« Une brume si légère » de Sandrine Collette, illustré par Dominique Corbasson
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Yann Plougastel
« Une brume si légère » de Sandrine Collette, illustrée par Dominique Corbasson | LE MONDE
Rêves et cauchemars
Les 306 Peugeot, surtout les grises, peuvent avoir une seconde vie surprenante. Notamment en période de crise. Vous enlevez les sièges arrière. A la place, vous étalez quelques épaisseurs de couvertures. Et, hop, vous obtenez un lit ! Jo va découvrir cette autre utilisation d’une voiture hors d’âge en franchissant le portail de La Casse, une ville encastrée dans le lit d’une rivière et constituée de carcasses de bagnoles au rebut, où s’entassent des démunis en pleine dégringolade sociale.
Autrefois, Jo était une dessinatrice reconnue, mariée à un financier aux dents longues. Ils habitaient dans un vaste appartement sous les toits à Paris. Patatras ! Divorce. Chômage. Solitude. Et engrenage inexorable vers la misère. Résultat, Jo a abouti là, parcelle 2167, dans une Peugeot 306. Grise. Heureusement, il y a Nathan, un des gardiens de ce bidonville en ferraille, qui ressemble à « la préhistoire, version Mad Max ou pire »…
Illustration « Une brume si légère » de Sandrine Collette, illustrée par Dominique Corbasson. | LE MONDE
CHIENNE DE VIE
Une brume si légère, dernière nouvelle de la troisième saison des « Petits Polars » édités par Le Monde et SNCF, ressemble à un cauchemar éveillé. On se dit. Pas possible. Pas elle. Pas eux. Pas comme ça. Eh bien, si. Sans espoir de miséricorde. Chienne de vie qui brise même l’amour le plus inattendu. Sandrine Collette est encore une petite nouvelle dans le monde du polar. Elle a déjà publié deux romans, Des nœuds d’acier (2013) et Un vent de cendres (2014), remarqués pour leur atmosphère insolite, baroque, oppressante.
Le premier, qui a obtenu le Grand Prix de littérature policière, raconte un huis clos brutal entre un jeune homme sortant de prison et deux vieillards le séquestrant. Stephen King n’est pas loin… Le deuxième, sorte de version terrifiante de La Belle et la Bête, relate des amours impossibles au milieu des vignes, pendant les vendanges. Boileau et Narcejac auraient apprécié. Normal, les deux livres de Sandrine Collette ont inauguré le réveil de la collection « Sueurs froides » chez Denoël, où les maîtres du suspense à la française furent publiés dans les années 1960…
Avant d’écrire des intrigues glaçantes, Sandrine Collette s’occupa de chevaux et retapa des maisons dans le Morvan. Cela vous forge le caractère. Elle fut également professeure à l’université de Nanterre. Cela vous caparaçonne l’âme. Du coup, ses récits froids comme la lame possèdent une étrange humanité.
Retrouvez « Les Petits Polars du “Monde” avec la SNCF », saison 3, « Sur mes gardes », de Franz Bartelt, samedi 20 septembre à 21 heures sur FranceCulture. A réécouter et à podcaster surFranceculture.fr.
Sandrine Collette et Dominique Corbasson vues par Dominique Corbasson. | LE MONDE
L'auteure : Sandrine Collette
Née à Paris, Sandrine Collette rêve dès l'enfance d'être palefrenière. En attendant, elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle décide alors de partager sa vie entre l'université de Nanterre, où elle devient chargée de cours, un mi-temps de consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et la restauration de maisons en Champagne puis dans le Morvan. Une existence qui lui permet de naviguer entre deux mondes et de s'occuper, enfin, de chevaux.
