dimanche 21 avril 2019

A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq


A l’Elysée, Emmanuel Macron célèbre le « romantique » Michel Houellebecq

Le romancier a été décoré chevalier de la Légion d’honneur, jeudi 18 avril, par le chef de l’Etat, en présence notamment de Nicolas Sarkozy.

Par Olivier Faye Publié le 19 avril 2019 à 12h01

Il est sorti de l’Elysée à côté de sa femme, la cigarette aux lèvres et le pas léger, un peu comme si la gloire républicaine le faisait flotter sur le gravier de la cour d’honneur. Michel Houellebecq a été décoré, jeudi 18 avril, chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction que le romancier a accueillie devant une petite trentaine de convives, dûment sélectionnés par ses soins.

samedi 20 avril 2019

La cathédrale Notre-Dame de Paris, défigurée par un incendie, sera rebâtie



La cathédrale Notre-Dame de Paris, défigurée par un incendie, sera rebâtie

Ayant mobilisé 400 pompiers, l’incendie, qui s'est propagé extrêmement rapidement, a pris dans les combles de la cathédrale, ont indiqué les pompiers, évoquant "un feu difficile"


Par AFP et TIMES OF ISRAEL STAFF
16 avril 2019, 09:00

Avec la fumée noire au-dessus des toits blessés de Notre-Dame, c’est le coeur de Paris qui s’est effondré lundi soir. La cathédrale célébrée par Victor Hugo, l’une des plus grandes d’Occident, est depuis son origine l’un des monuments les plus emblématiques de la ville et mondialement connu.
Ayant mobilisé 400 pompiers, l’incendie, qui s’est propagé extrêmement rapidement, a pris dans les combles de la cathédrale, ont indiqué les pompiers, évoquant « un feu difficile ». Il semble être parti au niveau d’échafaudages installés sur le toit de l’édifice, construit entre le XIIe et le XIVe siècle, et serait « potentiellement lié » aux travaux entamés l’été dernier.
L’incendie a pris vers 16H50 GMT. « J’étais pas loin, j’ai vu les fumées. Au départ je pensais que c’était l’Hôtel-Dieu et puis en fait j’ai compris que c’était la cathédrale. Je suis arrivé, les cendres ont commencé à tomber », raconte Olivier De Chalus, le responsable des guides bénévoles de la cathédrale.

Après plusieurs heures de lutte et une crainte que l’édifice ne puisse être sauvé, les pompiers sont finalement parvenus à maitriser l’incendie durant la nuit. L’incendie était alors « complètement maîtrisé » et « partiellement éteint » et seuls des « foyers résiduels » demeuraient actifs, ont-il déclaré.
Les équipes disposaient au total de 18 lances à incendie. Certains hommes étaient juchés sur des bras mécaniques à des dizaines de mètres de hauteur, luttant pour tenter de circonscrire au plus vite le feu.
L’eau était pompée directement depuis la Seine située à quelques dizaines de mètres, à l’aide de petites embarcations reliées à d’immenses tuyaux.
Utiliser des Canadairs sur le bâtiment était inenvisageable : « Le largage d’eau par avion sur ce type d’édifice pourrait en effet entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure », a tweeté la Sécurité civile.
Vers 23H00 (21H00 GMT), les « deux tours de Notre-Dame (étaient) sauvées » et sa structure « sauvée et préservée dans sa globalité », selon les pompiers.
Aucun mort n’était à déplorer lundi soir. Un pompier aurait été grièvement blessé selon l’agence Reuters.
Les flammes ont dévoré la charpente, longue de plus de 100 mètres et baptisée… « la forêt » : « En raison du grand nombre de poutres qu’il a fallu utiliser pour la mettre en place, chaque poutre provenant d’un arbre », explique De Chalus.
« L’ensemble de la toiture est sinistrée, l’ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voûte s’est effondrée, la flèche n’existe plus », a indiqué mardi au petit matin Gabriel Plus, porte-parole des pompiers de Paris.
« Les deux beffrois (parties qui abritent les cloches, ndlr) ont été sauvés », a-t-il ajouté, soulagé, « imaginez : la charpente des beffrois fragilisée, les cloches qui s’effondrent, c’était vraiment notre crainte ! »
« L’ensemble des œuvres d’art qui étaient dans la partie ‘trésor' », ont été sauvées, a-t-il également précisé, dont la couronne d’épines et la tunique de Saint-Louis.
« Le pire a été évité », a déclaré sur place hier soir le président Macron, visiblement ému. « Cette cathédrale, nous la rebâtirons », a-t-il affirmé à la presse. Notre-Dame de Paris « c’est notre histoire, notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments », a-t-il lancé.
Une enquête a été ouverte du chef de « destruction involontaire par incendie », a précisé dans la soirée le parquet de Paris. La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier en cours sur le toit de la cathédrale « retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations », a précisé une source proche du dossier.
Les ouvriers du chantier ont été entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet.
Les images très impressionnantes de l’incendie, et en particulier de l’effondrement de la célèbre flèche – dressée sur les quatre piliers du transept avec ses 93 mètres de haut – et d’une partie de la toiture, diffusées en direct par télévisions et réseaux sociaux dans le monde, ont provoqué une émotion internationale.
D'importants travaux ont lieu depuis plusieurs mois à Notre-Dame, notamment pour nettoyer l'édifice, noirci par la pollution.

