lundi 17 février 2020

Commissaire à la pipe / totem de Maigret




Commissaire à la pipe 

L’animal totem de Maigret

Dans la tradition du roman policier, le détective est souvent associé au chien qui furette. Simenon, lui, fait de son commissaire un éléphant

Nicolas Dufour
Publié samedi 3 août 2019 à 18:01
Modifié mardi 6 août 2019 à 20:30.

L’animal totem de Maigret surprend. Quand on découvre le commissaire et ses enquêtes, on est frappé par le choix de l’analogie animalière – un passage obligé pour les personnages de romans policiers – opéré par Georges Simenon. Les fondateurs du genre tels qu’Arthur Conan Doyle puis Agatha Christie ont souvent associé leurs créatures au chien. Le quadrupède domestiqué tient même lieu de modèle des investigateurs, parce qu’il fouille, il renifle, il traque le nez tendu.

Le cas du chien

La manière agitée dont la bête à truffe découvre, quadrille, collecte, constitue le reflet expressif de celui qui se concentre sur la chasse à l’assassin. C’en est même physique: Sherlock Holmes comme Hercule Poirot se mettent volontiers à quatre pattes, qui pour chercher de parlantes cendres de cigarettes, qui pour relever une éloquente goutte de cire de bougie.
Georges Simenon recourt à quelques occasions à la métaphore canine – pour illustrer la quête d’indices, celle-ci semble irrésistible. Chez Maigret, il s’agit surtout de pourchasser les odeurs, qui racontent l’univers dans lequel il s’insère.

L'éléphantesque surprise
La surprise vient surtout du fait que l’écrivain compare son héros à… un éléphant. Il le décrit souvent comme «un pachyderme», gros et voûté, qui marche lourdement dans la phase de l’enquête où il se trouve, et se sait, dans le brouillard. Cette pesanteur représente une réalité dans la constitution fictionnelle autant que physique du personnage. En même temps, elle permet au romancier de jouer sur les impressions, les états d’âme, et le rythme.
Dans presque chaque intrigue, Maigret a sa phase éléphantesque; il a aussi son quart d'heure de légèreté, quand, on le devine – Simenon le laisse juste entendre –, le commissaire a résolu l’énigme. Puis vient le moment d’extrême tension, qui doit conduire à l’erreur fatale du coupable, sa capture organisée et argumentée, ou son effondrement. On est assez loin, alors, de l’éléphant.

mardi 11 février 2020

Entretien avec Siri Hustvedt

 

Siri Hustvedt


Entretien avec Siri Hustvedt

par Steven Sampson
11 février 2020


Souvenirs de l’avenir, de Siri Hustvedt, raconte les débuts new-yorkais d’une jeune romancière à la fin des années 1970, vus à travers ses souvenirs. Pour l’auteure originaire du Midwest, aujourd’hui résidente à Brooklyn avec son mari, Paul Auster, imagination = mémoire. Venue à Paris pour présenter son roman, elle a accordé un entretien à EaN.


Siri Hustvedt, Souvenirs de l’avenir. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Christine Le Bœuf. Actes Sud, 333 p., 22,80 €  

Scarlett Johansson / The Avengers


Scarlett Johansson

The Avengers






lundi 10 février 2020

Une fossette au menton, c’est un détail, mais c’est à cela qu’on pense automatiquement après la mort de Kirk Douglas


Laruen Bacall et Kirk Douglas


Une fossette au menton, c’est un détail, mais c’est à cela qu’on pense automatiquement après la mort de Kirk Douglas

L’immense acteur qui vient de disparaître à l’âge de 103 ans laisse derrière lui une fabuleuse carrière que célèbrent les médias du monde entier. Il était une des plus grandes stars masculines de l’Hollywood d’après-guerre. «Tribute to a hero!»
Il était né à Amsterdam dans l’Etat de New York alors que résonnaient encore les derniers tirs d’artillerie de l’effroyable bataille de la Somme dans une Europe déjà dévastée de la Grande Guerre. C’est dire si l’expression «dernier des monstres sacrés», si galvaudée, dont ont usé et abusé agences de presse et médias dépassés par la grandeur de l’histoire, est cette fois justifiée. Car on pleure bien la disparition d’un géant: c’est Issur Danielovitch Demsky, alias Kirk Douglas, qui vit le jour le 9 décembre 1916 et qui vient donc de mourir en son fief de Beverly Hills à l’âge vénérable de 103 ans révolus, brillamment révolus. Célébré par les médias du monde entier.
«Il y eut longtemps une expression consacrée pour ces gens-là, devenue avec le temps un seul grand mot, à prononcer d’un souffle, confirme Libération: «les monstres-sacrés-de-l’âge-d’or-de-Hollywood». Depuis un moment déjà, il n’en restait plus qu’un, le der des ders. Mais cette fois, c’est fini.»
«Dans les rédactions […], les nécrologies étaient prêtes depuis des décennies.» Le site web du magazine américain People avait même accidentellement posté la sienne en janvier 2015, sous le titre «Do not pub [ne pas publier]: Kirk Douglas dies.» Et l’on se souvient que l’homme parlait aussi assez bien le français, ce qu’il avait démontré chez Bernard Pivot, dans Apostrophes:

LE TEMPS



FICCIONES

DE OTROS MUNDOS

DRAGON

PESSOA

RIMBAUD

DANTE