Alors qu'elle écrit des bribes d'histoires depuis longtemps, elle décide de composer une fiction et de l'envoyer à un éditeur. Ses références vont de Luis Sepulveda à Marguerite Duras ou Paulo Coelho. Sur les conseils d'une amie, elle adresse son manuscrit aux éditions Denoël, décidées à relancer, après de longues années de silence, la collection « Sueurs froides », qui publia de grands auteurs comme Boileau-Narcejac ou Sébastien Japrisot avant de se mettre en sommeil. Il s'agit Des nœuds d'acier, que Sandrine Collette écrit sans penser qu'il entre dans la catégorie des polars, et plus particulièrement des thrillers. En imaginant son héros, prisonnier libéré qui se retrouve piégé et enfermé par deux frères pour devenir leur esclave, la romancière pense plutôt à un conte philosophique qu'à un roman noir. Des nœuds d'acier sont publiés en 2013 et obtiennent le Grand Prix de littérature policière.
En 2014, Sandrine Collette publie son deuxième livre, tout aussi atypique que le premier : Un vent de cendres (chez Denoël). Le roman commence par un tragique accident de voiture et se poursuit, des années plus tard, pendant les vendanges en Champagne. Climat oppressant, personnage mystérieux et menaçant, jeune fille trop curieuse : le roman revisite le conte La Belle et la Bête et s'achève par une scène aussi spectaculaire qu'effrayante.
La campagne profonde, la forêt, les vignes… Sandrine Collette aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son « petit polar », Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d'une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction. Son prochain livre se situera cette fois en haute montagne.
Christine Ferniot
L'illustatrice: Dominique Corbasson
Née à Paris, Dominique Corbasson effectue ses études à l'Ecole nationale des arts appliqués et des métiers d'art. Elle travaille d'abord comme styliste chez Courrèges, spécialisée dans les ambiances couleur, puis dans le prêt-à-porter. Parallèlement, elle ne cesse de dessiner et, pour ses débuts, s'approche naturellement de la presse. Elle va rapidement travailler pour des magazines comme Cosmopolitan, Le Figaro Madame, mais aussi pour des journaux étrangers comme Vanity Fair.
Elle se tourne également vers la publicité pour les Galeries Lafayette ou Habitat. A partir de 1995, elle est remarquée au Japon, où l'on apprécie sa vision de Paris et des Parisiennes. En 1997, elle présente à Tokyo sa première exposition « Les Grands Magasins », suivie en 2000 de « Paris et moi », qui donne lieu à la publication d'un album. A New York, Tokyo ou Paris, elle conçoit des couvertures de livres, des campagnes publicitaires, des illustrations pour la presse.
A partir de 1996, Dominique Corbasson illustre également des livres pour enfants et devient la complice privilégiée de l'écrivain Jean-Philippe Arrou-Vignod chez Gallimard Jeunesse. Le dernier en date, La Cerise sur le gâteau est paru au printemps 2013, dans la série des « Jean-Quelque-Chose ».
Dominique Corbasson est également l'auteur, d'une bande dessinée intitulée Les Sœurs Corbi (Gallimard). Cet ouvrage se présente comme un polar décalé, à la manière d'Agatha Christie, porté par un graphisme élégant et teinté de fantaisie.
En 2013, elle a présenté ses dessins sur Paris à la galerie Champaka de Bruxelles. Puis, en octobre, François Avril et Dominique Corbasson ont exposé ensemble à la galerie Petits Papiers de Bruxelles leurs travaux intitulés West Coast, belle variation graphique sur Los Angeles et les paysages californiens.
En septembre 2013, Dominique Corbasson a publié un nouveau livre intitulé Parisienne aux éditions Alain Beaulet, regard intimiste et poétique sur la capitale. Chr. F.