Cette cathédrale continue d'assurer ses fonctions d'édifice religieux: cinq offices y sont célébrés quotidiennement, et sept les dimanches
Plusieurs journaux français ont préparé des Une poignantes pour mercredi. « NOTRE DRAME », titre Libération sur une photo de la flèche en train de s’effondrer. « Le coeur en cendres », titre de son côté le quotidien catholique La Croix.
Selon Eric Fischer, directeur de la Fondation de l’OEuvre Notre-Dame, il faudra des « décennies » pour reconstruire la cathédrale. La société d’investissement de la famille Pinault, Artemis, a déjà annoncé débloquer 100 millions d’euros pour participer à sa reconstruction, a annoncé dans un communiqué à l’AFP son président François-Henri Pinault. La société LVMH et la famille Arnault ont eux annoncé un « don de 200 millions d’euros » au fonds dédié à la reconstruction de Notre-Dame.
La Fondation du patrimoine, organisation privée qui oeuvre à la sauvegarde du patrimoine français, va lancer mardi une « collecte nationale » pour la reconstruction de la cathédrale, a-t-elle annoncé dans un communiqué à l’AFP.
L’émotion qui s’est emparée des Parisiens, certains en larmes, massés sur les ponts qui enjambent la Seine, dit assez l’importance que revêt dans le coeur français – et bien au-delà de la chrétienté – la cathédrale millénaire, parmi les plus célèbres d’Occident, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et visitée chaque année par près de 14 millions de touristes et pèlerins.
Le sentiment de perte est infini face aux flammes qui ont dévoré le bâtiment gothique aux impressionnantes gargouilles, dont la construction a commencé au Moyen-Age, à la fin du XIIe siècle – en l’état actuel des connaissances, la date retenue pour le début des travaux est 1163 – pour s’étaler durant deux siècles jusqu’en 1345.
Inscrite dans le ciel de Paris, gravée dans le coeur, les passions et la mémoire des Parisiens, Notre-Dame est intimement mêlée à leur histoire : c’est son gros bourdon qui, le 24 août 1944, leur annonce la Libération du joug nazi et qui, 26 ans plus tard, accueille les obsèques du patron de la Résistance, le général Charles de Gaulle.
« Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être/ Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître » écrivait en 1832 Gérard de Nerval dans un poème intitulé « Notre-Dame de Paris ».
Un an auparavant, Victor Hugo lui avait consacré un roman éponyme, dont la cathédrale constitue un personnage à part entière entre Quasimodo, le sonneur bossu, Esmeralda la tentatrice gitane et le prêtre Frollo. Alors qu’un projet de démolition menace l’édifice en raison de son état de délabrement, le roman résonne comme un appel salvateur pour sa restauration de la part du poète écrivain, conscience de la nation.
Chantre du romantisme compassé, le poète et romancier Théophile Gautier a opposé la singularité de la cathédrale  aux « maisons sans pudeur de la ville païenne »: « Le peintre et le poète/ Trouvent là des couleurs pour charger leur palette/ Et des tableaux ardents à vous brûler les yeux », relevait-il avec emphase.
Au fil du temps, chacun a voulu apporter sa pierre à l’édifice monumental : une première flèche fut construite vers 1250, défaite cinq siècles plus tard.
Mais c’est à Eugène Viollet-le-Duc que l’on doit la flèche, controversée, qui s’est effondrée lundi dans un choeur de cris de Parisiens et touristes horrifiés : cet architecte du XIXe siècle a consacré sa vie à rénover les monuments médiévaux et signé là sa réalisation la plus contestée, imposant aux Parisiens en 1860 une flèche qui avait totalement disparu de leur mémoire.
Vue sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris (Crédit : GuidoR/CC BY-SA 3.0/Wikimedia commons)
Après la littérature, le cinéma s’est emparé à son tour de ce « monument » qui, plus que tout autre, mérite ce vocable : en 1956, le réalisateur français Jean Delannoy en fait le titre d’un long métrage avec Anthonuy Quinn dans le rôle de Quasimodo, fasciné par les avantages de Gina Lollobrigida-Esmeralda.
Enfin, signe du rayonnement mondial de la cathédrale, même les studios de Walt Disney l’ont placée au cœur de leur dessin animé, le « Bossu de Notre-Dame » (1996), ou encore la comédie musicale éponyme écrite par le Canadien Luc Plamondon, véritable phénomène dans le monde francophone en 1998.

