourrait-on dire! 


Ces recherches abstraites l’amènent à s’intéresser à la matière même de la peinture, aux matériaux et aux objets de toute sorte dont elle se sert pour faire des collages qu’elle noie sous des peintures gris métallisé ou orangé (exposition à la galerie Suzanne de Coninck à Paris en 1967).



A Périgueux en 1966 elle fera, dans un esprit très magnellien, le carton de deux grands panneaux en mosaïque et quatre peintures murales pour l’Ecole Normale (malheureusement tous détruits!).
Mais la grande affaire d’Emma c’est la figure humaine, l’homme, et elle y revient au milieu des années 70 avec sa série des "Portraits imaginaires » en noir et blanc (exposition à la galerie H et Multiples à Marseille en 1975, avec un texte d’Edmonde Charles-Roux).
Puis après toutes ces couleurs, ces mouvements, ce retour au calme, Emma va portraitiser des fruits, des légumes et des fleurs avec toujours cette même trame, ce même tressage qui envahit l’espace et construit leur spécificité. Elle renoue à ce moment là avec la couleur, sa magistrale palette qui n’a pas de limites.


Le point d’orge de cette période « florale », sera la réalisation en 1988 d’un très grand mural pour la Bibliothèque Municipale de Périgueux.

A la fin des années 80, l’artiste revient à nouveau à la figure humaine. Dans cette série là l’artiste représente essentiellement des femmes, très bijoutées, avec des fleurs et des fruits dans les cheveux; des femmes noyées dans la végétation, toutes deux symboles de fécondité et de luxuriance, mais d’une exubérance un peu triste et comme anesthésiée.


Rares sont en effet les portraits d’Emma, dans toute sa carrière, qui respirent la joie de vivre. La pesanteur de la condition humaine, la dureté des ses lois se font ressentir dans les expressions toujours empreintes de mélancolie et de tristesse de ses personnages. Le regard vide, fixe, ils sont souvent ailleurs voire même hypnotisés, hébétés, un peu comme des zombies...

Avant même de quitter définitivement son atelier parisien de la rue Pernety pour s’installer à Périgueux, puis à Bordeaux, Emma a entamé sa dernière série « Les Masques ». C’est toute l’affaire des années 90: cet attachement à représenter toujours avec ce même trait, ce même fil qui tisse et sillonne la toile ou la feuille. D’une grande diversité, plus ethnique encore que ses « Monstres", plus universels aussi car ils évoquent l’Afrique, l’Océanie, L’Australie et parlent de cette diversité humaine qu’Emma a toujours recherchée.
EMMA REYES




FICCIONES

DE OTROS MUNDOS

MESTER DE BREVERÍA

DRAGON

RIMBAUD

dimanche 24 mars 2019

La Phénoménologie du graffiti / L’art et l’expression urbaine





La Phénoménologie du graffiti

L’art et l’expression urbaine

14 DÉCEMBRE 2018, 
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS
Les travaux artistiques réalisés dans les rues, dans les espaces publiques, différents de ceux qui ont lieu dans des espaces institutionalisés (des musées, des galeries, des théâtres) sont nommés d’Art Urbaine (Street Art).
L’art urbaine s’exprime dans le champ de la musique, du théâtre, du cirque, du dessin etc. Ce sont des innombrables performances dans les rues des villes, où, principalement, les artistes cherchent à recevoir des paiements des passants qui s’arrêtent et regardent leur rendement. C’est l’art exercée dans les rues qui leur donne le pain de tous les jours. Le graffiti est différent.

Les graffeurs sont différents des les vandales. Dans le monde entier, d’incomptables graffeurs écrivent, dessinent, et peignent sur les murs depuis l’antiquité (depuis les peintures rupestres dans les grottes). Ils sont l’objet de beaucoup de controverses quant à la reconnaissance et à la légalité de leurs travaux; quelques uns assument leur identités, d’autres se cachent sous des pseudonymes, beaucoup passent inaperçus et d’autres deviennent célèbres: Basquiat, par exemple, Les Jumeaux à São Paulo et le super créatif Banksy (pseudonyme de l’artiste guérrillero) qui a eu un de ses panneaux recouvert de peinture par des fonctionnaires embauchés par la préfecture de la ville britannique de Bristol, en ayant plus tard toutes ses oeuvres préservées par le Conseil Municipal de cette même ville. La condamnation et la protection des graffitis se produisent toujours, en gérant ainsi des controverses entre les pouvoirs régulateurs de l’utilisation des villes, partout.