Liliane Bettencourt - François-Marie Banier : la milliardaire et le poète
Paris Match|
Jérôme Béglé et François Labrouillère
Société. La femme la plus riche d’Europe aurait donné 1 milliard d’euros au romancier, photographe et intime des «happy few». Sa fille porte plainte
Cette affaire romanesque à tendance sulfureuse tient de Gide pour la «ferveur», et de Mauriac pour le nœud de vipères. La somme est rondelette mais la maison Bettencourt est solide. Le magazine «Forbes» l’estimait en 2008 à 22,9 milliards de dollars, la classant 17e fortune mondiale. Fille unique du fondateur de L’Oréal, Liliane a créé en 1987 la Fondation Bettencourt-Schueller, une des mieux dotées de France, dont la devise est «Donner des ailes au talent». Mais c’est à titre personnel que la milliardaire «sponsorise» depuis une dizaine d’années son protégé, l’artiste François-Marie Banier, pour des montants colossaux. Soucieuse d’éclaircir ces transferts de fonds, Françoise Bettencourt-Meyers, fille unique de Liliane, a déposé plainte contre X pour «abus de faiblesse». Mme Bettencourt, veuve depuis un an, a 86 ans.
A sa manière, il aimait les femmes. Les riches surtout. Marie-Laure de Noailles l’a façonné, présenté au Tout-Paris de la fin des années 60 et lui a donné quelques souvenirs. Puis ce sera Paule de Beaumont, Sao Shlumberger, et enfin Liliane Bettencourt, la femme la plus riche d’Europe, propriétaire, avec sa fille Françoise, de 27,4 % du capital de L’Oréal, le géant des produits de beauté. Depuis une vingtaine d’années, le photographe, peintre, romancier et dramaturge François-Marie Banier est le plus proche ami de l’héritière de l’empire L’Oréal et de son mari, André Bettencourt, disparu en novembre 2007, qui l’appréciait également beaucoup. Au fil des ans, le photographe des stars et la milliardaire, dont la fortune est estimée au moins à 22 milliards d’euros, sont devenus des visages familiers de la jet-set mondiale. On peut aussi les croiser à Saint-Germain-des-Prés, flânant dans les galeries d’art de la rue de Seine ou de la rue des Beaux-Arts, avec le chauffeur qui attend dans la voiture. A Moscou, Lille, Milan ou Marrakech, les expositions du protégé de Liliane Bettencourt bénéficient du parrainage de L’Oréal. Son site Internet, fmbanier.com, est lui aussi frappé du label du groupe de cosmétiques. Pour les amis de la famille, François-Marie Banier est en quelque sorte le fils que les Bettencourt n’ont jamais eu. Cette relation intime vaut aujourd’hui à la richissime héritière de se retrouver au cœur d’une histoire de gros sous associée à une pénible querelle familiale.
L’intrigue se noue début 2008, quelques semaines seulement après le décès d’André Bettencourt, l’ami de jeunesse de François Mitterrand, devenu plus tard ministre de René Coty, du général de Gaulle, puis de Georges Pompidou. La fille unique du couple, Françoise Bettencourt-Meyers, dépose alors une plainte contre X pour «abus de faiblesse» auprès du tribunal de Nanterre. Elle demande à la justice de s’intéresser aux «libéralités» astronomiques consenties par sa mère à François-Marie Banier. Selon le site Bakchich.info, qui a révélé l’affaire, la somme avoisinerait le milliard d’euros, en tenant compte des droits d’enregistrement. Elle a été versée en plusieurs fois, ces dix dernières années, sous la forme de différents contrats d’assurance-vie, souscrits devant notaire, avec toujours un bénéficiaire unique : l’artiste photographe. Liliane Bettencourt aurait aussi fait cadeau à son ami de tableaux, non visés par la procédure. La plaignante, auteur du livre récent «Regard sur la Bible» (éd. de L’Œuvre) évoquant les relations entre juifs et catholiques, est en froid, depuis, avec sa mère. Elle insiste sur le fait que ces versements se sont multipliés au cours des dernières années, ce qui pourrait signifier que Liliane Bettencourt, 86 ans, a été abusée et manipulée en raison de son grand âge. La vieille dame, cet automne, a été interrogée par les policiers de la brigade financière, qui se sont rendus à son domicile de Neuilly. «J’ai le droit de disposer comme je l’entends de mon argent», leur a-t-elle répondu en substance, refusant de se soumettre à une expertise médicale. François-Marie Banier a, lui aussi, été entendu. Selon sa version, c’est comme «mécène» que l’héritière du fondateur de L’Oréal le «sponsorise» dans ses multiples activités. Le procureur du tribunal de Nanterre, Philippe Courroye, devra maintenant décider, soit de classer l’affaire, soit d’ouvrir une information judiciaire et de désigner un juge d’instruction. Un dossier ultrasensible en raison de ses protagonistes – dont aucun des avocats, joints par Paris Match, n’a souhaité s’exprimer – et des implications économiques du sort de L’Oréal.