« C’est la mémoire de Paris, c’est un navire de pierre qui a traversé l’histoire », s’est lamenté l’historien Fabrice d’Almeida sur la chaîne France 2. « C’est l’âme de la nation française qui disparaît, l’âme même du cœur de Paris et de la France qui (sont) touchés aujourd’hui », a abondé Stéphane Bern, historien médiatique et fervent défenseur du patrimoine, alors que la silhouette dévorée par les flammes se détachait dans la nuit.



vendredi 19 avril 2019

Vénérés comme des rois, honnis comme des mendiants / Les Juifs et Notre-Dame


La galerie des rois sur la façade de la cathédrale Notre-Dame

Vénérés comme des rois, honnis comme des mendiants: les Juifs et Notre-Dame

La cathédrale de Paris dépeint les attitudes conflictuelles et souvent antagonistes envers les Juifs à travers l'histoire


Par TIMES OF ISRAEL STAFF
16 avril 2019, 15:32

La cathédrale Notre-Dame, qui a été gravement endommagée lundi dans un incendie, est un symbole de la France, de Paris et, bien sûr, du christianisme.

Mais l’église est également liée à l’histoire juive. Comme partout en Europe, les Juifs, en France, ont subi des persécutions répétées pendant tout le Moyen-Age.
Le peuple juif a été à la fois vénéré pour avoir permis de donner naissance à la foi chrétienne et honni pour sa trahison de Jésus, qui lui aura ôté la grâce de Dieu.
La structure de Notre-Dame dépeint ces attitudes contraires envers le peuple juif au cours des siècles passés. Vous pourrez découvrir ci-dessous les liens entretenus par la cathédrale avec le judaïsme – parfois malheureux.
Les ancêtres du messie
La partie de la cathédrale la plus célèbre est sa façade ouest, avec des deux grandes tours qui accueillent ses clochers. En dessous, deux larges portails, chacun d’entre eux décorés de personnalités chrétiennes gravées dans la pierre. Sur le portail de droite, les parents juifs de la vierge Marie, Anne et Joachim.
Plusieurs scènes sont dépeintes, notamment le mariage d’Anne et Joachim, le rejet de l’offrande du couple par la grand prêtre du Temple en raison de la stérilité d’Anne (derrière lui apparaissent une bima et un rouleau de Torah) ; la visite d’un ange auprès de Joachim qui lui annonce que lui et Anne auront une petite fille – et la naissance d’Anne.
Les Juifs sont présentés dans ces gravures portant des chapeaux pointus, comme l’exigeait un décret royal concernant les Juifs du 13e siècle, à peu-près à l’époque où l’oeuvre d’art a été réalisée – un moyen de les distinguer de la population chrétienne.