Le contexte des rues, plus espécifiquement de leurs murs, est constitué dans l’écran, dans le cadre choisi pour faire le graffiti. Faire du graffiti c’est exprimer par des dessins, par des phrases, ce que l’on ressent et aperçoit du quotidien, surtout en relation à la ville, à la ville “vécue”, autant que c’est aussi apporter aux gens, sa propre manière, sa façon onirique, sa propre façon de percevoir.

Faire du graffiti c’est crier, c’est exprimer ce que l’on ressent. Ces cris, ces expressions résument des clameurs individuels, faibles et non-exposés, et c’est exactement là où l’on trouve la motivation, la subtilité et la popularité des graffitis: ils exposent ce que l’on murmure, aux cris, et comme ça, toute la ville peut entendre.


L’important dans le graffiti c’est faire du graffiti avec ce qu’il arrive, sous la forme de dessin et/ou de mots, c’est établir des résumés qui s’ouvrent comme des dynamites, des explosions éclairantes de ce qu’il y a dans les rues, dans les maisons, dans les têtes. Dans ce sens, le graffiti prend la places des charges des journaux, autant qu’il résume les bandes déssinées des super-héros. C’est le divertissement des bandes déssinées, c’est aussi les confessions cachées des toilettes publiques. Il y a toujours un aspect d’explosion individuel en face de ce qui emprisonne. Le graffiti peut être aussi une expression de révolte, de critique au système aliénant. Le graffiti est libérateur, à partir du moment qu’il exprime ce que l’on ressent. Tout ce qu’il est mis dans le graffiti est un acte contre une situation établie, c’est la manifestation d’un désir, c’est une réflexion, une critique, c’est pourquoi le graffiti exemplifie une protestation urbaine.

Nous sommes dans un système dans lequel, malheureusement, tout est capitalisé, utilisé, et comme ça, depuis que le graffiti s’est popularisé dans les villes modernes, les gens, les entreprises, les organisations, et même les institutions religieuses, payent pour avoir un graffiti avec de la propagande, des mots d’ordre, des verses et des dessins sacrés, en essayant d’attirer des clients, des consommateurs, ou d’attraper des âmes.
Cet art spontané, ce cri du peuple, coagulé et exprimé sur les murs – le graffiti – se transforme aussi par la médiation des marchands – propriétaires et agents des galeries – en un objet de luxe, peinture chère, et on a là les rues sur les murs, qui décorent d’immenses livings. Le graffiti est maintenant à la mode et commence à avoir une valeur rattaché, ses cris sont, alors, mécanisés, soit par l’amplification, soit par bâillonnement.