François-Marie Banier rencontre Liliane Bettencourt pour la première fois au milieu des années 1980, grâce à Nicole Wisniak, la créatrice du magazine «Egoïste». Le vibrionnant photographe-peintre-romancier charme sans peine la richissime héritière qui a toujours adoré la compagnie des artistes. Car François-Marie Banier a de la conversation. Louis Aragon, Vladimir Horowitz, Samuel Beckett, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin, François Nourissier, Caroline de Monaco... Il a fréquenté toutes sortes de grandes figures de la seconde moitié du XXe siècle, et sait en parler. Plus près de nous, Vanessa Paradis et Johnny Depp font partie de ses intimes, Banier est le parrain de leur fille, Lily Rose. Un déjeuner avec François-Marie, ce sont mille anecdotes qui émaillent la conversation, et presque autant de compliments bien dosés adressés à son interlocuteur. Exactement ce que recherchent les grands de ce monde. Etre milliardaire, c’est accepter de perdre son temps dans des dizaines de conseils d’administration, de converser avec des banquiers austères, de parler actions, dividendes et impôt sur la fortune. Quand un artiste fait irruption dans cet univers feutré, il énerve ou il séduit. Repliés dans leur hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, Liliane et André Bettencourt aiment recevoir ce personnage qui se vante d’avoir trouvé le nom du parfum Opium pour Saint Laurent – Pierre Bergé a toujours démenti – et qui aurait activement participé au baptême de Poison pour Dior.
Ce «french dandy» a fait de son appareil photo le compagnon de son entrisme
Dès 1987, dans un album publié par Gallimard, François-Marie signe sa première photo de Liliane au pied du monumental escalier de son hôtel particulier, à la déco 1930. A Paris, à un trait de l’église Saint-Sulpice, l’appartement-atelier-studio-labo photo-local d’archives de l’ami de la famille Bettencourt est une vraie caverne d’Ali Ba-ba ! Son trésor : des milliers de photographies intimes de tous les gens qu’il a côtoyés. Aux noms cités précédemment, on peut ajouter ceux d’Isabelle Adjani, Sylvana Mangano, Betty Catroux, Pascal Greggory, Marc Jabobs, Madeleine Castaing, Nathalie Sarraute, Inès de la Fressange, Kate Moss, Mick Jagger...
Certains portraits sont exceptionnels, les modèles acceptant pour lui d’être shootés sur le vif, sans maquillage, sans chichi ou tralala. Aucune de ces images n’est destinée à être publiée dans l’immédiat. Un rêve pour le photographe et son modèle. Au point que «Vanity Fair» a consacré, il y a un an, un élogieux portrait à ce «french dandy» qui a fait de son appareil photo le compagnon de son entrisme. Petit à petit, son patrimoine immobilier s’agrandit. Associé à un lord anglais, le réalisateur David Rocksavage, de son vrai nom le marquis de Cholmondeley, il domicilie dans son immeuble trois de ses cinq sociétés civiles immobilières. Il y rachète aussi en viager l’appartement d’une centenaire, veuve de l’artiste-peintre Léon Gischia. Dans les SCI June et Blanche, Liliane Bettencourt lui a fait don, en juin 1997, de ses actions et de créances pour 11,2 millions de francs. Le notaire a alors dressé la liste de plusieurs donations précédentes : 1,4 million de francs en dons de créance, 4,47 en compte courant,3,2 en don manuel, 250 000 francs en chèque, et deux fois 1,5 million de francs toujours en chèque.