Anne et Joachim, grand-parents de Jésus, dans une frise de la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame (Crédit : CC BY-SA Thesupermat/Wikimedia Commons)
Le front des Judéens
Placée bien en évidence au dessus des portails, il y a la galerie des rois, avec ses 28 sculptures de souverains antiques de Judée qui auraient été les ancêtres de Marie.
Les rois présentés ne sont pas, en fait, des originaux – ces derniers avaient été arrachés et décapités pendant la révolution française, pris par erreur comme des symboles de la royauté française.
La galerie avait été ensuite reconstruite au 19e siècle.
Le procès du 13e siècle
La Disputation de Paris, de triste mémoire – connue également sous le nom due Procès du Talmud – avait eu lieu en 1240 après que l’Eglise a accusé le texte juif de contenir de nombreux blasphèmes à l’égard de Jésus et du christianisme.
Le pape Gregory IX avait ordonné la confiscation de toutes les copies du Talmud, qui avaient été ensuite brûlées. A Paris, le roi Louis XII avait organisé le procès du texte que plusieurs rabbins avaient tenté de défendre, en vain. Des milliers de manuscrits, tous écrits à la main, avaient alors été collectés et détruits dans un gigantesque autodafé sur la place de Grève, à la droite de Notre-Dame.
La dame grise
Comme dans de nombreuses autres cathédrales, Notre-Dame présente les personnages de l’Eglise et de la Synagogue.
Ces deux femmes sont une personnification de l’église et de la religion juive : tandis que la Synagogue est régulièrement présentée comme simple, opprimée, vaincue, les yeux bandés – montrant l’absence de pertinence de la religion juive – l’Eglise est majestueuse, confiante, souvent porteuse d’une couronne, d’un calice et autres symboles chrétiens.

Synagoga, à gauche, et Ecclesia à la cathédrale Notre-Dame (Crédit : CC BY-SA Ingsoc/Wikimedia Commons)
A Notre-Dame, la Synagogue arbore un serpent qui lui cache les yeux. Une couronne tombée se trouve à ses pieds. Elle tient dans une main un bâton brisé et dans l’autres, glissant presque de sa main, les tablettes en pierre des dix commandements.



jeudi 18 avril 2019

David Levine / Joyce


David Levine
JAMES JOYCE


James Joyce (1882-1941) est un célèbre romancier et poète irlandais. Considéré comme une figure emblématique de la littérature irlandaise du XXème siècle, James Joyce fut l’auteur de nombreuses œuvres, parmi lesquelles, nous pouvons compter de nombreux romans, recueils de poèmes et autres nouvelles et essais salués par la critique. James Joyce mena une vie principalement marquée par l’alcoolisme, les abus, et le manque d’argent. Ses écrits sont et resteront à jamais le témoignage de la grandeur de son talent.

BIOGRAPHIE DE JAMES JOYCE

UNE VÉRITABLE PASSION POUR LA LITTÉRATURE…

James Joyce nait le 2 février 1882 à Dublin. Son enfance se déroule au sein d’une famille nombreuse, composée de 11 enfants et de 2 parents catholiques, comptant un père alcoolique. Sa jeunesse est profondément marquée par la littérature : Joyce aime très tôt la lecture et dévore de nombreuses œuvres.
Dès 1888, Joyce entre chez les Jésuites au Clongowes Wood College (Co. Kildare), pour y démarrer ses études. Les difficultés financières alors traversées par sa famille l’obligent à quitter l’établissement en 1892, pour intégrer successivement 2 autres établissements jésuites moins dispendieux.
Au cours de ces années, Joyce y découvre les joies de la littérature, et commence à écrire. Dès 1891, à l’âge de 10 ans à peine, il rédige son premier poème (“Et Tu Healy“), un écrit dédié à la mort de Charles Stewart Parnell. Ses parents l’encouragent dans sa voie, et font imprimer l’écrit pour en envoyer alors une copie au Vatican.
Les années passent, et l’enseignement jésuite commencent alors à peser lourdement sur Joyce. Il y déteste l’instruction religieuse, et refuse en bloc l’autorité catholique, au grand dam de son établissement où on lui avait proposé d’intégrer l’ordre jésuite. Cette décision provoque de vives réactions dans sa famille, mais ce refus catégorique d’accepter la religion ira bien au delà d’un simple caprice d’adolescent : Joyce la réfutera toute sa vie.
En 1898, Joyce entre à l’Université de Dublin. Brillant, il y suit un cursus de lettres et de langues étrangères, s’intéresse au théâtre et rédige de nombreuses critiques littéraires. Il côtoie les cercles littéraires dublinois et y entretient une vie active marquée par les échanges intellectuels et les lectures d’œuvres de tout bord.