samedi 23 mars 2019

David LaChapelle / Jesus is my Homeboy

David LaChapelle, Self Portrait as House, 2013

David LaChapelle
Jesus is my Homeboy

David LaChapelle, Seismic Shift, 2012

David LaChapelle, Land Scape: Kings Dominion, 2013

Jesus is my Homeboy
Jesus is my Homeboy

Good news lost and found









vendredi 22 mars 2019

Le charactère / La force et la débilité


Le charactère

La force et la débilité

14 NOVEMBRE 2018, 
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS
Les notions de charactère, tempérament, vocation, nature, enfin, des situations déterminantes de comportement et de motivation humaine sont une constante dans la pensée non spécialisé, et malheureusement, aussi dans la pensée psychologique. L’essaie de comprendre les problèmes humains, en général, est basé sur des idées de cause, des éléments déterminants de la réalité, d’antériorité et de substantivité en tant que fondements explicatifs des évènements présents, en gérant des typifications, des préjugés et des justificatives.
Percevoir et entendre ce qu’il existe, par son évidence, c’est une attitude phénoménologique, défendue par Edmund Husserl, mais qui a été peu comprise et acceptée dans cet universe de causalisme élémentaire. Pour Husserl, ce qu’existe apparaît, devient évident et cela apporte toute la configuration, toute la physionomie qui l’identifie, l’individualise, et le caractérise.
Comprendre le charactère comme une stigmatisation a crée des théories préconçues, des classifications qui n’ont rien de scientifique, malgré adoptées depuis très longtemps par la science, comme c’est le cas de Cesare Lombroso, qui décidait la supériorité et l’infériorité des êtres et des races par la variation des mesures de la lobe frontal, lobe occipital et d’autres mesures du crâne, en créant une classification responsable par des traces du charactère. Ses études ont influencé, pendant des décénies, la criminologie et les systèmes juridiques occidentaux, a priori, avec des explications sur les “personnalités criminelles” et le “charactère prédisposé à la criminalité”.
L’idée de tempérament est aussi responsable par l’explication a priori des comportements humains. Actuellement, le concept de tempérament c’est l’un des piliers des DSMs (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), manuel qui est une référence mondiale pour la typification et le diagnostic des troubles psychiatriques, qui dans les dernières années reçoit de nombreuses critiques et accusations qui disent que ses définitions de désordres mentaux varient en fonction des meilleurs ajustements du marché pour amplifier la vente de médicaments.
La différence entre les hommes ne consiste pas en son aspect physique, racial, ou alors sa condition social et économique. La différence entre les hommes consiste en son humanisation et déshumanisation. Devenir cruel, déshumain, arrive partout dans le monde, dans n’importe quel système social et économique; cela résulte toujours de la transformation des possibilités relationnelles en contingences nécessaires, où la survie s’impose et ce processus se certifie tant aux plus misérables (lumpen, rebut de la société), quant à ceux qui ont les plus grandes richesses, des fortunes construites généralement par l’utilisation et l’appropriation de l’autre. Nous voyons encore aujourd’hui, dans plusieurs points de la planète, le trafic des gens, des individus qui tirent profit de la faim, de la peur, de l’ignorance, qui utilisent des êtres humains et les transforment en des résidus, en de la matière-première et en un moyen de gagner de l’argent, en les transportant dans des radeaux, en vendant leur travail, en les transformant en des esclaves, prostituées, donneurs d’organes etc. Des cruautés comme celles-ci ne viennent pas des “traces du charactère”, du “faible charactère”, des variations tempéramentales ou des aspects innés; elles viennent, si, de la déshumanisation crée par la cupidité avec une attention sur la survie et la satisfaction des besoins.
La force ou la faiblesse humaine ne viennent pas d’un don, d’une caractéristique innée (charactère, tempérament). Elles viennent de comment nous nous relationnons les uns avec les autres et avec le monde. Accepter les limites, intégrer des possibilités, interroger sur les usages e les abus, créer de nouvelles perspectives, établit des relations configurateurs de courage, de consistence, d’acceptation des frustations et des transformations de ces dernières.
Être fort c’est s’accepter en tant qu’humain, être faible c’est vouloir être reconnu en tant qu’humain, c’est instrumentaliser cette reconnaissance, cette marque humaine. Vivre la contingence, la férocité des systèmes comme une suite, sans positionnements fragmentateurs, empêche la construction de bunkers qu’isolent l’individu et rend la participation du semblable difficile, en créant des glaces qui dépersonnalisent.
La force c’est accepter la difficulté, par exemple; la faiblesse c’est la fuir, en créant des justificatives et des deplacements qui empêchent l’antithèse qui transforme, qui apporte le nouveau quand les difficultés, les limites, sont affrontés.