Mais Banier ne vit pas sous cloche. Devant son porche, deux cyclomoteurs Peugeot l’attendent pour ses pérégrinations. Dès potron-minet, il sillonne Paris à la recherche de «gueules». Vieilles dames, clochards, enfants, jeunes gens en costume, balayeurs : le genre humain l’intéresse. Il a consacré plusieurs albums à ces visages inattendus.Tel est François-Marie Banier. Séducteur, espiègle, canaille, mythomane, drôle, narcissique, cultivé, snob, acerbe, cynique, jamais dupe – pas même de lui-même –, bref, proustien. La compagnie des riches et des puissants ne lui suffit pas. D’ailleurs, il évite les mondanités.
Du côté de Liliane Bettencourt, dont l’une des conseillères financières n’est autre que la banquière Florence Woerth, épouse du ministre du Budget, se joue aussi une bataille financière pour le contrôle de l’Oréal. Très attachées aux racines françaises de l’entreprise, ni Liliane ni sa fille Françoise n’ont jusqu’ici accepté de céder aux appétits de la multinationale suisse Nestlé, l’autre gros actionnaire (à 26,4 %) de L’Oréal. Mais fin avril 2009, au moment où le groupe fêtera son centenaire, prendra fin le «pacte» liant les Bettencourt à Nestlé. Alors, tout pourra arriver. Et si la discorde persiste dans la famille fondatrice, le risque sera grand de voir bientôt L’Oréal tomber dans l’escarcelle du copropriétaire helvétique.
Spectre : les James Bond girls vont toujours par deux
Par François Menia et Olivier Delcroix Publié le 08/12/2014 à 19:42
L'annonce du casting de la 24e aventure de 007 a permis de découvrir que Monica Bellucci et Léa Seydoux vont incarner les charmantes partenaires de l'espion britannique.
La blonde et la brune. Depuis la naissance en 1962 de James Bond au cinéma avec James Bond contre Docteur No, cette tradition de la double Bond Girl perdure dans chacune des aventures cinématographique de l'agent 007. À l'époque, la blondissime Ursula Andress apparaissait nimbée de goutelettes d'eau vêtue d'un simple bikini blanc et surgissant hors des flots telle la Vénus de Boticelli. Auparavant Sean Connery s'était entiché de la brune Sylvia Trench, incarnée par Eunice Gayson.
Depuis lors, un duel sous cape entre Bond Girls s'est instauré au fil des années, que Monica Bellucci et Léa Seydoux ne font que prolonger dans Spectre, le prochain Bond réalisé par Sam Mendes.dont la sortie est prévue fin 2015.
Si Skyfall (2012) avait traité en mode mineur ce tandem feutré des beautés faisant face au beau James, en revanche, Quantum of Solace (2011) s'y est employé pleinement. Gemma Arterton et Olga Kurylenko sont là pour le prouver. L'une est vengeresse, tandis que l'autre finira étouffée recouverte de pétrole, un peu comme dans Goldfinger. Autre affrontement à fleuret moucheté entre beautés fatales, celui de Casino Royale (2006) qui voit Caterina Murino et Eva Green séduire à tour de rôle un 007 en quête de reconnaissance internationale (c'est la première fois que Daniel Craig enfile le smocking de l'agent secret).
Quatre ans avant, dans Meurs un autre jour (2002), c'est Pierce Brosnan qui ne savait plus à quel saint se vouer entre Rosamund Pike et Hally Berry. C'est d'ailleurs durant l'ère Brosnan que furent le plus systématisé le principe des paires de James Bond girls plus ou moins antagonistes: qu'il s'agisse de Sophie Marceau et Denise Richards dans Le Monde ne suffit pas (1999), de Teri Hatcheret Michelle Yeoh dans Demain ne meurt jamais (1997) ou bien sûr de Famke Janssen et Izabella Scorupco dans GoldenEye (1995) .