JAMES JOYCE DÉMARRE UNE VIE DE DÉBAUCHE, D’ALCOOL ET DE DETTES…

Son diplôme décroché, Joyce décide de découvrir le monde et part à la conquête de Paris, dans le but de commencer des études de médecine.
Mais très vite, Joyce abandonne l’enseignement et démarre une vie dissolue où commence à boire et profite de tous les abus possibles. Ce n’est qu’au bout de quelques que mois qu’il fut contraint de regagner l’Irlande, du fait de ses déboires financiers.
Il y retrouve alors une mère malade et agonisante, atteinte d’un cancer foudroyant etIl décide de rester auprès d’elle jusqu’à son décès. Il commence à écrire des œuvres diverses et variées, allant de simples critiques à des comptes-rendus de livres. Dès 1904, il décide d’écrire sa propre autobiographie et la baptise “Portrait de l’artiste“, qui sera par la suite remaniée et renommée Dedalus“.
Dans les mois qui suivent, Joyce fait la connaissance de Nora Barnacle, une femme de chambre dont il tombe amoureux. Tout deux décident alors de quitter l’Irlande, pour gagner Zurich, Pola puis Trieste. Joyce y enseigne l’anglais pendant 11 ans à l’école Berlitz, vit également de cours particuliers, voit naître un fils et une fille, et ne cesse de faire des allers-retours entre Trieste et Dublin. C’est durant cette période que Joyce rencontre alors des problèmes de santé se traduisant par de forts troubles oculaires.
En 1914, Joyce écrit le roman “Les Gens de Dublin“, l’une des œuvres majeures qui le consacrera en tant qu’écrivain.
En 1915, les troubles de la Première Guerre Mondiale le forcent à fuir Tieste pour gagner Zurich, ville où il rencontre l’éditrice Harriet Shaw Weaver, qui devint par la suite son mécène.
Après plusieurs années marquées par de forts problèmes oculaires (dont il fut opéré à 12 reprises), et par la schizophrénie destructrice de sa fille, Joyce est invité à Paris par Ezra Pound, pour une durée d’une semaine. Charmé par la ville, il y reste alors 20 ans, rencontre de nombreux cercles littéraires et publie successivement “Ulysse” (1922), et “Finnegans Wake” (1939) tout deux grandement salué par la critique.
Ce n’est que le 11 janvier 1941, que James Joyce est alors hospitalisé dans un état critique, et tombe dans le coma. Les médecins lui diagnostiquent une perforation d’un ulcère au duodenum. Le 13 janvier 1941 il parvient à se réveiller, réclame la présence de sa femme, mais meurt quelques heures après, avant qu’elle ne puisse le rejoindre.
Incinéré à Zurich, James Joyce fut considéré comme un écrivain de talent, qui marqua profondément le XXème siècle.










mercredi 17 avril 2019

David Levine / Hemingway



David Levine
ERNEST HEMINGWAY

Ecrivain, journaliste et correspondant de guerre, Hemingway demeure l’écrivain le plus lu dans la première moitié du XXème siècle. Auteur emblématique de la Lost Generation, il prête un talent narratif unique à ses thèmes de prédilection que sont l’aventure, le dépassement de soi et les grands combats politiques pour s’imposer très vite parmi les plus grands romanciers de son époque. 

Né en 1899 dans l’Illinois aux Etats-Unis, Hemingway est le fils de deux bourgeois lui imposant un mode de vie fort pieu. Très vite, afin de rompre avec cette rigueur familiale, le jeune Hemingway s’évade pour pratiquer des activités de plein air comme la chasse et la pêche. Ces moments de liberté enfantins constitueront la base de son premier roman, Le Soleil se lève aussi, qui atteint immédiatement le rang de best-seller. Après avoir quitté le lycée et travaillé pendant quelques mois en tant que journaliste, ayant d’ores et déjà l’ambition de devenir écrivain, Hemingway s’engage sur le front italien de la Première Guerre Mondiale en tant qu’ambulancier pour la Croix Rouge. Cette première expérience de combat et plus particulièrement la proximité avec la mort qu’il connaîtra suite à une explosion manquant de le tuer, constitueront le vivier principal de son inspiration littéraire, que l’on retrouve notamment dans L’Adieu aux armes. Grièvement blessé par cette détonation qui lui valut une vingtaine d’éclats d’obus dans les jambes, il passera trois mois à l’hôpital avant de rejoindre l’armée italienne. Bien qu’assez vite rétabli sur le plan physique, il restera fortement touché nerveusement et sombrera dans un alcoolisme qui ne le quittera plus.