mercredi 20 mars 2019

lundi 18 mars 2019

La coexistence / La peur et le préjugé


La coexistence

La peur et le préjugé

15 OCTOBRE 2018, 
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS
Être au même endroit, dans la même famille, dans la même ville c’est vivre avec l’autre, c’est vivre avec des autres. La proximité tout simplement c’est ce qu’établit la coexistence entre les personnes, entre les créatures.
La proximité comprend aussi la temporalité et elle est tellement large dans cette acception qu’elle explique les concepts de contemporanéité et d’antiquité. Les scénarios de coexistence sont vécus (nourris) «dans» le maintenant, «dans» l’avant et «dans » l’après, autant proche que distant.
Vivre c’est partager le même space, la même époque, mais c’est aussi participer de ce qui arrive à l’autre. La question de la participation dans la coexistence c’est une obligation qui a éte réduite quasiment à quelque chose qui ne signifie pas la coexistence, même si cela maintient en matière de tranquilité, ou ce qui transforme en difficulté, en créant des obstacles, en transformant les rencontres en chocs, des disputes, des querelles et des dissensions. Ces apescts là de disharmonie compromettent les coexistences, étant donné que les parties ont été faussement transformées en totalités, en contextes qui les définissent, et ainsi sont faits les «moules à coexistence». Dorénavant cela ne suffit plus seulement d’être proche, dans le même space, dans la même famille qui traduit la coexistence: les vecteurs, les signalisations qui struturent les valeurs et les règles créent des groupes où les personnes se sentent representées et sont d’elles mêmes les représentantes. L’égal, le différent, l’étranger, ce qui est consideré bon ou mauvais sont intégrés ou désintégrés en partant de cette définition. La coexistence c’est maintenant entre des égaux et des différents.
Les sociétés sont des ensembles où les directions, les espaces sont définis selon des modèles socioéconomiques. L’espace des riches, l’espace des pauvres, des places pour handicapés sont crées dans le but de ne pas déranger la coexistence sociale. Des zones de craqueiros1, des endroits interdits et des lignes de mort – dans des certaines agglométarions urbaines – établissent le sens de « l’aller » et du « venir ». Il existe l’interdit, le permis, ce qui va gérer du préjudice, la mort, autant que d’autres situations, d’autres avaliations peuvent amener au succès et au pouvoir. Les endroits ont leur sens en fonction de ce qui circule en eux et par où ils se trouvent, à commencer par les églises, les hopitaux, les prisons jusqu’au hall du pouvoir.
La question de la coexistence n’est plus une question ouverte, en continu, elle n’est pas typique des êtres humains, c’est un carrefour représentatif de tout ce qui doit être selectioné, de tout ce qui doit être continué ou ne pas continué : des préjugés, des peurs, de l’anxiété et de l’insécurité remplissent ces trous et soutiennent ces tentacules. Les valeurs créent des espaces, établissent des limites, autorisent l’inclusion, l’invasion et la menace. Les zones de pauvreté, dans n’importe quelle périphérie des villes, ont généralement des déchets à ciel ouvert, en créant fréquemment des espaces pour la coexistence avec d’autres différentes espèces: des insectes ou même des cafards et des rats créent des problèmes et des maladies, en détruisant ainsi les hommes avec qui ils coexistent. De cette manière là, coexister avec l’autre est complètement différent en fonction de ces valeurs sociales et économiques, une coexistence qui gère des conflits et des difficultés, totalement différente des situations dans lequelles coexister consiste à se trouver par rapport à l’autre, à soi-même et au monde, en questionnant, en prennant dans ses bras, en arrêtant et en continuant ce qu’est autour.
La lucidité, le questionnement empêchent que l’homme soit transformé en objet, en possibilitant de l’espace de coexistence, autant que de dialogue, de rencontre et d’interaction créative de coexistences significatives et humanisantes.

Note

1 «Craqueiros»: Utilisateurs de crack. Quelques villes brésiliennes ont des zones où les accros au crack vivent ou passent des heures et des jours donnés à la consommation de la drogue.