Subtile parodie du style bondien
En 1989 dans Permis de tuer, l'éphémère Timothy Dalton aura lui aussi eu affaire à deux naïades blondes et brunes, Carey Lowell et Talisa Soto.
Le plus bel exemple -et le plus parfait équilibre- entre Bond girls blondes et brunes l'une gentille et l'autre méchante se trouve probablement dans Jamais plus jamais (1983) d'Irvin Kershner. Ce James Bond pirate avec le grand Sean Connery mettait en scène la blonde et douce Kim Basinger face à la venimeuse et tantatrice brune Barbara Carrera.
Kershner frôlait la caricature sans jamais tomber dedans, tout en restant dans une subtile parodie du style bondien, faisant évidemment référence au modèle du genre, et notamment Goldfinger(1964), triomphal volet de 007 où toute la démesure du mythe se mettait en place, y compris ce tandem de séductrices, alors incarnées par Shirley Eaton et Honor Blackman... Monica Bellucci et Léa Seydoux seront-elles à la hauteur de leur illustres consœurs? Réponse fin 2015.
James Bond va affronter l'un de ses pires ennemis dans Spectre
Par François Menia Publié le 08/12/2014 à 15:45
Jesper Christensen, interprète du vil Mr. White, marquera son retour dans le 24e film de la franchise. L'acteur l'a annoncé sur un site danois, admettant avoir pris connaissance d'un scénario «excitant».
James Bond n'en a pas finit de se faire des ennemis. Un des ses anciens ennemis revient dans Spectre, 24e film de la franchise en salle le 23 octobre 2015. Le site danois Euroman révèle que Jesper Christensen aurait signé son retour dans les nouvelles aventures de 007. Devant la caméra de Sam Mendes, l'acteur danois a avoué avoir «hâte de travailler avec Sam Mendes et Daniel Craig.»
Déjà présent dans Casino Royale et Quantum of Solace, Christensen incarnait alors Mr. White, un puissant ennemi de l'ombre de James Bond, faisant souvent référence à une organisation tentaculaire, sans jamais la nommer. Sa présence au casting ne fait plus aucun doute. Qui plus est l'acteur de 66 ans a admis avoir pris connaissance du scénario, «excitant» à ses yeux. Alors que la production a présenté l'équipe du film jeudi dernier, il s'est même exprimé à ce sujet: «L'équipe est très compétente alors ça va être fun.» Rappelons que Christoph Waltz, Léa Seydoux et Monica Bellucci feront leurs premiers pas dans l'univers créé par Ian Fleming.
esper Christensen devient ainsi le premier méchant de la saga qui apparaît dans trois films différents de la saga. Le record était détenu par le récemment disparu Richard Kiel, dans L'espion qui m'aimait (1977) et Moonraker (1979).
James Bond : première image du tournage de Spectre
Par François Menia Mis à jour le 10/12/2014 à 12:10 Publié le 09/12/2014 à 19:13
Dur d'imaginer James Bond sans M. L'espion au service de Sa Majesté devra pourtant composer sans sa mère adoptive. M, le personnage interprété par Judi Dench, a tiré sa révérence à la fin de Skyfall. Spectre devient par conséquent le premier James Bond depuis Golden Eye où la patronne du MI6 n'apparaît pas.
Elle devrait pourtant tenir une place importante dans le scénario, ou en tout cas sur la psyché de 007. Définitivement orphelin, James Bond a perdu la seule personne en qui il pouvait avoir confiance. Dans la première photo du tournage dévoilée, on y voit deux éléments. Tout d'abord, le clap marquant le début du tournage du 8 décembre avec le nom du film, révélé il y a quelques jours.
