AVEC JOËL DICKER, L’ACADÉMIE FRANÇAISE CÉLÈBRE LE ROMAN À "L’AMÉRICAINE"
Le Grand prix de l’Académie française a été décerné à « La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» de Joël Dicker aux éditions Fallois/L'âge d’Homme.
Par YANNICK VELY
Paris Match
Le 25 octobre 2012 | Mise à jour le 25 octobre 2012
C’est l’une des success-stories de la rentrée littéraire. Écrivain suisse de langue française né à Genève, âgé de 27 ans et auteur d’un seul roman publié jusqu’à alors, «Les Derniers jours de nos pères», Joël Dicker s’est fait une belle place au soleil des prix littéraires en figurant dans de nombreuses sélections, dont celle du prix Goncourt. «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» vient d’obtenir le Grand prix de l’Académie française, au nez et à la barbe naissante du favori des gazettes, Jérôme Ferrari et son vertigineux «Sermon sur la chute de Rome».
Joël Dicker
La saison des prix Littéraires
Epais roman de 670 pages paru aux Editions de Fallois/L’âge d’Homme, «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» est de l’aveu même du romancier sur son site Internet un thriller à l’Américaine qui embrase le genre comme un certain Truman Capote avant lui. Réflexion sur l’Amérique d’aujourd’hui et la justice médiatique, ce roman à suspense suit un jeune écrivain à succès en pleine crise d’inspiration qui se voit offrir un sujet en or quand son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, est inquiété pour l’assassinat d’une jeune fille en 1975, Nola Kellergan. Joël Dicker succède au palmarès à Sorj Chalandon pour «Retour à Killybegs» (Grasset) et lance idéalement la saison des prix littéraires. Avant le fameux prix Goncourt qui sera remis le 7 novembre prochain, avec pour grand favori «Peste & Choléra» de Patrick Deville, nous connaitrons les prix Femina et Médicis, le 5 et 6 novembre prochains.
La deuxième sélection du prix Goncourt
Vassilis Alexakis, "L’enfant grec" (Stock)
Thierry Beinstingel, "Ils désertent" (Fayard)
Patrick Deville, "Peste et choléra" (Seuil)
Joël Dicker, "La vérité sur l’affaire Harry Québert" (Fallois)
Mathias Énard, "Rue des voleurs" (Actes Sud)
Jérôme Ferrari, "Le Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud)
Linda Lê, "Lame de fond" (Bourgois)
oy Sorman, "Comme une bête" (Gallimard)
La deuxième sélection du prix Renaudot (roman)
Vassilis Alexakis "L'enfant grec" (Stock)
Christian Authier "Une certaine fatigue" (Stock)
Anne Berest "Les Patriarches" (Grasset)
Mohamed Boudjedra "Le parti des coïncidences" (Alma)
Patrick Deville "Peste et choléra" (Seuil)
Henri Lopes "Une enfant de Poto-Poto" (Gallimard)
Jean-Loup Trassard "L'homme des haies" (Gallimard)
Florian Zeller "La Jouissance" (Gallimard)
La deuxième sélection du prix Médicis français
Patrick Deville « Peste et choléra » (Seuil)
Philippe Djian « Oh ! » (Gallimard)
Leslie Kaplan « Millefeuille » (P.O.L.)
Emmanuelle Pireyre « Féerie générale » (L’Olivier)
Patrick Roegiers « Le Bonheur des Belges » (Grasset)
Abdellah Taïa « Infidèles » (Seuil)
John Le Carré est un homme heureux. Pour ses 80 ans, on lui a offert une adaptation aux petits oignons de l'un de ses meilleurs romans, La Taupe. L'écrivain britannique a accepté de jouer les superconseillers sur le tournage et même d'apparaître, une fraction de seconde, façon Hitchcock, dans la grande scène de la fête de Noël dans les locaux du MI6. À la sortie du film, il a déclaré: «Ma vie et ma réputation se sont construites autour de mes livres, mais l'immense majorité du public ne les a jamais lus. C'est pourquoi je suis ravi que les gens découvrent mon travail à travers un autre média. Si le film incite à me lire, je suis doublement ravi!»
Riche, traduit dans le monde entier, célébré par plusieurs générations de confrères, John Le Carré est donc toujours cet homme que le doute habite. Comme si les blessures de l'enfance n'avaient pas cicatrisé. «Je viens d'une famille d'insoumis, cela ne fait aucun doute. Ma mère déserta la maison de ses parents pour épouser mon père, déserta ensuite son foyer lorsque j'avais 5 ans, et manqua à l'appel pendant le reste de mon enfance.»