samedi 16 mars 2019

Savoir et Agir / Des suggestions kantiennes et psychologiques


Savoir et Agir

Des suggestions kantiennes et psychologiques

14 SEPTEMBRE 2018, 
VERA FELICIDADE DE ALMEIDA CAMPOS

En face du monde, en face de l’autre, aprés les processus éducationnels et des expériences en famille, enfin, aprés de nombreuses expériences relationnelles, des fois les êtres humains se demandent: que puis-je savoir?
Pour Kant, c’était la première question: que puis-je savoir? (Suivie de: que dois-je faire? Et puis: que dois-j’attendre?). Peu de gens s’intéressent à cela. Quand la question est posée, c’est la curiosité, l’intérêt geré par la volonté de répondre, d’entendre la signification du monde, de l’autre, des buts et des contributions individuelles au panorama humain.
L’homme qui demande ce qu’il peut savoir, s’aperçoit de sa curiosité, s’aperçoit qu’elle est large, qu’elle n’est pas ligotée, ni directionnée, mais qu’il a besoin de s’organiser pour que la question soit répondue. Il sait que la méthode et l’organisation s’imposent et que les réponses s’articulent dans la portée de la science ou de la transcendence – généralement religieuse –, sait que la question se déplie en des questions sur l’origine, sur savoir où allons-nous, d’où venons-nous et que sommes-nous. Ce que l’on peut savoir – jusqu’à ce que ce soit répondu – ouvre des possibilités infinies, nécessite de soignées immersions dans les multiples organisateurs de réponses existants. Ce que l’on peut savoir c’est contextualisé par les référentiels qui possibilitent cette même question. Dans ce sens là, la question agrandit les contextes de la curiosité, ou les transforme en instruments, en leviers de contingence, en utilitaires, par exemple: que puis-je savoir pour aller loin dans la vie ? Pour gagner de l’argent ? Cette contingence est implicite, parce qu’elle est subordonnée aux besoins, et permet de développer l’intelligence, capacité liée aux résultats. La curiosité elle-même, atteinte, est interrompue, en disparaissant, et le “que puis-je savoir” n’a plus jamais sa place.
La curiosité, le vouloir savoir implique toujours une praxis – qui rappelle la question kantienne: que dois-je faire. De la curiosité, des recherches e dans celles-là ancré, il surgit: que dois-je faire? Dépliement de celui-ci, cohérent avec ce que l’on recherche: le désir de réaliser ce que l’on sait.
La société, son organisation économique, canalise les savoirs, compromettant ainsi les diversifications. Cette homogénéisation établit des règles et des solutions de comment vivre, tellement génériques, que les spécificités individuelles sont engagées en faveur d’un ensemble définisseur et déterminant. Donc, il n’y a pas toujours de cohérence, les expériences sont fractionnées, ce que l’on doit faire normalement est imposé par les règles ou les avantages – et ne vient pas du questionnement de que l’on peut savoir - et quand cela arrive, l’utilité et le résultat donnent la réponse. De l’effort, du sacrifice du déni de soin s’imposent quand ils tombent sur l’égoisme, sur l’autoritarisme, en limitant la liberté de réalisation de la cohérence. Il y a de nombreuses situations dans laquelle nous observons cette incongruité: des attitudes individuelles et de tous les jours aux positionnements collectifs ou institucionalisés, des omissions en prendre position en face de que l’on sait être injuste, par exemple, aux options stratégiquement pensées et décidées, comme quand un groupe décide laisser tomber un de ses principes pour un contrat avantageux. Des questions éthiques surgissent. Vrai, faux et des ajustements sont questionnés, à partir du moment où faire résulte toujours en créer d’autres configurations qui échappent à ses propres formateurs.
L’éthique est fondamentale, c’est le premier pas pour que l’autre soit considéré. Elle devient une règle vidée quand on ne prend pas en compte les individualités qui diffèrent des propres prérogatives mises à l’avance. Les contensions et les chocs gérés par convénience créent des controles, vident, créent des espérances et de l’anxiété. Le demander et attendre (espérance) dénnoncent dejá avoir transformé la curiosité et l’action en entreprendre, en désir qui résolut les différences et les impossibilités.
Pour Kant, le devoir, sa réalisation éthique dans la sphère humaine, c’était fondamental. Psychologiquement, le fondamental c’est de ne pas vivre en fonction des résultats, des objectifs et des valeurs aliénantes – même si ce sont des agglutinateurs des ordres établies.
Être vrai, c’est-à-dire, être dans le monde se connaissant avec l’autre, fait en sorte que l’on connaisse les limites et les possibilités, en sachant ainsi, ce que peut être fait et donc ce que peut être attendu. Tout cela est une expérience en continu et entière. Quand aliéné – robotisé, coopté par les ordres constituées, déshumanisé – on ne sait jamais, sauf ce qui a été enseigné par les manuels, les médias, les livrets et les institutions. Elles aussi déterminent ce que l’on fait, en mettant des arènes de combat, de scénarios dans lesquels les vainqueurs et les perdants savent ce qu’ils doivent attendre.