Les aficionados verront aussi un petit objet en céramique. Porte-bonheur de Sam Mendes? Serre-livre pour contenir les romans d'Ian Fleming? Il n'en est rien. Il s'agit du seul objet du bureau de M ayant survécu à l'explosion survenue lors de Skyfall. Ce bouledogue apparaît recollé, sûrement par quelqu'un attaché à cette femme de caractère. La race du chien n'est pas un hasard. Winston Churchill possédait le même, disposé sur son bureau à cause de son surnom, le bouledogue.
Malgré la disparition du personnage de Judi Dench, James Bond recevra tout de même des ordres d'un M, interprété par Ralph Fiennes.
Spectre Le James Bond le plus cher de tous les temps Le film, qui coûterait 300 millions d'euros, serait l'objet d'un échange de courriels dévoilés à la suite du récent piratage de Sony.
Par Pauline Le Gall Publié le 12/12/2014 à 17:37
Les révélations faisant suite au piratage de Sony n'en finissent plus. Après le scandale autour du projet de biopic de Steve Jobs, c'est le nouveau Bond, Spectre, qui est à l'origine d'une discussion rapportée par Variety. La MGM aurait eu un échange avec la productrice du film Barbara Broccoli pour essayer d'en réduire le coût. Spectre est, en effet, en train de devenir le plus cher de tous les James Bond.
Selon la chaîne CNN, qui a pu voir les courriels (la coprésidente de Sony, Amy Pascal, était en copie, puisque la société américaine coproduit le film et devrait gérer sa distribution), et Variety, qui en rapporte le contenu, le président de la MGM a essayé de réduire le budget de 300 millions de dollars à 250 millions. Quelques suggestions ont été faites pour réduire les coûts du tournage doit commencer dans les prochains jours: préférer Londres à une villa romaine, utiliser trois wagons au lieu de quatre dans une séquence de combat et rendre le finale moins impressionnant.
Pour la MGM, il faut «contenter le public» tout en réduisant le budget. Mais la productrice du film, Barbara Broccoli, ne l'a pas vu de cet œil. Elle a refusé ces compromis et a gardé tous ses wagons et sa scène en Italie. Le studio s'est rassuré en expliquant qu'un placement produit Heineken les aideraient à réduire les frais.
La dernière révélation de l'échange concerne les personnages. On sait qu'il y aura une «méchante lesbienne» et que Ernst Stavro Bofeld, chef du Spectre, fera une apparition dans le film.
Le Soliloque d'Hamlet Par William Shakespeare Traduit par A.Z. Foreman
Voici la question: d'être ou de ne pas être. Dans l’âme serait-il noble de me soumettre A la fronde et les dards d’un destin altier Ou contre tout un flot de misères m’armer Dans une insurrection, afin de les détruire? Mourir et donc dormir....rien davantage, et dire Que ce sommeil met terme aux angoisses du cœur, Et ce legs corporel d'un terrestre douleur... Telle terminaison tenterait l’âme avide: Dormir...et puis rêver. Mais le rêve intimide. Car le rêve qui vienne en ce sommeil des morts Aux esprits dépouillés de la coque du corps Nous donne à reflechir. Voilà la réticence Dont naît l’adversité d’une longue existence. Car qui supporterait le fouet, le dédain D’un monde médisant, la haine du hautain, L’oppression du tyran, de l’amour la souffrance, Les lenteurs de la loi, l’altière inexpérience De chaque grand en place, et l’avilissement Que l’indigne refile au mérite patient Alors que de ce monde il pourrait bien s’absoudre Avec un poignard nu qui devrait tout résoudre? Qui en effet pourrait porter un poids pesant, Sous la vie accablante en geignant, en suant, Sans être épouvanté par l’au-délà, la terre Dont nul n’a jamais pu repasser la frontière, Qui trouble le dessein en nous faisant souffrir Les maux que nous avons plutôt que de les fuir Vers un mal inconnu? Ainsi la conscience Fait de nous des poltrons. Ainsi l’homme qui pense Change les teints natifs de la résolution En malade pâleur avec sa reflexion, Et ainsi des projets d’une haute volée Se détournent toujours du cours à cette idée, Perdant le nom d’"action".