Né le 19 octobre 1931, à Poole, dans le Dorset, David John Moore Cornwell sera bon élève. À la Sherborne School, puis à l'université de Berne, il se passionne pour l'allemand. La légende veut que ce soit à ce moment que les services secrets l'aient recruté. C'est l'une des nombreuses zones d'ombre qui jalonnent sa biographie.
La trahison et les rêves déçus
Après son service militaire dans l'Intelligence Corps en Autriche, il doit quitter Oxford à cause des déboires financiers de son père. Il enseigne ensuite à Eton, puis intègre le Foreign Office. On retrouve sa trace à l'ambassade britannique, à Bonn, puis au consulat de Hambourg. Une photo rare le montre, en 1964, grand échalas tout de noir vêtu et chapeauté, sur les docks du port allemand. Cette année-là, il renonce à «la carrière diplomatique» pour se consacrer à l'écriture. Il a déjà publié deux romans, L'Appel du mort(1961) et Chandelles noires(1962). Deux bides commerciaux qui marquent pourtant l'apparition de George Smiley, personnage d'espion qui deviendra légendaire. Le Carré le mettra en scène dans huit romans.
Smiley, c'est la grande invention de celui qui a pris pour nom de plume Le Carré. Un pseudonyme dont on ignore au passage l'origine. Là encore, la légende prétend que sur le chemin qui le conduisait chaque jour au Foreign Office, David Cornwell passait devant un pub baptisé «The Square». De là à traduire l'enseigne pour obtenir un nom français…
Avec Smiley, Le Carré met en scène un personnage qui lui ressemble: un officier de renseignement solitaire, discret, sans illusion. Mais alors que son créateur a 30 ans, Smiley a de la bouteille ; il a fait la guerre. Après avoir combattu les nazis, il se retrouve face aux communistes. Il ne cherche pas trop à comprendre et fait le job. En Grande-Bretagne, beaucoup de lecteurs de Ian Fleming n'acceptent pas cet anti-James Bond, petit homme rondouillet à lunettes, trompé par sa femme. Avec l'adaptation, en 1979, de La Taupeen sept épisodes par la BBC, Smiley a désormais, et jusqu'à Gary Oldman, les traits d'Alec Guinness.
Le Carré rencontre un fort succès critique avec son troisième roman, L'espion qui venait du froid, en 1963. Ses livres suivant connaissent des fortunes diverses, mais, avec La Taupeen 1974, Comme un collégien en 1977 et Les Gens de Smileyen 1980, qui composent la trilogie Karla, il s'inscrit comme le meilleur auteur de thrillers d'espionnage. Il a réussi comme personne à décrire les codes, les rouages de la guerre secrète qui fit rage entre l'Est et l'Ouest pendant un demi-siècle. Pressé de tout côté, il finit par admettre qu'il a travaillé pour les services secrets. Il n'en dira pas plus.
La fin de la guerre froide arrive. Le Carré semble déstabilisé. La Maison Russie(1989), Le Voyageur secret(1990), Le Directeur de nuit(1993) et Notre jeu(1995) déçoivent un peu. Les romans suivants, Le Tailleur de Panama(1996), Single and Single(1999) et La Constance du jardinier ( 2000), le remettent en selle. Il est pour toujours celui qui a écrit de magnifiques pages sur la trahison, les rêves déçus, la certitude et le doute. Un classique, en somme.
Le poète chilien Gonzalo Rojas le mois de mars 2004. Photo GORKA LEJARCEGI
Mort du poète chilien
Gonzalo Rojas
Mardi 26 avril 2011
Né
en 1917, Gonzalo Rojas a vécu en exil lors de l'arrivée au pouvoir du
général Pinochet en 1973. Les poèmes du lauréat du Prix Cervantes 2003
sont parus en France dans les recueils Misère de l'homme et L'Illuminé.
Deux jours de deuil national ont été décrétés au Chili.
Il est le septième fils d'un mineur. Plus tard, pendant sa jeunesse il
fut le rédacteur de Antarctique, un magazine littéraire à Santiago.
Rojas à aussi été professeur universitaire et chercheur des universités
du Chile à Santiago et Valparaíso.
Avant tout, il sera fortement encouragé dès ses débuts par Vicente
Huidobro. Il a participé au groupe littéraire chilien Mandragore où il
publie ses premiers poèmes.
L’ensemble de son œuvre est regroupé sous le titre Anthologie d’air publié au Mexique par le Fondo de Cultura Economica.
Lorsqu’en 1948, paraît le premier grand recueil de Gonzalo Rojas, La
Misère de l’homme, la critique chilienne et latino-américaine le
reconnaît comme l’une des écritures poétiques majeures de l’époque.