Passé quelques temps au front, Hemingway épouse Hadley Richardson en 1922, la première de ses quatre épouses. Le couple s’installe alors à Paris et le jeune écrivain travaille comme correspondant étranger. Cet environnement lui fait découvrir les écrivains modernistes de la communauté expatriée, connus alors sous le nom de Génération perdue ou Lost generation, courant dont il deviendra l’un des piliers. Ce groupe d’écrivains, porté par Gertrude Stein,poétesse et dramaturge américaine et Ezra Pound, dénonce l’absurdité du monde et les horreurs de la guerre. La dénomination de ce courant littéraire et sociologique est d’ailleurs tiré de l’un des ouvrages emblématiques d’Hemingway, Paris est une fête. S’imposant une discipline rigoureuse, Hemingway ne se mêle que très peu aux expatriés américains et finit par se lier d’une inébranlable amitié avec Gertrude Stein, qui le guidera personnellement vers la maturité littéraire. Désireux d’atteindre un style épuré et laconique, il concentre alors principalement ses écrits sur ses expériences avec la vie et la mort, en prenant soin de n’évoquer les émotions qu’une fois l’émoi passé.

Dépendant du risque qui constitue pour lui un exutoire à sa douleur existentielle, il s’engage à nouveau pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’exorcisme de la douleur par l’activité physique est en effet une thématique que l’on retrouve souvent chez Hemingway : ses personnages pêchent, chassent, font la guerre et recherchent de manière obsessionnelle l’affrontement avec le risque. Ces combats sont au cœur de ses plus grandes œuvres, comme Pour qui sonne le glas, évoquant la Guerre Civile espagnole durant laquelle l’écrivain s’efforça de défendre la cause des Républicains. La parution de ce roman en 1940 constitue l’entrée d’Hemingway au sein de la caste des écrivains engagés et c’est d’ailleurs à cette époque qu’il fait la connaissance d’André Malraux. Présent au débarquement de Normandie ainsi qu’à la Libération de Paris, Hemingway a vécu son lot d’expériences fortes, qui contribuèrent à rendre sa fin de vie difficile. 

Peu après la parution de son roman Le vieil Homme et la mer en 1952 qui lui valut le prix Pulitzer un an plus tard, Hemingway participe à un safari en Afrique qui manqua encore une fois de lui coûter la vie et rajouta à ses douleurs psychologiques un mal physique chronique. Ce dernier roman est souvent considéré comme son chant du cygne puisqu’il définit l’essentiel de la philosophie de l’écrivain. Salué comme un chef d’œuvre, ce titre contribua à son obtention du prix Nobel de littérature en 1954. Expatrié à Cuba pendant quelques années, Hemingway décide de rompre avec l’individualisme extrême dans lequel il reposait depuis plusieurs années, déclarant «qu'un homme seul est foutu d'avance ». Il rejoint alors l’Idaho en 1959 mais se suicide pendant l’été 1961 d’un coup de fusil dans la tête, ne supportant plus sa déchéance physique ni son impuissance à écrire. Bien que dépressif, Hemingway souffrait également d’une maladie génétique à l’origine de forts troubles mentaux qui causa de nombreux suicides dans sa famille, notamment son père, sa sœur, son frère ainsi que sa petite-fille.

Mégalomane mélancolique mais peut-être avant tout romantique, Hemingway incarne l’esprit de toute une génération et l’ensemble de son œuvre constitue une longue autobiographie romancée avec un style unique. Face à son désordre intérieur, l’écrivain fervent défenseur du minimalisme narratif et de la litote, a cherché à faire face à son désordre intérieur en créant des fictions qui en étaient la métaphore. Auteur à succès, plusieurs de ses œuvres furent érigées au rang de grands classiques de la littérature américaine et font aujourd’hui encore partie des immanquables qui savent toucher le lecteur, comme il le dit lui-même "sans trucage ni tricheries."