Lawrence Olivier
To be, or not to be--that is the question: Whether 'tis nobler in the mind to suffer The slings and arrows of outrageous fortune Or to take arms against a sea of troubles And by opposing end them. To die, to sleep-- No more--and by a sleep to say we end The heartache, and the thousand natural shocks That flesh is heir to. 'Tis a consummation Devoutly to be wished. To die, to sleep-- To sleep--perchance to dream: ay, there's the rub, For in that sleep of death what dreams may come When we have shuffled off this mortal coil, Must give us pause. There's the respect That makes calamity of so long life. For who would bear the whips and scorns of time, Th' oppressor's wrong, the proud man's contumely The pangs of despised love, the law's delay, The insolence of office, and the spurns That patient merit of th' unworthy takes, When he himself might his quietus make With a bare bodkin? Who would fardels bear, To grunt and sweat under a weary life, But that the dread of something after death, The undiscovered country, from whose bourn No traveller returns, puzzles the will, And makes us rather bear those ills we have Than fly to others that we know not of? Thus conscience does make cowards of us all, And thus the native hue of resolution Is sicklied o'er with the pale cast of thought, And enterprise of great pitch and moment With this regard their currents turn awry And lose the name of action.
"Il est ironique de construire l'univers de la beauté autour de filles de 20 ans"
Le Express
Par Chloé Deriemacker, publié le
Dans un entretien accordé au magazine WWD, Charlize Theron a clairement fustigé l'industrie de la beauté et ses diktats de jeunesse éternelle.
Charlize Theron fustige l'industrie de la beauté.
REUTERS/Luke MacGregor
Dans un entretien au magazine WWD publié mercredi 27 août, Charlize Theron, égérie du parfum J'Adore de Dior, s'est montrée extrêmement critique à l'égard de l'industrie de la beauté. Cette dernière se focalise trop sur la beauté juvénile, selon elle. L'actrice de 39 ans a cherché à démontrer qu'une actrice pouvait être belle même à 40 ans, un "bel âge".
"C'est à 40 ans que les femmes sont au pic de leur sensualité"
Charlize Theron explique qu'il est "ironique de construire le monde de la beauté autour des filles âgées de 20 ans, alors qu'elles n'ont aucun concept de la sagesse, de ce qu'est la vie, des relations avec les hommes, aucune confiance en elles et aucune idée de leur valeur. C'est pourquoi je pense que les gens disent que les femmes entrent dans leur bel âge dans leur quarantième année. Or c'est à ce moment-là que notre société nous délaisse, comme si nous étions des fleurs fânées", a expliqué la compagne de Sean Penn.
Et de rappeler "Les hommes sont comme le bon vin, ils se bonifient avec le temps. Quelle fausse idée, et que d'opportunités perdues. Car c'est [à la quarantaine] que les femmes sont au pic de leur sensualité."
Le parfum, un "accès instantané au luxe"
L'actrice revient également sur la mode et son rapport aux vêtements. "Je suis vraiment chanceuse. Des créateurs sont très généreux et m'envoient des pièces. Je ne prends jamais cela comme un acquis. Je ne suis qu'une personne et je ne peux pas tout porter. L'idée que des vêtements soient juste accrochés dans ma penderie et jamais utilisés me dérange. Mon credo est que si je ne l'utilise pas, je le donne à quelqu'un qui l'utilisera." Apparemment, ses amies ne s'en plaignent pas et l'ont surnommée "Narnia", "comme l'armoire qui n'arrête pas de donner".
Egérie Dior depuis dix ans, Charlize Theron revient également sur les parfums. "J'aime les parfums rien que pour le fait que des femmes en portent juste pour se sentir bien. On n'en met pas pour les hommes ou les autres. C'est un accès instantané au luxe que chaque femme apprécie."